Ramatoa ... du rêve à la réalité ! 
 

Bienvenue sur Ramatoa

Ce weblog constitue  notre carnet de voyage......
Il est notre journal de bord au fil de ces deux années autour de l'Atlantique sur notre voilier "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour  lors de nos escales tout au long de notre périple maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, ses émotions et ses galères !
Bonne lecture....
 
Vendredi 23 février 2007
Le mercredi 14 février, nous avons quitté en fin d'après-midi le mouillage rouleur et inconfortable de Fernando de Noronha pour rejoindre Fortaleza, 370 milles plus loin sur la côte nord du Brésil. La navigation s'annonçait belle, un alizé du sud-est portant et un courant favorable nous promettaient de belles moyennes journalières.
Dès le départ les conditions sont agréables et bien plus confortables qu'au mouillage. A la nuit tombée, vers 20 heures un violent grain surprend la flottille déjà en mer et bouscule sérieusement les plus grands d'entre nous restés au mouillage pour la nuit. En cinq minutes le vent s'installe à 30-35 noeuds avec des rafales à 40 noeuds, les bateaux sont surpris toutes voiles dehors, génois tangonné et le spinnaker pour certain. Sur Ramatoa, le pilote automatique a parfaitement contrôlé la situation en conservant son cap sans difficulté, empannage en douceur, le génois est roulé et le tangon abaissé. Le bateau sous grand voile haute seule file à 9 – 10 noeuds, les rafales sont violentes et nous prenons le premier ris dans la grand voile. Ramatoa avance à 8 noeuds et nous nous abritons à l'intérieur pendant le déluge d'eau qui s'abat sur nous. Deux heures plus tard, le grain passé, le vent tombe complètement et la pluie nous accompagne tout le reste de la nuit que nous poursuivons en partie au moteur.
Ce bref mais violent coup de vent a laissé des traces. Sur les bateaux en mer on déplore un tangon brisé net et l'arrachement d'un circuit d'écoute de grand voile. Les bateaux au mouillage ont affronté des creux de 1,5 à 2 mètres, les verges d'ancre sont tordues et un davier est arraché de la poutre avant d'un catamaran. Sur Ramatoa nous n'avons aucune avarie à déplorer et à aucun moment nous nous sommes sentis en difficulté.
Pendant toute la traversée nous subirons de nombreux grains de pluie avec des vents bien moins violent, mais dans la flottille la résistance s'organise et la surveillance des grains se fait au radar par les bateaux les plus en arrière de la flotte. Entre les grains le vent est assez faible voire inexistant.
Le mouillage à Fortaleza n'est pas très joli mais assez confortable devant le Marina Park Hotel dont nous bénéficions de tous les services et de sa belle piscine.
Fortaleza, capitale du Cearã, petit état défavorisé  avec un taux d'analphabétisation de 26% chez les moins de 25 ans et un taux de mortalité infantile très élevé, est une ville moderne tracée à l'américaine au carré. Importante ville du Nordeste elle ne conserve aucun vestige de son passé. Fortaleza sous le flux constant d'un exode rural concentre et rassemble une population miséreuse dans la plus grande favela du Brésil estimée à plus de 700 000 habitants sous le seuil de pauvreté.
A coté de cette misère à ciel ouvert  surgissent de superbes buildings qui bordent les plages splendides d'Iracema, de Futuro ou de Mucuripe, hauts lieux touristiques avec de très nombreux hôtels de luxe et de restaurants.
Notre escale à Fortaleza coïncide avec la fin du carnaval dans cette ville... ce n'est pas un hasard. Le carnaval au Brésil est une véritable institution où la vie économique s'arrête pendant la durée des festivités. Le Maracatu est le carnaval folklorique et culturel de Fortaleza, cette année le thème est celui des indiens et de l'esclavage. Mardi gras en soirée nous assistons au défilé des écoles de samba de la ville et des quartiers. L'ambiance est festive, chaleureuse, la musique omniprésente et tonitruante ! Contrairement aux clichés véhiculés par les télévisions sur le carnaval de Rio, celui de Fortaleza est plus modeste, moins commercial, moins riche, moins de paillettes et plus populaire... mais la ferveur et la liesse  sont tout à fait présentes, la bière et le rhum coulent à flot toute la nuit de clôture du Carnaval. Derrière les défilés très officiels et organisés des écoles de Samba, il y a de nombreux défilés spontanés et populaires.
Pour le reste Fortaleza est une escale technique pour les bateaux et les équipages avant l'arrivée prochaine sur l'amazone. Avitaillement, recomplètement des pleins, réparations diverses occupent pleinement nos journées, d'autant plus que Fortaleza est ville morte pour cause de carnaval !
Nous quittons Fortaleza le samedi 24 février après-midi pour rejoindre Soure sur le rio Parã dans l'île de Marajõ. Nous avons 700 milles à parcourir en une petite semaine.

