Bienvenue sur Ramatoa

Ce weblog constitue  notre carnet de voyage......
Il est notre journal de bord au fil de ces années sur les océans Atlantique et Pacifique à bord de "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour  lors de nos escales tout au long de notre aventure maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, nos émotions et nos galères !
Bonne lecture....
 
Dimanche 28 juin 2009

Plusieurs voiliers qui suivent le même chemin que nous à travers les îles du Pacifique vers Tahiti ont eu une réflexion identique à la notre : le dépaysement est ici bien plus grand qu'en Amérique centrale et latine, nous entrons dans un espace naturel et culturel unique au monde.

- Espace naturel unique car les paysages et la nature sauvage sont encore intacts et peu modifiés par l'homme dans la majorité des archipels de la Polynésie Française.

- Espace culturel unique car dès notre arrivée, la culture Polynésienne, et plus particulièrement celle des îles Marquises, nous saute aux yeux et aux oreilles : la langue (une véritable langue et non pas un salmigondis franco-créole à la mode antillaise), les traditions et coutumes, les croyances, les vestiges archéologiques, le mode de vie, l'art sous toutes ses formes (danse, sculpture, musique et peinture).

Pour mieux comprendre les raisons de ce choc bien agréable il est utile de se pencher un peu sur le passé de ce très vaste territoire français si mal connu de notre part et dont nous avons une image d'Épinal bien éloignée de la réalité.

La Polynésie française s'inscrit plus largement dans ce que nomment les géographes le Triangle Polynésien [Nouvelle Zélande – Hawai – Île de Pâques]. Elle comporte 118 îles (4000 km²) organisées en cinq archipels dispersés sur une vaste surface d'océan (Zone économique exclusive de 4.750.000 km²).

A l'ouest, l'archipel de la Société (atolls et îles hautes) comprend les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent. À 180 milles au nord-est de Tahiti, l'archipel des Tuamotu, constitué de 77 atolls , est prolongé par celui des Gambier (atolls et îles hautes) le long d'un axe nord-ouest sud-est sur plus de 800 milles. Enfin au nord des Tuamotu se trouve l'archipel des Marquises (îles hautes sans atolls) à près de 750 milles de Tahiti.

Tous les archipels de la Polynésie française sont d'origine volcanique, mais il n'y pas d'activité volcanique terrestre récente, seulement quelques volcans sous-marins aux éruptions fréquentes, les futures îles de demain.

Les îles hautes sont formées de montagnes basaltiques creusées de profondes vallées par l'érosion. Les vallées sont fertiles, la végétation variée et luxuriante. Si elles sont assez hautes, elles ont un versant humide au vent et un versant plus sec sous le vent des alizés d'est, sinon elles sont plus arides.

Les atolls sont d'origine corallienne, le sol calcaire saturé de sel comporte exclusivement des débris coralliens arrachés au récif et accumulés en îlots appelés « motu ». Privés de rivières et de lacs, les atolls ont souvent des nappes souterraines dues à l'infiltration des eaux de pluie. Couronne corallienne affleurante sur laquelle sont disséminés des motu (3 ou 4 m au dessus de l'eau) les atolls ne retiennent pas les nuages et sont soumis aux caprices et au déchainement de l'océan lors des cyclones.

L'origine du peuplement du grand Triangle Polynésien ne fait toujours pas l'unanimité chez les ethnologues. Les deux principales théories soutiennent l'une l'origine sud-américaine (expédition du Kon Tiki en 1947), l'autre l'origine asiatique. A ce jour, cette dernière hypothèse tient la corde. Le peuplement du Pacifique sud se serait effectué par l'ouest à travers de vastes étendues océaniques sur de longues pirogues doubles, emportant avec eux vivres et animaux vivants et qu'ils ont atteint les îles de proche en proche, y faisant souche.

Notre découverte de la Polynésie française débute par l'archipel des Marquises situé à 3000 milles des Galapagos. Les îles situées à la limite des eaux équatoriales à 1.400 km de Tahiti sont les premières à être découvertes de toute la Polynésie. Le navigateur espagnol Alvaro Mendana de Neira y débarqua en 1595. Plus tard Bougainville en 1768 ne s'arrêta pas, mais Cook en 1774 redécouvre l'archipel, il faut attendre 1791 pour que le navigateur Etienne Marchand prenne possession des îles du groupe nord (Nuku-Hiva, Ua-Pou et Ua-Huka) mais sans une occupation permanente. Dès 1820 les évangélisateurs protestants et catholiques trouvent là une nouvelle terre de mission, ces derniers eurent le dessus, les Marquisiens sont majoritairement catholiques au contraire de l'archipel de la Société. Les Marquises sont définitivement françaises en 1842 sous Louis-Philippe avec l'amiral Dupetit-Thouars.

Ces îles bien connues des baleiniers faisaient l'objet d'un véritable pillage des ressources naturelles depuis très longtemps. Pendant ce demi-siècle de contact avec les Européens, la population des Marquises fragilisée par les maladies, décimée par les guerres tribales, en proie au fléau de l'alcool frelaté qui servait de monnaie d'échange aux baleiniers diminuait dramatiquement. De 60.000 au début du XIX° siècle, elle tombe à environ 2-3.000 âmes au début du XX° siècle avant de remonter aujourd'hui à près de 10.000 habitants pour toutes les îles des Marquises.

Blocs de lave surgis au milieu du Pacifique, ces îles hautes ont un profil tourmenté, résultat de l'érosion marine et éolienne. Aiguilles et pics culminant à plus de 1000 m côtoient de hauts plateaux qu'interrompent d'abruptes falaises et dominent de profondes vallées où se nichent de rares localités.

Les Marquises, appelées localement « Henua Enana » (« Terre des Hommes ») sont le premier lieu d'installation des Polynésiens lors des grandes migrations océaniques dans le Pacifique sud au tout début de notre ère, voire juste avant. Terres de légendes, ces îles abondent en vestiges archéologiques. Mais revenons au périple de Ramatoa dans cet archipel.

Fatu-Hiva est la première île que nous touchons à l'issue de notre traversée. Lundi 25 mai au petit matin, nous atterrissons dans la mythique baie des vierges, c'est une image inoubliable et spectaculaire. La population de 650 habitants se regroupe dans deux villages sur la cote ouest : Hanavave au fond de la baie des vierges et Omoa un peu plus au sud. Du mouillage nous visiterons le calme village enchâssé au pied des colonnes basaltiques qui le surplombent. Il y a une bonne douzaine de voiliers au mouillage qui s'avère de mauvaise tenue. Nous y restons que deux jours en toute illégalité car il nous faut effectuer notre entrée officielle à la Gendarmerie d'Atuona sur l'île d'Hiva-Oa et Berny doit également modifier son plan de vol retour vers Paris à partir d'Hiva-Oa et non pas de Nuku-Hiva comme prévu initialement. Promenades dans le village, discussions avec les Marquisiens, repas traditionnel chez l'habitant... bref la découverte de la douceur de vivre dans ce coin de paradis terrestre. Le mercredi 27 mai nous mettons les voiles et franchissons les 45 milles qui nous séparent de Hiva-Oa que nous atteignons dans l'après-midi.

