Bienvenue sur Ramatoa
Il est notre journal de bord au fil de ces deux années autour de l'Atlantique sur notre voilier "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour lors de nos escales tout au long de notre périple maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, ses émotions et ses galères !
Bonne lecture....
Quatre à cinq jours de navigation nous font passer au large de la Guyane Française, du Surinam, puis du Guyana. Environ 600 milles à parcourir avec des alizés d’est à sud-est et un courant favorable de un à deux nœuds…. bref le rêve pour l’avant dernière étape ! Mais au cours des 36 premières heures de la traversée… pas de vent et 24 heures de moteur… pourvu que l’alizé s’établisse car nous n’avons pas assez de gasoil pour faire toute la route au moteur.

Finalement l’alizé revient et s’établit à 25 nœuds et nous faisons de belles moyennes. Parti le mardi 22 mai de Kourou, nous touchons Sarbourough, capitale de Tobago, dans la nuit de samedi à dimanche après avoir pris une dernière très belle daurade coryphène. Nous sommes le seul voilier au mouillage dans le petit port de l’île…. Très british. On y parle un anglais teinté de créole, on roule à gauche et on mange mal !! Formalités douanières et d’immigration faites auprès de fonctionnaires zélés… 25 formulaires et 50 coups de tampons plus tard… tout finit par se faire avec patience et flegme « british » naturellement.

Après une nuit à Sarbourough, nous quittons le port pour rejoindre un mouillage très sympathique à Store bay, 7 milles plus loin, au sud-ouest de l’île à proximité de l’aéroport. Trop content de retrouver le beau temps, des eaux claires et limpides et du beau sable blond…. Nous y resterons quelques jours à nous baigner, à aller explorer le récif corallien et ses poissons. Nous découvrons les us et coutumes locales de cette île touristique… mais pas trop quand même.



Après Store bay, Ramatoa jette sa pioche à Mount Irvine bay puis à Castara bay sur la côte ouest de l’île de plus en plus sauvage dès que l’on remonte vers le nord et que l’on s’éloigne du sud touristique et hôtelier. Baignade et snorkeling sur le récif matin et soir. A Castara bay, le mouillage est un peu trop rouleur et nous redescendrons vers Store bay. Au hasard de ces mouillages nous croiserons des bateaux amis du rallye qui musardent également avant de rejoindre Trinidad pour la mise à terre.




Nous passons nos trois derniers jours sur Tobago à Store bay, au calme, où nous commençons à lister toutes les tâches qui nous attendent à Trinidad pour désarmer Ramatoa.

Jeudi 7 mai, dernière traversée, modeste de 60 milles vers Trinidad et la baie de Chaguaramas. Une formalité… oui… mais qui commence dès la sortie du mouillage par un violent grain de 35 à 40 nœuds qui nous accompagne pendant une bonne partie de la matinée, la mer est forte dans le canal entre les deux îles et le bateau fonce dans la plume à 9-10 nœuds. Finalement à 25 milles de l’arrivée, le vent nous abandonne le long de la côte nord de Trinidad, sauvage et superbe, nous finissons la route au moteur. Dernier petit mouillage à Scotland bay, à deux pas de la baie de Chaguaramas où se concentrent les marinas et les très nombreux chantiers de gardiennage, hors zone cyclonique, pour un bon millier de bateaux naviguant dans les Antilles.

Vendredi 8 juin, re-formalités douanières et d’immigration car c’est bien le même pays… mais pas la même île ! Nous installons Ramatoa confortablement à un ponton de Coral cove marina pour quatre jours, bien remplis par des vidanges, des travaux de nettoyage et de démontage de toutes natures… le soir, nous sommes fourbus, un saut dans la piscine et vite au lit. Le climat est chaud et très humide. Un climatiseur est installé sur le bateau, pour notre confort pendant les travaux de désarmement, mai surtout pour assainir et sécher l’atmosphère du voilier pendant les six mois à venir.

