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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 21:19

Nous voilà de retour sur Ramatoa sous le soleil des Caraïbes et dans des eaux turquoises. Mais avant de gouter à ce petit paradis sur l'eau... pas mal de travail et quelques galères nous attendaient sur le trajet pour rejoindre le bateau à Trinidad puis au chantier pour le réarmer et le préparer aux six mois de navigation à venir.

Les voyages forment la jeunesse, mais ils épuisent les jeunes retraités quand il s'agit de rejoindre Port of Spain à Trinidad en passant successivement par Londres et New York. Près de 24 heures de périple pendant lesquelles il faut affronter et subir les tracasseries, l'absence totale d'amabilité et la paranoïa des services d'immigration et de sécurité des USA. Trois heures d'escale à JFK sont justes suffisantes pour passer ces épreuves et avoir une chance raisonnable d'y perdre ses bagages ! Vous l'avez compris je suis arrivé le 6 décembre à l'aube épuisé et sans mon sac de 30 kg rempli de matériels et de pièces détachées pour le bateau. Dominique me suivra sur le même parcours, une semaine plus tard, mais avec plus de bonheur car elle a pu récupérer ses bagages sur le tapis roulant à JFK et les enregistrer de nouveau pour le vol de Port of Spain.
undefinedPremière semaine difficile dans l'attente de la récupération du sac, nettoyage du pont du bateau recouvert d'une épaisse couche de crasse et de poussière. Le temps est chaud et très humide, il pleut régulièrement quand ce n'est pas un crachin continu de plusieurs heures. Le climatiseur installé sur le panneau avant du bateau a parfaitement préservé l'intérieur de Ramatoa, pas d'humidité ni de moisissures. Le 11 décembre, je passe cinq à six heures à l'aéroport pour récupérer mon sac, totalement fouillé mais complet, il ne manque rien, c'est assez miraculeux. Soulagement car sans les pièces de rechange contenues dans mon sac, Ramatoa se retrouvait sans pilote automatique, sans grand-voile et sans frigo !

Dominique arrive le 13 décembre, le moral remonte et les travaux très nombreux avancent bien plus vite. Les bateaux copains du rallye (OpSis, Météore, Perrotin, Laska, Acalephe, Arasec...) travaillent aussi comme des forcenés et sont mis à l'eau comme nous dans la semaine avant Noël. Première expérience « d'hivernage » sous les tropiques : prévoir huit à dix jours pour remettre le bateau en état de naviguer est illusoire, deux à trois semaines sont plus raisonnables. Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez sous ce lien la liste non exhaustive des travaux effectués. Le chantier ponce la coque et passe l'antifouling, le lundi 17 décembre Ramatoa est dans les sangles du travellift, le peintre tartine de l'antifouling sur la dérive et les parties inaccessibles du bateau et il est remis à l'eau sous un déluge de pluie. Nous prenons une place à la marina de Coral Cove pour terminer notre avitaillement et nos préparatifs.

Testés sans problème après le remplacement du capteur d'angle de barre, la centrale de navigation et le pilote NKE refusent de fonctionner... email aux Sables d'Olonne, lecture de la doc technique et vérification systématique de toutes les connections du bus de la centrale. Finalement quelques heures plus tard et des litres de sueur en moins, tout fonctionne de nouveau correctement... mais je ne sais pas pourquoi !

