Bienvenue sur Ramatoa
Il est notre journal de bord au fil de ces deux années autour de l'Atlantique sur notre voilier "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour lors de nos escales tout au long de notre périple maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, ses émotions et ses galères !
Bonne lecture....

En réalité notre séjour à Salvador a été passablement perturbé par une panne du
moteur Volvo de Ramatoa. Une pièce fixant l'inverseur à l'arrière du bloc moteur a littéralement volé en éclats. Cette pièce de fonderie en aluminium devait avoir un défaut car elle ne subit
pas d'effort particulier. Cette découverte s'est faite fortuitement le 25 décembre matin... joyeux Noël !... quand j'ai voulu mettre en route le moteur pour effectuer la vidange.... bruit d'enfer
et stupéfaction devant l'ampleur des dégâts dans la cale moteur... un inverseur qui a reculé de près de 10 cm et la pièce cassée en une dizaine de morceaux !
Le moral en prend un coup... mais nous restons confiants, nous avons un mois
devant nous pour réparer !Début d'une démarche longue et difficile. Localement, faire intervenir l'agent Volvo qui diagnostique la panne et propose d'effectuer la réparation... mais pas de chance la pièce de rechange n'est pas disponible au Brésil et cela peut prendre plusieurs semaines pour la faire venir de Suisse, où d'ailleurs elle n'est pas en stock non plus !!
Avec la complicité de Ralph, le chantier Alubat fermé entre Noël et le nouvel an, est alerté le 27 décembre, questionne Volvo France.... qui ne reprend le travail que le 3 janvier 2007. En clair il ne faut pas tomber en panne pendant les fêtes !
Dès la reprise du travail, Volvo France dispose des pièces et les expédie en urgence chez des équipiers qui rejoignent un bateau du rallye. Le 10 janvier, nous voyons arriver avec satisfaction , dans les bagages de Michel et Jacqueline, les pièces nécessaires à la réparation.
Le moral est en hausse sensible.
Entre les jours fériés et le rythme brésilien du mécano Volvo local... les travaux débutent le 13 pour finir le 16... mais à la mise en route... un bruit d'enfer très inquiétant provient de l'inverseur (la boite de vitesse). Il faut déposer à nouveau l'inverseur et rechercher l'origine du désordre. Le moral subit une forte baisse... car s'il faut ouvrir l'inverseur et changer des pièces... le rallye a de fortes chances de repartir sans nous... moral très sombre !
Nouvelles interventions fractionnées du mécano entre le 17 et le 19 janvier et oh divine surprise !! le bruit anormal ne provient pas de l'inverseur mais de l'une des pièces neuves livrées par Volvo France, le problème est donc rapidement résolu et tout rentre dans l'ordre.
Moral en très forte hausse !
Pressé de vérifier que tout fonctionne bien, deux heures après le départ de Fabio
le mécanicien, nous faisons le plein de gasoil et partons au moteur, malgré un bel alizé, en balade dans la baie de tous les saints. Tout va bien, nous serons donc prêts à repartir vers le
nord est du Brésil et l'Amazone dès le 27 janvier. C'est la fin d'une galère qui nous a un peu gâché notre séjour à Salvador.... mais heureusement que ce bris de pièce s'est passé ici et non pas au
fin fond de l'Amazonie !
Si les visites et voyages envisagés au Brésil se sont trouvés perturbés, nous
ne sommes pas restés à quai au centre nautico de Bahia (CENAB). La gentillesse et la solidarité des équipages du Rallye ont joué à fond et nous avons dû gentiment refuser des
embarquements.
Noël et le réveillon donnent lieu à de nombreuses festivités dans la ville haute
le « Pelourinhio ». Le réveillon de Noël est passé au CENAB où nous étions une bonne vingtaine de personnes, bonne ambiance et restauration agréable. Le 26 décembre Bernard rejoint la
Bretagne et nous nous retrouvons tous les deux.


