Bienvenue sur Ramatoa
Il est notre journal de bord au fil de ces deux années autour de l'Atlantique sur notre voilier "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour lors de nos escales tout au long de notre périple maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, ses émotions et ses galères !
Bonne lecture....
L'arrivée à Boavista est magique car cette île est
vraiment très différente des autres îles du Cap-Vert que nous connaissons. Boavista est l'île aux dunes de sable. C'est la plus proche du continent africain, elle est aride, sauvage avec des
paysages minéraux que nous affectionnons beaucoup tous les deux. En pénétrant dans l'île, on croit se retrouver soit au Sahara avec des dunes, des oasis... ou à Djibouti dans un désert de pierre.
Les plages magnifiques de sable blanc ceinturent l'île qui s'étale sur 620 km2. C'est une île pratiquement nue et perdue dans l'immensité atlantique.
Nous y avons séjourné pendant quatre jours. Le
mouillage de Sal Rei est un lagon bien abrité des alizés, les eaux sont claires et les fonds de sable sont superbes. Les adeptes de pêche sous-marine sont heureux et le poisson est à tous les
menus. Coté pêche à la traîne... les choses vont aussi très bien pour nous, même si mous perdons quelques prises trop grosses pour être remontées à bord de Ramatoa. Notre ligne est un peu faible
pour sortir de l'eau des dorades de plus de un mètre et qui doivent peser dans les 10 à 15 kg !

Le 10 novembre nous avons effectué une tournée en
brousse dans le sud et le centre de l'île. Location d'un « Aluguer » pour la journée et c'est parti avec pique nique et maillots de bain. Le circuit nous fait traverser tous les types de
paysage présents sur Boavista : les dunes, les cailloux et la mer qui n'est jamais très loin. Le réseau routier est constitué de pistes assez peu carrossables pour certaines
d'entre-elles.

Le climat est aride, la végétation constituée de
palmiers et de cocotiers. Les dattes sont excellentes, elles sont cueillies de novembre à décembre dans ces fameux palmiers qu'on appelle des tamareiras et dont l'aspect est plutôt bizarre avec un
pied d'où jaillissent 3 à 6 troncs. Le cheptel se limite à quelques brebis et des ânes. Les oasis sont peu nombreuses et apportent de la verdure et de la fraîcheur dans une nature hostile. Les
cultures sont rares et seule la vallée de Rabil est cultivée. Le littoral présente de superbes plages désertes nues et inexploitées, nous y avons fait une halte rafraîchissante.

Le soir, exténués, crasseux et poussiéreux,
nous nous sommes remis de notre journée en allant déguster de délicieuses langoustes dans un petit restaurant de Sal Rei. La langouste est la seule richesse naturelle de l'île... mais si
l'exploitation anarchique de la ressource continue... dans peu de temps elles auront disparues !Notre séjour à Boavista se termine... nous serions bien restés quelques jours supplémentaires dans ce beau et calme mouillage... mais le Rallye des îles du soleil n'attend pas. Nous gardons un merveilleux souvenir de cet archipel et des cap-verdiens tout particulièrement.

350 milles nautiques séparent Boavista de Dakar au
Sénégal, l'allure proche des alizés n'est pas confortable... trois jours de près serré nous attendent. La réalité s'est révélée plus difficile.Parti le dimanche 12 novembre en début d'après midi, nous sommes arrivés à Dakar le mercredi 15 novembre midi, soit exactement trois jours plus tard. Les conditions de navigation ont été éprouvantes. Le régime des alizés de nord-est est contrarié par une dépression relative centrée sur la Casamance. Résultat, toutes les nuits le vent refuse à l'est et nous l'avons en plein dans le nez, par contre le jour il remonte au nord nord-est ce qui nous est plus favorable. Le vent est soutenu à 20 noeuds et la mer courte et confuse. Toutes les nuits le moteur est de service pour nous aider à gagner dans le vent et pour se rapprocher de la route directe Boavista – Dakar. A l'approche du continent africain, nous croisons de nombreux cargos qui longent les côtes sénégalaises. A 20 milles de Dakar nous détectons déjà la terre africaine avec ses odeurs et senteurs si caractéristiques puis les premiers oiseaux se reposent quelques instants sur Ramatoa, enfin nous croisons les premières pirogues indétectables au raz de l'eau. Le vent venu de la terre est chargé de poussière. Ramatoa est crasseux, il est recouvert d'une gangue de poussière rouge et de sel.

