Bienvenue sur Ramatoa
Il est notre journal de bord au fil de ces deux années autour de l'Atlantique sur notre voilier "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour lors de nos escales tout au long de notre périple maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, ses émotions et ses galères !
Bonne lecture....
Le territoire de l'amazonie s'étend sur 9 pays et couvre 6 millions de kilomètres carrés. Au Brésil, l'amazonie couvre 60% de la superficie du pays. La forêt
amazonienne couvrait initialement 4 millions de kilomètres carrés. A ce jour on estime que près de 17% ont été déboisé et le rythme de la déforestation s'accélère malgré les efforts des
protecteurs de l'environnement (on parle de 30% à court ou moyen terme). Sur la période 2002 – 2003 près de 23 750 Km² ont disparu, environ deux fois plus que la moyenne annuelle des années 1990.
Les raisons actuelles de cette déforestation sauvage sont connues et des risques nouveaux apparaissent.

Historiquement l'exploitation du bois est naturellement la plus ancienne cause de déforestation, mais aujourd'hui ce n'est plus elle qui consomme le plus de surface. En effet seulement une
trentaine d'essences sont exploitées commercialement, essentiellement vers l'Europe. Ces bois précieux sont repérés dans la forêt, abattus puis extraits vers une voie de communication fluviale ou
routière, cette exploitation nécessite en moyenne de sacrifier une bonne trentaine d'arbres qui seront laissées sur place. L'exploitation forestière se fait en arrête de poisson le long des
fleuves, des routes, des affluents et des pistes. L'exploitation du bois réalisée par les 3000 compagnies brésiliennes ou étrangères est assez bien surveillée et elles se donnent bonne conscience
en reboisant une petite fraction des surfaces exploitées, mais ce qui ne l'est pas du tout c'est l'exploitation clandestine qui alimente une réelle économie parallèle (abattage, scierie,
transport et commercialisation). On estime que 90% du bois exploité l'est illégalement, au Brésil même le bois commercialisé est d'origine clandestine à plus de 70% !

Le développement de l'élevage bovin extensif et des grands domaines a été encouragé par le gouvernement brésilien en 1975 après l'échec du développement économique lié à l'ouverture de la
route Transamazonienne. Des surfaces considérables ont été concédées pour une bouchée de pain, à des exploitants venus du sud du Brésil ou même du nord de l'Argentine, pour la création de pôles
agro-pastoraux. Les surfaces nécessaires pour un élevage intensif de bovins sont nettoyées au bulldozer, brûlées et défoliées. La même politique a conduit à la création de pôles agro-miniers
(gisement de fer, bauxite et manganèse). Comme souvent, ce sont des multinationales qui tirent tous les bénéfices de ces opérations, et les ouvriers, trimbalés de chantier en chantier, ainsi que
les locaux chassés de leurs terres, qui payent les pots cassés.