News de dernière minute : dans le numéro de Voiles Magazine du mois de mars 2007, est paru l'article d'Albert Brel sur les 7 Ovni du Rallye des Îles du Soleil. On y parle et on y voit Ramatoa... ! Vous pouvez le consulter ici.

Nouveauté sur le blog de Ramatoa : en cliquant sur dernière position vous pouvez nous situer sur Google Earth si et seulement si cette application gratuite est installée sur votre ordinateur. Si vous souhaitez la télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth.

Des photos du carnaval et de notre escale à Fortaleza sont sur sur l'album de l'étape 06 Nordeste. Merci à Joseph d'Opsis pour une bonne partie des très belles photos du carnaval !

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Fortaleza le 23 février 2007.
par Benoît & Dominique publié dans : Les Etapes
Samedi 17 février 2007
Tout d'abord, mille excuses pour la mise en ligne partielle et incomplète de l'article précédent qui a été assez laborieuse depuis un cybercafé de João de Pessoa, où toute la bande passante était prise par des joueurs en ligne sur Internet ! Maintenant tout doit être rentré dans l'ordre.

Nous avons quitté, mercredi 7 février en début d'après-midi, l'agréable mouillage de Jacaré pour rejoindre l'archipel de Fernando de Noronha. La traversée longue de 250 milles a été menée tambour battant au près bon plein avec des vents de 15 à 20 noeuds et une mer formée, fatale pour l'estomac de Dominique ! Parti en premier du mouillage nous sommes arrivés les premiers pour assister au lever du soleil derrière l'île montagneuse de Fernando.... un spectacle inoubliable.

Découvert en 1503 par Americo Vespuci, l'archipel est resté propriété de la couronne portugaise jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale. Tour à tour, terre d'exil, prison politique, base américaine, l'archipel a attiré des artistes et des scientifiques du monde entier. En 1988, l'UNESCO classe l'archipel dans le patrimoine naturel mondial

L'archipel de Fernando de Noronha est un vaste parc naturel marin où la faune et la flore sont préservées. La réglementation est très pointilleuse, la chasse sous-marine interdite et la plongée doit se faire par le biais d'un des quatre clubs autorisés, les taxes de séjour élevées dissuadent les voiliers de passage de s'éterniser au mouillage de São Antonio.

Le mouillage est assez rouleur car la houle y entre assez largement, de plus le lendemain matin de notre arrivée nous avons essuyé un coup de vent bref mais assez violent (35 noeuds)... histoire de vérifier que les les ancres étaient bien crochées. Deux bateaux ont quand même dérapé et ont du remouiller pendant l'intermède venté. De mon coté, j'ai plongé pour vérifier la position de l'ancre, elle était complètement ensevelie dans la sable... pas de souci à se faire.
L'île de Fernando est petite et elle se parcourt aisément soit en bus, ligne unique sur route unique, soit en buggy ce qui permet de descendre jusqu'aux plages par des chemins caillouteux et défoncés. Les plages sont nombreuses et rivalisent toutes de beauté. Un championnat mondial de surf se déroulait sur la plage de Cacimbra do Padre, les vagues et le spectacle des surfeurs étaient grandioses.

