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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 22:12

Aujourd'hui, dimanche 13 Avril au mouillage de Rodney bay à Sainte Lucie, je débute la rédaction de ce nouvel article. C'est le deuxième anniversaire de la mise à l'eau de RAMATOA et pour la traversée du canal Martinique – Sainte Lucie (7 nœuds de moyenne), nous avons eu un vrai temps breton : plafond bas, grisaille, bruine et grains à 30 nœuds.... la seule différence - la température de l'air : 26° quand même !

 

Retour en arrière d'un petit mois, au temps où nous nous prélassions en Guadeloupe à l'îlet Gosier près de Pointe à Pitre, après le départ de Jean Pierre & Annick et avant l'arrivée de Gérard & Dany le 23 mars : dimanche de Pâques.

 

Le lundi 24 : très belle excursion aux chutes du Carbet sur le massif de la Soufrière... nous n'étions pas les seuls, malgré un temps médiocre et humide. Le lendemain matin, Dominique, G² & Dany partent pour l'avitaillement. De mon coté je bricole à bord et je découvre une fuite importante sur le vérin du safran : en 4 ou 5 coups de pompe je vide le bocal ! Impossible de partir demain dans ces conditions, le safran risque de remonter en navigation et la barre sera très dure. Je consulte Stéphane, le verdit est sans appel : il faut sortir Ramatoa de l'eau et démonter les plaques de visite sur la partie haute du safran pour accéder au vérin et voir d'où provient la fuite. La marina de Bas du Fort accepte de le sortir le lendemain soir et de le laisser dans les sangles du travelift pendant toute la nuit. Je mets à profit cette journée pour reconditionner avec Stéphane un vérin de rechange (échange de tous les joints du vérin) car nous supposons que l'un d'entre-eux a lâché.

 

Mercredi 26 : la sortie de l'eau est programmée à 16 heures. Nous avons conservé la voiture et allons visiter le jardin botanique de Deshaies, il s'agit de l'ancienne propriété de Coluche. Ce jardin est absolument splendide, très bien dessiné et entretenu, le soleil et le vent étaient de la partie, nous avons tous fait de très belles photos de fleurs et de végétaux (vous en découvrirez plus dans l'album Caraïbes-3).

 

16H30, Ramatoa est mis au sec suspendu dans les sangles. Pendant que  G²  donne un bon coup de propreté à la carène du bateau, j'attaque le démontage des plaques de visite du safran, non sans quelques difficultés. ¾ d'heure après nous découvrons l'origine de la fuite massive de liquide sur le vérin : les deux flexibles fuient au niveau des raccords coudés sur le vérin. En fait l'électrolyse a bouffé les filetages des raccords coudés et un embout d'un flexible ne tient plus. On fait l'échange des vérins et on installe un embout neuf sur le flexible, on remplit le bocal, on teste.... pas de fuite... il n'y a plus qu'à « replaquer » et mettre de la visserie aluminium neuve. A 20 heures tout est terminé, la carène est propre et le safran fonctionne. Bonne douche et bon petit restaurant ! Nuit à bord, nous sommes bercés sous les sangles. Remise à l'eau le lendemain à 9 heures et finalement nous quittons la marina vers l'îlet Gosier avec une journée de retard. Temps maussade et venté.

 

Vendredi 28 mars, nous partons vers l'île de Marie Galante et trouvons finalement, après plusieurs tentatives de mouillages, une place à couple dans le petit port de Grand Bourg. La traversée au près bon plein est rapide, l'alizé souffle raisonnablement à 20 nœuds. Promenade et marché dans le bourg où la population est très accueillante. La nuit est agitée par un vent soutenu et par la houle qui rentre un peu dans le bassin, les aussières et les défenses gémissent à tour de rôle, les bateaux gigotent l'un contre l'autre... difficile de trouver le sommeil dans ces conditions. Sur les conseils de notre voisin à couple, le lendemain nous revenons sur nos pas pour aller prendre un coffre devant l'adorable petit bourg de Saint Louis. Le mouillage est vaste, calme et très bizarrement pas rouleur du tout, nous y passons un après-midi et une nuit très agréables.

