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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 04:03
Pour notre départ des Galapagos vers les îles Marquises, nous avions envisagé de faire une courte escale discrète sur l'île d'Isabella... mais c'était sans compter sur le zèle inconsidéré et l'amour abusif de la réglementation du jeune et fraîchement nommé nouveau capitaine du port qui fait la pluie et le beau temps à Puerto Villamil... Pour nous cela sera la pluie ! Donc finalement nous sommes partis directement vers l'archipel des Marquises à près de 3000 milles plus à l'Ouest, la cambuse pleine de fruits et légumes.

Dimanche 3 Mai 2009 [J1 : 135 Mn – 2826 Mn].

Nous passons près de deux heures à nettoyer le mouillage arrière après l'avoir remonté par son orin ; le câblot, le flotteur, l'ancre bref tout ce qui a mariné pendant trois semaines dans les eaux chaudes de Puerto Ayora était recouvert d'une pellicule grasse d'algues. A dix heures, moteur en route nous remontons le mouillage principal et quittons Puerto Ayora. Vent nul, mer lisse et faible houle. Nous nous déhalons lentement à 5 nœuds au moteur à 1500 t/mn, le régime économique (environ 2,5 l/h de gasoil). Nous nous glissons hors de l'archipel, longeons à 8–10 milles la côte sud d'Isabella et apercevons Floreana sur notre bâbord. A 13 heures le vent se lève à 10–15 nœuds et nous mettons en route à la voile, mais nous sommes au près le vent est Sud. La mer est calme, l'allure confortable pour la première nuit. En fin de nuit le vent faiblit à moins de six nœuds et nous refaisons près de trois heures de moteur. Pour la première journée nous parcourons 135 milles, il en reste encore 2826 !

Lundi 4 Mai 2009 [J2 : 131 Mn – 2695 Mn].

Au lever du jour un peu grisouille, le vent revient du Sud-Est, peu de houle, la mer est belle. Au point quotidien de 10 heures, dégagés de l'archipel nous modifions notre route et prenons le cap des îles Marquises... 2800 milles sur le même bord ! Dans la journée le vent adonne légèrement et grimpe à 15 nœuds et il mollit la nuit à 10 nœuds en refusant un peu. Fin d'après-midi une touche sur la ligne de pêche... mais je ne conclus pas... la petite prise saute et se dégage à une dizaine de mètres du bateau. Le ciel s'est dégagé, il est d'un bleu pur sans un nuage, le coucher de soleil somptueux et la nuit étoilée. A la vacation BLU de 19 heures nous avons Laurent, navigateur solitaire sur « Balae » un Damien IV parti en même temps que nous de Santa Cruz. Bref une belle journée de voile (131 milles), idéale pour notre amarinage aux uns et aux autres.

Mardi 5 Mai 2009 [J3 : 136 Mn – 2560 Mn].

Très belle nuit sous voile et sous les étoiles. 9 heures : vacation BLU du matin et nous conversons avec - Régis & Jeanne sur « Tche » qui sont à 500 milles de l'île de Pâques – et Christian & Mireille sur « Memestra » qui approchent des Gambier. Le vent est plus soutenu aujourd'hui et la mer un peu plus cabossée. A 15-20 nœuds à 95-100° du vent Ramatoa caracole toutes voiles dehors (GV + GSE) à plus de six nœuds. L'hydrogénérateur, l'éolienne et les panneaux solaires produisent bien, nous pourrions revendre des kilowatts à EDF ! Cet après-midi Dominique boulange mais son pot de farine, dans un coup de gîte, prend la poudre d'escampette et atterrit en vrac sous la table à carte. Au programme : nettoyage des planchers ! Belle journée à 136 milles et très beau coucher de soleil.

Mercredi 6 Mai 2009 [J4 : 134 Mn – 2425 Mn].

Belle nuit calme avec un vent faible de 10 nœuds environ. Quart tranquille à reconnaître les constellations, ici (2°-3° S) nous voyons simultanément la Grande Ourse et la croix du Sud et sur notre cap Orion. A huit heures nous envoyons le spi car le vent reste modéré à 12-15 nœuds toute la journée et mollit à 8-10 nœuds pendant la nuit suivante. Toujours rien sur la ligne malgré tous nos efforts pour varier les leurres... nous nous rabattons sur le thon en boite. Après plus de 24 heures sous spi nous espérions améliorer notre moyenne quotidienne, mais le GPS est implacable, nous enregistrons 134 milles. C'est tout de même pas mal, pourvu que cela dure jusqu'au bout !

