Bienvenue sur Ramatoa
Il est notre journal de bord au fil de ces deux années autour de l'Atlantique sur notre voilier "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
Il est tenu à jour lors de nos escales tout au long de notre périple maritime.
Il est là pour vous faire partager notre voyage, ses émotions et ses galères !
Bonne lecture....
Avec notre arrivée à Tenerife, nous concluons la première phase de notre voyage qui consistait à rallier pour le 15 octobre Santa Cruz de Tenerife pour prendre
le départ du Rallye des îles du soleil. Mais avant de parler de Tenerife et des retrouvailles avec les autres bateaux participants, deux mots sur la traversée de Lanzarote à Santa
Cruz.
Parti le dimanche 8 octobre en fin de matinée, nous avons rejoint Tenerife 25 heures plus tard et 130 milles plus à l'ouest. Traversée et navigation de nuit
calmes et sans histoire, le vent assez régulier nous a tout de même abandonné au petit matin et nous avons terminé par quatre heures de moteur. A proximité de Santa Cruz nous avons traversé un
troupeau de globicéphales qui dormaient à la surface de l'eau. De nuit nous sommes passés au large de la Grande Canaria très visible par les lumières de Las Palmas. Le trafic était assez
dense avec de nombreux navires de passagers inter-îles.
Tenerife est la plus grande des îles de l'archipel, la capitale de l'île et de la province de Tenerife est Santa Cruz forte de 300 000 habitants. Dominé par le
Teide, ce volcan de 3730 mètres est le plus haut sommet d'Espagne. L'excursion en car nous a fait découvrir des paysages superbes avec de très belles forêts. La route de la crête permet de voir
et de dominer de 1500 ou 2000 mètres les côtes nord et sud de l'île de Tenerife. On aperçoit naturellement les îles voisines de La palma, El Hierro et La Gomera plus à l'ouest
et la Grande Canaria à l'est. La ville de Santa Cruz n'est pas très touristique en elle même, mais elle dispose de nombreuses ressources tant technique que pour l'avitaillement des
bateaux.
A notre arrivée dans la marina de Santa Cruz, située au fond d'une darse sale et bruyante du port de commerce, il n'y avait que deux ou trois bateaux
arborant le pavillon bleu du RIDS. Très rapidement les jours suivants les arrivées se sont multipliées et nous nous sommes regroupés sur deux des cinq pontons de la marina. Sur les 29 bateaux
inscrits initialement, ils n'en restent plus que 25 car quatre bateaux ont reporté leur participation à l'édition suivante 2007-2008. Sur les 25 restants 21 bateaux sont présents ici à la marina
del Atlantico.
L'ambiance est excellente, tout le monde fait connaissance et les femmes ne sont pas les plus bavardes ! Les bateaux sont différents, même si les Ovni sont
largement représentés avec sept unités, les multicoques sont peu nombreux avec quatre catamarans. Sur tous les bateaux, on bricole, on grimpe dans le mât, on inspecte, on nettoie, on avitaille,
on vidange les moteurs et les inverseurs, on fait les pleins d'eau de gaz de carburant. Les émetteurs récepteurs BLU sont vérifiés et testés par un spécialiste venu de Montpellier.... ce n'est
pas un luxe car ces émetteurs un peu capricieux nécessitent un montage et un réglage très soigneux. Nous avons tous notre lot de petites misères, Ramatoa n'est pas le plus mal loti... loin s'en
faut.
Les bateaux s'élanceront samedi, dimanche et lundi prochain en quatre groupes distincts pour rejoindre Mindelo aux Îles du Cap vert. Une route longue de 850
milles, les plus rapides devraient couvrir cette distance en cinq jours, les plus lents en une semaine (ce qui explique les départs décalés). Ramatoa s'élancera avec cinq autres bateaux dès
samedi midi. Cette escale et les préparatifs du départ sont fatiguants et nous avons tous hâte de hisser les voiles et de descendre vers le sud poussés par les alizés de nord
est.
Nous avons glissé de nouvelles photos sur l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries et dans
celui de Ramatoa au quotidien.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à santa Cruz de Tenerife le 20/10/2006.
Mais avant Lanzarote, nous avons du nous arracher aux délices du petit mouillage de Playa Francesa, au pied d'un cône volcanique, dans le sud de l'île de Graciosa. Baignades, scrable, pêche, plongée et BBQ sur la plage... voilà nos occupations pendant les deux journées passées en compagnie des autres bateaux amis de l'escale.

La courte traversée d'une
quarantaine de milles nous a conduit à Marina Rubicon, dans la baie de Playa Blanca à l'extrême sud de l'île de Lanzarote. Point fort de cette étape où le vent ne nous a pas fait défaut : nous
avons péché notre premier poisson depuis notre départ de La Rochelle ! Un petit thon suicidaire de 2 kilogrammes ! J'espère que c'est un début car les autres bateaux rencontrés sont
largement meilleurs que nous à la pêche à la traîne.
Marina Rubicon est une belle marina luxueuse, avec piscine,
de nombreux services et connexion Internet à bord ! Sa construction récente est assez bien intégrée dans le paysage.
Nous sommes allés en bus à Arrecife, la capitale, et nous avons loué une voiture pour faire en une journée les immanquables de Lanzarote. Les paysages lunaires sont
particulièrement impressionnants, l'île rassemble une centaine de cônes volcaniques et quelques trois cents cratères. Les habitations basses et blanches tranchent avec le noir des sables et
scories sur lesquels poussent des cultures et des vignes protégées par des petits murets en arc de cercle.