Mardi 12 , Ramatoa semble bien petit dans les sangles du travelift de 150 tonnes et sur le chariot automoteur du chantier Peake. Il trouve sa place auprès des autres ovnis du rallye « Fiddle Dedee » et « Perrotin ». « Bahia » nous y rejoindra la veille de notre départ.
Une dernière semaine d’efforts pour s’assurer de retrouver Ramatoa en bon état à notre retour. Travaux divers : réparation du bimini, vérification des voiles, démontage des pièces à échanger en France, démonter tout le gréement courant, bâcher et protéger… et toujours nettoyer et sécher !

Voila, c’est fini… dernier passage aux douanes et à l’immigration…. cela me manquait depuis une semaine ! pour admettre le bateau en franchise douanière pendant six mois. Envol pour Roissy CDG via Caracas et Lisbonne demain matin.
Nous arrivons donc au terme de cette première année de navigation, pleine d’aventures et avec le sentiment d’avoir vécu avec le Rallye des Îles du Soleil des moments extraordinaires et inoubliables au Brésil, sur l’Amazone mais aussi aux îles du cap-vert.
Nous poursuivrons ce blog lors de notre retour à Trinidad en décembre 2007 pour une saison de navigation dans les Antilles…. Donc à très bientôt sur le net ou en Charente maritime !
Vous trouverez les dernières photos de notre séjour à Trinidad & Tobago sur l'album de l'étape 09-Trinidad & Tobago.
Enfin, pour tous ceux qui ont installé Google Earth, vous pouvez visualiser notre position sur l'image satellite en cliquant sur le lien de la dernière position.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Chaguaramas le 18 juin 2007.

L'escale d'Afua s 'est passée rapidement, avec des avitaillements en nourriture et gasoil. Pas mal de petits bricolos
divers pour remettre Ramatoa en état d'affronter l'océan que nous allons retrouver prochainement. La petite ville commerçante d'Afua est assez prospère avec de belles maisons. Elle est bâtie sur
pilotis et tout le monde y circule à vélo. Le mouillage dans le petit furo n'est pas très confortable car il est parcouru régulièrement par de nombreux îlots de jacinthes qui se prennent dans les
chaînes d'ancre et font déraper les bateaux; les pompiers de l'Alvaro Furtado viennent nous donner un coup de main.
C'est la fin du Rallye avec
des festivités offertes par la ville mais aussi un repas en commun avec tout l'équipage de l'Alvaro Furtado qui nous accompagne depuis deux mois. La fin est proche, il y a de l'émotion dans
l'air.
Le mercredi 2 mai
toute la flottille suit la trace de l'Alvaro Furtado pour sortir d'Afua et rejoindre Chaves dans un dédale de bancs de sable. A ce niveau, il fait demi tour et rentre sur Afua... beaucoup
d'émotion à la VHF quand les voiliers défilent les uns après les autres le long du bateau pilote où tout l'équipage s'est rassemblé sur le pont supérieur auprès de Philippe, Nicolas et Emilio....
cette fois-ci... le Rallye est bien terminé.... six mois d'aventures en commun laissent des traces indélébiles dans les mémoires.Le même soir, dernier mouillage sur le canal sud de sortie de l'Amazone. Le jeudi 3 mai, les voiliers repartent en plusieurs petits groupes pour sortir définitivement du fleuve et gagner la haute mer. Les uns vont en Guyane Française (à Kourou ou Cayenne), les autres rejoignent directement Trinidad et Tobago. Gérard de Glen Feeling embarque avec nous sur Ramatoa pour cette courte étape vers Kourou.
Le 3 mai à 12h00, Ramatoa est à nouveau sous voiles... quel plaisir de couper le moteur et de l'entendre glisser sur l'eau très boueuse de l'estuaire de l'Amazone. La traversée vers Kourou sera très rapide car nous bénéficions d'un courant favorable puissant (2,5 à 3 noeuds en moyenne), de plus le vent est au rendez-vous, il nous gratifie même de deux grains violents à 35 noeuds. Le vendredi 4 mai nous pulvérisons notre record en 24 heures avec 198 milles au compteur et une moyenne de 8,25 noeuds. Le samedi 5 mai à 18h15 nous mouillons dans la rivière de Kourou, nous avons parcouru 479 milles en 61 heures ce qui représente sur la traversée une moyenne de 7,85 noeuds... un grand merci au courant sud équatorial !
Kourou, en Guyane
Française... bonjour le retour en France ! Une escale de 8 à 10 jours est prévue afin de visiter la Guyane que nous ne connaissons pas et pour effectuer ma déclaration de revenus par Internet.
Les choses se présentent mal car le câble sous marin reliant la Guyane à Internet vient d'être sectionné et le département est privé d'ADSL... donc dur dur pour mettre à jour le blog et déclarer
mes revenus 2006 !