Jeudi 7 Mai 2009 [J5 : 143 Mn – 2283 Mn].

Toujours pas de poissons en vue, ils doivent avoir assez à manger sans aller tenter leur chance sur notre ligne. C'est désespérant car nous rêvons d'un petit thon ou d'une bonne daurade coryphène. Coté voile la journée est moyenne : la mer houleuse et le vent insuffisant pour nous appuyer efficacement, nous sommes ballottés, le confort est moyen et la moyenne sera médiocre. Le vent ayant adonné au grand largue, le spi asymétrique ne porte plus efficacement dans la houle, nous le tangonnons au vent comme un spi symétrique et cela fonctionne plutôt bien. Mais en fin d'après-midi une ligne de grains apparaît à l'horizon et nous revenons sous génois et GV à 1 ris. Le vent reste bien soutenu toute la nuit aux alentours de 20 nœuds... et finalement nous enregistrons notre meilleure moyenne quotidienne depuis le départ (143 Mn).

Vendredi 8 Mai 2009 [J6 : 164 Mn – 2119 Mn].

Ça marche toujours fort : 6,5 – 7 nœuds. Ce matin, changement de fuseau horaire, nous passons de UTC-6 à UTC-7 et reculons nos montres d'une heure. A la vacation BLU du matin, Régis & Jeanne sur « Tche » arrivent dans moins de 48 heures sur l'île de Pâques alors que Christian & Mireille sur « Memestra » se débattent au prés serré dans une dépression aux abords des îles Gambier. Quant à Laurent de « Balae », avec qui nous sommes partis dimanche dernier de Puerto Ayora, accuse un retard de près de 235 milles... c'est difficile la navigation en solitaire. 10H30 : Berny prend notre première prise, une daurade coryphène de 3 kg, immédiatement mise en condition elle glisse dans le four... le repas de midi est prêt ! Vent super régulier aujourd'hui, s'il se maintient la nuit prochaine nous devrions établir une belle moyenne... résultat : 164 milles dans les 24 heures !

Samedi 9 Mai 2009 [J7 : 150 Mn – 1969 Mn].

Nuit rapide, vent régulier et ciel partiellement couvert et même quelques gouttes de pluie. Dans la matinée le vent ne dépasse plus les 17-18 nœuds, le ris de la grand voile est largué. Encore un poisson de perdu ainsi que le leurre et cerise sur le gâteau, la ligne s'enroule et bloque l'éolienne, bref la totale ! Joli coucher de soleil et leçon d'astronomie appliquée dans un ciel sans un nuage mais avec une lune pleine et aveuglante.

Dimanche 10 Mai 2009 [J8 : 119 Mn – 1952 Mn].

Nuit un peu chaotique. Le ciel se couvre vite de nuages menaçants, ils nous gratifient d'averses et de quelques grains. Nombreuses manœuvres de voiles à la clé (spi hissé et rentré, ris pris et relargués dans la grand-voile, génois roulé et déroulé...). Entre les grains le vent tombe à moins de 8-9 nœuds avant de remonter à 25-27 nœuds. Et pour clôturer en beauté la première semaine de navigation nous refaisons route au moteur pendant 2 ½ heures, bref Le reste de la journée est nuageux, le vent très irrégulier la moyenne baisse sensiblement pour ce début de deuxième semaine. C'est dimanche et Dominique nous confectionne un délicieux brownie au chocolat. Au dîner : apéritif pour fêter le premier tiers de la traversée. En fait c'est une journée avec un temps maussade et une distance parcourue de seulement 119 milles.

Lundi 11 Mai 2009 [J9 : 127 Mn – 1725 Mn].

