Aux Sables d’Olonne, la chaudronnerie de la coque a débuté et je ne compte pas aller au chantier Alubat avant la fin du mois de janvier, voire début février. Je profite donc de ce mois un peu
creux où je me sens « inutile » pour effectuer les stages de formation que j’avais prévus de suivre.
Un stage radar d’une journée et un stage de mécanique diesel (niveau 1) de deux journées. Ils se déroulent à Nantes sur la péniche Secumeca de Pierre Tranchant et sont organisés par STW
(Sail The World).
Le stage radar…
Une journée, le vendredi 13 janvier, pour m’apprendre les rudiments indispensables pour aborder la navigation avec un radar. Pour ma part j’ai rarement navigué sur des voiliers équipés de cet
outil et en plus il n’avait été utilisé que dans sa fonction anticollision.
Les objectifs de la formation : - savoir mettre en œuvre un radar
interfacé avec un GPS et régler les différents réglages de cet appareil de navigation – interpréter une image radar et la comparer à la carte papier – utiliser le radar comme un outil de
navigation à part entière dans ses fonctions de positionnement et d’anticollision.
Nous étions deux stagiaires, quel bonheur, avec un formateur très disponible et maitrisant parfaitement son sujet. Le simulateur a correctement
fonctionné ce qui nous a permis de jouer un grand nombre de scénarios parmi lesquels : un atterrissage dans la grande puis la petite rade de Cherbourg, une remontée d’un chenal serré dans le
Solent anglais, une traversée du rail du Pas de Calais avec un trafic incessant, puis pour finir en beauté une rentrée dans le lagon de Nouméa en Nouvelle Calédonie avec un courant traversier de
quatre nœuds !
L’usage du simulateur, avec des incidents injectés par le formateur, permet très vite de maitriser les fonctions principales et les réglages d’un radar pour la plaisance. L’interprétation de
l’image du radar n’est pas toujours très facile et nécessite de l’expérience.
Compte tenu de mon expérience très limitée de la navigation au radar, je tire un grand profit de cette formation. En particulier, au-delà de la fonction
anticollision j’ai découvert les capacités de positionnement offerte par cette aide à la navigation qui complète très utilement ce qui sera à bord de Ramatoa par ailleurs : la cartographie
électronique interfacé au positionneur GPS.
Le stage de mécanique diesel (niveau 1)…
Il se déroule sur deux journées les 19 et 20 janvier. Mes connaissances en mécanique
diesel sont très livresques et ma pratique se limite à la vidange du moteur et au réamorçage du circuit d’alimentation en gasoil. Cette formation à pour but et pour vocation de vulgariser
la mécanique diesel marine (rappel des principes généraux) mais surtout de sensibiliser les plaisanciers à l’entretien et aux gestes à accomplir face à une panne en haute mer à travers des
formations pratiques.
Les principaux points abordés sont les suivants :
- Démontage du circuit de réfrigération indirecte et travail sur panne usuelle (changement turbine eau de mer, vidange circuit,
visite échangeur, contrôle calorstat),
- Circuit de lubrification, choix des huiles et pollution (vidange et changement cartouche, contrôles de pollution à bord et analyse
d’huile simplifiée),
- Étude du circuit d’injection et pannes à bord (entretien du circuit de filtration, changement des filtres primaire et fin,
nettoyage tamis de pompe et vérification membrane, réamorçage du circuit, contrôle électrovanne de stop),
- Détection, contrôle et changement injecteur défectueux, conduite moteur, mise en route en condition dégradée (batterie à plat,
perte de clé ou faisceau détruit …),
- Contrôle des paramètres en fonctionnement (couleurs des fumées, pression, température etc..),
- Mise en situation réelle des stagiaires avec des pannes réalisées par le moniteur sur les moteurs.
J’ai tiré un grand profit de ces deux journées (où nous étions que trois stagiaires) conduites par un formateur sachant parfaitement partager ses
connaissances et son expérience pratique.
Quel bonheur de se mettre les mains dans la graisse et…. de rentrer le soir avec les mains sales et des vêtements sentant le gasoil et la vieille graisse froide !!
En conclusion, je pense à l’avenir me sentir moins désemparé devant mon moteur s’il décide de me laisser tomber ou s’il refuse de démarrer. De plus je me sens capable d’assurer un grand nombre des opérations de maintenance sans faire appel à un mécanicien.