Le mouillage de l'anse Bernard est face à l'hôtel Sofitel Terranga où nous aspirons à profiter d'un confort bien mérité
et d'une très belle piscine face à la mer. Mais c'est sans compter que les bateaux du rallye sont au mouillage sous les fenêtres de la Présidence sénégalaise et qu'un hôte de marque, le roi du
Maroc, est dans ses murs. Les voiliers « menacent la sécurité » de son excellence... et nous devons dégager les lieux dans le meilleurs délais. Le 16 novembre à l'aube, l'armada des 23
voiliers quitte le mouillage et rejoint celui de la baie de Hahn face au cercle de voile de Dakar (CVD). Le site est bien moins luxueux mais il gagne en authenticité et cela nous convient
parfaitement... mais je n'en dis pas plus car l'escale de Dakar fera l'objet de notre prochain article... un peu de patience !Toutes les photos de notre séjour à Boavista sont sur l'album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Dakar le 17/11/2006.
Nous rentrons, ce matin même de deux jours passés sur l'île voisine de Sao Antao à nous balader dans des paysages sublimes. Mais avant de vous en parler, retour en arrière sur la semaine écoulée depuis notre arrivée à Mindelo dans l'archipel du Cap-Vert.
Le Cap-Vert est un petit pays, indépendant depuis 1975, à 5h30 de la France qui appartient au monde lusophone mais où la francophonie (culture, langue et influence) est très active. En effet un nombre important de cap-verdiens, jeunes ou moins jeunes, comprennent et parlent le français de façon remarquable.
L'archipel est composé d'une dizaine d'îles principales, la capitale Praia est sur l'île de Santiago, Mindelo : seconde ville et capitale culturelle est sur l'île de Sao Vicente. Pour notre part nous connaîtrons Sao Vicente, Sao Antao et Boavista. D'une manière générale, le pays est sec et aride et présente un paysage à la teinte ocre et brûlée, de roches ou de sable. Le relief élevé de Sao Antao lui permet d'avoir un versant vert et luxuriant où le manque d'eau se fait moins cruellement sentir. Toutes les îles sont d'origine volcanique, avec un volcan encore actif sur l'île de Fogo.
Ancienne colonie du Portugal, au carrefour des routes vers le Brésil, l'Afrique guinéenne et celle du sud, le Cap-Vert s'est fondé à partir du XV° siècle sur le métissage de ces populations. Géographiquement rattaché au continent africain (Boavista : confetti de Sahara dans l'océan), le Cap-Vert est un petit bout de Brésil au milieu de l'atlantique, Mindelo étant la ville la plus « Brésilienne » de l'archipel.
Catalogué parmi les pays pauvres du monde, le niveau de vie (un des plus élevé d'Afrique de l'ouest), l'hygiène et les conditions sanitaires sont souvent supérieures à ce que l'on pourrait imaginer d'un pays africain de niveau économique comparable. C'est le résultat d'un climat politique sain et démocratique où l'alternance politique et les libertés individuelles sont plutôt bien respectées.
Enfin si je devais caractériser le Cap-Vert, je parlerai de son hospitalité et de sa musique. L'hospitalité est une valeur sûre au Cap-Vert, les cap-verdiens sont très ouverts et accueillants mais non envahissants. La musique est partout, aucun cap-verdien du plus jeune au plus vieux ne vit sans la musique locale d'origine africaine mais fortement influencé par la musique brésilienne. Cesaria Evora a énormément contribué à faire connaître cette musique riche et variée dans le monde entier.
Mindelo, capitale de Sao Vicente est fascinante par son universalité, l'amabilité de ses habitants et sa vie nocturne musicale. Les maisons coloniales avec leurs façades colorées sont authentiques, on est vite gagné par la langueur naturelle des Mindelenses. Les marchés aux poissons et aux légumes sont animés et typiques, les touristes que nous sommes y sont très bien accueillis. Les restaurants sont nombreux et la vie nocturne est animée avec de la musique de qualité omniprésente. La sécurité est bonne si l'on prend les précautions élémentaires.
Sur l'île de Sao Vicente nous sommes allés à la plage de Sao Pedro, en bout de la piste d'aviation du micro aéroport de l'île. Nous y avons trouvé un village de pêcheurs et des enfants jouant sur la plage avec nous.
Depuis notre arrivée à Mindelo, tout le monde nous dit qu'il faut aller passer deux à trois jours sur l'île d'en face à Sao Antao (Saint Antoine) qui possède des paysages fabuleux sur la côte nord au vent de cette île montagneuse. Jeudi et vendredi, nous sommes partis à l'aventure, sac à dos en bonne compagnie avec l'équipage de « Glen Feeling ». L'aventure commence sur le « Ribera de Paul » un antique ferry tout rouillé lancé dans les années 50. Le spectacle est à bord... tout le monde embarque, cap-verdiens gris verts, baluchons, poulets et coqs vivants... et je confirme le cap-verdien n'a pas le pied marin et les malades sont nombreux car le canal séparant les deux îles est toujours assez agité et venté. Heureusement la traversée ne dure qu'une grande heure. A l'arrivée à Porto Novo la concurrence est rude entre les « aluguer » (pick-up bâché) assurant le transport des passagers et marchandises sur l'île. L'aluguer nous amènera au nord de l'île par la « route de la corde » appelée ainsi car elle traverse l'île telle une corde jetée dans la nature passant dans la montagne à plus de 1000 mètres d'altitude, elle chevauche les cimes, tournoie au-dessus des précipices avec des a pics vertigineux de plus de 1000 mètres de chaque coté. Cette route pavée, tracée et construite par l'homme est réellement impressionnante car elle est le seul cordon ombilical de toutes les vallées du nord de l'île ainsi que des villes comme Ponta do Sol et Ribeira Grande.