Le beau temps est revenu, le vent est reparti. Journée sous spi avec des vents très faibles inférieurs à 8 nœuds, nous ne progressons pas bien vite souvent autour de trois ou quatre nœuds. Toujours pas de poisson au bout de la ligne. Petits bricolages divers avec la réparation d'un petit accroc sur le spi et le resserrage du moyeu de l'éolienne qui menaçait de voler de ses propres ailes. Aujourd'hui seuls les panneaux solaires sont efficaces faute de vent et de vitesse, l'éolienne et l'hydrogénérateur ont une production des plus médiocres. Le vent revient de l'Est , Sud-Est pendant le dîner, le ciel se couvre de nuages menaçant, le spi est rentré. Toute la nuit nous avançons à bonne allure dans un alizé qui grimpe à 20-25 nœuds. Nous rattrapons le temps perdu dans la journée et effectuons quand même 127 milles.

Mardi 12 Mai 2009 [J10 : 146 Mn – 1579 Mn].

Au petit jour, temps gris avec parfois un peu de crachin et mer grise assez creuse, l'alizé est remonté à l'Est et reste vif autour de 20 nœuds. Le génois est tangonné sous le vent, Ramatoa caracole à bonne allure sur les vagues qui le rattrapent. Toute le journée le temps reste maussade et frais, encore un effort d'imagination, on se croirait en Manche ou en mer d'Irlande ! Nuit couverte et vent assez régulier autour de 14-15 nœuds. Bonne moyenne de 146 milles, nous franchissons la mi parcours à 03H00.

Mercredi 13 Mai 2009 [J11 : 130 Mn – 1450 Mn].

Au petit jour, le vent faiblit un peu et tourne à l'Est. Le génois est tangonné au vent et Ramatoa repart plein vent arrière. Pêche toujours infructueuse malgré tous les efforts déployés par Berny pour monter de superbes leurres... peut-être est-ce l'hydrogénérateur que nous traînons qui éloigne les poissons de notre ligne. Temps maussade et vent assez régulier pendant toute la nuit où Ramatoa court plein vent arrière.

Jeudi 14 Mai 2009 [J12 : 141 Mn – 1309 Mn].

Fin de nuit bruyante avec les voiles qui claquent furieusement, le vent est remonté à l'Est Nord-Est et le bateau n'est plus appuyé par le vent. Empannage de la grand voile et du Génois tangonné, Ramatoa repart de plus belle. Toute la journée le vent se maintient à 15-17 nœuds de Nord-Est. La houle est plus forte et la mer plus formée, nous sommes un peu secoués d'autant plus que nous filons souvent à 7 nœuds. Cela ne nous empêche pas de faire notre partie de Scrabble. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit que le vent redescend à l'Est Sud-Est et donc... manœuvre inverse : ré-empannage de la GV et du génois. Toute la nuit le vent soufflera régulièrement entre 18 et 21 nœuds, nous faisons de la bonne route et parcourons 141 milles dans la journée.

Vendredi 15 Mai 2009 [J13 : 161 Mn – 1148 Mn].

L'alizé ne s'essouffle pas au lever du jour, le compteur tourne vite ! La mer est un peu cabossée et nous la bousculons à 6,5-7 nœuds de moyenne, le confort à bord s'en ressent un peu. A la vacation BLU, nous suivons la progression de Laurent sur « Balae » qui est maintenant à plus de 350 milles derrière nous. Contact également avec Richard sur « Aziza » un catamaran qui est 350 milles devant nous, il fait également route vers Fatu Hiva. Dans l'après-midi, nous sommes lentement dépassés par un voilier qui grandit sur l'horizon et passe sur notre bâbord à près de 3-4 milles sans aucun contact radio, c'est le premier bateau que nous voyons depuis le départ ! Nuit rapide avec un alizé qui reste frais à plus de 20 nœuds. Bonne journée à 161 milles mais le record de vendredi dernier à 164 milles tient toujours !

Samedi 16 Mai 2009 [J14 : 152 Mn – 997 Mn].

