Bienvenue sur Ramatoa
Il est notre journal de bord au fil de ces deux années autour de l'Atlantique sur notre voilier "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour lors de nos escales tout au long de notre périple maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, ses émotions et ses galères !
Bonne lecture....
La pièce attendue pour le désalinisateur est arrivée par FedEx, l'installation par l'homme de l'art n'a duré que quelques dizaines de minutes... et voilà le désal fonctionne parfaitement. Le vendredi 25 janvier après-midi, nous quittons la marina du Marin et mouillons à quelques milles de là devant la plage de Sainte Anne et ses eaux claires, vite à l'eau... nous étions privés de baignades depuis une dizaine de jours... quelle vie !
Le lendemain, à la vacation BLU, nous joignons nos amis de Météore, d'OpSis et de Perrotin. Nous hissons les voiles et montons vers Saint Pierre, 30 milles nautiques plus haut, le vent est au rendez-vous, la navigation très agréable, nous repassons devant les anses d'Arlet et la baie de Fort de France. La rade de St Pierre que domine la Montagne Pelée s'étend sur plus d'un mille, plus d'une dizaine d'épaves datant de l'éruption dramatique de 1902 gisent par le fond. Le mouillage est exceptionnellement peu rouleur et nous avons un magnifique coucher de soleil.
Au lever du jour, dimanche 27 janvier, nous levons l'ancre et quittons les eaux françaises. Nous rejoignons Portsmouth sur l'île de la Dominique, 55 nautiques plus haut. Agréable traversée et belle journée de voile, nous arrivons au mouillage sous une violente averse tropicale, l'arc en ciel qui suivra est de toute beauté. Nous ne débarquons pas, car il s'agit juste d'une escale pour une nuit et cette petite île ne jouit pas d'une excellente réputation pour la sécurité. Elle est une plaque tournante de tous les trafics dans les Caraïbes. Depuis sa découverte en 1493 par Christophe Colomb, la Dominica est convoitée successivement par les Anglais et les Français, indépendante depuis 1978, son développement économique est très lent. Montagneuse et impénétrable, la Dominique ne dispose pas d'un aéroport international et seuls des paquebots de croisière font parfois escale à Roseau, la modeste capitale. A l'écart du tourisme de masse, le niveau de vie reste bas et il est largement inférieur à ses voisins immédiats, la Martinique au sud et la Guadeloupe au nord.
Lundi 28, nous traversons le canal de la Dominique, large d'une quinzaine de milles nautiques, et arrivons dans l'archipel des Saintes dépendant de la Guadeloupe. Belle traversée à la voile et sous le soleil d'une vingtaine de nautiques. Le spectacle de l'arrivée dans les Saintes est grandiose. Nous retrouvons OpSis au mouillage sous l'Îlet à Cabrit. Les Saintes comportent deux îles principales : Terre de Haut et Terre de Bas et trois ou quatre îlots plus petits. Ce petit archipel comporte de nombreux mouillages dont la superbe rade des Saintes, devant Bourg des Saintes, dans laquelle tenait, toute entière, la flotte de l'Amiral de Grasse. Aujourd'hui on y croise de grands paquebots à voiles dotés du confort moderne.
L'alizé est frais, il souffle à 25 nœuds. Excursion au fort Joséphine qui surplombe notre mouillage et snorkeling splendide sur les tombants. Mardi nous rejoignons le mouillage devant Bourg des Saintes et faisons notre entrée en Guadeloupe. Le village est coquet et adorable. Le soir, nous subissons un violent orage et le vent passe subitement au nord... panique dans le mouillage sur tous les bateaux. Après avoir remouillé Ramatoa à l'écart de la meute des furieux, nous passons une nuit très houleuse et inconfortable. Au lever du jour, la situation est inchangée, ciel bas, grains de pluie et vent fort de secteur nord, nord-est. La météo n'annonce pas de changement avant 48 ou 72 heures, avec OpSis nous écourtons notre séjour aux Saintes et rejoignons Pointe à Pitre.
Nous parcourons les 24 milles au moteur car le vent souffle à 25-30 nœuds et il est dans le nez, la mer est forte dans le canal des Saintes, Ramatoa pique du nez dans la plume, mais 5-6 heures plus tard nous retrouvons le calme d'un ponton dans la marina bas du fort à pointe à Pitre. Nous voici donc à pied d'œuvre pour attaquer, dès lundi prochain, les travaux chez l'agent Alubat de Guadeloupe. Nos amis Jean-Pierre & Annick arrivent mardi soir. Le weekend est mis à profit pour nettoyer le bateau et préparer les travaux à venir. Nous allons en annexe assister au défilé du Carnaval à Pointe à Pitre.