Nous
embarquons pour quatre jours sur Glenfeeling pour une balade dans la baie de tous les saints. Mouillage à Itaparica, l'île est un petit paradis calme et sûr face à Salvador dont l'insécurité
chronique est réputée. Nous remontons ensuite le rio Paraguacu sur une vingtaine de milles et découvrons un superbe mouillage face à un vieux couvent délabré des Franciscains... on se croirait dans
le film « Missions ». Sur l'autre rive dans un bras du fleuve nous mouillons à Maragojipe où par chance nous tombons le jour du marché... quel spectacle haut en couleurs ! Enfin nous
retournons à Itaparica où nous avons réservé pour le réveillon du nouvel an dans un petit restaurant sur le quai de la micro marina. Ambiance survoltée de décibels avec feu d'artifice.... les
brésiliens ne s'arrêteront qu'avec le lever du jour à 5 heures du matin. Le 1° janvier, tentative de récupération au mouillage et le 2 janvier nous retournons à Salvador à bord d'Ivresse le grand
Lagoon 440 d'Olivier et Sabine. Sur Glenfeeling, Cathy, Bernard et Gérard continuent à vagabonder dans la baie. De notre coté nous organisons l'envoi des pièces de rechange.
Le 6 janvier nous embarquons de nouveau pour trois jours avec Isabelle et Joseph
sur Opsis, un autre Ovni du rallye. Nous explorons le nord de la baie avec un mouillage devant le petit Iate clube d'Aratu où nous profitons de la piscine, puis mouillage au nord de l'île de Prades
à proximité de l'îlot de Bon Jesus... c'est dimanche et il y a naturellement une fête religieuse... là encore spectacle garanti.

A Salvador le ponton du RIDS se remplit et se désemplit au rythme des
départs et arrivées des uns et des autres. Nous découvrons aussi quelques très jolis coins, de belles églises et de petits restaurants très agréables. Dominique fait de gros progrès en
« Portugnol » et la gentillesse indéfectible des brésiliens fait le reste. Le 11 janvier une procession ininterrompue de 2 millions de personnes défile devant le CENAB pour la fête
religieuse de ND de Bonfim... spectacle et insécurité garantis (5 morts et 70 blessés !).Nous rédigeons cet article au ponton d'Itaparica où nous avons abouti pour deux ou trois jours après notre croisière d'essai du moteur. Nous y sommes bien au calme loin du bruit et de la fureur de la capitale de l'état de Bahia pour préparer Ramatoa pour la suite du voyage, nous y faisons le plein des réservoirs d'eau avec de l'eau minérale, car luxe suprême c'est de l'eau minérale de la Fonte da Bica qui coule au robinet du ponton. Nous échouons Ramatoa sur un banc de sable blanc pour nettoyer ses dessous et remplacer des anodes usagées. Le 25 janvier réunion des skippers et le 27 envol des groupes 1 et 2 pour Joao de Pessoa... au programme 350 milles de prés dans les alizés... on vous en reparlera prochainement.



Mais avant de vous quitter nous vous renouvelons nos voeux pour l'année nouvelle, il n'est pas encore trop tard !
De très nombreuses photos de notre séjour à Salvador sont sur l'album de l'étape 05 Salvador de Bahia.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé à Itaparica, posté à Salvador - Brésil le 24/01/2007.
Sur Ramatoa cette transatlantique vers le Brésil n'est pas prise à la légère, car c'est une grande première pour nous trois avec le passage de l'équateur, mais elle ne représente qu'un peu plus de deux fois la traversée entre Tenerife aux Canaries et Mindelo aux Cap-Vert. La difficulté, si difficulté il y a..., réside plus dans la logistique et l'avitaillement que dans les conditions de navigation que nous devrions rencontrer. Bernard nous a rejoint à Dakar et nous sommes trois pour traverser. Voici un bref résumé de notre transat jour après jour.... que du bonheur !