Le vent nous accompagne et se maintient au dessus de 20 nœuds du Sud-Est. La mer est agitée d'une houle assez creuse de 2-3 mètres environ qui nous arrive par le travers. Le speedo s'affole entre 7,5 et 8,5 nœuds, nous sommes bien secoués. Encore une prise de perdue, elle a déroulé tout le fil de la bobine et s'est décrochée... c'est rageant ! A la vacation BLU, nous avons Jeanne sur « Tche », ils s'apprêtent à quitter l'île de Pâques demain à destination de Pitcairn et des Gambier. Fin d'après-midi plus calme avec un alizé plus raisonnable. Le vent mollit pendant la nuit et au petit matin c'est pétole avec les voiles qui battent. Nous franchissons la marque de parcours des derniers 1000 milles avant Fatu Hiva.

Dimanche 17 Mai 2009 [J15 : 124 Mn – 874 Mn].

Malgré tous nos efforts pour faire avancer Ramatoa (empannage et spi envoyé puis tangonné...), la vitesse tombe à moins de 3-4 nœuds, les voiles battent, le voilier souffre. La 2° semaine s'est terminée de façon correcte avec 152 milles dans les dernières 24 heures, nous avons parcouru 975 milles depuis dimanche dernier. Le vent revient dans l'après-midi et restera soutenu toute la nuit. La moyenne ne sera finalement pas trop mauvaise avec 124 milles parcourus.


Lundi 18 Mai 2009 [J16 : 140 Mn – 738 Mn].

Au lever du jour, le vent revient, les manœuvres d'empannage recommencent. Une fois établi et en route à bonne allure sous un alizé de 15-17 nœuds, Ramatoa trace régulièrement son sillage. Au Scrabble, Dominique m'écrase à plat de couture ! La deuxième moitié de la nuit est bien pénible avec un vent totalement irrégulier et imprévisible sous les petits grains de pluie. Les voiles battent, le crachin tombe, le speedo est au point mort, bref coup de fatigue et moral en berne.

Mardi 19 Mai 2009 [J17 : 126 Mn – 610 Mn].

Le jour se lève sur une mer et un ciel uniformément gris et triste, le vent a disparu, seule la houle perdure. Nous faisons route au moteur. La pluie continue fait son apparition, nous en profitons pour nettoyer le cockpit et le pont, nous faisons route au moteur, c'est la pétole intégrale. Toujours aussi peu de bonheur à la pêche... aujourd'hui à trois reprises des touches mais qui se détachent dont deux en tordant les gros hameçons doubles ! Après 11 heures de route au moteur, le vent revient doucement de l'Est, nous remettons en route à la voile, le beau temps est revenu. La nuit s'écoule tranquillement sous un très beau ciel étoilé, le vent est modéré (12-13 nœuds) mais régulier, Ramatoa avance tranquillement à près de 5 nœuds de moyenne.

Mercredi 20 Mai 2009 [J18 : 115 Mn – 498 Mn].

Après une nuit très calme où nous avons pu tous dormir tranquillement. Le jour se lève, le temps est gris mais le soleil revient vite. Coté pêche, un beau thazard d'un bon mètre nous échappe, bas de ligne cassé au niveau des sleeves, à quelques mètres du bateau seulement... quelle guigne... pour rester poli ! Journée de petit temps au vent arrière avec un progression lente autour de 4-5 noeuds. Journée bricolage en tout genre pour Benoît : démontage, nettoyage et graissage des winches de génois, réparation de l'abattant des WC et réfection de l'étanchéité du hublot au dessus de la table à cartes. Journée gâteau au chocolat pour Dominique et journée lecture pour Berny. Toute la nuit, la progression reste assez lente mais régulière dans un « temps de demoiselles », la mer et la houle se calment lentement, l'allure est très confortable.


Jeudi 21 Mai 2009 [J19 : 127 Mn – 372 Mn].

Au petit jour, vers 6H00 du matin, nous franchissons simultanément - le cap des derniers 500 milles à parcourir avant Fatu Hiva, et - le loch du GPS enregistre 18 000 milles parcourus depuis la mise à l'eau de Ramatoa le 13 avril 2006 aux Sables d'Olonne ! Bricolage avec Berny pour réparer les silent blocs défectueux de l'alternateur Mastervolt, la fixation est maintenant correcte avec une absence de vibration et de porte à faux, mais le palier ou le roulement de la poulie de l'alternateur ont du souffrir un peu. En début d'après-midi le vent s'évanouit et tombe en dessous de 6 noeuds, le moteur est mis en route et nous le couperons qu'en milieu de nuit vers 2H30 quand le vent revient doucement du secteur Sud-Est. Fin de nuit tranquille sous voile, Ramatoa glisse sur une mer plate.