Lundi 4 février, avec Stéphane nous attaquons l'installation des panneaux solaires et de l'enrouleur de trinquette. Le matériel est arrivé du chantier Alubat des Sables d'Olonne à Pointe à Pitre par cargo sur un catamaran destiné à la location. Pour l'enrouleur de trinquette, pas de difficultés, la trinquette est déroulée dès lundi soir. Pour les panneaux solaires, nous rencontrons une difficulté inattendue : le support des 3 panneaux solaires est un peu trop grand, il faut le retailler. Nous pouvons quand même fixer les montants latéraux sur le portique arrière. Bernard Roucher est contacté par téléphone et il donne immédiatement son accord pour faire modifier le support par un chaudronnier sur Pointe à Pitre. Affaire à suivre... nous finirons l'installation à notre second passage en Guadeloupe vers le 10 mars.
Avitaillement pour quatre personnes pour cinq semaines... cela fait du volume ! Car nous partons vers des contrées où la conduite est à gauche et où les goûts culinaires sont très éloignés des nôtres. Mais l'affaire s'avère plus compliquée que prévue, car le mercredi des cendres est un jour férié en Guadeloupe (qui bénéficie de 9 jours fériés supplémentaires par rapport à la métropole !) et toutes les grandes surfaces sont fermées... sauf une... mais pas la moins chère !
Le jeudi 7 février, nous quittons Pointe à Pitre pour rejoindre les Saintes. Grand beau temps, vent frais et canal agité. Cinq heures plus tard nous entrons dans la rade des Saintes. Nous y restons pendant 48 heures en allant de mouillages en mouillages (Bourg des Saintes, Ilet à Cabrit, Pain de sucre, anse Fidelin). Excursions à l'anse Marigot et sur Terre de Bas.
Dimanche 10 février, nous débutons notre remontée vers le nord. L'alizé souffle à 25-30 nœuds, le canal des Saintes est creusé par une houle de 3 mètres... la nouvelle trinquette est de sortie... elle fait merveille ! Notre route vers l'anse Deshaies nous conduit le long de la côte sous le vent de la Guadeloupe. Nous y subissons des rafales dégringolant des montagnes à plus de 45 nœuds... l'ambiance est humide. Nous arrivons à Deshaies en début d'après-midi sous trinquette et grand-voile à 3 ris. Beau mouillage et jolie bourgade. Nous y effectuons les formalités de sortie.
Voilà nous quittons la Guadeloupe et allons poursuivre notre route nord qui nous conduit vers les Îles Vierges Britanniques et des escales mythiques comme Saint Barth et Saint Martin. Mais ne dévoilons pas le sujet du prochain article !
Ne manquez pas de visionner les photos mises dans le nouvel album : Caraïbes-1
Dominique & Benoît sur Ramatoa à Tortola le 25 février 2008.
Posté en Guadeloupe le 12 mars 2008 !
Nous nous étions quittés juste avant le nouvel an que nous avons passé au mouillage à Canouan, petite île des Grenadines de Saint Vincent. OpSis ne nous rejoindra pas pour le réveillon comme prévu car ils continuent de courir après une valise virtuelle en souffrance entre Pointe à Pitre, Antigua et Grenade. Finalement nous fêterons la nouvelle année dans un mouillage agité par les fortes rafales qui dégringolent du relief... au menu des langoustes et une belle cigale de mer apportées par un pécheur dans l'après-midi. Série de coups de fil en métropole aux enfants et parents et voilà l'année 2008 qui s'annonce.
Dès le 1° janvier nous repartons vers le nord et rejoignons Admiralty bay sur l'île de Bequia. La navigation est courte mais ventée et agitée dans les canaux qui séparent les îles. La baie est vaste mais très encombrée par un grand nombre de bouées mouillées de façon totalement anarchique et dont les « boat boys » organisent un juteux business. Nous trouverons tout de même un emplacement de libre pour notre ancre devant l'Auberge des Grenadines où nous dinerons fort bien pour fêter la nouvelle année.
Le 2 janvier nous quittons Bequia pour l'île de Saint Vincent. Sur les conseils de bateaux nous ayant précédé, nous allons mouiller à Cumberland bay, petit mouillage paradisiaque... avec un petit effort d'imagination on se croirait aux îles Marquises. Nous pratiquons pour la première fois une technique de mouillage qui consiste à mouiller une grande longueur de chaine à l'avant et à porter sur l'arrière une aussière à terre qui est fixée sur un cocotier. Arrivée vers midi, nous ne sommes que sept ou huit voiliers au mouillage... mais le soir nous sommes plus de trente voiliers à tisser une immense toile d'araignée avec toutes les aussières portées à terre... heureusement qu'ici le vent est assez stable en direction... sinon bonjour la galère sur cet HLM flottant. Il faut dire que nous sommes dans la période la plus chaude pour tous les loueurs de voiliers des Caraïbes et sur la route retour des Grenadines vers la Martinique. Quand nous redescendrons en avril mai vers Trinidad, nous passerons plus de temps dans ces merveilleux mouillages que nous avons faits trop rapidement ou carrément évités car surpeuplés.