Le Brésil, avec une récolte annuelle de 50 millions de tonnes, est depuis peu le premier producteur mondial de soja. Le pays compte déjà 23 millions d'hectares de surfaces cultivées et dans
la forêt amazonienne la superficie a augmenté de 13,5% entre 2001 et 2004. Elle continue de progresser au rythme de 1 million d'hectares par an. A Santarem, le géant américain Cargill a construit
un port céréalier sans réaliser les études environnementales demandées et sans attendre toutes les autorisations ! 160 000 tonnes d'oléagineux sont exportés mensuellement, sous la bonne garde de
vigiles armés, vers Liverpool en Grande Bretagne... et la déforestation s'accélère depuis la mise en service de ce terminal (procédure en cours pour obtenir la fermeture de ce terminal). L'Europe
est le premier consommateur de soja, pour les farines animales en particulier. Outre la déforestation, la plaie de cette culture du soja est l'appauvrissement irrémédiable du sol
amazonnien. Le sol est naturellement pauvre et seul le substrat entretenu par la forêt est riche et fertile. Après déboisement et culture intensive du soja, la terre est lessivée, appauvrie, les
surfaces lunaires stériles (latérisation des terres) sont abandonnées car impropres à toutes les cultures... de nouvelles surfaces sont défrichées ! Légalisée depuis peu la culture du soja
transgénique utilise une quantité considérable d'herbicides. Le Brésil est devenu le troisième consommateur mondial d'herbicides et le soja en utilise 50%.
A ces trois causes
identifiées à ce jour, un risque majeur pourrait accélérer la destruction de la forêt amazonienne dans les décennies à venir : le développement attendu et annoncé des biocarburants. Si les
biocarburants remplacent à moyen terme tout ou partie du pétrole, il faudra des surfaces cultivées à cet effet considérables... et la tentation sera bien grande de poursuivre la désertification
commencée avec le soja en Amazonie.
Le Brésil est un des pays les plus inégalitaires au monde avec 5% de la population qui cumule 90% des richesses du papys. La déforestation a de nombreuses
conséquences sociales et humaines. Tout d'abord les mouvements des populations locales qui sous la pression des grands domaines sont obligées de fuir les terres qu'elles occupaient et se massent
à la périphérie des grandes villes d'Amazonie.
L'absence de cadastre fiable et la mafia des notaires qui falsifient les titres de propriété poussent des centaines de milliers de personnes à occuper illégalement des terrains publics. Les
grandes compagnies forestières usent de ces même méthodes pour s'aliéner des terres.
Les ouvriers des exploitations forestières et des grands domaines, souvent venus du sud du pays, sont maintenus dans une situation de dépendance financière totale vis à vis des propriétaires....
cette forme d'esclavage moderne est combattue par les autorités sans beaucoup de succès.
Enfin les conditions de vie difficile dans beaucoup de petites villes et bourgades, l'isolement et l'éloignement des grands centres, le manque de travail pour tous créent des tensions
insupportables dans la vie quotidienne. La violence est fréquente attisée par l'alcoolisme. Il y a eu des tentatives d'empoisonnement massif (distribution de couvertures contaminées à la grippe
et à la tuberculose) des populations amerindiennes qui résistaient à pénétration de la forêt par les grandes compagnies.

Face à ces difficultés, le discours politique brésilien n'est pas claire et bien peu crédible car il promet tout et son contraire : la protection de la forêt mais aussi le développement des
surfaces de soja... l'interdiction du soja trangénique mais il vient d'être légalisé par décret... et... la redistribution de terres aux sans terre se fait toujours attendre. Si rien n'est tenté
au niveau national ou international, l'Amazonie va rester pour de nombreuses années encore une terre d'eldorado et de non droit.
Dans notre dernier article, écrit et posté à Breves, nous n'étions toujours pas sur le rio Amazonias et contournions encore l'île de Marajo. Depuis cette escale, les connexions Internet sont inexistantes ou trop lentes pour envisager une mise à jour du blog. Nous continuons donc notre lente progression vers Santarem.
Nous alternons les mouillages devant des villes ou des bourgades où nous restons deux ou trois jours et des nuits en mouillage forain dans la verdure le long
d'une berge, entre deux îles ou à l'entrée d'un « furo ». Nous effectuons des journées de navigation de huit à dix heures en moyenne et rarement plus de deux journées de
suite.

Parti le samedi 24 mars de Breves au lever du jour dans la brume, nous embouquons le minuscule furo Asturia en file indienne, le spectacle est splendide. Arrivé en fin d'après-midi au mouillage,
nous mettons l'annexe à l'eau et exploration des berges, des furos et des iguarapes [petit furo accessible en annexe seulement] proches du bateau.

Dimanche 25 mars, reprise de la progression et à 9H30 nous débouchons enfin dans le rio Amazonias. A cet endroit il est large de quatre ou cinq milles et charrie beaucoup de bois et de déchets
végétaux, ses eaux sont marrons. Nous progressons à toucher la berge pour éviter d'affronter la veine de courant principal qui atteint quatre noeuds et plus. Nous ne progressons sur le fond qu'à
quatre noeuds parfois un peu moins. Mouillage devant l'île Mojui. Hubert a passé la journée sur l'Alvaro Furtado en compagnie de Philippe, Nicolas et Emilio.

Lundi 26 mars, repos au mouillage de l'île Mojui. Nous partons en exploration en annexe avant le lever du soleil pour tenter de voir des animaux sur les berges et dans les petits furos proches du
mouillage. Peine perdue... nous rentrons bredouille, crottés et n'avons vu que des moustiques et des buffles ! La végétation est dense et impénétrable.

