Ramatoa ... du rêve à la réalité ! 
 
Dimanche 25 novembre 2007

Voyager pendant une année complète à la voile n'a rien d'extraordinaire, des centaines de voiliers larguent les amarres chaque année. Mais pour nous cette première expérience de grande croisière  est tout de même unique... c'est naturel : c'est la nôtre !

Des Canaries jusqu'à Afua, sortie de l'Amazone, nous avons rejoint le 13° Rallye des Îles du Soleil incluant le VII° Rallye Transamazone. Ce rallye est atypique parmi les autres rallyes, car il est un des plus long (6 mois) sur l'Atlantique et certainement le seul à avoir une orientation grand voyage dénuée d'esprit de compétition. A mon sens la raison d'être de ce rallye est sa composante amazonienne qui permet de remonter le fleuve sur plus de 500 milles, c'est pour cela et pour son esprit que nous l'avions retenu.

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La participation à des rallyes de ce type est très controversée et souvent sujette à polémiques stériles car les protagonistes campent sur des positions préétablies ! Je comprends parfaitement et respecte la position de ceux qui préfèrent croiser seuls et refusent de rejoindre un rallye. De notre coté, le périple sur l'Amazone nous tentait beaucoup et il est très difficile, voire impossible avec les tracasseries brésiliennes et les risques inhérents à la navigation sur ce fleuve, de l'effectuer en solo  en dehors d'une flotte. Pour le reste du parcours, il est vrai que la navigation au sein du rallye m'a paru moins indispensable mais jamais contraignante. Cependant je retire de cette expérience de six mois de navigation au sein du rallye quelques enseignements intéressants :

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  • - La sécurité de naviguer en flottille n'est pas l'argument premier, car très vite au cours d'une traversée les bateaux sont éloignés les uns des autres... cela peut même être un sentiment trompeur. Il revient à chaque skipper de gérer au mieux la sécurité de son bateau et de son équipage. Toutefois les vacations radio pendant les traversées sont utiles de par les conseils ou avis reçus des autres participants pour une option de route, pour une avarie ou un bricolo. Sur l'Amazone la situation est très différente, car tout bateau peut être mis en difficulté en navigation (heurt d'un tronc immergé entrainant une avarie de barre ou de moteur) ou au  mouillage (dérapage de l'ancre si des jacinthes d'eau se prennent sur la ligne de mouillage), là on est alors très content de trouver le renfort des autres bateaux ou d'avoir l'assistance de l'équipage du bateau accompagnateur du rallye.
  • - Le partage d'expérience : c'est certainement le point fort, à mes yeux, de naviguer au sein d'un rallye. Pour ma part mon expérience hauturière était ancienne et limitée, j'ai donc beaucoup appris auprès de navigateurs bien plus chevronnés... mais il faut savoir faire le tri dans le microcosme que représente les 25 bateaux du rallye entre les « diseurs » et les « faiseurs » ! Les compétences sont très diverses, les expériences des uns et des autres aussi ! Quelle richesse extraordinaire... je suis même devenu bavard !
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  • - L'organisation du rallye est « facilitatrice », elle permet de gagner beaucoup de temps. Le comité d'organisation prend à sa charge la totalité des formalités des bateaux et des équipages pour chaque entrée et sortie d'un pays ou d'un état du Brésil... ce n'est pas rien ! Mais au delà de cet aspect, la connaissance des ressources logistiques de chaque escale permet de gagner beaucoup de temps pour effectuer une réparation, un avitaillement ou une consultation médicale.  
  • - Sur la partie amazonienne, les membres du comité d'organisation qui nous accompagnent sur le bateau pilote, ont une excellente connaissance du Brésil et de l'Amazonie en particulier. Leurs explications et leurs topos (faune, flore, civilisation, économie et société...) quasi quotidiens sont suivis et écoutés à la VHF avec attention. Par ailleurs, à chaque escale, les partenariats liés par le rallye avec les gouvernements et administrations locales nous font bénéficier de prestations touristiques, culturelles et folkloriques de grande qualité qu'ils seraient difficile d'avoir en dehors du cadre du rallye.
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  • - Enfin, naviguer ensemble pendant six mois permet de se faire des amis... mais aussi des ennemis ! On ne peut pas être amis avec tous... mais il est certain que nous conserverons des relations durables avec trois ou quatre équipages que nous retrouverons avec grand plaisir au cours des saisons à venir.

Pour conclure ce bilan rapide du rallye, je dirai que je me sens d'attaque pour naviguer isolément, mais on ne le reste pas longtemps, avec les amis existants et à venir qui partagent le même itinéraire et les mêmes escales ! Cependant sur des destinations ou des projets particuliers je n'hésiterai pas à rejoindre de nouveau un rallye, cette première expérience ayant été très réussie.