Vous l'avez compris, notre périple dans la Caraïbe est bien moins solitaire que la remontée de l'Amazone ! Dans ces eaux chaudes et claires où il fait bon de vivre car le climat y est très agréable (chaud le jour sans être trop chaud, relativement sec, venté et frais la nuit) on croise beaucoup de plaisanciers... de tous les types : beaucoup de voiliers de location, des flottilles de catamarans de charter, des voiliers ayant élu définitivement domicile dans ces eaux caraïbes, des tourdumondistes en fin de parcours après sept à quinze de voyage, des tourdumondistes en partance se préparant à rejoindre Panama et des tourdumondistes dont le périple s'arrêtera probablement très longtemps ou définitivement ici sous le soleil des antilles.
Les bateaux rencontrés sont souvent à l'image de leurs propriétaires... deux images pour s'en convaincre...
Le « Maltis Falcon » : un trois mat de près de 100 mètres de long hyper moderne et qui est sans doute le plus grand voilier de propriétaire actuellement à naviguer... une débauche de modernisme et de technique. Il appartient à un financier américain.
Notre voisin de mouillage au Marin à notre arrivée en Martinique : une goélette de 15 mètres en ferrociment ou en acier qui suinte la rouille et dont l'annexe pourrie ne choque pas dans le décor. Son propriétaire occupant appartient probablement à la dernière catégorie des tourdumondistes.
Mis à part ces deux extrêmes, on croise beaucoup de belles unités menées par des équipages professionnels et de beaux bateaux locaux, c'est un régal pour les yeux quand elle sont sous voiles.

Dernière escale à Sainte Lucie dans Rodney bay avant de traverser le canal de Martinique. Nous y rencontrons le galion ayant servi au tournage du film « Pirate des Caraïbes », il est
reconverti en bateau de promenade pour les touristes. Le soir au mouillage nous captons une radio FM de Martinique... tout content nous écoutons les infos et... surprise... le journal fait sa une
de la grève annoncée des pharmaciens de Martinique pour le weekend à venir.... pas de doute nous sommes bien de retour en France !
Le vendredi 4 janvier nous arrivons en Martinique (Madinina en créole : signifie l'île aux fleurs) au mouillage du « grand cul de sac du marin », les traces du cyclone Dean (16-17 août 2008) sont encore visibles avec des épaves échouées sur les récifs de la baie.
Les enfants, Bénédicte et Gaël, arrivent lundi après-midi pour une huitaine de jours. Nettoyage du bateau, recomplètement des pleins (eau, carburant, avitaillement) sont au programme. Prendre des rdv avec des techniciens qui tiennent leurs engagements... au rythme nonchalant des îles.
Le programme de navigation sera réduit pendant cette semaine, avec des mouillages (Sainte Anne, les anses d'Arlet et l'anse Mitan), des plages et beaucoup de baignades. En voiture nous ferons une belle excursion sur la côte au vent (du Vauclin jusqu'à la presqu'île de la Caravelle) et nous passerons une après-midi dans les vieux quartiers de Fort de France. Le temps passe trop vite, le vent est soutenu, le soleil présent, ils repartiront vers la grisaille métropolitaine reposés avec des coups de soleil pour l'un et de belles couleurs pour l'autre.
Nous terminons notre séjour au Marin en attendant désespérément un pièce détachée pour le désalinisateur qui émet des bruits anormaux du coté de la poulie d'entrainement du moteur 220 volts. De toute façon, l'alizé souffle très frais, la mer est forte, nous sommes bien au port. Une fois réparé, nous rejoindrons la Guadeloupe avec une ou deux étapes. Des travaux d'installation sont au programme chez l'agent Alubat : installation de panneaux solaires et d'un enrouleur de trinquette. Mais vous saurez tout cela dans le prochain article.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté au Marin le 22/01/2008 [Martinique].
Nous voilà de retour sur Ramatoa sous le soleil des Caraïbes et dans des eaux turquoises. Mais avant de gouter à ce petit paradis sur l'eau... pas mal de travail et quelques galères nous attendaient sur le trajet pour rejoindre le bateau à Trinidad puis au chantier pour le réarmer et le préparer aux six mois de navigation à venir.