Hiva-Oa est la principale île du groupe des îles du sud (Fatu-Hiva, Hiva-Oa, Tahuata). Jeudi 28 de très bonne heure nous sommes réveillés par l'arrivée très bruyante de l'Aranui 3, le cargo mixte de 110 m qui approvisionne les îles toutes les deux à trois semaines depuis Tahiti, la place est très restreinte avec les nombreux voiliers au mouillage et la manœuvre est délicate et précise. La bourgade principale est Atuona à 4 km (parcourus en stop) où nous trouvons des commerces, des fruits et des légumes, une banque et la poste. Il y a même une connexion WiFi depuis le petit port d'Atuona dans la baie de Tahauku. Berny, de son coté arrive non sans quelques difficultés à négocier un passage sur Air Tahiti entre Hiva-Oa et Nuku-Hiva le mardi 2 juin. Visites des centres culturels consacrés à Paul Gauguin et à Jacques Brel qui sont modestes mais très bien entretenus et attrayants. De très nombreuses reproductions de tableaux du peintre et le fameux « Jojo » avion bimoteur du chanteur sont les pièces maîtresses de ces deux lieux. Naturellement nous sommes montés au petit cimetière, qui domine Atuona avec une vue superbe sur la baie des Taaoa, pour y découvrir les tombes de ces deux artistes qui reposent à quelques mètres l'un de l'autre.

Nous réservons un 4x4 de location pour le lundi de Pentecôte pour aller faire une excursion dans l'intérieur de l'île. Vendredi matin : formalités d'entrée en Polynésie française effectuées à la Gendarmerie d'Atuona. Nous levons l'ancre dans la foulée pour aller passer le week-end sur l'île voisine à Tahuata. Traversée du canal du Bordelais qui sépare ces deux île et nous voilà déjà arrivé devant trois petites baies d'Hanamoenoa avec des plages de sable blanc, l'eau est claire, le mouillage bien plus calme que celui d'Atuona.

Dimanche 31 mai après-midi nous retournons mouiller dans le petit port d'Atuona. Lundi matin, récupération du 4x4 et en route pour la visite tout d'abord au hameau de Taaoa à 7 km au sud-ouest d'Atuona où nous découvrons une jolie petite église puis en remontant la vallée un site archéologique, le « Tohua Upeke », partiellement restauré avec de très nombreuses plates-formes religieuses et de sacrifices : les « maerae », qui s'étagent sur plusieurs niveaux. Ensuite nous mettons le cap vers Puamau sur la côte nord-est de l'île, la route est goudronnée jusqu'à l'aéroport puis c'est une piste de montagne escarpée qui monte jusqu'au col à 1000 m puis redescend vers la cote nord et longe tous les promontoires. Le temps est splendide, les sommets sont dégagés, la vue superbe, les a pics impressionnants. En fin de matinée nous arrivons au petit bourg de Puamau et visitons le site archéologique de Lipona, probablement le plus ancien des Marquises. Il représente un sanctuaire religieux organisé en deux terrasses avec cinq « Tikis », statues monumentales en tuf gris. Enfin à midi, déjeuner typiquement marquisien chez Marie-Antoinette, sur la route du retour nous achèterons de fruits (régime de bananes et pamplemousses) chez un dénommé O'Connor descendant lointain d'un marin irlandais qui s'était établi dans le pacifique sud. Le soir Berny nous invite à diner à une fort bonne table avec vue superbe sur la baie de Tahauku et la ville d'Atuona. Mardi matin, il prend son avion et débute son long retour vers la métropole.

Nous restons quelques jours à Atuona, puis repartons à Tahuata pour aller mouiller dans la baie des dauphins à Hanatafau, en fait il s'agit d'une baie où les dauphins aiment venir se reposer et dormir, on en voit toujours une bonne dizaine. A terre nous débarquons et visitons le petit village d'Hapatoni qui abrite quelques dizaine de familles. Le temps s'est arrêté, la baie est splendide et assez bien abritée, nous y restons deux jours. Samedi et Dimanche, nous retournons à Hanamoenoa et retrouvons Laurent sur Balaë. Tahuata est la plus petite île habitée de l'archipel avec seulement 650 habitants dans les deux villages de Vaitahu et d'Hapatoni. La baie de Vaitahu fut le théâtre d'épisodes marquants le destin des Marquises : - les navigateurs Mendana en 1595, Cook en 1774 puis Étienne Marchand en 1791 y mouillèrent. - Les missionnaires y prirent pied en 1797 puis 1838 et firent de Vaitahu la tête de pont de l'évangélisation aux Marquises. - En 1842, l'amiral Dupetit-Thouars fit signer le traité de rattachement des Marquises à la France au chef coutumier Iotete.

Lundi 8 juin avant l'aube nous quittons la baie d' Hanamoenoa et gagnons 65 milles plus au nord-ouest le petite île d'Ua-Pou. Située à une vingtaine de milles au sud de Nuku-Hiva elle appartient au groupe des îles du nord, elle présente un relief tout a fait original avec 12 « necks », des colonnes basaltiques géantes qui lui donne un profil de château des mille et une nuits ! Ua-Pou se distingue sur le plan culturel et artistique, elle est le berceau du renouveau artistique marquisien. Si sur ce plan Ua-Pou se révèle être très dynamique avec ses groupes de danseurs et de chanteurs, ses sculpteurs sur bois et sur pierre, il n'en va pas de même sur le plan du tourisme ou l'île est plongée dans une léthargie à l'ombre de sa montagne dont les pics culminent à 1200 m. Seul le passage de l'Aranui 3 et de sa trentaine de touristes anime la petite ville d'Hakahau toutes les trois semaines. Nous mouillons devant Hakahau relativement protégé de la houle qui rentre un peu dans la baie. Nous y retrouvons un bateau Helvétique « Kopernik » de Georges & Eva. Balades à terre, palabres avec les habitants qui sont très heureux d'être abordés par les voileux de passage. En quelques instants et après avoir noué des contacts sur le quai avec les femmes de pêcheurs, Ramatoa hérite de 20 à 25 kg de fruits frais : des pamplemousses, des mangues, des goyaves, des citrons et des oranges, sans oublier un beau fruit de l'arbre à pain. Dominique fait des compotes et des conserves. Nous allons à la kermesse du collège, avec des danses des élèves et un repas authentique préparé dans le four marquisien. Nous assistons aux préparatifs de la communauté pour recevoir le haut commissaire de la République Française qui vient à Ua-Pou ce week-end. Samedi 13 juin nous faisons un saut de puce de 5 à 6 milles pour rejoindre le village voisin dans la baie d'à coté. Il s'agit d'Hakatehau, l'ancienne capitale de l'île, bien endormie aujourd'hui, promenades dans les rues et chemins qui sentent bon le tiare, discussions et achat d'un flacon de Monoï produit localement et parfumé au jasmin de l'île.

Dimanche 14 juin, nous traversons le bras de mer, 25 milles, qui nous sépare de Nuku-Hiva et mouillons dans un site exceptionnel et désert au pied des murailles rocheuses sur un lac intérieur d'où la mer n'est pas visible, le cirque montagneux est tellement escarpé que nous sommes à l'ombre dès 15 heures et ne voyons pas le soleil avant 9 heures. Il s'agit de la baie d'Hakatea, invisible du large, à 5-6 milles à l'ouest de la capitale Taiohae. Nous sommes un petite dizaine de voiliers au mouillage, mais le calme est absolu.