***

Depuis notre retour fin juin 2007, nous avons eu l'occasion de retrouver à plusieurs occasions des équipages du rallye  en Bretagne ou en Charente maritime l'été dernier...
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  • - Le 11 juillet, pour l'arrivée de « Cimano » après sa transat retour, nous avons accueilli Doménico et Véronique en pleine forme après une traversée express de dix jours depuis les Açores ! Sur la plage de Banastere... il faisait exceptionnellement beau... il y avait leurs parents et les équipages de « Météore », « Glen-Feeling » et « Ramatoa »... retrouvailles très sympathiques ! 
  • - Le 19 août, pendaison de crémaillère chez Christine, équipière sur « Glen-Feeling », temps maussade et froid à Arzano près de Quimperlé, mais très chaud dans les coeurs des équipages de « Météore », « Glen-Feeling », « Cimano » et « Ramatoa » !

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  • - Le 29 août, grande réunion à Saint Pabu à l'aber Benoît organisée magistralement par Yvonne et Jean-Alexis de « Bigouz » où nous avons retrouvé par moins d'une quarantaine de participants du rallye. Treize bateaux du rallye étaient représentés soit par le couple skipper-skippette ou par des équipiers. Les équipages suisse d'OpSis et italien de Talismano avaient fait le déplacement. Hubert le « boto rose »,  Nicolas et Damien du comité d'organisation du rallye étaient présents. Ambiance bretonne garantie, fête assurée, organisation minutieuse avec  sorties en zodiac, ballades sur la grêve, feux d'artifice... bref que du bonheur et de la joie à se retrouver. 
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  • - Enfin le 22 septembre, le salon du Grand Pavois qui se tient à la Rochelle  a été l'occasion de regrouper les équipages présents à un apéritif à la maison puis d'aller déguster des fruits de mer dans un restaurant des Boucholeurs. Tout ou partie des équipages de « Cimano », d'« OpSis », de « Glen-Feeling », de  « Perrotin », de « Météore » et « Ramatoa » étaient là aux cotés de Philippe, Nico et Damien qui nous ont rejoint. Le salon du Crouesty au 1° novembre a encore été l'occasion de se retrouver... et de vivre en direct avec les copains l'arrivée de notre premier petit-fils Thomas au foyer de Cécile & Guillaume... beaucoup d'émotions et que du bonheur !

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En bref la vie après le rallye n'est pas triste, ni monotone ! D'autant plus que nous préparons activement notre départ, les 5 et 12 décembre 2007, pour rejoindre Ramatoa à Trinidad. Les bagages seront chargés de tous les bricolos que nous allons amener avec nous ! La préparation et la programmation des travaux sur Ramatoa (Cf. article du bilan technique), à effectuer à Trinidad puis en Guadeloupe, nous occupent également beaucoup. Dans les temps morts, il y a pour Dominique et moi la rédaction d'articles pour le blog et la préparation d'un DVD des diaporamas de l'année écoulée.... ainsi le temps passe vite ! 

Le programme des six mois à venir est fort différent de l'année de navigation écoulée : moins de milles à parcourir et de très nombreux mouillages dans une contrée hautement touristique. Nous allons caboter tranquillement dans les petites Antilles et les îles vierges. Vous pourrez nous suivre dans les prochains articles du blog.

A très bientôt sous le soleil des Caraïbes !

 

par Benoît & Dominique publié dans : Les bilans
Mardi 20 novembre 2007
Il va sans dire que nous n'envisageons pas la vie à bord en longue croisière sans un minimum de confort et sans cesse,  du moins au début, nous avons essayé d'améliorer notre bien-être.
RIDS36--pm-02.jpgEn tout premier lieu, j'ai acquis une petite machine à coudre, qui a trouvé sa place dans un équipet de la cabine avant.
Avant le départ, la maison fût transformée en atelier de couture pour :
  • - La réalisation des draps housse de tous nos matelas, qui vous vous en doutez ne sont pas rectangles !
  • - La confection des coussins de cockpit en mousse à cellules fermées (ne moisit pas et ne se transforme pas en éponge), habillés de toile à stores d'extérieur. Les fournitures ont été achetés chez des professionnels. L'entretien se fait facilement au ponton, au jet et à la brosse. Très bonne résistance après un usage intensif.
  • - La création de différents sacs en toile enduite blanche (de la toile à bâche de camion), comme celui pour le mouillage de l'annexe et le rangement de petits accessoires.
  • - Des chemins de table pour la table du cockpit (idée piquée sur Siùm), ou une nappe pour celle du carré, lorsque nous recevons les copains.