Mardi 27 mars, départ au lever du jour... c'est une habitude... ! Difficile progression à 15 -20 mètres de la berge par des fonds de 12 à 20 mètres de profondeur. En fin de matinée nous quittons
le cours du rio Amazonias pour rentrer dans celui du rio Xingu. Le rio Amazonias charrie des eaux de couleur marron alors que le Xingu a des eaux moins chargées de couleur sombre, on a
l'impression de naviguer sur du Coca Cola ! La ligne de partage des eaux est très nette et agitée de nombreux remous. A 14H00 mouillage à proximité de l'île Macacos, exploration en annexe d'une
superbe rivière galerie et bénéficions ensuite d'un splendide arc en ciel sur le mouillage. Tous les soirs le ciel s'assombrit et l'horizon est zébré d'éclairs d'orages. Avec un peu de chance
nous pouvons récupérer 30 ou 50 litres d'eau de pluie dans nos réservoirs.

Mercredi 28 mars, petite matinée de navigation et nous mouillons devant la ville de Porto do Mooz sous un violent grain de pluie et de vent... pas de problème l'ancre va tenir pour les trois
jours de l'escale ! Cet après-midi... au programme... vidange moteur... alors que Dominique et Hubert partent en reconnaissance dans la ville aux ressources assez limitées.
La municipalité nous accueille avec gentillesse et organise des visites guidées de la bourgade et des excursions d'une journée en camion ou en bateau : visites de coopératives et d'exploitations
(élevage, pisciculture, ressources de la forêt, etc...). Nous visitons également des communautés isolés le long du fleuve, par communauté il faut comprendre un regroupement de population
mettant en commun des ressources comme des terres, un groupe électrogène etc, il n'y a pas de connotation religieuse ou confessionnelle.

Dimanche 1° avril, nous reprenons la route pour rejoindre le rio Amazonias et mouillons face à Almeirim. Insidieusement et lentement le paysage a changé... des mouvements de terrain se dessinent,
il y a même des falaises le long du fleuve, la forêt est moins dense et nous découvrons un paysage de prairies humides. Les riverains vivent un peu moins des ressources de la forêt et un peu plus
de l'élevage. Les oiseaux sont beaucoup plus nombreux et plus visibles car la forêt est souvent assez éloignée de la berge.
Accueil très
chaleureux des habitants d'Almeirim qui participent massivement aux festivités organisées par la municipalité pendant les deux jours de notre escale. Nous passons en particulier une journée
complète dans la communauté d 'Arumanduba perdue au fond d'un minuscule Iguarape et nichée au pied des premiers escarpements du terrain. Les membres de la communauté vivent de l'élevage et
surtout de l'exploitation de la noix du Brésil... la chastagna du Para que l'on retrouve ensuite dans les épiceries fines en Europe... à Paris chez Fauchon par exemple !


Mercredi 4 avril, nous parcourons une trentaine de milles et embouquons un petit furo rectiligne et mouillons en file indienne devant la communauté de Novo Horizonte au coeur des prairies
humides. Cette communauté est construite le long du furo, les maisons sont desservies par un unique trottoir. Nous y restons deux jours au calme, au contact de la nature et des habitants
qui semblent aussi content de nous voir que nous de les rencontrer. Il n'y a aucune ressource et nous explorons les furos les plus proches. Des équipages, plus chanceux que nous, verrons
des serpents et quelques singes..... Hubert est parti pour tenter de voir des caïmans et il est revenu déçu ! Les paysages sont superbes, les oiseaux innombrables et nous sommes aux premières
loges pour assister à la vie quotidienne des membres de la communauté rythmée par le fleuve, ses inondations et ses caprices. Nous participons à l'office religieux du jeudi saint célébré par le
chef de la communauté. En absence d'un père, il s'agit de prières, de chants et de la lecture de textes. A l'issue le rallye donne à la communauté des cartons de fournitures scolaires, des
médicaments et un sac de produits de première nécessité pour chacune des familles. Les deux jours de l'escale à Novo Horizonte s'écoulent paisiblement.... ballades en annexe, bricolage, courrier
etc...Mais il ne pleut plus depuis quelques jours et nos réserves d'eau s'épuisent... il nous faut de la pluie d'urgence !!