Vendredi 1° décembre
2006 : Départ à 10 heures après avoir dégonflé et rangé l'annexe. Tour d'honneur dans le mouillage sous les encouragements des bateaux du rallye. Dans le 1° groupe (des petits) nous sommes
six bateaux mais seuls quatre partiront aujourd'hui. Le vent est faible et irrégulier, nous progressons au moteur pendant quelques heures pour faire de l'eau douce et remplir les 430 litres du
réservoir. A une quinzaine de milles de la côte nous prenons un bout et un filet dans l'hélice, le moteur ne cale pas mais nous perdons deux noeuds de vitesse. Il nous faut attendre que la mer se
calme un peu pour descendre sous la coque en plongée pour dégager l'hélice. Les alizés s'installent progressivement au Nord Est.
Samedi 2 décembre 2006
: 118 milles nautiques parcourus dans la 1° journée. Le vent souffle régulièrement maintenant entre 20 et 25 noeuds de Nord Est. Nous avançons au vent arrière, voiles en ciseaux, grand
voile haute et génois un peu roulé et tangonné. Ramatoa est étonnamment stable sous cette allure et il est parfaitement contrôlé par le pilote automatique malgré une houle qui se creuse et une
mer agitée. Prise d'un beau thon rouge de 8 à 10 kg après une belle bagarre d'une vingtaine de minutes. Je suis content d'avoir changé les 300 mètres de nylon du moulinet par un nylon plus épais
de façon à éviter les casses intempestives connues avec des dorades coryphènes perdues le long du bord du bateau.Dimanche 3 décembre 2006 : 140 milles nautiques parcourus dans la 2° journée. Les conditions de vent et de mer sont inchangées. Les nuits sont claires avec une pleine lune et une température très douce. Le rythme des quarts est maintenant pris.
Lundi 4 décembre 2006
: 135 milles nautiques parcourus dans la 3° journée. Nous changeons l'heure légale du bord pour passer à TU-1 (Une heure en moins tous les six à huit degrés de longitude gagnés vers
l'ouest). Vent et mer inchangés dans la journée, mais la nuit venu le vent tombe sérieusement et la houle qui persiste nous contraignent à faire route au moteur un partie de la
nuit.Mardi 5 décembre 2006 : 112 milles nautiques parcourus dans la 4° journée. Le vent est de retour au petit matin et nous reprenons notre cavalcade au vent arrière voiles en ciseaux. Coté pêche : deux touches et un leurre de perdu en fin d'après-midi. Le temps se couvre un peu au coucher du soleil, signe que nous approchons doucement du pot au noir. Avec un peu plus de 500 milles nautiques depuis Dakar, nous avons effectué le premier quart de la traversée. A la vacation BLU de 21H00 UTC nous apprenons que nos amis Hubert & Charlotte du catamaran Natibou sont obligés de se dérouter vers Mindelo au Cap-Vert à cause d'une panne persistante et récurrente sur le système hydraulique de l'appareil à gouverner... les deux safrans ne restent plus parallèles. Nous espérons qu'ils pourront réparer et nous rejoindre au mois de janvier à Salvador de Bahia.
Mercredi 6 décembre 2006
: 132 milles nautiques parcourus dans la 5° journée. Ce matin temps gris et mer grise... quel changement ! Cette nuit le vent est resté soutenu, la moyenne oscille entre six et sept
noeuds. Ramatoa est très sale, il est recouvert d'une épaisse couche de poussière rouge, les cordages sont raides, nous avons les mains sales dès que nous manoeuvrons. Les premières averses du
pot au noir sont attendues avec impatience pour délayer ou nettoyer tout cela ! En début d'après-midi, nous infléchissons notre route vers le sud pour essayer de traverser au plus court le pot au
noir. Après plus de cinq jours au vent arrière voiles en ciseaux, nous gouttons au plaisir du vent de travers et nous filons toujours près de six à sept noeuds.
Jeudi 7 décembre 2006
: 134 milles parcourus dans la 6° journée. Nuit calme dans un vent d'est mollissant. Le ciel est couvert, les éclairs de chaleur sont nombreux mais nous passons à coté des grains. Premier
grain sérieux ce matin, le vent est monté à 30 noeuds... la crasse est maintenant délayée ! A midi le vent tombe et le moteur est mis en route jusqu'à 22 heures où le vent revient et oh surprise
du sud est à 15 noeuds ! Nous n'osons pas croire que les alizés de sud est s'installent déjà alors que nous sommes encore par 3° 45'N.
Vendredi 8 décembre 2006
: 113 milles parcourus dans la 7° journée. Première semaine de navigation écoulée et le pot au noir semble être derrière nous... quelle chance nous l'aurons passé avec seulement une
dizaine d'heures de moteur. Mais faute de pluies violentes et abondantes le bateau est à moitié lavé... toute la crasse et la poussière délayées ont coulé sur le coté tribord... on ne peut pas
tout avoir... du bon vent et un bateau propre et rincé ! Au coucher du soleil nous prenons notre 2° thon de la traversée, mais il est plus modeste et parfait pour trois personnes... deux repas
quand même !
Samedi 9 décembre 2006
: 100 milles parcourus dans la 8° journée. Dans la nuit le vent s'évanouit et nous remettons le moteur, la nuit est calme, la mer belle est parcourue de la longue ondulation de la houle
océanique. En début de matinée, le vent de sud - sud est remonte à 10-12 noeuds et nous glissons de nouveau à la voile pour quelques heures car le vent retombe dans l'après-midi. De plus les
fichiers météo reçus ce matin ne sont pas optimistes et n'annoncent pas le retour d'alizés soutenus avant 200 à 300 milles... encore un peu de patience ! Ramatoa vient d'enregistrer son 5000°
mille nautique parcouru depuis sa mise à l'eau.... ce n'est pas moi qui le dit mais le GPS !
Dimanche 10 décembre
2006 : 108 milles parcourus dans la 9° journée. Nous changeons de nouveau l'heure légale du bord pour passer à TU-2. En milieu de nuit le vent est revenu du sud ? sud est, nous