Aux Îles Canaries, à Santa-Cruz de Tenerife, gros travail pour réaliser les moustiquaires des panneaux de pont, et celle de la descente du carré. La solution retenue : de la toile enduite sur le dessus du panneau de pont et les trois autres cotés en  moustiquaire. Sur les quatre cotés de la base, une chaînette en inox est glissée dans un gousset. Toutes les moustiquaires ont été traitées initialement par trempage dans une solution anti-moustiques.
RIDS36--pm-01.jpgA Dakar, fabrication de deux matelas genre matelas de plage, pour mieux dormir pendant mon quart de nuit... les coussins jaunes du cockpit étant un peu trop fermes !!

Arrivés au Brésil, Christina l'épouse de l'artisan voilier d'Itaparica, nous a  réalisé des  « pare-soleil latéraux », bien utiles en escale quand le soleil tape trop fort, ou pour s'isoler de ses proches voisins. Elle confectionne également une bâche récupératrice de pluie. A Belèm nous la mettrons en place et nous avons amélioré sa fixation sous la bôme tout au long du parcours sur l'Amazone. Nous avions emporté de la Rochelle une grande surface de bâche à camion blanche.

Benoît a de son coté réalisé quelques bricolages pour améliorer notre confort à bord.
  • - Tous les contre-plaqués sous les couchettes avants et arrières ont été largement percés avec une scie cloche pour améliorer l'aération des coffres. Les matelas reposent sur des sommiers à lattes de marque Bedflex (lattes à découper une par une à la forme de la couchette) l'humidité est ainsi évacuée efficacement et le confort des couchettes amélioré.
  • - Des toiles anti-roulis pour les banquettes du carré ont été installées. Elles sont fixées par une latte aluminium à l'intérieur des coffres et n'en gênent pas l'ouverture, dans le gousset du haut une deuxième latte d'aluminium. Au repos les toiles sont roulées invisibles sous le rebord de la banquette maintenues par des velcros.
  • - Une sangle de retenue réglable devant la gazinière.
  • - Dans le cabinet de toilette, la barre inox pour suspendre les cirés a émigré dans le local technique et des panières à légumes en fil métallique occupent maintenant cette place où les fruits et légumes se conservent mieux.
  • - Des  petits ventilateurs 12 volts ont été fixés au dessus des couchettes de la cabine avant.
RIDS36--pm-03.jpgUn grand regret, celui de n'avoir pas installé un lave-linge pendant la construction de Ramatoa. Dés l'Espagne, la galère a commencé, pas de machine ou appareil en panne dans les marinas. Laverie a l'autre bout de la ville, quand il y en a, temps perdu (n'oubliez pas votre livre de poche), linge égaré ou d'une couleur douteuse, blanchisserie hors de prix etc..... Sur le rallye les GO organisaient le ramassage du linge avec des blanchisseries pour l'ensemble des bateaux et...  se finissaient souvent par une « foire au linge », où chaque équipage est venu chercher, qui son tee-shirt, qui son bermuda, une autre fois, j'ai hérité d'une chemisette, d'un paréo .... donc appel vhf, pour retrouver les propriétaires. Il y a parfois des situations cocasses, comme les lave-linge, installés dans le vestiaire des hommes, à la Corogne. Je vous laisse imaginer la suite !
Nous pensons acquérir une machine de 3 kgs, dés que possible, ce n'est pas du luxe !


Pour la décoration, réalisée au fil de nos escales, des petites toiles ou cadres sont accrochés avec du velcro double face... je laisse trainer un paréo sur la banquette bâbord, mon coin préféré.

Notre ovni comporte beaucoup de coffres et équipets, il est donc facile de ranger correctement dans des boites rectangles tout le menu outillage dont j'ai besoin, sans encombrer le local technique réservé aux pièces détachées, au groupe électrogène, au dessalinisateur,  à l'annexe, à la balise,aux bidons de survie etc ...... nécessaires à la bonne marche de Ramatoa.

Dans nos bagages pour repartir à Trinidad, nous emmenons le matériel pour mettre deux spots de lecture à LED au dessus des banquettes du carré. Nous installerons également des patères  et des filets de rangement dans la cabine avant.
RIDS36--pm-04.jpgVoici la fin de cet article, dans mon prochain avurnav je vous parlerai de la vie au quotidien en grande croisière.
par Benoît & Dominique publié dans : La page de la skipette
 

La réalité...

Un voilier nommé "Ramatoa"

Un skipper et une skippette !
Un voyage de deux années autour de l'Atlantique, par le Sénégal, le Brésil, l'Amazone et les Antilles.

Nous contacter...

© Ramatoa.com, tous droits réservés.

Cartes du périple

  • 2006-2007  : De La Rochelle à Trinidad en passant par l'amazone.

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