Le paysage est grandiose avec ses vallées profondes, mais la végétation est aussi généreuse, on traverse successivement des forêts de pins, sapins, cèdres, mimosas, eucalyptus. Le cap-verdien est un paysan laborieux, il exploite tous les flancs de montagne avec des cultures en terrasses, on y trouve des productions vivrières, du maïs, de la canne à sucre et des fruits exotiques de toutes sortes.
Pendant les deux jours nous avons fait une très belle et épuisante randonnée dans la vallée de Paul en descendant depuis le sommet (à quelques 1200 mètres d'altitude) jusqu'au niveau de la mer. Le soir nous avons trouvé un gîte rudimentaire mais très propre tenu par Sabine, une allemande mariée à un cap-verdien et installée dans la vallée de Paul.
Nous avons visité Ribeira Grande (au débouché de la route de Porto Novo) et Ponta do Sol dont le passé colonial constitue le patrimoine historique de l'île. Notre chauffeur nous a aussi conduit à Fontainnas un petit bourg accroché à flanc de montagne face à la mer (hostile sur toute la côte nord), la piste qui y mène est spectaculaire. Enfin à Paul nous avons visité une rhumerie artisanale qui possède la plus vielle trapiche du Cap-Vert, elle date du XVII° siècle. On y fabrique du grogue (rhum agricole local) et du punch « Napoléon » du nom du boeuf de 18 ans qui fait tourner la trapiche.
Nous avons été contents de retrouver Ramatoa au mouillage de Mindelo tirant sur son ancre sous les rafales de l'alizé qui descendent à 25–30 noeuds des montagnes encerclant la baie de Mindelo. Mardi nous reprenons la mer pour une courte étape (130 milles) de 24 heures qui nous conduira à Boavista à l'est de l'archipel du Cap-Vert.
Le 31 octobre nous n'avons pas oublié de fêter dignement notre anniversaire de mariage (28 ans) à bord de Ramatoa en compagnie de bateaux amis.
Toutes les photos de notre balade sont sur l'album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar et sur celui de
Ramatoa au quotidien.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Mindelo archipel du Cap Vert le 05/11/2006.
Adieu l'Europe et bienvenue en Afrique, l'arrivée à Mindelo sur l'île de Sao Vicente dans l'archipel du Cap Vert marque une rupture franche dans les pays visités et traversés depuis notre départ de La Rochelle. C'est avec un réel plaisir que nous retrouvons les ambiances africaines que nous avons appréciées avec Cécile et Bénédicte lors de nos précédents séjours en Afrique de l'ouest et en afrique de l'est. Mais avant de vous donner nos premières impressions (excellentes) sur ce petit bout d'Afrique au large du vaste continent africain, voici un petit résumé de notre traversée entre Santa Cruz de Tenerife et Mindelo au Cap Vert.
Le départ des bateaux de la flotte du RIDS a été donné le samedi 21 octobre devant le splendide club nautique de la ville de Santa Cruz. Une parade bruyante et animée des 21 voiliers pavoisés a précédé le départ officiel de type régate, avec ligne de départ, décompte des 5 minutes, bateau jury et coup de canon pour les six voiliers du groupe 1, auquel nous appartenons. Le vent est très faible et les voiliers ont du mal à se déhaler sur une mer plate. Ramatoa coupe la ligne le premier mais sans voler le départ... ce qui nous évitera de devoir payer une tournée générale au club nautique à l'arrivée. Les voiliers des trois autres groupes nous accompagnent pendant une petite heure puis nous laissent s'éloigner très doucement le long de la côte sud de Ténérife. De très nombreuses photos ont été faites sur tous les bords et nous espérons bien récupérer quelques beaux clichés de Ramatoa sous voiles.