retrouvons le silence du vent dans les voiles.... et il ne nous quitte pas jusqu'au « passage de la ligne ». Dominique, en direct sur la « Fréquence Femmes » a fait basculer
Ramatoa dans l'hémisphère sud à 16H41 UTC ! Comme un bonheur n'arrive jamais seul... la distance restant à parcourir est maintenant inférieure à 1000 milles. Ce soir, dîner de fête pour célébrer
dignement la passage de la ligne. Au menu : confit de canard, pommes sautées sarladaises et champagne !
Lundi 11 décembre 2006
: 122 milles parcourus dans la 10° journée. Depuis deux heures du matin l'alizé souffle frais à 18-20 noeuds et Ramatoa cavale entre 6,5 et 7,3 noeuds entre les grains de pluie.
Aujourd'hui le temps est lourd et partiellement couvert... mais la moyenne quotidienne, faiblarde depuis trois jours, devrait sérieusement remonter si le vent se maintient. Tous les soirs nous
complétons notre plein d'eau douce par une heure ou une heure et demi de désalinisateur. Nous croisons quelques cargos qui sont sur la route qui relie l'Amérique du sud à
l'Europe.
Mardi 12 décembre 2006
: 152 milles parcourus dans la 11° journée (moyenne : 6,33 nds). L'alizé est maintenant bien installé à 20 noeuds, la mer est un peu agitée, le temps chaud avec quelques averses de pluie.
Nous avons avec Bernard passé notre matinée à rechercher une fuite d'eau de mer que nous retrouvions en quantité dans les fonds depuis deux ou trois jours que nous marchons fort avec une gîte sur
tribord. Après avoir tout déviré sur le coté tribord, inspecté les fonds de placard, démonté des cloisons, nous avons finalement découvert que l'échappement du groupe électrogène n'était pas
étanche (n'avait été probablement jamais étanche) et que de l'eau de mer rentrait dès qu'il était sous l'eau à la gite. Le passe coque a été resserré, la fuite est réduite à quelques litres par
24 heures, mais son étanchéité devra être refaite ultérieurement une fois le bateau au sec. Coté pêche, plusieurs touches qui se sont décrochées... mais rien dans l'assiette... nous attaquons les
conserves !Mercredi 13 décembre 2006 : 162 milles parcourus dans la 12° journée (moyenne : 6,75 nds). Cela constitue le record de Ramatoa sur 24 heures. La nuit a été assez ventée avec 25 noeuds en moyenne et des rafales à 30. Ramatoa est secoué, le pont régulièrement rinçé par les vagues qui s'invitent à bord, la vie à bord est plus difficile, mais la foulée s'allonge à 7,5 noeuds et des pointes à 8 quand la vague pousse la coque. Nous avons croisé plusieurs cargos dont un avec qui nous avons conversé à la VHF, il remontait d'Argentine vers l'Espagne. Mais ce matin l'alizé est plus raisonnable et la vitesse redescend à 6,5 nds. L'hydrogénérateur que nous remorquons pour produire de l'électricité nous fait perdre 0,3 à 0,5 noeuds de vitesse (ce qui représente tout de même une bonne dizaine de milles perdus par 24 heures) mais par contre cette production d'énergie ajoutée à celle de l'éolienne, nous permet depuis 48 heures par vent de travers soutenu d'être auto suffisant en électricité et de compenser les consommations du pilote, du frigo, des feux de navigation, et par intermittence du PC et de la BLU. Ce n'est pas si mal et des heures de groupe électrogène en moins !
Jeudi 14 décembre 2006
: 151 milles parcourus dans la 13° journée. Nuit calme avec un vent assez régulier, mais ce matin après avoir traversé une ligne de grains nous nous retrouvons sans vent pendant une à deux
heures ! Le vent de sud est se rétablit et le soleil revient dans la matinée. Soir et matin il y a les vacations radio BLU pendant lesquelles les bateaux donnent : position, distance restante et
conditions de vent. Les informations de la vacation du matin sont ensuite reportées sur le site internet des Îles du Soleil. La BLU est un outil de communication convivial qui permet de bavarder
avec les autres bateaux... les femmes sont bavardes... mais les hommes ne le sont pas moins !
Vendredi 15 décembre
2006 : 148 milles parcourus dans la 14° journée. Nous bouclons ce matin la deuxième semaine de navigation. Nous longeons les côtes nord est du Brésil à une quarantaine de milles au large.
Nous ne voyons pas la terre mais nous la devinons et la nuit dernière nous avons vu la lueur de la ville de Recife à plus de cinquante milles. Nous portons le spinnaker depuis 8 heures ce matin
mais le vent est mollissant depuis la fin de la sieste. L'avitaillement a été réalisé de mains de maître par Dominique à Dakar avec l'aide de Ludivine. Nous mangerons, jusqu'à la fin, tous les
jours des légumes ou des fruits frais, nous n'avons perdu qu'une douzaine d'oeufs. Les conserves réalisées à Châtelaillon s'avèrent excellentes. La pêche est plus aléatoire car le compteur est
toujours bloqué à deux prises (thons rouges) depuis le départ du Sénégal.... mais il nous reste encore 48 heures pour revenir au score !
Samedi 16 décembre 2006
: 137 milles parcourus dans la 15° journée. Les bateaux les plus rapides approchent ou arrivent à Salvador. Météore, un catamaran Outremer de 60 pieds, est au ponton depuis hier soir. Pour
nous la nuit a été pénible avec une succession de vent faible puis de grains de pluie. Au petit matin le vent s'établit plus régulièrement et nous marchons d'abord sous spi puis voiles en ciseaux
avec le génois tangonné sous un vent de Est de 18 ? 20 noeuds. A bord les pronostics d'arrivée à Salvador de Bahia vont bon train.... pour la messe du dimanche matin... cela va être un peu
court... mais pour les vêpres... pas de problème nous devrions y être si Eole ne nous joue pas un mauvais tour. Tous les soirs, depuis que nous sommes près des côtes, des dauphins viennent jouer
devant l'étrave de Ramatoa.... nous ne nous lassons pas du spectacle !