Au ponton, je remonte la dérive du bateau et le lendemain... surprise, elle refuse obstinément de redescendre bloquée en position haute, email au chantier et conseils avisés des Ovnistes du coin... il faut démonter les plaques d'accès au puits de dérive et taper dessus pour la décoincer. Une matinée de travail, des dizaines de coups de masse (dont un sur le pouce gauche !) plus tard la dérive est redescendue. Les patins en nylon sont retirés et nettoyés de la couche gluante d'antifouling largement étalée sur la dérive par le peintre le jour de la mise à l'eau... problème réglé et nouvelle leçon : peindre la dérive d'une couche très mince d'antifouling. undefined
undefinedVendredi 21 décembre nous quittons le ponton pluvieux de Chaguaramas pour rejoindre le mouillage de Chacachacare et souffler un peu. Le temps est en encore plus pourri : temps gris, bas et venteux associé à un crachin persistant ! La nuit sera cependant calme et le mouillage moins rouleur. Cette île éloignée de 6-7 milles abritait jusqu'en 1984 une léproserie tenue par des sœurs françaises, maintenant elle est déserte et la nature reprend rapidement ses droits. Le lendemain nous repassons à Chaguaramas pour effectuer les formalités de sortie et mettons le cap, en fin d'après-midi vers la côte sud de Grenade, 80 nautiques plus au nord. OpSis et Acalephe nous ont précédés d'une à deux journées et ils ont fait une traversée pénible, mer forte de face et vent dans le nez avec des rafales à 35-40 nœuds. Nous, nous aurons une mer forte et un vent soutenu de 20 nœuds mais régulier et sans grain... l'amarinage par cette première navigation de nuit est brutal et rapide ! Nous appuyons au moteur notre route à la voile.
 undefinedDimanche 23 décembre nous mouillons au petit jour dans Prickly bay sur l'île de Grenade. Formalités expédiées par des fonctionnaires souriants. Nombreux voiliers, mais le mouillage est vaste et bien abrité, c'est la première escale incontournable de tous les bateaux hivernant à Trinidad et qui remontent vers les Grenadines et les Antilles françaises. Le beau temps est de retour, les eaux sont claires et l’alizé souffle frais. undefinedLa population Caraïbe progressivement éliminée, un siècle et demi de luttes entre Britanniques et Français sont nécessaires pour la conquête de la belle et fertile Grenada. Deux traités plus tard, l’île est concédée aux anglais. Aujourd’hui Grenade a un statut d’état indépendant membre du Commonwealth depuis 1974. En 1983, les marines US débarquent à Grenade pour expulser les conseillers cubains, une longue récession économique s’en suit, elle est aggravée en septembre 2004 par le passage du cyclone Ivan qui sinistre les cultures l’économie, les chantiers navals et le tourisme. undefined
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undefinedSurnommée l’île aux épices, Grenade est habitée par un peu plus de 100 000 habitants. D’origine volcanique, l’intérieur est accidenté et arrosé, recouvert d’une forêt verdoyante avec des cascades. La végétation tropicale descend jusque sur la côte sud échancrée de profondes baies. Seule la région au sud de Saint George, la capitale, voit fleurir des structures hôtelières, des résidences et des villas luxueuses « pieds dans l’eau »… ici pas de loi littorale.
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undefinedAu fond de son abri naturel, la capitale Saint George forte de ses 20 000 habitants est une petite ville antillaise intéressante grâce à son port « the carenage », aux quais « à la française » bordés d’anciens entrepôts en briques peintes, joliment réhabilités. Nous y faisons une excursion très agréable, et apprécions l’accueil chaleureux des habitants de Grenade et son marché aux légumes.
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undefinedComme prévu, nous passons Noël à Grenade tranquillement au mouillage de Prickly bay et partageons d’agréables moments sur des bateaux de rencontre. Le mercredi 26 décembre, nous remettons en route pour monter à Carriacou, une petite île dépendance de Grenade, 38 milles à parcourir et 7-8 heures plus tard nous mouillons à Tyrell bay au sud du bourg d’Hillsborough. Changement de décor : une population réduite à 7000 âmes, cette île de 30 km² appartient à l’archipel des Grenadines (partagé entre Grenade et Saint Vincent), en dehors des flux touristiques intensifs elle est restée sauvage, authentique et possède la réputation d’une île de contrebandiers (il est vrai que la bouteille de Pastis de Marseille y est moins cher qu’au Carrefour de La Rochelle !). La population est calme et très accueillante, on y ressent une douceur de vivre et une nonchalance tout à fait surprenante.
 undefinedLe mouillage est vaste, calme et aéré, le nombre de voiliers assez élevé. Nous partons en excursion avec des taxis locaux voir la côte au vent face à l’île d’Union. Le panorama est splendide, lagons turquoise, récifs ourlés de blanc et d’innombrables îles te îlots. Nous profitons d’une grande et belle plage de sable blanc pour nous tout seul. Vous pouvez imaginer nos journées partagées entre travaux ménagers, entretien du bateau, excursions, baignades… bref nous aimons bien cette lenteur et douceur de vivre. undefined
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undefinedDans tous ces mouillages, nous apprécions maintenant beaucoup l’annexe semi rigide acquise à Trinidad en remplacement de la Plastimo revendue à Chaguaramas. Plus légère de 17 Kg, plus longue de 20 cm, elle est d’une stabilité remarquable avec sa coque en aluminium. Trop chère en France, c’est par contre un excellent plan à Trinidad (- 50%).

Au programme des prochains jours : traversée vers Union island où nous passerons le réveillon du nouvel an en compagnie de nos amis d’OpSis. Remis de nos agapes nous monterons ensuite en trois étapes rapides vers le port du Marin en Martinique où nous attendrons l’arrivée de Bénédicte et Gaël qui viennent passer une huitaine de jours au soleil au cœur de l’hiver. undefinedNous ne terminerons pas ce premier article de notre saison Caraïbes, sans vous présenter nos meilleurs vœux pour une bonne et heureuse année 2008.

Le prochain article, à la mi-janvier, nous verra en Martinique.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Tyrell bay [Île de Carriacou].

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commentaires

Marie-Laure 02/01/2008 22:00

Vous voilà repartis pour de nouvelles aventures, l'année 2008 s'annonce donc bien... Continuez de profiter au maximum, à bientôt de vous lire...

Josyane et Vincent TUCCI 01/01/2008 18:34

Hello bonjour les amis,FELIZ ANNO NOVO DO BRASIL où tout se passe bien pour nous.Merci pour vos bons voeux et voici les nôtres en retour.Excellent séjour dans les Caraïbes loin du monde fou et turbulent !Bises amicales de nous deux  Jo et Vince

Bienvenue sur Ramatoa

Ce weblog constitue  notre carnet de voyage......
Il est notre journal de bord au fil de ces années sur les océans Atlantique et Pacifique à bord de "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
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