Samedi 7 avril,une étape de 32 milles nous conduit dans le furo Outeiro, c'est un mouillage forain en pleine nature surplombé par un petit piton. Le furo est parcouru par un fort courant qui
transporte de très nombreux « meurure » c'est à dire des plaques de jacinthes d'eau. Le matin, avant de relever le mouillage il faut dégager l'ancre et la chaîne de toute cette
végétation, l'aide des pompiers embarqués sur l'Alvaro Furtado est la bienvenue.

Dimanche 8 avril, nous fêtons Pâques en navigation sur l'amazone.... 41 milles plus loin nous arrivons après une journée très chaude devant la ville de Monte Allegre. Une partie des bateaux
accoste le « trapiche » [débarcadère principale] de la ville, mais pour nous bénéficiant d'un très faible tirant d'eau, nous sommes avec six autre bateaux de l'autre coté du furo dans
une petite mare aux canards au milieu de la verdure... les bateaux sont littéralement posés dans la prairie par à peine 1,50 mètres d'eau. C'est moyennement commode pour l'avitaillement et le
plein d'eau, mais c'est merveilleux car nous sommes au calme parmi les oiseaux.... et les moustiques ! Dominique et Hubert effectuent sous une pluie battante une belle ballade pour admirer des
peintures rupestres vieilles de 13 000 ans.


Mercredi 11 avril, une étape longue et éprouvante de (53 milles en 12 heures) qui nous amène à la tombée de la nuit aux portes de Santarem dans le furo Tapara.

Jeudi 12 avril, dernière et ultime étape de notre remontée d'une partie du cours de l'Amazone. Nous parcourons 34 milles sur le rio Amazonias puis longeons Santarem et embouquons le rio Tapajos
sur une quinzaine de milles. Notre mouillage est magnifique, petit lagon avec une langue de sable et de l'eau claire où il est agréable de se baigner. Il s'agit en fait de la plage à quelques 30
kilomètres de Santarem. Nous allons y rester 4 à 5 jours pour un repos mérité et allons pouvoir mettre à jour le blog qui est un peu délaissé depuis deux à trois semaines.
Ne manquez pas de regarder les nombreuses photos qui ont été ajoutées sur l'album de l'étape 07
Amazone.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Santarem le 14 avril 2007.
Parti le 16 mars de Belém après une fête inoubliable offerte par le gouvernement de l'état du Para, nous sommes le 23 mars, en Amazonie mais ne naviguons
toujours pas sur le fleuve Amazone !
En réalité nous contournons doucement l'île de Marajo par son sud en remontant le cours du fleuve Para. Pour rejoindre le fleuve Amazone qui coule au nord de cette île nous traverserons par des
« estreitos » sortes de canaux étroits qui relient les deux fleuves Para et Amazone.

La navigation sur le fleuve n'est pas très difficile (d'autant plus que nous naviguons en convoi avec des pilotes brésiliens qui connaissent parfaitement le cours du fleuve). Elle s'effectue en
convoi ce qui ne signifie pas en file indienne surtout sur les bras très larges du fleuve. Seulement les passages étroits ou difficiles nécessitent de se mettre en file unique. Le courant est
important et la marée se fait sentir loin dans les terres. Il faut être vigilant car les eaux charrient de nombreux déchets végétaux (troncs, branchages, îles de jacinthe d'eau et arbres entiers
!). En revanche les eaux ne sont pas polluées par les activités humaines.
La carte d'identité de l'Amazone et de son bassin cumule tous les superlatifs : plus long fleuve du monde (6 300 km), plus vaste bassin versant (6 millions de km²), plus fort débit (220 000 m3 à
la seconde soit 700 fois celui de la Seine !). L'estuaire est large de plus de 350 km et chaque année des îles disparaissent ou se créent. En Amazonie les fleuves ont soit des eaux boueuses,
limoneuses et marrons, soit noires mais plus limpides. On doit cela à la nature et à la quantité des matières organiques en suspension et dissoutes dans l'eau.
La faune et la flore ne sont pas en reste dans cette démesure de la nature, de très nombreuses espèces végétales et animales n'existent que dans la forêt d'Amazonie. Les écosystèmes sont
nombreux, divers, complexes et très fragiles... le poumon vert de la planète est controversé, il est vrai que les arbres absorbent une quantité extraordinaire de carbone mais la déforestation et
les brûlis produisent plus de gaz à effet de serre que les USA !