Les voyages forment la jeunesse, mais ils épuisent les jeunes retraités quand il s'agit de rejoindre Port of Spain à Trinidad en passant
successivement par Londres et New York. Près de 24 heures de périple pendant lesquelles il faut affronter et subir les tracasseries, l'absence totale d'amabilité et la paranoïa des services
d'immigration et de sécurité des USA. Trois heures d'escale à JFK sont justes suffisantes pour passer ces épreuves et avoir une chance raisonnable d'y perdre ses bagages ! Vous l'avez compris je
suis arrivé le 6 décembre à l'aube épuisé et sans mon sac de 30 kg rempli de matériels et de pièces détachées pour le bateau. Dominique me suivra sur le même parcours, une semaine plus tard, mais
avec plus de bonheur car elle a pu récupérer ses bagages sur le tapis roulant à JFK et les enregistrer de nouveau pour le vol de Port of Spain.
Première semaine difficile dans l'attente de la récupération du sac, nettoyage du pont du
bateau recouvert d'une épaisse couche de crasse et de poussière. Le temps est chaud et très humide, il pleut régulièrement quand ce n'est pas un crachin continu de plusieurs heures. Le
climatiseur installé sur le panneau avant du bateau a parfaitement préservé l'intérieur de Ramatoa, pas d'humidité ni de moisissures. Le 11 décembre, je passe cinq à six heures à l'aéroport pour
récupérer mon sac, totalement fouillé mais complet, il ne manque rien, c'est assez miraculeux. Soulagement car sans les pièces de rechange contenues dans mon sac, Ramatoa se retrouvait sans
pilote automatique, sans grand-voile et sans frigo !
Dominique arrive le 13 décembre, le moral remonte et les travaux très nombreux avancent bien plus vite. Les bateaux copains du rallye (OpSis, Météore, Perrotin, Laska, Acalephe, Arasec...) travaillent aussi comme des forcenés et sont mis à l'eau comme nous dans la semaine avant Noël. Première expérience « d'hivernage » sous les tropiques : prévoir huit à dix jours pour remettre le bateau en état de naviguer est illusoire, deux à trois semaines sont plus raisonnables. Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez sous ce lien la liste non exhaustive des travaux effectués. Le chantier ponce la coque et passe l'antifouling, le lundi 17 décembre Ramatoa est dans les sangles du travellift, le peintre tartine de l'antifouling sur la dérive et les parties inaccessibles du bateau et il est remis à l'eau sous un déluge de pluie. Nous prenons une place à la marina de Coral Cove pour terminer notre avitaillement et nos préparatifs.
Testés sans problème après le remplacement du capteur d'angle de barre, la centrale de navigation et le pilote NKE refusent de fonctionner... email aux Sables d'Olonne, lecture de la doc technique et vérification systématique de toutes les connections du bus de la centrale. Finalement quelques heures plus tard et des litres de sueur en moins, tout fonctionne de nouveau correctement... mais je ne sais pas pourquoi !
Au ponton, je remonte la dérive du bateau et le lendemain... surprise, elle refuse obstinément de redescendre bloquée en position haute,
email au chantier et conseils avisés des Ovnistes du coin... il faut démonter les plaques d'accès au puits de dérive et taper dessus pour la décoincer. Une matinée de travail, des dizaines de
coups de masse (dont un sur le pouce gauche !) plus tard la dérive est redescendue. Les patins en nylon sont retirés et nettoyés de la couche gluante d'antifouling largement étalée sur la dérive
par le peintre le jour de la mise à l'eau... problème réglé et nouvelle leçon : peindre la dérive d'une couche très mince d'antifouling. 
Vendredi 21 décembre nous quittons le ponton pluvieux de Chaguaramas pour rejoindre le
mouillage de Chacachacare et souffler un peu. Le temps est en encore plus pourri : temps gris, bas et venteux associé à un crachin persistant ! La nuit sera cependant calme et le mouillage moins
rouleur. Cette île éloignée de 6-7 milles abritait jusqu'en 1984 une léproserie tenue par des sœurs françaises, maintenant elle est déserte et la nature reprend rapidement ses droits. Le
lendemain nous repassons à Chaguaramas pour effectuer les formalités de sortie et mettons le cap, en fin d'après-midi vers la côte sud de Grenade, 80 nautiques plus au nord. OpSis et Acalephe
nous ont précédés d'une à deux journées et ils ont fait une traversée pénible, mer forte de face et vent dans le nez avec des rafales à 35-40 nœuds. Nous, nous aurons une mer forte et un vent
soutenu de 20 nœuds mais régulier et sans grain... l'amarinage par cette première navigation de nuit est brutal et rapide ! Nous appuyons au moteur notre route à la
voile.
