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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 17:03

Nous rentrons, ce matin même de deux jours passés sur l'île voisine de Sao Antao à nous balader dans des paysages sublimes. Mais avant de vous en parler, retour en arrière sur la semaine écoulée depuis notre arrivée à Mindelo dans l'archipel du Cap-Vert.

Le Cap-Vert est un petit pays, indépendant depuis 1975, à 5h30 de la France qui appartient au monde lusophone mais où la francophonie (culture, langue et influence) est très active. En effet un nombre important de cap-verdiens, jeunes ou moins jeunes, comprennent et parlent le français de façon remarquable.

L'archipel est composé d'une dizaine d'îles principales, la capitale Praia est sur l'île de Santiago, Mindelo : seconde ville et capitale culturelle est sur l'île de Sao Vicente. Pour notre part nous connaîtrons Sao Vicente, Sao Antao et Boavista. D'une manière générale, le pays est sec et aride et présente un paysage à la teinte ocre et brûlée, de roches ou de sable. Le relief élevé de Sao Antao lui permet d'avoir un versant vert et luxuriant où le manque d'eau se fait moins cruellement sentir. Toutes les îles sont d'origine volcanique, avec un volcan encore actif sur l'île de Fogo.

Ancienne colonie du Portugal, au carrefour des routes vers le Brésil, l'Afrique guinéenne et celle du sud, le Cap-Vert s'est fondé à partir du XV° siècle sur le métissage de ces populations. Géographiquement rattaché au continent africain (Boavista : confetti de Sahara dans l'océan), le Cap-Vert est un petit bout de Brésil au milieu de l'atlantique, Mindelo étant la ville la plus « Brésilienne » de l'archipel.

Catalogué parmi les pays pauvres du monde, le niveau de vie (un des plus élevé d'Afrique de l'ouest), l'hygiène et les conditions sanitaires sont souvent supérieures à ce que l'on pourrait imaginer d'un pays africain de niveau économique comparable. C'est le résultat d'un climat politique sain et démocratique où l'alternance politique et les libertés individuelles sont plutôt bien respectées.

Enfin si je devais caractériser le Cap-Vert, je parlerai de son hospitalité et de sa musique. L'hospitalité est une valeur sûre au Cap-Vert, les cap-verdiens sont très ouverts et accueillants mais non envahissants. La musique est partout, aucun cap-verdien du plus jeune au plus vieux ne vit sans la musique locale d'origine africaine mais fortement influencé par la musique brésilienne. Cesaria Evora a énormément contribué à faire connaître cette musique riche et variée dans le monde entier.

Mindelo, capitale de Sao Vicente est fascinante par son universalité, l'amabilité de ses habitants et sa vie nocturne musicale. Les maisons coloniales avec leurs façades colorées sont authentiques, on est vite gagné par la langueur naturelle des Mindelenses. Les marchés aux poissons et aux légumes sont animés et typiques, les touristes que nous sommes y sont très bien accueillis. Les restaurants sont nombreux et la vie nocturne est animée avec de la musique de qualité omniprésente. La sécurité est bonne si l'on prend les précautions élémentaires.

Sur l'île de Sao Vicente nous sommes allés à la plage de Sao Pedro, en bout de la piste d'aviation du micro aéroport de l'île. Nous y avons trouvé un village de pêcheurs et des enfants jouant sur la plage avec nous.

Depuis notre arrivée à Mindelo, tout le monde nous dit qu'il faut aller passer deux à trois jours sur l'île d'en face à Sao Antao (Saint Antoine) qui possède des paysages fabuleux sur la côte nord au vent de cette île montagneuse. Jeudi et vendredi, nous sommes partis à l'aventure, sac à dos en bonne compagnie avec l'équipage de « Glen Feeling ». L'aventure commence sur le « Ribera de Paul » un antique ferry tout rouillé lancé dans les années 50. Le spectacle est à bord... tout le monde embarque, cap-verdiens gris verts, baluchons, poulets et coqs vivants... et je confirme le cap-verdien n'a pas le pied marin et les malades sont nombreux car le canal séparant les deux îles est toujours assez agité et venté. Heureusement la traversée ne dure qu'une grande heure. A l'arrivée à Porto Novo la concurrence est rude entre les « aluguer » (pick-up bâché) assurant le transport des passagers et marchandises sur l'île. L'aluguer nous amènera au nord de l'île par la « route de la corde » appelée ainsi car elle traverse l'île telle une corde jetée dans la nature passant dans la montagne à plus de 1000 mètres d'altitude, elle chevauche les cimes, tournoie au-dessus des précipices avec des a pics vertigineux de plus de 1000 mètres de chaque coté. Cette route pavée, tracée et construite par l'homme est réellement impressionnante car elle est le seul cordon ombilical de toutes les vallées du nord de l'île ainsi que des villes comme Ponta do Sol et Ribeira Grande.

Le paysage est grandiose avec ses vallées profondes, mais la végétation est aussi généreuse, on traverse successivement des forêts de pins, sapins, cèdres, mimosas, eucalyptus. Le cap-verdien est un paysan laborieux, il exploite tous les flancs de montagne avec des cultures en terrasses, on y trouve des productions vivrières, du maïs, de la canne à sucre et des fruits exotiques de toutes sortes.

Pendant les deux jours nous avons fait une très belle et épuisante randonnée dans la vallée de Paul en descendant depuis le sommet (à quelques 1200 mètres d'altitude) jusqu'au niveau de la mer. Le soir nous avons trouvé un gîte rudimentaire mais très propre tenu par Sabine, une allemande mariée à un cap-verdien et installée dans la vallée de Paul.

Nous avons visité Ribeira Grande (au débouché de la route de Porto Novo) et Ponta do Sol dont le passé colonial constitue le patrimoine historique de l'île. Notre chauffeur nous a aussi conduit à Fontainnas un petit bourg accroché à flanc de montagne face à la mer (hostile sur toute la côte nord), la piste qui y mène est spectaculaire. Enfin à Paul nous avons visité une rhumerie artisanale qui possède la plus vielle trapiche du Cap-Vert, elle date du XVII° siècle. On y fabrique du grogue (rhum agricole local) et du punch « Napoléon » du nom du boeuf de 18 ans qui fait tourner la trapiche.

Nous avons été contents de retrouver Ramatoa au mouillage de Mindelo tirant sur son ancre sous les rafales de l'alizé qui descendent à 25–30 noeuds des montagnes encerclant la baie de Mindelo. Mardi nous reprenons la mer pour une courte étape (130 milles) de 24 heures qui nous conduira à Boavista à l'est de l'archipel du Cap-Vert.

Le 31 octobre nous n'avons pas oublié de fêter dignement notre anniversaire de mariage (28 ans) à bord de Ramatoa en compagnie de bateaux amis.

Toutes les photos de notre balade sont sur l'album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar et  sur celui de Ramatoa au quotidien.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Mindelo archipel du Cap Vert le 05/11/2006.

 

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Published by Benoît & Dominique - dans Les Etapes
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commentaires

:0018:Chogami 17/11/2006 10:15

Beuhhh... moi j'aime parler de ce qui attire mon attention hein !
Comment était l'île de Sao ?
Ciao à bientot dans mon univers Chogamique !!!

Marie-Laure 05/11/2006 21:22

Un reportage intéressant et des photos toujours aussi belles... Quelle belle aventure, vraiment... Ici le brouillard est au rendez-vous, bien loin du chaud climat que vous devez avoir...

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