Lundi 15 juin matin, nous faisons route vers la capitale des Marquises « Taiohae ». Nuku-Hiva est la plus vaste et la plus peuplée des îles de l'archipel des Marquises. Nous avons tous les deux rendez-vous avec le dentiste, des appros à faire car la cambuse regorge de fruits frais mais plus de viandes ni de légumes. Taiohe est une petite bourgade de 2000 habitants au pied d'un cirque montagneux et allongée en arc de cercle le long d'un vaste baie. C'est moins coquet et moins soigné que sa jumelle Atuona sur l'île d'Hiva-Oa. Les commerces sont éloignés et très dispersés, sans compter le dentiste et la pharmacie qui sont à l'opposé du débarcadère à une bonne ½ heure de marche à pied ! Ce matin le cargo mixte « Aranui 3 » est venu à quai pour quelques heures d'escale, les rayons des épiceries vont se remplir. Le temps est gris et il pleut abondamment, surtout la nuit... bref nous sommes maussades, comme le temps, et avons envie de lever l'ancre pour aller vers d'autres mouillages.

Vendredi 19 juin, nous rejoignons le mouillage d'Anaho sur la côte nord de Nuku-Hiva, la mer est un peu agitée, le vent faible et dans le nez, nous parcourons les 21 milles au moteur, cela tombe bien il nous fallait faire de la charge. A l'arrivée, en début d'après-midi nous découvrons un mouillage de toute beauté en bordure du seul platin corallien des Marquises. Nous sommes 6 voiliers à l'ancre et retrouvons Laurent sur « Balaë ». Le lendemain nous nous rendons à pied au village voisin de Hatiheu qui donne sur la baie voisine. Une bonne heure de randonnée sur un chemin muletier et 280 mètres de dénivellé.... mais la vue sur les baies est absolument magnifique. Au retour dans la cocoteraie d'Anaho nous discutons avec Adrienne et son frère Léo, ils nous parlent de leurs vies ici aux Marquises. Il nous offre un régime de bananes et nous emmenons pour lui du matériel à Taiohae. Snorkeling sur le corail en fleur, avec les tortues et les raies mantas et pastenagues.

L'alizé souffle très frais à 25-30 nœuds pendant 3-4 jours, ce n'est que le samedi 27 juin que nous faisons le trajet retour vers Taiohae. Nous reprenons notre place au mouillage devant la maison du gouverneur. Avitaillement : vivres, boissons, gasoil et essence. Prévisions météo sur Internet, mise en ligne de l'article et nous voilà prêts à partir.

Mercredi ou jeudi nous mettrons les voiles pour rejoindre notre premier atoll des Tuamotu, une nouvelle aventure commence. Nous quittons avec regret les îles Marquises - Nous y avons vu des sites splendides et remarquables - Nous avons un peu découvert l'âme des polynésiens, : la culture, la langue, les traditions et les coutumes – Nous avons admiré l'artisanat marquisien – Mais par dessus tout nous avons apprécié la gentillesse extrême des Marquisiens sous des aspects parfois un peu rudes, nous avons aimé cette douceur de vivre où le temps et le monde moderne ont bien peu de prise. Depuis notre départ de France métropolitaine, il n'y a pas de doute l'archipel des Marquises grimpe très haut dans le « Top Ten » des plus belles escales de Ramatoa. Nous comprenons que certains voiliers programment une année entre les îles Gambier et les Marquises.

Nous ne savons pas quand nous aurons de nouveau une connexion internet, il n'y aura peut-être pas de nouvel article avant la fin du mois de juillet.... il vous faudra un peu de patience.... mais pour nous le temps ne compte déjà plus, nous sommes devenus un petit peu Marquisiens !


Ne manquez pas d'aller consulter toutes les photos que nous avons glissés pour vous dans l'album des « îles Marquises ».


Benoît & Dominique sur Ramatoa à Taiohae le 28 juin 2009.

 

 

 

 

 

 

 

Par Benoît & Dominique - Publié dans : Les Etapes
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Lundi 1 juin 2009
Pour notre départ des Galapagos vers les îles Marquises, nous avions envisagé de faire une courte escale discrète sur l'île d'Isabella... mais c'était sans compter sur le zèle inconsidéré et l'amour abusif de la réglementation du jeune et fraîchement nommé nouveau capitaine du port qui fait la pluie et le beau temps à Puerto Villamil... Pour nous cela sera la pluie ! Donc finalement nous sommes partis directement vers l'archipel des Marquises à près de 3000 milles plus à l'Ouest, la cambuse pleine de fruits et légumes.

Dimanche 3 Mai 2009 [J1 : 135 Mn – 2826 Mn].

Nous passons près de deux heures à nettoyer le mouillage arrière après l'avoir remonté par son orin ; le câblot, le flotteur, l'ancre bref tout ce qui a mariné pendant trois semaines dans les eaux chaudes de Puerto Ayora était recouvert d'une pellicule grasse d'algues. A dix heures, moteur en route nous remontons le mouillage principal et quittons Puerto Ayora. Vent nul, mer lisse et faible houle. Nous nous déhalons lentement à 5 nœuds au moteur à 1500 t/mn, le régime économique (environ 2,5 l/h de gasoil). Nous nous glissons hors de l'archipel, longeons à 8–10 milles la côte sud d'Isabella et apercevons Floreana sur notre bâbord. A 13 heures le vent se lève à 10–15 nœuds et nous mettons en route à la voile, mais nous sommes au près le vent est Sud. La mer est calme, l'allure confortable pour la première nuit. En fin de nuit le vent faiblit à moins de six nœuds et nous refaisons près de trois heures de moteur. Pour la première journée nous parcourons 135 milles, il en reste encore 2826 !

Lundi 4 Mai 2009 [J2 : 131 Mn – 2695 Mn].

Au lever du jour un peu grisouille, le vent revient du Sud-Est, peu de houle, la mer est belle. Au point quotidien de 10 heures, dégagés de l'archipel nous modifions notre route et prenons le cap des îles Marquises... 2800 milles sur le même bord ! Dans la journée le vent adonne légèrement et grimpe à 15 nœuds et il mollit la nuit à 10 nœuds en refusant un peu. Fin d'après-midi une touche sur la ligne de pêche... mais je ne conclus pas... la petite prise saute et se dégage à une dizaine de mètres du bateau. Le ciel s'est dégagé, il est d'un bleu pur sans un nuage, le coucher de soleil somptueux et la nuit étoilée. A la vacation BLU de 19 heures nous avons Laurent, navigateur solitaire sur « Balae » un Damien IV parti en même temps que nous de Santa Cruz. Bref une belle journée de voile (131 milles), idéale pour notre amarinage aux uns et aux autres.

Mardi 5 Mai 2009 [J3 : 136 Mn – 2560 Mn].

Très belle nuit sous voile et sous les étoiles. 9 heures : vacation BLU du matin et nous conversons avec - Régis & Jeanne sur « Tche » qui sont à 500 milles de l'île de Pâques – et Christian & Mireille sur « Memestra » qui approchent des Gambier. Le vent est plus soutenu aujourd'hui et la mer un peu plus cabossée. A 15-20 nœuds à 95-100° du vent Ramatoa caracole toutes voiles dehors (GV + GSE) à plus de six nœuds. L'hydrogénérateur, l'éolienne et les panneaux solaires produisent bien, nous pourrions revendre des kilowatts à EDF ! Cet après-midi Dominique boulange mais son pot de farine, dans un coup de gîte, prend la poudre d'escampette et atterrit en vrac sous la table à carte. Au programme : nettoyage des planchers ! Belle journée à 136 milles et très beau coucher de soleil.