 

Dimanche 30 mars, nous traversons au portant vers les Saintes. Temps beau malgré un beau grain de pluie à l'arrivée dans la passe des Saintes. Nous mouillons à l'îlet à Cabrits : excursion au fort Joséphine et baignades avec explorations des fonds sous marins en palmes-masque-tuba. Le lendemain nous irons mouiller devant Bourg des Saintes puis nous passerons la nuit au mouillage du pain de sucre. Début avril, les mouillages sont bien moins saturés que lors de nos deux premiers passages... deux mois auparavant. Cependant la fréquentation assidue de ces mouillages par les bateaux de location anime parfois le plan d'eau (mouillages à la hussarde non protocolaires et manœuvres approximatives sont légions !).

 

Mardi 1° avril, nous partons de bonne heure vers la Dominique où nous souhaitons passer quelques jours. La traversée du canal ne fait qu'une bonne vingtaine de milles nautiques, mais l'alizé souffle de nouveau très frais à 25-30 nœuds, rafales et plus... si affinités ! Nous bouclons le parcours en moins de trois heures sous grand voile à 2 ris et trinquette. A Prince Rupert Bay nous prenons un coffre devant Portsmouth la deuxième ville de la Dominique après Roseau la capitale.

 

La Dominique, longtemps délaissée par les colons faute de pouvoir y développer de grandes cultures, fut aussi pendant plus d'un siècle le théâtre de très nombreux combats entre Français et Anglais pour en prendre possession. Le relief très accidenté et la végétation luxuriante offraient aux indiens Caraïbes un excellent refuge d'où ils pouvaient sans cesse harceler les colons. 3000 indiens Caraïbes vivent encore à ce jour dans une réserve de 2000 hectares sur la côte au vent de l'île. La Dominique revint aux Anglais en 1783 après une longue présence française qui laissa de nombreux noms de lieux et un patois très proche du créole martiniquais et guadeloupéen, parlé par toute la population. L'indépendance totale est obtenue en 1978 suivie immédiatement de troubles politiques importants et du passage du cyclone « David » le 29 août 1979. L'absence d'aéroport international a mis la Dominique à l'abri du déferlement des touristes et cela malgré l'aménagement récent d'un dock pour les paquebots de croisière à Roseau. L'île met en avant sa nature préservée et son relief exceptionnel.

 

Nous effectuons les formalités d'entrée à Portsmouth et descendons à terre. L'après-midi, rendez vous avec un guide pour aller se promener en barque sur « Indian river »... réminiscence de nos souvenirs de furos sur l'Amazone, mais en réalité la végétation est assez différente, le soleil nous accompagne.

 

Le lendemain après-midi, excursion dans les contreforts du Morne Diablotin pour aller admirer les chutes Milton. Notre guide Dylan nous conduit au pied de la cascade après avoir traversé le torrent à deux reprises... nous sommes trempés... pas de regret à avoir, le temps est humide. Accueillis par des gardes forestiers, nous nous mettons à l'abri et goûtons à une soupe (viande + légumes) et fumet trés local. Dylan nous fait découvrir de nombreuses plantes et cultures, il est très fier de son île et parle un très bon français.

 

La météo de Guadeloupe, que nous recevons en VHF, annonce du mauvais temps avec un bulletin météo spécial (BMS). Nous descendons à Roseau en longeant la côte sous le vent de l'île. Vent irrégulier et faible, nous effectuons les 20 milles nautiques au moteur. Arrivé devant le très modeste Anchorage hôtel de Roseau, nous prenons un coffre pour deux nuits.

 

Roseau, la petite capitale de la Dominique, aligne le long de ses rues perpendiculaires de vieilles maisons faites de pierres et de bardeaux qui alternent avec quelques constructions en dur plus récentes et ordinaires. Le marché aux légumes est actif et révèle l'abondance de la culture maraîchère de l'île.