Vendredi 22 Mai 2009 [J20 : 116 Mn – 256 Mn].

Le soleil se lève sur une mer et un ciel gris. Rapidement le soleil reprend le dessus, la mer est calme, la houle faible et le vent faible de secteur Est, nous progressons à la voile lentement entre 4 et 5,5 nœuds. Aujourd'hui changement de fuseau horaire, nous passons en GMT-9 ce qui nous fait 11 heures de décalage avec les enfants et la famille en France. Parties de cartes et bricolages divers sont au programme de l'après-midi. A la vacation BLU du soir Laurent sur « Balae » est maintenant à près de 600 milles derrière nous. Ce soir deux frégates et un fou tournent au dessus du bateau, c'est le premier signe de notre approche de la terre, c'est sympa, nous sommes à moins de 300 milles des Marquises. Nuit de petit temps, mer belle et ciel étoilé sans lune aucune. Vers 1H00 du matin le vent nous abandonne totalement, les voiles battent furieusement, le génois est roulé et le moteur mis en marche. Nous faisons route au moteur jusqu'au petit déjeuner.

Samedi 23 Mai 2009 [J21 : 120 Mn – 168 Mn].

Dès le début de la matinée le vent d'Est revient sous un soleil radieux. Nous faisons route à la voile sous une brise régulière de 12-15 nœuds qui ne nous fera pas défaut de toute la journée. Nous progressons à 5 nœuds de moyenne, la longue houle de l'arrière nous fait rouler, mais l'allure reste très confortable. Coup de fil hebdomadaire par le téléphone satellite à mes parents, nous apprenons le décès d'une amie d'enfance très proche de mes parents, c'est dans un tel moment où notre présence aurait pu les réconforter que nous mesurons combien l'éloignement est maintenant important. L'Iridium reste dans ces occasions un lien privilégié irremplaçable pour apporter un peu de réconfort aux parents et amis dans la souffrance. La nuit est belle et le vent ne faiblit pas, nous maintenons une vitesse tout a fait correcte dans cet alizé modéré. Au point quotidien, il ne nous reste plus que 168 milles à parcourir, l'arrivée est proche !

Dimanche 24 Mai 2009 [J22 128 Mn – 9 Mn].

Comme souvent le matin, le ciel est chargé de nuages, mais le soleil réchauffe vite l'atmosphère et le ciel bleu revient très vite avec des cumulus de beau temps. Encore des manœuvres d'empannage pour suivre les caprices du vent qui varie fréquemment en direction, ce qui ne nous permet pas de rester au vent arrière sur le même bord. Imperturbablement nous pêchons... rien... absolument rien ! Visite, ce matin, d'un tout jeune fou brun qui est venu se poser sur le bateau, il est épuisé, refuse de boire et de se nourrir et n'a aucune crainte des hommes. Il s'est installé sur la console des instruments puis dans le fond du cockpit où nous le laissons récupérer. Bonne dernière nuit de navigation avec un vent qui reste stable et modéré. En fin de nuit nous parons prudemment un rocher isolé à une dizaine de milles au large de Fatu Hiva. Au lever du jour nous découvrons l'ombre de l'île sous notre vent à une bonne douzaine de milles.

Lundi 25 Mai 2009 [J23 9 Mn].

Approche de Fatu Hiva par grand beau temps, bon vent et belle mer.... des conditions idéales. L'île est escarpée et son aspect totalement sauvage, nous longeons la côte à 1,5 mille. A l'abri de l'île nous découvrons ensuite la Baie des Vierges, mouillage culte et mythique de tous les globe flotteurs qui croisent dans ces eaux merveilleuses. Naturellement nous ne serons pas seuls au mouillage, il y a déjà une dizaine de voiliers à l'ancre, nous reconnaissons des visages et des bateaux connus. Nous nous glissons au fond de la baie presque en première ligne, affourchons sur deux ancres car le fond caillouteux a une tenue fort douteuse.