Mercredi 6 Mai 2009 [J4 : 134 Mn – 2425 Mn].

Belle nuit calme avec un vent faible de 10 nœuds environ. Quart tranquille à reconnaître les constellations, ici (2°-3° S) nous voyons simultanément la Grande Ourse et la croix du Sud et sur notre cap Orion. A huit heures nous envoyons le spi car le vent reste modéré à 12-15 nœuds toute la journée et mollit à 8-10 nœuds pendant la nuit suivante. Toujours rien sur la ligne malgré tous nos efforts pour varier les leurres... nous nous rabattons sur le thon en boite. Après plus de 24 heures sous spi nous espérions améliorer notre moyenne quotidienne, mais le GPS est implacable, nous enregistrons 134 milles. C'est tout de même pas mal, pourvu que cela dure jusqu'au bout !

Jeudi 7 Mai 2009 [J5 : 143 Mn – 2283 Mn].

Toujours pas de poissons en vue, ils doivent avoir assez à manger sans aller tenter leur chance sur notre ligne. C'est désespérant car nous rêvons d'un petit thon ou d'une bonne daurade coryphène. Coté voile la journée est moyenne : la mer houleuse et le vent insuffisant pour nous appuyer efficacement, nous sommes ballottés, le confort est moyen et la moyenne sera médiocre. Le vent ayant adonné au grand largue, le spi asymétrique ne porte plus efficacement dans la houle, nous le tangonnons au vent comme un spi symétrique et cela fonctionne plutôt bien. Mais en fin d'après-midi une ligne de grains apparaît à l'horizon et nous revenons sous génois et GV à 1 ris. Le vent reste bien soutenu toute la nuit aux alentours de 20 nœuds... et finalement nous enregistrons notre meilleure moyenne quotidienne depuis le départ (143 Mn).

Vendredi 8 Mai 2009 [J6 : 164 Mn – 2119 Mn].

Ça marche toujours fort : 6,5 – 7 nœuds. Ce matin, changement de fuseau horaire, nous passons de UTC-6 à UTC-7 et reculons nos montres d'une heure. A la vacation BLU du matin, Régis & Jeanne sur « Tche » arrivent dans moins de 48 heures sur l'île de Pâques alors que Christian & Mireille sur « Memestra » se débattent au prés serré dans une dépression aux abords des îles Gambier. Quant à Laurent de « Balae », avec qui nous sommes partis dimanche dernier de Puerto Ayora, accuse un retard de près de 235 milles... c'est difficile la navigation en solitaire. 10H30 : Berny prend notre première prise, une daurade coryphène de 3 kg, immédiatement mise en condition elle glisse dans le four... le repas de midi est prêt ! Vent super régulier aujourd'hui, s'il se maintient la nuit prochaine nous devrions établir une belle moyenne... résultat : 164 milles dans les 24 heures !

Samedi 9 Mai 2009 [J7 : 150 Mn – 1969 Mn].

Nuit rapide, vent régulier et ciel partiellement couvert et même quelques gouttes de pluie. Dans la matinée le vent ne dépasse plus les 17-18 nœuds, le ris de la grand voile est largué. Encore un poisson de perdu ainsi que le leurre et cerise sur le gâteau, la ligne s'enroule et bloque l'éolienne, bref la totale ! Joli coucher de soleil et leçon d'astronomie appliquée dans un ciel sans un nuage mais avec une lune pleine et aveuglante.

Dimanche 10 Mai 2009 [J8 : 119 Mn – 1952 Mn].

Nuit un peu chaotique. Le ciel se couvre vite de nuages menaçants, ils nous gratifient d'averses et de quelques grains. Nombreuses manœuvres de voiles à la clé (spi hissé et rentré, ris pris et relargués dans la grand-voile, génois roulé et déroulé...). Entre les grains le vent tombe à moins de 8-9 nœuds avant de remonter à 25-27 nœuds. Et pour clôturer en beauté la première semaine de navigation nous refaisons route au moteur pendant 2 ½ heures, bref Le reste de la journée est nuageux, le vent très irrégulier la moyenne baisse sensiblement pour ce début de deuxième semaine. C'est dimanche et Dominique nous confectionne un délicieux brownie au chocolat. Au dîner : apéritif pour fêter le premier tiers de la traversée. En fait c'est une journée avec un temps maussade et une distance parcourue de seulement 119 milles.

Lundi 11 Mai 2009 [J9 : 127 Mn – 1725 Mn].

Le beau temps est revenu, le vent est reparti. Journée sous spi avec des vents très faibles inférieurs à 8 nœuds, nous ne progressons pas bien vite souvent autour de trois ou quatre nœuds. Toujours pas de poisson au bout de la ligne. Petits bricolages divers avec la réparation d'un petit accroc sur le spi et le resserrage du moyeu de l'éolienne qui menaçait de voler de ses propres ailes. Aujourd'hui seuls les panneaux solaires sont efficaces faute de vent et de vitesse, l'éolienne et l'hydrogénérateur ont une production des plus médiocres. Le vent revient de l'Est , Sud-Est pendant le dîner, le ciel se couvre de nuages menaçant, le spi est rentré. Toute la nuit nous avançons à bonne allure dans un alizé qui grimpe à 20-25 nœuds. Nous rattrapons le temps perdu dans la journée et effectuons quand même 127 milles.

Mardi 12 Mai 2009 [J10 : 146 Mn – 1579 Mn].

Au petit jour, temps gris avec parfois un peu de crachin et mer grise assez creuse, l'alizé est remonté à l'Est et reste vif autour de 20 nœuds. Le génois est tangonné sous le vent, Ramatoa caracole à bonne allure sur les vagues qui le rattrapent. Toute le journée le temps reste maussade et frais, encore un effort d'imagination, on se croirait en Manche ou en mer d'Irlande ! Nuit couverte et vent assez régulier autour de 14-15 nœuds. Bonne moyenne de 146 milles, nous franchissons la mi parcours à 03H00.

Mercredi 13 Mai 2009 [J11 : 130 Mn – 1450 Mn].

Au petit jour, le vent faiblit un peu et tourne à l'Est. Le génois est tangonné au vent et Ramatoa repart plein vent arrière. Pêche toujours infructueuse malgré tous les efforts déployés par Berny pour monter de superbes leurres... peut-être est-ce l'hydrogénérateur que nous traînons qui éloigne les poissons de notre ligne. Temps maussade et vent assez régulier pendant toute la nuit où Ramatoa court plein vent arrière.

Jeudi 14 Mai 2009 [J12 : 141 Mn – 1309 Mn].

Fin de nuit bruyante avec les voiles qui claquent furieusement, le vent est remonté à l'Est Nord-Est et le bateau n'est plus appuyé par le vent. Empannage de la grand voile et du Génois tangonné, Ramatoa repart de plus belle. Toute la journée le vent se maintient à 15-17 nœuds de Nord-Est. La houle est plus forte et la mer plus formée, nous sommes un peu secoués d'autant plus que nous filons souvent à 7 nœuds. Cela ne nous empêche pas de faire notre partie de Scrabble. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit que le vent redescend à l'Est Sud-Est et donc... manœuvre inverse : ré-empannage de la GV et du génois. Toute la nuit le vent soufflera régulièrement entre 18 et 21 nœuds, nous faisons de la bonne route et parcourons 141 milles dans la journée.