Nos navigations ne s'effectuent que de jour (de préférence tôt le matin !) et nous passons nos nuits dans des mouillages à l'abri d'une île ou à l'entrée d'un « furo » (petit
canal entre deux îles) en pleine nature (Cotejuba, Araras) ou à proximité d'une bourgade (Saõ Sebastian Boa Vista) ou d'une petite ville (Breves). Les mouillages forains en pleine nature
alternent avec ceux plus urbanisés
Les premiers jours, le fleuve est large puis il se resserre et il est encombré d'un dédale d'îles recouvertes d'une végétation luxuriante. Le trafic est intense de jour comme de nuit : barges
poussées de 40 semi-remorques, barges de grumes de bois exotiques, bateaux de passagers à plusieurs ponts des lignes régulières (Belém ? Santarem ? Manaus) et une multitude d'embarcations
assurant les dessertes locales (de la micro pirogue au bateau de 10 ? 12 mètres). Le climat est chaud et humide mais pas trop chaud. Les averses sont violentes et quotidiennes ce qui nous permet,
grâce à une bâche pour récupérer de l'eau de pluie, de remplir efficacement les réservoirs de Ramatoa.

Deux journées d'escale à Saõ Sebastian Boa Vista, petite bourgade très pauvre à 200 km de Belém, mais pleine de charme car bâtie sur pilotis sur le bord du fleuve et sur les furos
avoisinants.... elle est surnommée la Venise de Marajo... mais la comparaison s'arrête là !

Le touriste y est très rare, les voiliers... encore plus... une fois par an au passage du rallye. La population, très métissée d'indiens, vit sur le fleuve essentiellement de la cueillette et du
trafic de l'Acai (un des 400 fruits de la forêt d'Amazonie) dont on en consomme 40 tonnes par jour à Belém !
Le marché local est haut en couleurs, la population nous accueille à bras ouverts sans rien réclamer. Les enfants sont souriants et en bonne santé. Nous explorons la ville à pied et en annexe et
... souvent sous la pluie. Les voiliers sont mouillés assez loin du débarcadère et sous les grains... ceux dont les ancres dérapent... finissent leurs courses encastrés dans la mangrove
!
Deux jours de navigation plus tard nous sommes maintenant à Breves sur l'estreito de Breves qui relie le Para à l'Amazone. La remontée du canal, plus étroit, permet de mieux observer la nature et l'habitat. Breves, capitale de l'île de Marajo est bien moins touristique que Soure (proche de Belém). Ici l'économie est partagée entre la transformation du bois avec d'importantes scieries et toujours l'Acai qui est exporté vers le marché de Belém. Nous sommes amarrés à la trapiche de la ville sur des pieux ou à couple de bateaux locaux. L'animation est importante sur les quais et sur les berges. Le trafic des embarcations de toutes sortes est incessant, bruyant, malodorant et il soulève un clapot assez inconfortable !

A notre arrivée dans l'estreito de Breves, les voiliers du rallye ont été pris d'assaut par des dizaines de pirogues armées par de jeunes enfants ou par une mère et ses enfants. Ils font preuve
de beaucoup d'agilité car les voiliers avancent vite, à 5 ou 6 noeuds, et aucune de ces frêles embarcations n'est percuté ou chavire. Une fois accroché à notre plat bord nous leur
distribuons stylos, habits et bonbons pour les plus jeunes... heureusement que nous avions fait, avec l'aide de Cécile, un stock sérieux avant de partir.

Contrairement à Soure, la ville de Breves est située dans la moitié de l'île de Marajo recouverte par de la forêt et impropre à l'élevage, donc pas de belles fazendas à visiter et la forêt a les
pieds dans l'eau à cette saison. Nous parcourons cependant la ville à pied, profitons des quelques commerces et de l'internet récemment arrivé pour mettre à jour le blog et relever notre
messagerie!
De nombreuses photos ont été ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone.
Enfin, pour tous ceux qui ont installé Google Earth, vous pouvez visualiser notre position sur l'image satellite en cliquant sur le lien de la dernière position.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Breves le 23 mars 2007.