Dimanche 17 décembre
2006 : 152 milles parcourus dans la 16° journée. Eole nous a abandonné en fin de nuit et nous avançons au moteur. Au lever du jour nous longeons la côte au nord de Salvador et profitons
pleinement de l'arrivée sur la baie de tous les saints et sur la ville de Salvador de Bahia. Accueil ENORME de la part des équipages qui nous ont précédé de quelques heures voire d'une journée
pour les plus véloces. Accueil brésilien ENORME de la part de Philippe et Nicolas du comité d'organisation et du centre nautique bahianais [CENAB] avec Caïpirinha, Bahainaise en costume
traditionnel et plateau de fruits frais. Le ponton est noir de monde et nous sommes un peu saoulés de bruit et de monde, par tout ce tumulte après 16 jours de calme en mer ! Ramatoa se trouve
amarré par des dizaines de mains amis. Voilà la transatlantique est terminée, elle ne nous a pas déçus et la réalité est au dessus du rêve... que du bonheur !
Distance parcourue : 2133 Nm.
Durée du parcours : 16 jours et 3H30.
Moyenne traversée : 5,50 nds.
Meilleure journée : 162 Mn le 13 décembre 2006.
Plus mauvaise journée : 100 Mn le 9 décembre 2006.
Nombre de bateaux arrivé avant Ramatoa : 12.
Nombre de bateaux arrivés après Ramatoa : 10.
Place de Ramatoa dans le groupe 1 : 3° sur 7 bateaux du groupe 1.
Nombre d'heures moteur : 80 heures.
Nombre d'heures groupe électrogène : 32 heures.
Quantité de gasoil consommé : 280 litres.
Quantité d'eau douce produite : 1480 litres.
De très nombreuses photos de notre transatlantique sont sur l'album de l'étape 04 Transat.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé en cours de traversée et posté à Salvador Brésil le 18/12/2006.
Les cinq jours de l'escale à Dakar sont passées à toute vitesse. Pris dans le tumulte, le bruit, les
embarras de la circulation de la capitale sénégalaise, nous ne voyons pas le temps passer et nous ne faisons pas tout ce que nous avons à faire.