Vendredi 15 Mai 2009 [J13 : 161 Mn – 1148 Mn].

L'alizé ne s'essouffle pas au lever du jour, le compteur tourne vite ! La mer est un peu cabossée et nous la bousculons à 6,5-7 nœuds de moyenne, le confort à bord s'en ressent un peu. A la vacation BLU, nous suivons la progression de Laurent sur « Balae » qui est maintenant à plus de 350 milles derrière nous. Contact également avec Richard sur « Aziza » un catamaran qui est 350 milles devant nous, il fait également route vers Fatu Hiva. Dans l'après-midi, nous sommes lentement dépassés par un voilier qui grandit sur l'horizon et passe sur notre bâbord à près de 3-4 milles sans aucun contact radio, c'est le premier bateau que nous voyons depuis le départ ! Nuit rapide avec un alizé qui reste frais à plus de 20 nœuds. Bonne journée à 161 milles mais le record de vendredi dernier à 164 milles tient toujours !

Samedi 16 Mai 2009 [J14 : 152 Mn – 997 Mn].

Le vent nous accompagne et se maintient au dessus de 20 nœuds du Sud-Est. La mer est agitée d'une houle assez creuse de 2-3 mètres environ qui nous arrive par le travers. Le speedo s'affole entre 7,5 et 8,5 nœuds, nous sommes bien secoués. Encore une prise de perdue, elle a déroulé tout le fil de la bobine et s'est décrochée... c'est rageant ! A la vacation BLU, nous avons Jeanne sur « Tche », ils s'apprêtent à quitter l'île de Pâques demain à destination de Pitcairn et des Gambier. Fin d'après-midi plus calme avec un alizé plus raisonnable. Le vent mollit pendant la nuit et au petit matin c'est pétole avec les voiles qui battent. Nous franchissons la marque de parcours des derniers 1000 milles avant Fatu Hiva.

Dimanche 17 Mai 2009 [J15 : 124 Mn – 874 Mn].

Malgré tous nos efforts pour faire avancer Ramatoa (empannage et spi envoyé puis tangonné...), la vitesse tombe à moins de 3-4 nœuds, les voiles battent, le voilier souffre. La 2° semaine s'est terminée de façon correcte avec 152 milles dans les dernières 24 heures, nous avons parcouru 975 milles depuis dimanche dernier. Le vent revient dans l'après-midi et restera soutenu toute la nuit. La moyenne ne sera finalement pas trop mauvaise avec 124 milles parcourus.


Lundi 18 Mai 2009 [J16 : 140 Mn – 738 Mn].

Au lever du jour, le vent revient, les manœuvres d'empannage recommencent. Une fois établi et en route à bonne allure sous un alizé de 15-17 nœuds, Ramatoa trace régulièrement son sillage. Au Scrabble, Dominique m'écrase à plat de couture ! La deuxième moitié de la nuit est bien pénible avec un vent totalement irrégulier et imprévisible sous les petits grains de pluie. Les voiles battent, le crachin tombe, le speedo est au point mort, bref coup de fatigue et moral en berne.

Mardi 19 Mai 2009 [J17 : 126 Mn – 610 Mn].

Le jour se lève sur une mer et un ciel uniformément gris et triste, le vent a disparu, seule la houle perdure. Nous faisons route au moteur. La pluie continue fait son apparition, nous en profitons pour nettoyer le cockpit et le pont, nous faisons route au moteur, c'est la pétole intégrale. Toujours aussi peu de bonheur à la pêche... aujourd'hui à trois reprises des touches mais qui se détachent dont deux en tordant les gros hameçons doubles ! Après 11 heures de route au moteur, le vent revient doucement de l'Est, nous remettons en route à la voile, le beau temps est revenu. La nuit s'écoule tranquillement sous un très beau ciel étoilé, le vent est modéré (12-13 nœuds) mais régulier, Ramatoa avance tranquillement à près de 5 nœuds de moyenne.

Mercredi 20 Mai 2009 [J18 : 115 Mn – 498 Mn].

Après une nuit très calme où nous avons pu tous dormir tranquillement. Le jour se lève, le temps est gris mais le soleil revient vite. Coté pêche, un beau thazard d'un bon mètre nous échappe, bas de ligne cassé au niveau des sleeves, à quelques mètres du bateau seulement... quelle guigne... pour rester poli ! Journée de petit temps au vent arrière avec un progression lente autour de 4-5 noeuds. Journée bricolage en tout genre pour Benoît : démontage, nettoyage et graissage des winches de génois, réparation de l'abattant des WC et réfection de l'étanchéité du hublot au dessus de la table à cartes. Journée gâteau au chocolat pour Dominique et journée lecture pour Berny. Toute la nuit, la progression reste assez lente mais régulière dans un « temps de demoiselles », la mer et la houle se calment lentement, l'allure est très confortable.


Jeudi 21 Mai 2009 [J19 : 127 Mn – 372 Mn].

Au petit jour, vers 6H00 du matin, nous franchissons simultanément - le cap des derniers 500 milles à parcourir avant Fatu Hiva, et - le loch du GPS enregistre 18 000 milles parcourus depuis la mise à l'eau de Ramatoa le 13 avril 2006 aux Sables d'Olonne ! Bricolage avec Berny pour réparer les silent blocs défectueux de l'alternateur Mastervolt, la fixation est maintenant correcte avec une absence de vibration et de porte à faux, mais le palier ou le roulement de la poulie de l'alternateur ont du souffrir un peu. En début d'après-midi le vent s'évanouit et tombe en dessous de 6 noeuds, le moteur est mis en route et nous le couperons qu'en milieu de nuit vers 2H30 quand le vent revient doucement du secteur Sud-Est. Fin de nuit tranquille sous voile, Ramatoa glisse sur une mer plate.

Vendredi 22 Mai 2009 [J20 : 116 Mn – 256 Mn].

Le soleil se lève sur une mer et un ciel gris. Rapidement le soleil reprend le dessus, la mer est calme, la houle faible et le vent faible de secteur Est, nous progressons à la voile lentement entre 4 et 5,5 nœuds. Aujourd'hui changement de fuseau horaire, nous passons en GMT-9 ce qui nous fait 11 heures de décalage avec les enfants et la famille en France. Parties de cartes et bricolages divers sont au programme de l'après-midi. A la vacation BLU du soir Laurent sur « Balae » est maintenant à près de 600 milles derrière nous. Ce soir deux frégates et un fou tournent au dessus du bateau, c'est le premier signe de notre approche de la terre, c'est sympa, nous sommes à moins de 300 milles des Marquises. Nuit de petit temps, mer belle et ciel étoilé sans lune aucune. Vers 1H00 du matin le vent nous abandonne totalement, les voiles battent furieusement, le génois est roulé et le moteur mis en marche. Nous faisons route au moteur jusqu'au petit déjeuner.

Samedi 23 Mai 2009 [J21 : 120 Mn – 168 Mn].