La balade en buggy nous a conduit vers des sites et des points de vue superbes et au coeur du petit village de cette île entièrement tournée vers le tourisme. Les paquebots se succèdent sur le mouillage de São Antonio et déversent pour 24 ou 26 heures un flot de vacanciers qui dépassent rarement les quelques boutiques à touriste du port ou du village !

Tous les jours le ciel nous gratifie d'une bonne douche, le ciel s'obscurcit... il faut courir pour fermer les panneaux du bateau, la pluie tombe drue ... et le soleil revient dans une moiteur étouffante... il faut alors courir à nouveau pour ouvrir  les panneaux !

La vie du rallye à Fernando est calme, nous profitons de la mer, des baignades, de nager avec les dauphins et d'admirer les poissons et les tortues lors d'une sortie PMT (palmes-masque-tuba). Nous profitons d'une conférence très intéressante donnée par un chercheur de l'IBAMA (l'IFREMER Brésilien) sur les travaux et recherches sur les dauphins qui sont conduits içi à Fernando. Les bateaux se reçoivent pour des apéros et nous avons partagé autour d'un barbecue la pêche  des uns et des autres réalisée pendant la traversée.

Nous gardons de belles images de Fernando, mais les paysages ne sont pas aussi grandioses que ceux des Seychelles et la faune et les fonds marins pas aussi riches que dans l'océan indien, à Mayote en particulier.
Nous repartons le 14 février après-midi vers Fortalezza sur le continent sud-américain. Cette traversée de 370 milles devrait s'effectuer à bonne allure au portant et avec un courant favorable.... mais nous vous en reparlerons dans le prochain article.

Vous trouverez des photos de notre séjour à Fernando sur l'album de l'étape 06 Nordeste.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Fortalezza - Brésil le 17/02/2007.
par Benoît & Dominique publié dans : Les Etapes
Mercredi 7 février 2007

De Salvador à João do Pessoa, il y a 500 milles à parcourir pour les 23 voiliers du rallye qui étaient en escale depuis cinq à six semaines dans la capitale de l'état de Bahia.  Pessoa est dans l'état du Paraiba. Mais avant de revenir sur cette escale calme et reposante après la folie de Salvador, il faut dire quelques mots sur  les quatre jours de navigation.


Philippe nous avait promis l'étape la plus désagréable du rallye... il avait raison et elle a tenu ses promesses... du vent dans le nez, de la mer et du prés serré sur les deux tiers du parcours. De plus nos estomacs habitués  au calme de la baie de tous les saints n'ont pas apprécié exagérément de retrouver le rythme de la haute mer... surtout au prés serré, allure assez peu confortable. Nous avons alterné pendant 72 heures de longs bords à la voile puis des contre-bords voile plus moteur pour s'éloigner de la côte sans trop perdre de terrain sur la route directe. Les dernières 36 heures, le vent a adonné et nous avons bien marché par un vent de travers de 15 à 16 noeuds. Bref... une navigation où l'on est content d'en avoir terminé !



Arrivé à Cabadello, nous avons embouqué et remonté le rio Paraiba sur une dizaine de milles pour venir mouiller devant le « Iate Clube de Paraiba ». Un charmant petit club nautique où nous sommes merveilleusement accueillis avec de multiples festivités et activités. Les voiliers sont au mouillage sur le rio et les buildings de João do Pessoa émergent au loin de la brume de chaleur.
Parmi les curiosités de ce mouillage dans la verdure, tous les soirs de nombreux brésiliens viennent assister au coucher du soleil sur le mouillage et la mangrove, attablés à la terrasse des guinguettes ils écoutent le boléro de Ravel qui est joué par un saxo  dans une barque sur l'eau... si l'interprétation n'est pas de premièr ordre, le spectacle est lui très folklorique.