Dimanche 23 décembre nous mouillons au petit jour
dans Prickly bay sur l'île de Grenade. Formalités expédiées par des fonctionnaires souriants. Nombreux voiliers, mais le mouillage est vaste et bien abrité, c'est la première escale
incontournable de tous les bateaux hivernant à Trinidad et qui remontent vers les Grenadines et les Antilles françaises. Le beau temps est de retour, les eaux sont claires et l’alizé souffle
frais.
La population Caraïbe progressivement éliminée,
un siècle et demi de luttes entre Britanniques et Français sont nécessaires pour la conquête de la belle et fertile Grenada. Deux traités plus tard, l’île est concédée aux anglais. Aujourd’hui
Grenade a un statut d’état indépendant membre du Commonwealth depuis 1974. En 1983, les marines US débarquent à Grenade pour expulser les conseillers cubains, une longue récession économique s’en
suit, elle est aggravée en septembre 2004 par le passage du cyclone Ivan qui sinistre les cultures l’économie, les chantiers navals et le tourisme. 

Surnommée l’île aux épices, Grenade est habitée par un peu plus de 100 000 habitants.
D’origine volcanique, l’intérieur est accidenté et arrosé, recouvert d’une forêt verdoyante avec des cascades. La végétation tropicale descend jusque sur la côte sud échancrée de profondes baies.
Seule la région au sud de Saint George, la capitale, voit fleurir des structures hôtelières, des résidences et des villas luxueuses « pieds dans l’eau »… ici pas de loi
littorale. 

Au fond de son abri naturel, la capitale Saint George forte de ses 20 000 habitants est
une petite ville antillaise intéressante grâce à son port « the carenage », aux quais « à la française » bordés d’anciens entrepôts en briques peintes, joliment réhabilités.
Nous y faisons une excursion très agréable, et apprécions l’accueil chaleureux des habitants de Grenade et son marché aux légumes. 
Comme prévu, nous passons Noël à Grenade tranquillement au mouillage de Prickly bay et
partageons d’agréables moments sur des bateaux de rencontre. Le mercredi 26 décembre, nous remettons en route pour monter à Carriacou, une petite île dépendance de Grenade, 38 milles à parcourir
et 7-8 heures plus tard nous mouillons à Tyrell bay au sud du bourg d’Hillsborough. Changement de décor : une population réduite à 7000 âmes, cette île de 30 km² appartient à l’archipel des
Grenadines (partagé entre Grenade et Saint Vincent), en dehors des flux touristiques intensifs elle est restée sauvage, authentique et possède la réputation d’une île de contrebandiers (il est
vrai que la bouteille de Pastis de Marseille y est moins cher qu’au Carrefour de La Rochelle !). La population est calme et très accueillante, on y ressent une douceur de vivre et une
nonchalance tout à fait surprenante.
Le mouillage est vaste, calme et aéré, le nombre de voiliers assez élevé. Nous partons en
excursion avec des taxis locaux voir la côte au vent face à l’île d’Union. Le panorama est splendide, lagons turquoise, récifs ourlés de blanc et d’innombrables îles te îlots. Nous profitons
d’une grande et belle plage de sable blanc pour nous tout seul. Vous pouvez imaginer nos journées partagées entre travaux ménagers, entretien du bateau, excursions, baignades… bref nous aimons
bien cette lenteur et douceur de vivre. 

Dans tous ces mouillages, nous apprécions maintenant beaucoup l’annexe semi rigide acquise à
Trinidad en remplacement de la Plastimo revendue à Chaguaramas. Plus légère de 17 Kg, plus longue de 20 cm, elle est d’une stabilité remarquable avec sa coque en aluminium. Trop chère en France,
c’est par contre un excellent plan à Trinidad (- 50%).
Au programme des prochains jours : traversée vers Union island où nous passerons le réveillon du nouvel an en compagnie de nos amis
d’OpSis. Remis de nos agapes nous monterons ensuite en trois étapes rapides vers le port du Marin en Martinique où nous attendrons l’arrivée de Bénédicte et Gaël qui viennent passer une huitaine
de jours au soleil au cœur de l’hiver.
Nous ne terminerons pas ce premier
article de notre saison Caraïbes, sans vous présenter nos meilleurs vœux pour une bonne et heureuse année 2008.
Le prochain article, à la mi-janvier, nous verra en Martinique.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Tyrell bay [Île de Carriacou].








