Dès le début de la matinée le vent d'Est revient sous un soleil radieux. Nous faisons route à la voile sous une brise régulière de 12-15 nœuds qui ne nous fera pas défaut de toute la journée. Nous progressons à 5 nœuds de moyenne, la longue houle de l'arrière nous fait rouler, mais l'allure reste très confortable. Coup de fil hebdomadaire par le téléphone satellite à mes parents, nous apprenons le décès d'une amie d'enfance très proche de mes parents, c'est dans un tel moment où notre présence aurait pu les réconforter que nous mesurons combien l'éloignement est maintenant important. L'Iridium reste dans ces occasions un lien privilégié irremplaçable pour apporter un peu de réconfort aux parents et amis dans la souffrance. La nuit est belle et le vent ne faiblit pas, nous maintenons une vitesse tout a fait correcte dans cet alizé modéré. Au point quotidien, il ne nous reste plus que 168 milles à parcourir, l'arrivée est proche !

Dimanche 24 Mai 2009 [J22 128 Mn – 9 Mn].

Comme souvent le matin, le ciel est chargé de nuages, mais le soleil réchauffe vite l'atmosphère et le ciel bleu revient très vite avec des cumulus de beau temps. Encore des manœuvres d'empannage pour suivre les caprices du vent qui varie fréquemment en direction, ce qui ne nous permet pas de rester au vent arrière sur le même bord. Imperturbablement nous pêchons... rien... absolument rien ! Visite, ce matin, d'un tout jeune fou brun qui est venu se poser sur le bateau, il est épuisé, refuse de boire et de se nourrir et n'a aucune crainte des hommes. Il s'est installé sur la console des instruments puis dans le fond du cockpit où nous le laissons récupérer. Bonne dernière nuit de navigation avec un vent qui reste stable et modéré. En fin de nuit nous parons prudemment un rocher isolé à une dizaine de milles au large de Fatu Hiva. Au lever du jour nous découvrons l'ombre de l'île sous notre vent à une bonne douzaine de milles.

Lundi 25 Mai 2009 [J23 9 Mn].

Approche de Fatu Hiva par grand beau temps, bon vent et belle mer.... des conditions idéales. L'île est escarpée et son aspect totalement sauvage, nous longeons la côte à 1,5 mille. A l'abri de l'île nous découvrons ensuite la Baie des Vierges, mouillage culte et mythique de tous les globe flotteurs qui croisent dans ces eaux merveilleuses. Naturellement nous ne serons pas seuls au mouillage, il y a déjà une dizaine de voiliers à l'ancre, nous reconnaissons des visages et des bateaux connus. Nous nous glissons au fond de la baie presque en première ligne, affourchons sur deux ancres car le fond caillouteux a une tenue fort douteuse.

Il est 9H30 à la pendule des Marquisiens, le bateau est immobile, les voiles ferlées, le pont rangé, nous goûtons le plaisir de notre arrivée et apprécions le paysage sublime de cette baie unique au monde !

Et voilà une belle étape qui se termine avec la traversée du Pacifique entre les Galapagos et les îles Marquises.


Bilan de la traversée : Galapagos – Marquises ... en quelques chiffres !

  • - Distance parcourue : 2978 Mn pour une route théorique de 2960 milles nautiques, soit 0,6% de plus pour une orthodromie de type sinusoïdale !

  • - 22 jours et 2 heures de navigation soit un total de 530 heures en mer.

  • - Moyenne de 5,62 nœuds sur le parcours, meilleure journée : 164 Mn, plus mauvaise journée : 115 Mn.

  • - Pêche : 8 prises... 7 perdues et une seule coryphène dans la cambuse... c'est nul !

  • - Croisé un seul et unique voilier qui nous a dépassé... pas vu un seul cargo ou un seul pêcheur.

  • - Vu deux bancs de dauphins mais seul le premier s'est intéressé à nous.

  • - Moteur : 37 heures (pour avancer par calme plat exclusivement).

  • - Groupe électrogène : 24 heures (pour l'eau douce essentiellement et l'électricité accessoirement).

  • - Gasoil : 125 litres consommés.

  • - Désalinisateur : 22 heures soit 1320 litres d'eau douce de la source Pacifique.

  • - Hydrogénérateur traîné pendant toute la traversée, ce qui nous a fait perdre environ 36 heures sur le temps de parcours !

  • - Boulangerie : 1 paire de bâtards au four tous les deux jours plus 5 pains de Porto Santo à la poêle soit un total d'environ 10 kg de pain frais... quel luxe !

  • - Yaourts : 1 tournée de 11 pots tous les cinq jours... c'est pas mal aussi une petite centaine de yaourts!

« Veux tu que je dise, gémir n'est pas de mise... aux Marquises. » Jacques BREL.


Bref il y a eu plus malheureux que nous pendant cette traversée qui s'est révélée assez rapide avec des vents modérés, une mer globalement très agréable et une excellente ambiance à bord avec le copain Berny. Puis, comme nous l'avait dit si bien tous ceux qui nous avaient précédés sur ce parcours, il y a à l'arrivée un véritable choc : - la beauté sauvage et extrême des îles Marquises qui vous saute aux yeux - l'accueil et la gentillesse sans borne des Marquisisens qui vous touchent le cœur... mais vous en saurez plus prochainement dans le prochain article du blog.


Benoît & Dominique sur Ramatoa - Hiva Oa - Posté le 1° juin 2009.


Par Benoît & Dominique - Publié dans : Les Etapes
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Lundi 27 avril 2009

L'image des Galapagos, celle de notre jeunesse, celle de nos exposés au collège en cours de géographie ou en cours de sciences naturelles, celle des images d'Épinal de la faune marine sauvage et belle, est toujours bien vivace dans nos esprits quand on débarque sur l'archipel. La réalité sera-t-elle à la hauteur de nos espérances ?

Vendredi 10 avril, nous arrivons à la nuit tombante en vue de Santa Cruz, la visibilité est médiocre les îles sont noyées dans une brume de chaleur. Entrée de nuit à Academia Bay devant la petite ville de Puerto Ayora, le mouillage est vaste mais anarchique et très encombré par les nombreuses vedettes, plus ou moins grandes et luxueuses, des voyagistes opérants sur l'archipel au départ de la plus grande agglomération des Galapagos. Le lendemain matin nous mouillons de nouveau dans un emplacement plus abrité et installons une ancre à l'arrière pour maintenir Ramatoa face à la houle qui rentre parfois dans la baie.

Coté formalités d'entrée et de séjour, la réglementation, les us et les coutumes évoluent perpétuellement rarement au bénéfice des voiliers en escale. Sauf à acquérir un « cruising permit » extrêmement onéreux (6-800$) dont la délivrance est longue et le résultat totalement incertain, le séjour d'un voilier est limité à 20 jours dans un seul des deux ports d'entrée des îles de Santa Cruz et  Cristobal, tout mouillage ailleurs est interdit. Pour échapper aux mesures aléatoires et inattendues des fonctionnaires du port, de l'immigration et des douanes il est maintenant recommandé de passer par un agent local... bonjour le tiroir caisse ! De toute façon, les Galapagos perpétuent le malaise découvert à Panama puis à Isla de Coco : le voilier de passage.. c'est une vache à lait dont l'unité de compte est le billet de 100$ ! C'est irritant et très onéreux alors que la vie courante (supermarchés, services,  marchés municipaux...) n'est pas démesurément couteuse et bien au contraire si on se procure des produits locaux.

Avant de vous narrer nos excursions et découvertes enthousiasmantes, quelques lignes pour vous présenter cet archipel mythique.