Notre éloignement relatif du centre ville complique les choses car pour aller place de l'indépendance depuis le cercle de voile de Dakar à la plage de Hahn il faut compter entre vingt minutes et
deux heures en fonction des encombrements.
Le Rallye a aussi ses mondanités !! Nous sommes invités à l'ambassade de France pour un cocktail de bienvenue, cela me donne l'occasion de rencontrer des camarades militaires en poste à
Dakar.

Le cercle de voile de Dakar est situé sur la plage de Hahn à proximité d'un petit village de pêcheur et de son marché aux poissons, la plage est toujours animée ... comme
les débarquements en annexe quand l'alizé souffle fort et lève un clapot assez creux sur le mouillage.
Pendant notre séjour, nous rencontrerons Ludivine Reungoat et ses trois enfants, Franck son mari est en poste au 23° BIMa sur le camp Bel Air. Ils nous aideront énormément pour faire nos
approvisionnements avant de partir sur le Saloum et au retour pour l'avitaillement de la transat.
Nous retrouvons à Dakar les odeurs, les taxis délabrés, les camions hors d'age, les petits commerces, les petits boulots, la crasse et la misère de l'Afrique mais aussi la gentillesse de ses
habitants. Dakar est une capitale de 2 à 3 millions d'habitants qui concentre 20% de la population du Sénégal. Il n'y a pas de travail pour tout le monde et il faut bien vivre... c'est le royaume
de la débrouille et de l'économie souterraine.

Le lundi 20 novembre, nous participons à un visite organisée du lac Rose à 40 kilomètres au nord de Dakar. Ce lieu mythique de l'arrivée du rallye raid Paris – Dakar est un haut lieu touristique.
Pour nous faire oublier les désagréments de notre premier mouillage perturbé par la présence du roi du Maroc, les autorités sénégalaises font les choses en grand pour cette excursion avec
la présence d'une escorte pour ouvrir la route à nos deux cars dans les dizaines de kilomètres de bouchons sur la route de Rufisque. Le midi nous sommes invités à déjeuner au campement du Lac
Rose où nous dégustons un très bon « poulet yassa ». La visite au lac Rose s'effectue à bord de véhicules 4x4 tout terrain, il s'agit de vieux véhicules militaires français qui vivent
là leur cinquième ou sixième vie... ils ne sont plus de première jeunesse et doivent accuser 40 ou 45 ans d'age. Le circuit longe les berges du lac, il traverse un village où est extrait le sel
du lac puis nous conduit dans un village Peul (passablement sédentarisé pour les besoins du tourisme !). Le retour au campement s'effectue à travers les dunes de sable et le long de l'immense
plage où les concurrents du Paris Dakar achèvent leurs chevauchées fantastiques dans les vagues de l'océan Atlantique.

Depuis le dimanche nous sommes autorisés à mouiller de nouveau devant l'hôtel Terranga et c'est depuis ce mouillage que nous partons dès l'aube pâle vers le Sine Saloum. Cette rivière se situe à
60 milles nautiques au sud de Dakar en allant vers la Casamance. La traversée prend un dizaine d'heures et nous devons impérativement arriver en fin d'après-midi afin de passer la barre d'entrée
dans la rivière en convoi derrière une pirogue.