Autre folklore local... le Iate Clube nous a invité à passer une journée baignade sur une île de la façade atlantique entre les plages et le récif qui borde la côte à cet endroit. Embarquement sur un catamaran de promenade qui nous dépose sur l'îlot qui a la particularité de ne découvrir qu'à marée basse... c'est le but de promenade (nous sommes samedi) de plusieurs milliers de brésiliens et de plusieurs centaines d'embarcations de tous types ! La logistique suit en flottant avec des bars sur des barges et tout ce petit monde mange et se désaltère les pieds dans l'eau avant que l'eau en remontant ne chasse tout le monde dans un joyeux désordre et une musique tonitruante.... pour une plage isolée seule au monde c'est loupé mais pour observer les habitudes et les loisirs des brésiliens, c'est un régal !



L'accueil incroyable que nous recevons au Iate Clube démontre, s'il était encore nécessaire, que les Brésiliens sont d'une gentillesse extrême, qu'ils adorent partager et nouer le contact avec nous. La musique du Nordeste très différente de celle de Bahia et le sens inné de la fête font le reste ! Les gros crabes bleus à une seule pince, trouvés dans la mangrove, savent eux aussi se montrer accueillant et font le service de la bière !



Il ne faudrait pas croire que nous ne faisons que la fête, nous avons aussi des activités hautement culturelles ! Nous sommes partis avec quatre autres couples pour 48 heures de ballade à Olinda à 150 km de Pessoa,  à 6 km au nord de Recife, la capitale du Pernambuco (état coincé entre celui de Bahia et celui du Pariba).


Olinda fondée en 1537, ancienne capitale du Pernambuco, est avec Ouro Preto un des bijoux du Brésil, préservée du temps par son écrin de verdure et surtout par l'UNESCO qui l'a déclarée « héritage de la nature et de la culture de l'humanité ».Lacis de ruelles escarpées et pentues bordées de maisons coloniales aux joyeuses façades colorées,exubérance d'églises baroques, charme des fontaines mauresques, Olinda la ville aux sept collines (encore une !) a su préserver une ambiance authentique et un mode de vie original, dont le charme un peu suranné, entre les pavés mal ajustés et chargés d'histoire, ne nous a pas laissés indifférent.

Nous avons visité de nombreuses églises, et plusieurs couvents. Celui de São Francisco est splendide, le couvent, le premier des Franciscains au Brésil date de 1577 et son église de 1588. Elle est décorée de magnifiques panneaux d'azulejos, la sacristie est considérée comme une des plus belles du Brésil.

Pour ne pas casser l'ambiance magique de cette journée de visites, nous avons dormi dans une poussada de la vieille ville installée dans une maison du XVIII° superbement restaurée et entretenue.

 
Sur le chemin du retour, nous avons fait une halte à Igarassu qui possède un patrimoine d'églises et de couvents intéressants. L'église São Cosme e Damião date de 1535, c'est la plus ancienne du Brésil.



Après cette étape calme et vieilles pierres, notre prochaine traversée (250 milles) nous conduira à Fernando de Noronha, petit archipel au large de l'angle nord est du Brésil et qui est un immense parc naturel parfaitement préservé, c'est les Galapagos de l'Atlantique.

De très nombreuses photos de notre séjour à João do  Pessoa sont sur l'album de l'étape 06 Nordeste.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Jacare - Brésil le 06/02/2007.

 

par Benoît & Dominique publié dans : Les Etapes
 

La réalité...

Un voilier nommé "Ramatoa"

Un skipper et une skippette !
Un voyage de deux années autour de l'Atlantique, par le Sénégal, le Brésil, l'Amazone et les Antilles.

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Cartes du périple

  • 2006-2007  : De La Rochelle à Trinidad en passant par l'amazone.

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