La météo annonce peu de vent pour le début du parcours... ce qui veut dire beaucoup de moteur ! Les alizés du nord est ne sont pas au rendez vous, pertubés par les dépressions qui circulent plus au nord qui ont fait redescendre l'anticyclone jusque sur les îles Canaries. Nous avançons lentement par des vents d'ouest de moins de six ou sept noeuds, l'allure au bon plein ou au petit largue est confortable mais la bourrique (le moteur Volvo) est largement sollicitée. Dix heures le samedi, vingt heures le dimanche, douze heures le lundi et encore une quinzaine d'heures le mardi 24 octobre ! C'est un peu désespérant et les fichiers météos grib (champs de pression et de vents) reçus par la BLU n'annoncent pas d'amélioration sensible avant le milieu de la semaine.
Le moral de l'équipage reste excellent, d'autant plus que le temps est superbe et la mer belle. Par ailleurs la pêche s'avère bonne car nous sortons dès le premier jour une daurade coryphène de 3-4 kg, nous récidivons le lendemain avec une autre belle daurade de 5 kg... (Marie Laure... tu avais raison !)nous ne remettons pas les lignes à l'eau car nous avons plusieurs repas de poisson d'avance... Dominique devient une experte pour la cuisiner de différentes façons et lever de magnifiques filets. La viande emportée au départ de Santa Cruz est cuisinée puis stérilisée... les journées sont bien remplies pour tous les deux. Le mercredi nous remettons en pêche en espérant prendre un petit thon pour varier les menus... mais peine perdue c'est à nouveau une petite daurade de 3 kg qui se fait prendre ! Les dauphins sont toujours au rendez vous et les poissons volants se ramassent (presque) à la pelle le matin sur le pont. Pour la première fois par calme plat nous avons vu des tortues.
Les vacations radio BLU, matin et soir, permettent de donner les positions des bateaux, les distances restant à parcourir et les conditions de vent rencontrées. Elles sont animées, fort sympathiques et conviviales, elles permettent de mesurer l'avancement des uns et des autres et de voir les plus gros rattraper doucement mais inexorablement le groupe des petits, mais sur cette étape toutes les options de routes alternatives à la route directe ne se sont pas avérées payantes. Les communications entre bateaux et avec la terre occupent une bonne partie des journées et des quarts de nuit.
Dès le mercredi le vent revient du nord ouest faible à modéré... c'est déjà bien ... mais peut mieux faire, les moteurs sont coupés, les oreilles découvrent à nouveau le bruit du bateau glissant doucement sur l'eau.
A partir du jeudi le vent tourne doucement au nord puis au nord-est... les alizés s'installent doucement après la mi parcours. Une houle forte et une mer désordonnée accompagnent le retour des alizés, elles sont le reliquat du mauvais temps qui sévit au nord de Madère.
Les trois derniers jours les alizés sont bien présents, à 15 ? 25 noeuds, la mer est agitée à forte et la houle de deux à trois mètres. C'est un régal, les bateaux avancent bien même si le confort à bord n'est plus ce qu'il était au départ... on ne peut pas tout avoir !
Le vendredi en fin de nuit, après avoir navigué à sept ou huit noeuds de moyenne dans une nuit noire sans lune et entrecoupée de quelques grains de pluie, nous constatons une avarie sur la bôme du bateau. L'axe vertical du vit de mulet (articulations verticale et horizontale de la bôme sur le mât) s'est échappée de son logement et la bôme n'est plus solidaire du mât ! Heureusement l'axe n'est pas perdu, il est tombé sur le pont. La réparation en mer s'avère un peu trop scabreuse car la houle est forte, le roulis prononcé et la bôme avec tout le poids de la grand voile se balance violemment de gauche à droite. Nous arrimons le tout et parcourons les dernières 24 heures de la traversée sans grand voile, sous génois seul. La moyenne baisse mais elle reste de 5 noeuds tout de même !
L'arrivée sur Mindelo le samedi au lever du jour est superbe, Philippe (le chef d'orchestre du rallye) nous accueille sur la zone de mouillage et quatre voiliers, arrivés dans la nuit, nous ont précédé de quelques heures. Tous les bateaux arrivent dans un créneau de 36 heures.
Dès que nous mettons les pieds à terre (démarche mal assurée et mal de terre garanti !)nous retrouvons les images et les odeurs de l'Afrique... c'est un vrai régal mais nous vous en ferons profiter dans un prochain article. Avec l'aide des autres bateaux nous réparons notre avarie et comprenons qu'elle est le résultat d'une erreur dans le montage initial du vit de mulet.
Voilà la plus longue étape du rallye, après la transat naturellement, de terminée. Nous avons parcouru 862 milles nautiques, dont 40 % au moteur, en six jours et 21 heures, soit une moyenne assez modeste de 5,22 noeuds.
De nouvelles photos sont sur le nouvel album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar et sur celui de
Ramatoa au quotidien.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Mindelo archipel du Cap Vert le 30/10/2006.







