 

L'archipel des Galapagos constitué de treize grandes îles et six plus petites, dont cinq habitées, est situé à plus de 1000 km de la mère patrie : l'Équateur, et à plus de 1100 km du Costa Rica. La moitié des habitants (30 000) vivent à Puerto Ayora sur l'île de Santa Cruz. L'archipel est découvert accidentellement en 1535 par Thomas de Berlanga, premier évêque de Panama qui s'égara lors d'un voyage vers le Pérou. Après leur découverte, les îles servirent de base pendant plus de trois siècles aux boucaniers, pêcheurs de phoques et baleiniers. Elles fournissaient un mouillage abrité, du bois, de l'eau, de la viande fraîche avec les tortues capturées par milliers et entassées vivantes à fond de cale.

Le premier résident fut un Irlandais, Patrick Watkins, abandonné sur l'île de Santa Maria (Floreana) en 1807. Mais le visiteur le plus célèbre est Charles Darwin arrivé en 1835 sur le « Beagle », il y resta cinq semaines, passant 19 jours sur quatre des plus grandes îles à prendre des notes et récolter des spécimens, s'intéressant autant à la géologie, à la botanique qu'aux animaux terrestres et marins. Ces travaux lui permirent d'étayer, de formuler et publier quelques décennies plus tard la théorie de l'évolution.

 

Dès 1832 l'Équateur revendique la possession de l'archipel, y installe quelques colons et des colonies pénitentiaires jusqu'en 1959. En 1934 quelques îles sont classées « sanctuaire de la vie sauvage » puis en 1959 le Parc National est créé recouvrant 97% de l'archipel. Le Parc National et la Fondation Darwin (station de recherche avec statut d'ONG) gèrent ensemble les îles, les sanctuaires et la réserve marine crée plus récemment en 1986.

Les îles de l'archipel ont émergé sous l'aspect d'îles volcaniques stériles n'ayant aucune forme de vie. Toutes les espèces présentes aujourd'hui ont franchi plus de 1000 km pour coloniser ces terres vierges. Celles capables de voler ou nager sur de longues distances avaient les meilleures chances d'y parvenir mais le vent, les courants; les bois flottés et les animaux eux mêmes ont transporté graines, œufs ou larves d'insectes. La faune actuelle se caractérise par un grand nombre d'oiseaux, de mammifères marins et de reptiles. Les amphibiens, les mammifères terrestres et les insectes sont rares ou inexistants. Tous ces animaux ne craignaient pas l'homme, ils n'avaient aucun prédateur jusqu'à l'introduction par l'homme (colons & navigateurs) de cochons, chèvres rats et autres animaux domestiques.

Lors de son séjour en 1835, Charles Darwin observa et remarqua les différentes formes de bec chez 13 espèces de pinson. Les individus mieux adaptés (un bec plus pratique et plus adapté à son environnement) transmettent une caractéristique génétique favorable à leurs descendants. C'est ainsi que sur plusieurs générations (4 à 9 millions d'années), des caractères souhaitables sont conservés alors que d'autres moins favorables sont abandonnés. Au bout du compte les différences entre les premiers arrivés et leur lointaine descendance sont telles que ces derniers constituent une nouvelle espèce. Très simplifiée, ceci est l'essence de la théorie de l'évolution au moyen de la sélection naturelle élaborée par Darwin.

Dans ce paradis terrestre... la vie n'est pas si rose ! La colonisation humaine, le tourisme intensif, la surpêche et l'agriculture sont des fléaux difficiles à juguler et à maîtriser.

- L'Équateur favorise l'installation sur l'archipel, il y a de la place et du travail dans le tourisme pour tous. La population de Puerto Ayora est passée en quelques décennies de 3-4000 habitants à plus de 12000, c'est aujourd'hui une petite ville active en pleine expansion démographique et économique.

- Le tourisme a réellement démarré après l'ouverture de la fondation Darwin avec un peu plus de 1000 visiteurs par an. Début 1990 on estimait le flux à 60 000 et aujourd'hui c'est plus de 120 000 personnes qui visitent l'archipel tous les ans. Pour faire face à cet afflux un deuxième aéroport est ouvert, des hôtels sont construits et la flotte des bateaux d'excursion comporte plus de 50 à 60 unités de toutes tailles et de tous niveaux de qualité.

- La surpêche et les activités illégales de pêche sont un problème grave. La pêche des concombres de mer, le massacre d'otaries (pour servir d'appât), la pêche aux requins (pour les ailerons exclusivement), les prélèvements excessifs de homards, la mise en place de quotas sur des espèces menacées sont les principaux problèmes auxquels les pêcheurs ne sont pas prêts de respecter les réglementations existantes. Des actions violentes (1995 et 2004) opposent les pêcheurs et la Fondation Darwin. La station de recherche a déjà été la victime d'incendies et d'affrontements. Des contrôles sérieux existent pour la pêche au gros pratiqué par les touristes, mais ils sont quasi inexistants pour le commun des pêcheurs locaux.

- L'introduction d'animaux domestiques dans les îles représente une menace pour l'archipel. Les chèvres, cochons, rats... sont déjà à l'origine de la disparition de plusieurs espèces endémiques. Les insulaires perçoivent le Parc National comme une barrière les empêchant de vivre de l'agriculture. Par ailleurs un incident écologique sérieux s'est produit en 2001 avec l'échouage d'un pétrolier équatorien

 

L'Équateur, le Parc National et la Fondation Darwin tentent conjointement de promouvoir une politique de conservation raisonnable basée sur un tourisme responsable et un programme d'éducation à l'environnement à destination des résidents. La présence obligatoire des guides certifiés du Parc sur toutes les excursions dans l'archipel est une bonne chose mais... le niveau des guides (connaissance du milieu et biologie marine) est en chute libre, il n'y a presque plus de diplômés universitaires, les guides locaux (concours spécial) parlent à peine anglais et connaissent encore moins la biologie marine. Tout le monde travaille... c'est le nivellement par le bas... est-ce la bonne solution ?

Revenons à notre séjour à Purto Ayora... Jean Pierre & Annick nous ont quittés par avion le 19 avril à destination de Lorient, alors que Berny & Cathy sont arrivés le 14 avril en provenance de Rennes. Cathy vient passer des vacances aux Galapagos, Berny nous accompagnera jusqu'aux îles Marquises. Ils avaient dans leurs bagages un colis de près de 18 kg pour Ramatoa : le couvercle de la survie réalisé par Alubat. Le colis tant attendu est arrivé à bon port et sans difficultés douanières avec seulement 48 heures de retard, un grand merci à eux pour le transport de ce colis encombrant et à Bernard Roucher d'Alubat pour une réalisation exemplaire. Moins de deux jours plus tard le capot est en place avec la nouvelle survie correctement sanglée avec des mousquetons de largage rapide. Je rédigerai ultérieurement un petit retour d'expérience sur cette avarie et les corrections apportées.

Au mouillage de Puerto Ayora, tout à fait confortable si on prend le soin de mouiller des ancres à l'avant et à l'arrière, on entre de plein pied dans le mythe : l'eau est claire et poissonneuse, les otaries occupent toutes les plateformes laissées libres au bord de l'eau, les oiseaux marins très nombreux tournent dans la baie. Nous y avons vu tout autour du bateau des bancs de petites raies, des requins dormeurs, des otaries sur la jupe arrière de Ramatoa, des pélicans, des fous bruns, des frégates et des fous à pieds bleu... c'est un régal pour les yeux. Mais lors de nos excursions nous en avons pris plein les mirettes !