La descente vers le Saloum débute avec du vent, mais à la mi journée il tombe complètement et nous alignons encore quatre ou cinq heures de moteur. Nous naviguons bord à bord avec Opsis, un ovni
435, et en profitons pour faire des photos de nos voiliers sous voiles... voilà donc les premières photos de Ramatoa à la voile... elles sont réussies, notre patience set récompensée. La route
directe vers le Saloum passe à 5 ou 10 milles d'une côte basse et sablonneuse, les fonds sont peu profonds, les pirogues se comptent par centaine, les perches de casiers et de filets des
pêcheurs sont innombrables... c'est un véritable gymkhana... le même parcours de nuit est impensable. Les pirogues basses sur l'eau sont armées par deux ou trois pêcheurs qui vivent dans un
dénuement total sous un soleil implacable. Une pirogue nous demande de l'eau et nous offre un poisson que nous mangerons le lendemain au barbecue... la pêche à la traîne n'a pas été fructueuse...
l'honneur est sauf.

La lumière décline déjà quand les 23 voiliers rentrent en file indienne pour franchir les passes et la barre dans les bancs de sable entre Djifere et Sangomar. Ramatoa est en tête du convoi
derrière la pirogue qui nous sert de guide. Au coucher du soleil, tous les voiliers sont au mouillage devant le village de pêcheurs de Djifere où nous resterons le mercredi 22 novembre.
Le village de trois à quatre mille âmes entretient une flotte de plusieurs centaines de pirogues, le départ à l'aube et le retour de pêche en fin d'après-midi sont impressionnants. Toute la
population s'active à décharger, à trier le poisson et à remonter les pirogues sur le sable. Les poissons sont séchés au soleil sur des séchoirs en bois, les coquillages (des lambis très nombreux
en cette saison)sont extraits des coquilles et cuisinés immédiatement. Les conditions de vie ce ces pêcheurs sont précaires, le village ne dispose d'aucune infrastructure, la plage coté océan
sert d'exutoire pour les poubelles et les excréments. Coté rivière la plage est occupée par toutes les pirogues remontées sur le haut de la plage et par tous les petits métiers induits par le
fruit de la pêche. Au mouillage, sous le vent des séchoirs, nous avons l'impression de vivre dans un flacon de Nuoc-Mam !!

Le jeudi 23 novembre, la flottille se lève tôt et nous remontons le Saloum dès le lever du jour pour bénéficier du courant de flot. Nous avons 24 milles nautiques pour remonter le fleuve jusqu'à
Foundiougne, petite ville de brousse. Le parcours tranquille se fait au moteur sur le fleuve large mais encombré de bancs de sable. Nous croisons des pirogues sous voiles, des crevettiers et
observons la mangrove toute proche dans les passages resserrés. A l'opposé de Djiffere, Foundiougne est une petite bourgade de brousse, organisée, administrée, propre avec ses marchés et
nombreuses boutiques. Elle est installée autour de l'antique bac à chaîne qui traverse le Saloum, large de ½ mille à ce niveau. Le mouillage est d'un calme extraordinaire, les levers et couchers
du soleil sur la brousse sont spectaculaires. La chaleur est accablante dès que le vent tombe en début d'après-midi.

Le 24 soir nous changeons de mouillage, redescendons le fleuve sur quelques milles et mouillons en bordure de la mangrove au débouché d'un petit marigot que nous explorons en annexe le lendemain
matin. Nous partons à deux annexes dans le bolong jusqu'à un petit village de pêcheur avec quelques pirogues. Nous découvrons la faune et la flore de la mangrove tout au long de la remontée du
marigot... un avant goût de l'Amazone... en taille réduite !Nous sommes seuls au monde car tous les voiliers ont quartier libre pour redescendre le Saloum et rejoindre Dakar en toute liberté.

Le samedi 25 novembre soir nous mouillons en bordure de mangrove à quatre ou cinq milles avant l'embouchure du Sine Saloum. La journée de dimanche nous remontons vers Dakar (peu de vent et
beaucoup de moteur !), il nous reste quatre jours pour préparer le bateau (avitaillement, pleins de gasoil... etc...) avant le départ de la transat vers Salvador de Bahia au Brésil le 1°
décembre. Bernard nous rejoint dans la nuit du 28 au 29, nous l'attendons avec impatience.
Le prochain article sera posté du continent sud américain dans trois à quatre semaines.... un peu de patience... il nous faudra une vingtaine de jour pour traverser vers le Brésil.

De très nombreuses photos de notre balade au Sénégal sont sur l'album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar
et sur celui de Ramatoa au quotidien.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Dakar Sénégal le 28/11/2006.