Que se cache-t-il sous ce sigle barbare ?
ATMSI signifie : apprentissage des techniques médicales en situation d’isolement…. Ouf !
La formation est dispensée par l’Institut Européen de Formation en Santé et est organisée par STW (Sail The World).
Dominique et moi avons suivi cette formation en couple les 8 et 9 décembre 2005 à Issy les Moulineaux près de Paris. Nous étions 7 stagiaires, tous voileux sur le départ. Nous y avons même fait la connaissance de participants au Rallye des Iles du Soleil.
En réalité cette formation de deux journées s’adresse à un public de navigateurs, sportifs ou voyageurs devant faire face à des urgences, à des problèmes de santé en situation d’éloignement par rapport à des secours, des médecins, des centres de soins.
Le contenu du stage est plus poussé que l’AFPS (attestation de formation aux premiers secours). Reprenant en grande partie le contenu d’un brevet national de secourisme (BNS), le stage va largement au-delà avec des objectifs plus ambitieux et adaptés au milieu du voyageur naviguant.

Objectifs de la formation…
- Pouvoir prendre en charge une personne en situation de détresse vitale, réaliser le bilan vital, mettre en œuvre les gestes de survie et la protéger.
- Connaître les principes de la médecine en situation d’isolement, ses objectifs et ses limites.
- Être capable de transmettre les informations nécessaires pour une consultation médicale à distance :
- Collecter les informations et les symptômes, afin de faciliter leur transmission.
- Utiliser les moyens de communication à disposition et savoir transmettre ces données.
- Appliquer les prescriptions médicales et réaliser les gestes techniques nécessaires.
- Utiliser et gérer la pharmacie et le matériel médical du bord.
Les deux jours du stage sont animés par du personnel, médecin, infirmiers et formateurs, tous urgentistes. La pédagogie utilisée fait appel à de courts rappels théoriques, à des études de cas concrets, à des ateliers pratiques (sutures sur un pied de cochon et piqures sur un pamplemousse !), à des mises en situation sur des mannequins. Globalement elle très bien adaptée au public de navigateurs sur le départ que nous étions.
Notre avis sur la formation…
Nous sommes sortis de ce stage ravis. Deux jours pour assumer les situations de stress et d'urgence médicale c'est court et dense. Mais la qualité, la disponibilité et l’humour de tous les intervenants nous ont permis de rester attentif jusqu’au bout et d’en tirer le maximum de bénéfice. L’ambiance entre stagiaires était très bonne.
Maintenant il nous reste à espérer que nous n’aurons jamais à mettre en œuvre ce que nous avons appris au cours de cette formation très utile, voire quasiment indispensable avant un départ en grande croisière.
2006 verra naître et se concrétiser notre projet de grand voyage. Il occupe déjà, depuis plusieurs mois, toutes nos pensées et mobilise notre énergie dans la préparation du bateau, de son
équipage sans oublier d'organiser au mieux notre vie de terrien que nous mettrons, pour quelques temps, entre parenthèses.
En effet la construction de Ramatoa entre dans sa phase active aux Sables d'Olonne dès cette semaine avec le début de la chaudronnerie qui devrait se
terminer dans les premiers jours du mois de février. La mise à l'eau reste programmée pour la mi mars 2006.
Promis vous aurez des photos de Ramatoa dès notre prochain passage au chantier Alubat.
- L'armement du bord et les innombrables matériels à embarquer pour un voilier de grande croisière remplissent déjà très largement notre garage... et ce n'est pas encore fini !
- Les stocks se complètent et les listes de choses à faire, les "to do list", ne cessent de s'allonger !
- Parallèlement à cela, la préparation de l'équipage se poursuit avec des formations, médicale et de mécanique diesel, pour gagner en autonomie.
Le calendrier ne subit pas de modifications importantes, la descente de La Rochelle à Lisbonne s'effectuera au mois de juillet 2006 et nous reviendrons passer deux à trois semaines en famille au mois d'août. Nous mettrons à profit les mois d'avril, mai et juin pour mettre au point le bateau en naviguant dans les pertuis charentais et en Bretagne sud. Le RDV de départ du Rallye des Iles du Soleil reste fixé à la fin du mois d'octobre 2006.
Nous ne terminons pas ce premier article de l'année 2006 sans vous présenter nos meilleurs voeux pour la nouvelle année.