Nous sommes quatre voiliers du rallye à avoir choisi Kourou et non pas Cayenne comme escale et nous nous en félicitons car au
ponton ou au mouillage nous sommes à proximité des commerces et des restaurants. Ramatoa est au ponton, il est briqué comme un sou neuf à l'intérieur et à l'extérieur... ce n'est pas du luxe...
il en avait vraiment besoin !


Pendant cette escale, nous
visitons les îles du Salut et le fameux bagne de Dreyfus et Seznec... (Papillon, lui était à Cayenne et non pas aux îles du salut !); dans un autre style nous allons aussi visiter le centre
spatial Guyanais. Nous avons manqué le spectacle du dernier lancement d'Ariane à deux jours près ! Nous louons une voiture pour quelques jours et effectuons de belles balades à Cayenne et dans
les environs. Dernières invitations à dîner ou pour l'apéritif sur les bateaux en escale à Kourou et les premiers commencent à repartir. Les vacations BLU quotidiennes permettent de rester en
contact avec eux.
Nous voulions repartir le
mercredi 16 mai vers Tobago.... mais c'était sans compter sur une piqûre d'araignée, probablement, qui s'est infectée en un vilain abcès dans mon dos... passage obligé par les urgences de
l'hôpital de Kourou : incision et traitement antibiotique.... le départ est donc différé de trois ou quatre jours. Le climat est chaud et très humide ... un déluge deux jours sur trois ! Ce
contretemps laissera peut-être le temps aux américains de réparer le câble coupé... et je pourrai alors relever ma messagerie, mettre à jour le blog et faire plaisir au trésor public !Vous trouverez les dernières photos d'Afua et de l'Amazone sur l'album de l'étape 07 Amazone.
Les photos de notre séjour en Guyane Française sont sur l'album de l'étape 08 Guyane FR.
Nouveauté... vous trouverez en ligne sous les liens RIDS CD partie 01, partie 02, partie 03, partie 04 et partie 05, une compilation de 245 photos proposée par tous les voiliers du rallye, pour chaque bateau : une photo de l'équipage et dix photos préférées.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Kourou le 16 mai 2007.
Nous ne voulons pas rester sur le dernier article un peu noir du futur de l'Amazonie... car si l'avenir pose des questions auxquelles il faudra trouver des
solutions... le quotidien y est encore merveilleux... et nous voulons profiter pleinement des quelques jours de la redescente du fleuve Amazone et de la dernière escale d'Afua sur l'île de
Marajo.

Après une semaine passée au mouillage dans le lagon d'Alter do Chao, point ultime de notre progression sur l'Amazone, nous avons fait demi-tour et sommes allés mouiller devant le « Iate
Clube » de Santarem. C'est une ville moins prestigieuse que Belem, pas de buildings, pas de théâtre ni de monuments... elle a le charme d'une petite ville de province assoupie au confluent
des rios Tapajos et Amazonias. La vie y est calme, les habitants d'une gentillesse extrême comme très souvent au Brésil. Une superbe soirée nous est offerte par la municipalité, le samedi soir
avec la participation de la population.

Escale technique pour l'avitaillement, dernière grande surface avant la Guyane française, et le plein de fuel. Hubert nous quitte et entame un long périple retour vers Paris et la rédaction du
Nouvel Obs... Salut le Boto et à bientôt !!