 

Le vendredi 4 avril, rapide débarquement à terre, mais le mauvais temps (pluie ininterrompue et grisaille) nous cloue au bateau. La météo prévoit une amélioration à venir pour le samedi, nous décidons de partir vers Saint Pierre en Martinique. Si le mouillage s'avère trop rouleur pour cause de houle de nord nord-est, nous poursuivrions notre route jusqu'à l'Anse Mitan en baie de Fort de France.

 

Samedi 5 avril, nous quittons Roseau dès 8 heures pour une traite de 35 milles nautiques jusqu'à Saint Pierre. Sous le vent de la Dominique, les turbulences sont fortes, les rafales dégringolent du relief avec une extrême violence. Le vent s'installe à 40 nœuds et les rafales les plus violentes atteignent plus de 50 nœuds : le vent hurle dans les haubans et le dessus de la mer fume littéralement. Heureusement nous n'avons pas la mer du vent et elle reste relativement plate. Arrivé dans le canal qui sépare la Dominique de la Martinique, nous quittons l'abri relatif de l'île et le vent devient plus régulier à 25-30 nœuds et rafales à 35... tout rentre dans l'ordre. La mer est forte et confuse, la houle est creuse de 3m à 3,5m. Six heures plus tard nous sommes au mouillage devant la ville de Saint Pierre, le soleil est revenu. Nous débarquons à terre et visitons le petit musée qui relate l'éruption de la montagne Pelée qui dévasta la ville de saint Pierre, le « Petit Paris des colonies », en quelques minutes sous des nuées ardentes en mai 1902. Sous le soleil persillé d'averses, l'ancienne capitale de la Martinique parait bien endormie de nos jours.

 

Dimanche 6 avril nous descendons le long de la côte ouest pour rejoindre les Anses d'Arlet. Dans la baie de Fort de France le vent d'est forcit à 35-48 nœuds, mais nous n'avons pas la mer du vent. A 11 heures nous mouillons dans la petite Anse d'Arlet où le nombre de voiliers au mouillage est très réduit par rapport à la mi-janvier. Courses et promenade à terre, où les filles découvrent de super boudins créoles qui ne se vendent que le dimanche à la sortie de la messe pour une clientèle exclusivement locale. Nous mangeons là les meilleurs boudins de toutes les Antilles françaises !


Lundi 7 avril, nous rejoignons le mouillage de sainte Anne à quelques encablures de la marina du Marin. Baignades et achat de vanille au marché aux épices de Sainte Anne, le soir nous bénéficions d'un très beau coucher de soleil. Mardi après-midi nous parcourons les trois milles nautiques qui nous séparent du cul de sac du marin et prenons un emplacement au ponton 3 de la marina du Marin. Nous y retrouvons nos amis de Grikypac et faisons la connaissance de Claude & Sylvie sur Sandy II, un alliage 44 qui a fait le Rallye des Îles du Soleil un an avant nous.

 

Le séjour de Gérard & Dany touche à sa fin et nous les conduisons à l'aéroport le mercredi 9 avril. De notre coté, escale rapide au Marin de trois jours, avitaillement et plein de gasoil faits nous retournons au mouillage à l'anse Caritan dans la baie de Sainte Anne... mais la suite vous la connaitrez au prochain numéro... un peu de patience.


Vous trouverez de nombreuses nouvelles photos dans l'album Caraïbes-3.


Benoît & Dominique sur Ramatoa à Rodney Bay sur Sainte Lucie le dimanche 13 avril, posté à Cumberland Bay sur saint Vincent le 16 avril 2008.

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commentaires

Trouvé E et JP 17/04/2008 10:13

Il y a donc une justice et nous ne sommes pas les seuls sous la pluie ; ne nous manque que la chaleur.AmicalementEvelyne, Jean_Pierre

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