Il est 9H30 à la pendule des Marquisiens, le bateau est immobile, les voiles ferlées, le pont rangé, nous goûtons le plaisir de notre arrivée et apprécions le paysage sublime de cette baie unique au monde !

Et voilà une belle étape qui se termine avec la traversée du Pacifique entre les Galapagos et les îles Marquises.


Bilan de la traversée : Galapagos – Marquises ... en quelques chiffres !

  • - Distance parcourue : 2978 Mn pour une route théorique de 2960 milles nautiques, soit 0,6% de plus pour une orthodromie de type sinusoïdale !

  • - 22 jours et 2 heures de navigation soit un total de 530 heures en mer.

  • - Moyenne de 5,62 nœuds sur le parcours, meilleure journée : 164 Mn, plus mauvaise journée : 115 Mn.

  • - Pêche : 8 prises... 7 perdues et une seule coryphène dans la cambuse... c'est nul !

  • - Croisé un seul et unique voilier qui nous a dépassé... pas vu un seul cargo ou un seul pêcheur.

  • - Vu deux bancs de dauphins mais seul le premier s'est intéressé à nous.

  • - Moteur : 37 heures (pour avancer par calme plat exclusivement).

  • - Groupe électrogène : 24 heures (pour l'eau douce essentiellement et l'électricité accessoirement).

  • - Gasoil : 125 litres consommés.

  • - Désalinisateur : 22 heures soit 1320 litres d'eau douce de la source Pacifique.

  • - Hydrogénérateur traîné pendant toute la traversée, ce qui nous a fait perdre environ 36 heures sur le temps de parcours !

  • - Boulangerie : 1 paire de bâtards au four tous les deux jours plus 5 pains de Porto Santo à la poêle soit un total d'environ 10 kg de pain frais... quel luxe !

  • - Yaourts : 1 tournée de 11 pots tous les cinq jours... c'est pas mal aussi une petite centaine de yaourts!

« Veux tu que je dise, gémir n'est pas de mise... aux Marquises. » Jacques BREL.


Bref il y a eu plus malheureux que nous pendant cette traversée qui s'est révélée assez rapide avec des vents modérés, une mer globalement très agréable et une excellente ambiance à bord avec le copain Berny. Puis, comme nous l'avait dit si bien tous ceux qui nous avaient précédés sur ce parcours, il y a à l'arrivée un véritable choc : - la beauté sauvage et extrême des îles Marquises qui vous saute aux yeux - l'accueil et la gentillesse sans borne des Marquisisens qui vous touchent le cœur... mais vous en saurez plus prochainement dans le prochain article du blog.


Benoît & Dominique sur Ramatoa - Hiva Oa - Posté le 1° juin 2009.


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commentaires

Aurelien 28/10/2009 21:55


Bonjour
je m'excuse de vous déranger dans votre tour du monde, mais lors de vos récits, vous parlez de Mireille et Christian sur MEMESTRA.
Par hasard, auriez vous leurs émail, car j'aimerai leurs faire un petit coucou, je les ai rencontré en 2005 aux seychelles et depuis, je ne leurs ai jamais donné de
nouvelles.
profitez bien de cette formidable aventure. 


Marie-Laure 12/07/2009 16:54

Un coucou à vous... Les photos sont vraiment belles, à bientôt :-)

TUCCI Josyane 05/06/2009 22:20

Bonjour les amis,C'est super de vous voir un peu plus sur votre bateau en pleine océan !!Vincent lui part en reconnaissance dans le Briançonnais pour un séjour fin juin qui finalisera l'année des randonneurs d'Orange !!Bon vent à vous et toute notre AMITIE   Josyane et Vincent

Cécile 04/06/2009 12:17

Belle traversée ... mis à part pour la pêche où vous êtes toujours aussi nuls (faut être réaliste !).En tout cas, ça nous donne encore plus envie de vneir vous rejoindre. On compte les jours : on en est à J-60 exactement !

DREVON 01/06/2009 08:38

Bonjour les amis du bout du monde.Quand je pense que ma fille aînée habite Tahiti ! Vous y serez bientôt à l'allure où vous naviguez . Bravo encore pour les infos illustrées de votre périple.  On espére vous revoir avant 2010 à Chatel.AmitiésBéa et Jean-Louis

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