Le Dimanche 22 avril, les français votent... et nous entamons la descente avec une longue étape de 96 milles. Départ prévu à 5 heures du matin, au lever du soleil, mais des trombes d'eau
nous réveillent avec une visibilité insuffisante pour partir... le départ est reculé ... mais à six heures le convoi se met en ordre de marche. Au milieu du rio, dans la veine de courant
principal, les bateaux descendent à 10 noeuds sur le fond alors que nous avançons à 6 noeuds sur l'eau... nous sommes sur un gigantesque tapis roulant !

Décidément la météo n'est pas avec nous car nous aurons une journée ininterrompue de pluie et de vent fort. Le réservoir d'eau du bord déborde. Le vent d'est souffle à 20-25 noeuds et lève un
clapot très creux contre le courant de l'amazone. Les bateaux piquent du nez dans la plume.... le mal de mer fait même sa réapparition sur plusieurs bords ! A la tombée de la nuit nous mouillons
à l'ouvert du furo Oteiro où nous avions déjà fait escale en montant.

Lundi 23 avril, le soleil est revenu et sur la VHF les résultats du premier tour sont commentés une bonne partie de la matinée... un vrai café du commerce ! Aujourd'hui Ramatoa progresse juste
derrière l'Alvaro Furtado, le bateau pilote, car après une étape de 52 milles nous allons découvrir un furo sur l'île de Penema qui n'a encore jamais été pratiqué par la flottille du rallye.
Ramatoa passera prudemment en tête avant que les bateaux à grand tirant d'eau ne s'engagent sur le seuil qui ferme ce magnifique petit furo dans la nature. Très belle soirée et lumière
splendide.

Mardi 24 avril, temps gris et lourd pour une assez longue étape de 72 milles. Nous mouillons devant l'île Mojui où nous avions déjà relâché lors de la montée. Le trafic sur l'amazone était assez
dense et nous avons croisé plusieurs cargos montant lège vers Santarem ou Manaus.

Mercredi 25 avril, belle étape sous le soleil de 62 milles qui nous conduit dans le furo de Jaguaribe. Nous mouillons devant une importante scierie appartenant au propriétaire de notre bateau
pilote l'Alvaro Furtado. Visite guidée des installations... les conditions de travail sont difficiles et la sécurité des ouvriers est secondaire. Les ouvriers sont logés dans l'enceinte de la
scierie, ne payent pas de loyer et ont l'électricité gratuitement. Nous sommes au 21° siècle mais c'est presque du Zola !!

Jeudi 26 avril, dernier jour de navigation pour rejoindre Afua, ultime ville étape du Rallye transamazone et du RIDS. 63 milles à parcourir sous la pluie et des grains. A notre arrivée dans le
furo d'Afua, le soleil revient, de nombreuses pirogues nous accueillent et des bateaux de la ville nous attendent avec force musique et pétards.

Cinq jours d'escale nous attendent à Afua avec de nombreuses manifestations et festivités pour la clôture du rallye. En effet le 2 mai, les bateaux reprendront le large pour rejoindre soit la
Guyane Française soit directement les antilles.... le voyage continue après la fin du rallye des îles du soleil.
Nous ne voulons pas terminer cette chronique de deux mois passés sur l'Amazone sans évoquer les nombreuses vacations de Nicolas sur la VHF. En effet il a agrémenté les longues navigations d'exposés passionnants sur l'amazonie, ses habitants, sa faune, sa flore et surtout sur les légendes et traditions très vivaces dans le bassin de l'Amazone. Il a vécu de nombreuses années en Amazonie et il a fait des légendes et traditions de l'île de Marajo le sujet de sa thèse de doctorat d'anthropologie. Vous pouvez lire ou feuilleter ce document passionnant en cliquant sur ce lien : Thèse de Nicolas Tiphagne.
Enfin ne manquez pas les très nombreuses photos ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone. Merci à Joseph d'Opsis pour les belles photos de la soirée à Santarem.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Afua le 29 avril 2007.