Durant notre court périple nous sommes
allés au parc national de Tinanfaya où sur la « montaña del fuego » la température de la roche atteint 450 ° à moins de six mètres de profondeur. Le « mirador del rio » offre
un panorama splendide sur l'île de Graciosa et son petit port de la Sociedad. Les voiliers au mouillage ne sont pas bien grands !
Si Lanzarote offre quelques sites naturels d'une qualité exceptionnelle, on est très vite lassé du coté pompe à fric opéré sur le touriste, très majoritairement
d'origine germanique. Cesar Manrique, le sculpteur local, fameux aux yeux des Canariens, a laissé sa trace et aménagé la plupart des sites naturels, et à ce titre l'accès est devenu payant. Le
tourisme est la seule ressource sérieuse de l'île... on le comprend très vite.Coté occupation à bord, nous ne chômons pas, Dominique a entrepris la réalisation des moustiquaires pour toutes les ouvertures du bateau et de mon coté je résous les petits problèmes techniques et d'entretien du bateau. Dernier exemple en date : réparer une fuite sur un flexible d'huile haute pression du groupe électrogène ... le plus difficile étant de trouver le petit joint cuivre qui va bien, car naturellement j'en ai des dizaines en stock, mai naturellement pas le bon ! Nous avons trouvé le joint ad hoc dans une quincaillerie de type caverne d'Ali Baba sur le port de pêche d'Arrecife.
Le rassemblement des participants du rallye des îles du soleil est fixé au 15 octobre. La convergence des 27 ou 28 bateaux vers Tenerife nous conduit à retrouver des équipages et des bateaux connus... c'est tout à fait sympathique.
De nouvelles photos sont insérées dans l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries et dans celui de Ramatoa au quotidien.
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Lanzarote le 6/10/2006.
L'archipel des Canaries est distant de Madère d'environ 300 milles, il est composé de 9 îles. Les deux plus petites : Alegranza est déserte et Graciosa est
séparée de Lanzarote par un étroit bras de mer large d'un mille. C'est sur cette dernière que nous avons jeté notre dévolu.
La route directe de Quinta do Lorde vers Graciosa, longue de 275 milles, nous fait longer les îles Desertas à quelques 15 milles au large de Madère. Elles sont de véritables montagnes sorties du
fond de l'océan car nous croisons à 2 ou 3 milles des côtes inhospitalières et nous sommes sur des sondes supérieures à 2000 mètres de profondeur.
Départ mardi 19 septembre tôt... à 8 heures tout de même... le vent de nord nord-est ne se lève pas avant que nous soyons dégagés du dévent de Madère et des îles Désertas. Après le
déjeuner, nous établissons la voilure et envoyons le spi asymétrique que nous conserverons jusqu'à la tombée de la nuit. Quelques heures de pure bonheur à glisser à 6 ? 7 noeuds sur une mer peu
agitée, mais avec une houle de un mètre. Dans la nuit le vent tombe totalement et la houle reste... situation assez inconfortable... et c'est parti pour des heures de moteur ! Au lever du jour,
nous bouclons nos premières 24 heures de traversée avec 125 milles au compteur et 11H30 de moteur !
La deuxième journée est difficile avec des vents toujours inférieurs à 9 noeuds, c'est une alternance de voile et de moteur... mais ce dernier l'emporte
largement ! Le temps est beau, chaud mais le ciel est chargé de grosses barres nuageuses générées par l'ex cyclone Gordon qui se promène entre les Açores et le Golfe de Gascogne . A minuit le
vent revient timidement d'ouest nord-ouest et il ne nous quittera plus jusqu'à notre arrivée à La Sociedad, le petit port de Graciosa. Ces dernières 24 heures nous avons parcouru 120 milles dont
9 heures de moteur... c'est mieux... mais peut mieux faire ! Il nous reste une trentaine de milles pour atteindre Graciosa.
La dernière journée, le vent d'ouest nord-ouest est assez faible, de 10 à 13 noeuds, mais il ne nous quitte pas, nous finissons notre traversée à la voile. Pour
l'atterrissage nous nous glissons entre les îles Alegranza et Graciosa. Le paysage volcanique est superbe avec en toile de fond la montagne tabulaire de Lanzarote. Le temps est toujours
beau et ensoleillé mais le ciel reste encombré de gros nuages qui amènent quelques petites averses.
Le port de Graciosa est assez encombré, les deux pontons pour les bateaux de plaisance sont partiellement délabrés et donc saturés, nous nous en faisons éjecter
et accostons le ponton pêche, mais nous sommes sur un siège éjectable à guetter qu'une place se libère parmi la flottille d'une cinquantaine de bateaux baladeurs de toutes nationalités. Notre
traversée de 274 milles est bouclée en 54 heures à une moyenne de 5 noeuds et un bonne vingtaine d'heures de moteur ! A quand notre première traversée sans devoir mettre en route la risée
Volvo-Penta ?
Si l'accueil reste très espagnol et très peu organisé, en revanche la vue sur le port et le petit village aux rues de sable est splendide. Par son paysage et son
habitat de maisons blanches avec des toits plats, on se croirait dans le sud Maroc, la propreté en plus. Le dépaysement rappelle celui de notre escale à Porto Santo dans un style plus
africain.
Le village de pêcheurs, encore actif, est aussi un lieu de villégiature pour des canariens de la grande Canarie. Les anchois sèchent encore au soleil sur le port et sur la place du village... mais pour combien de temps encore ?
Vous trouverez de nouvelles photos sur l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries et sur l'album de Ramatoa au quotidien.
Rappel... les photos des mariés du mois d'août sont en ligne en suivant ce lien : www.19aout2006.new.fr
Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Graciosa le 23/09/2006.