Mercredi 16 avril nous sommes partis en excursion, tous les six, sur l'île de Seymour  juste au nord de l'île de Baltra. Baltra, elle même au nord immédiat de Santa Cruz, abrite l'aéroport et un dépôt pétrolier et quelques installations industrielles (centrale électrique et usine de dessalement). A Seymour, accompagné du guide du Parc National, nous découvrons des oiseaux marins par centaine, des iguanes terrestres et marins, des otaries et lions de mer ainsi que de beaux requins pointes gris qui tournent autour du bateau pendant la préparation du repas.

Nous voyons essentiellement des frégates et des fous pieds bleu ainsi que quelques pétrels des Galapagos. A terre les œufs des fous pieds bleu, dont un seul sera conservé les autres détruits par les parents eux-mêmes, sont couvés et surveillés à tour de rôle par le père et la mère. Nous assistons aux parades amoureuses des frégates mâles qui gonflent leurs jabots écarlate et roucoulent pour attirer les femelles... c'est absolument superbe.

Nous croisons en débarquant sur l'île les « otaries de service » et des lions de mer qui paraissent au soleil sur les rochers ou à l'ombre des épineux sur le sable. Plus loin sur le sentier de découverte de l'île nous observons plusieurs Iguanes terrestres ils ont colorés (jaune, rouge ou brun) et distinguons plus difficilement des iguanes marins car ils sont immobiles de couleur noire ou grise sur des roches volcanique noire anthracite.

Samedi 18 avril, nous visitons la fondation Darwin à 20 minutes à pied du débarcadère. Visite un peu décevante car manque d'informations tout au long du circuit et de plus les expositions sont vieillottes et bien peu attractives. Nous y voyons de nombreuses tortues, des onze sous-espèces restantes de l'archipel, et la nurserie qui permet le repeuplement des îles où les populations de tortues ont été décimées, généralement par l'homme. Naturellement nous voyons ce pauvre « Lonesome George » tortue géante âgée de plus de 90 ans et dernier mâle survivant de la sous-espèce « Isla pinta » en voie de disparation... toutes les femelles qui lui ont été présentées n'ont pas su à ce jour obtenir ses faveurs !

Le parc de la fondation regorge de petits oiseaux : des pinsons et on y observe également des iguanes terrestres en captivité et des iguanes marins.

Mardi 21 avril, nous partons de nouveau en excursion pour une journée sur Floreana, île méridionale à une trentaine de milles au sud de notre mouillage. La traversée sur une vedette locale sur motorisée est rapide mais fort bruyante. Floreana est célèbre pour ses sites de snorkeling mais aussi pour l'histoire tragique des occupants qui succédèrent au départ de Patrick Watkins puis à l'installation du bagne sur l'île. Trois groupes de colons de nationalité allemande s'installèrent et de nombreuses tensions sont survenues entre les groupes dont les membres s'éteignirent et disparurent un par un dans des circonstances mystérieuses. La rumeur court toujours... la dernière survivante s'est éteinte en 2000, ses enfants et petits enfants tiennent aujourd'hui un petit hôtel et un restaurant à Puerto Velasco Ibarra le seul village de l'île qui regroupe une petite cinquantaine de familles.

Nous effectuons une balade avec un guide dans les sommets escarpés de cette île volcanique pour y découvrir un parc avec des tortues mais aussi les restes des premières implantations humaines troglodytes de Floreana. Le paysage est sublime. Si la faune des Galapagos est extraordinaire, la flore ne l'est pas moins surtout à Floreana : berceau de la colonisation de l'archipel. L'après-midi est consacré à l'exploration de la cote rocheuse, à la découverte de la faune marine qui habite ces lieux et au snorkeling. Nage et plongée à Champion island avec les otaries qui jouent, pirouettent et filent comme des torpilles entre les nageurs, on y rencontre au détour d'un tombant un beau requin pointe blanche.

Les environs immédiats de Puerto Ayora offrent également de très jolies promenades comme celle de « Las Grietas », une faille naturelle au delà d'un marais salant où se mêlent les eaux douces descendues des hautes terres aux eaux de mer infiltrées dans les roches. Nous nous y baignons, nous sommes seuls au monde avec les oiseaux qui nous surveillent !

Au cours de nos escapades nous découvrons une nature préservée et des animaux qui n'ont pas peur des hommes. Ils se laissent approcher tout en nous surveillant mais sans frayeur excessive. Il n'est pas rare de devoir écarter ses pas d'un pinson qui est au milieu du sentier. Malgré quelques aspects désagréables, liés à l'administration équatorienne fantasque et au comportement mercantile des tours operators, l'archipel des Galapagos reste un petit coin de paradis sur terre pour ceux qui aiment observer la nature belle et sauvage. Puisse cet équilibre bien fragile perdurer pour les générations à venir... rien n'est moins certain.

Au fur et à mesure de notre escale forcée à Puerto Ayora nous découvrons les équatoriens et la population de l'île de Santa Cruz. Gentillesse extrême, sécurité totale, sourires et accueil garantis. De petits restaurants économiques les « kiosques » ou les « stands » offrent de bons repas locaux pour deux à trois dollars. Le marché municipal qui ouvre tous les matins est complété tous les samedis par un grande foire à laquelle descendent tous les petits producteurs de l'île. Le choix de fruits et légumes est important, les prix tout à fait raisonnable et bien moins cher qu'en Europe ! La ville est agréable et pleine de ressources. Nous y complétons sans difficultés majeures l'avitaillement du bord : légumes et fruits frais, épicerie, boissons mais aussi le gasoil pour le moteur, l'essence pour le hors-bord, l'huile pour les vidanges (moteur & groupe électrogène) et du gaz pour la cuisine. Dominique se lance dans des conserves et des confitures. Ramatoa attaquera la traversée du Pacifique jusqu'aux îles Marquises avec les soutes pleines. Tous ces petits préparatifs nous occupent pendant la dernière semaine de notre séjour aux Galapagos que nous devrions quitter le samedi 2 ou le dimanche 3 mai. Nous espérions bien pouvoir resquiller deux ou trois jours en faisant une escale discrète à Puerto Villamil sur l'île d'Isabella, mais Berny & Cathy qui rentrent de trois jours passés à Isabella nous rapportent que le nouveau capitaine de port est intransigeant et qu'il est vain d'espérer nous y arrêter... dommage ! Cathy regagne Rennes le mercredi 29, nous restons à trois pour les 25-30 jours de la traversée qui nous attend.

Il n'y aura pas de cybercafé au milieu du Pacifique il faudra attendre l'arrivée chez Brel et Gauguin aux îles Marquises aux portes de la Polynésie française pour le prochain article... un peu de patience !

Mais n'oubliez pas d'aller voir toutes les photos que nous avons glissées dans l'album des Galapagos.

 

Benoît & Dominique sur Ramatoa à Puerto Ayora – Galapagos. Posté le 27/04/2009.

Par Benoît & Dominique - Publié dans : Les Etapes
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La réalité...

Un voilier baptisé "Ramatoa"

Un skipper : Benoît et une skippette : Dominique !
Un voyage au long cours en Atlantique, par le Sénégal, le Brésil, l'Amazone, les Antilles et dans le Pacifique vers la Polynésie française.

Nous contacter...

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Cartes du périple

  • 2006-2007  : De La Rochelle à Trinidad en passant par l'amazone.
  • 2007-2008  : Découverte de l'arc antillais jusqu'aux îles vierges britanniques.

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