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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 16:39
La traversée de Mindelo vers Boavista, longue de 141 milles nautiques, s'est effectuée en un peu moins de 24 heures. Les conditions de navigation étaient bonnes, le vent de nord-est assez régulier sauf sous le vent des îles et îlots que nous avons longés.
L'arrivée à Boavista est magique car cette île est vraiment très différente des autres îles du Cap-Vert que nous connaissons. Boavista est l'île aux dunes de sable. C'est la plus proche du continent africain, elle est aride, sauvage avec des paysages minéraux que nous affectionnons beaucoup tous les deux. En pénétrant dans l'île, on croit se retrouver soit au Sahara avec des dunes, des oasis... ou à Djibouti dans un désert de pierre. Les plages magnifiques de sable blanc ceinturent l'île qui s'étale sur 620 km2. C'est une île pratiquement nue et perdue dans l'immensité atlantique.
Nous y avons séjourné pendant quatre jours. Le mouillage de Sal Rei est un lagon bien abrité des alizés, les eaux sont claires et les fonds de sable sont superbes. Les adeptes de pêche sous-marine sont heureux et le poisson est à tous les menus. Coté pêche à la traîne... les choses vont aussi très bien pour nous, même si mous perdons quelques prises trop grosses pour être remontées à bord de Ramatoa. Notre ligne est un peu faible pour sortir de l'eau des dorades de plus de un mètre et qui doivent peser dans les 10 à 15 kg !
Le 10 novembre nous avons effectué une tournée en brousse dans le sud et le centre de l'île. Location d'un « Aluguer » pour la journée et c'est parti avec pique nique et maillots de bain. Le circuit nous fait traverser tous les types de paysage présents sur Boavista : les dunes, les cailloux et la mer qui n'est jamais très loin. Le réseau routier est constitué de pistes assez peu carrossables pour certaines d'entre-elles.
Le climat est aride, la végétation constituée de palmiers et de cocotiers. Les dattes sont excellentes, elles sont cueillies de novembre à décembre dans ces fameux palmiers qu'on appelle des tamareiras et dont l'aspect est plutôt bizarre avec un pied d'où jaillissent 3 à 6 troncs. Le cheptel se limite à quelques brebis et des ânes. Les oasis sont peu nombreuses et apportent de la verdure et de la fraîcheur dans une nature hostile. Les cultures sont rares et seule la vallée de Rabil est cultivée. Le littoral présente de superbes plages désertes nues et inexploitées, nous y avons fait une halte rafraîchissante.
Le soir, exténués, crasseux et poussiéreux, nous nous sommes remis de notre journée en allant déguster de délicieuses langoustes dans un petit restaurant de Sal Rei. La langouste est la seule richesse naturelle de l'île... mais si l'exploitation anarchique de la ressource continue... dans peu de temps elles auront disparues !
Notre séjour à Boavista se termine... nous serions bien restés quelques jours supplémentaires dans ce beau et calme mouillage... mais le Rallye des îles du soleil n'attend pas. Nous gardons un merveilleux souvenir de cet archipel et des cap-verdiens tout particulièrement.
350 milles nautiques séparent Boavista de Dakar au Sénégal, l'allure proche des alizés n'est pas confortable... trois jours de près serré nous attendent. La réalité s'est révélée plus difficile.
Parti le dimanche 12 novembre en début d'après midi, nous sommes arrivés à Dakar le mercredi 15 novembre midi, soit exactement trois jours plus tard. Les conditions de navigation ont été éprouvantes. Le régime des alizés de nord-est est contrarié  par une dépression relative centrée sur la Casamance. Résultat, toutes les nuits le vent refuse à l'est et nous l'avons en plein dans le nez, par contre le jour il remonte au nord nord-est ce qui nous est plus favorable. Le vent est soutenu à 20 noeuds et la mer courte et confuse. Toutes les nuits le moteur est de service pour nous aider à gagner dans le vent et pour se rapprocher de la route directe Boavista – Dakar. A l'approche du continent africain, nous croisons de nombreux cargos qui longent les côtes sénégalaises. A 20 milles de Dakar nous détectons déjà la terre africaine avec ses odeurs et senteurs si caractéristiques puis les premiers oiseaux se reposent quelques instants sur Ramatoa, enfin nous croisons les premières pirogues indétectables au raz de l'eau. Le vent venu de la terre est chargé de poussière. Ramatoa est crasseux, il est recouvert d'une gangue de poussière rouge et de sel.
Le mouillage de l'anse Bernard est face à l'hôtel Sofitel Terranga où nous aspirons à profiter d'un confort bien mérité et d'une très belle piscine face à la mer. Mais c'est sans compter que les bateaux du rallye sont au mouillage sous les fenêtres de la Présidence sénégalaise et qu'un hôte de marque, le roi du Maroc, est dans ses murs. Les voiliers « menacent la sécurité » de son excellence... et nous devons dégager les lieux dans le meilleurs délais. Le 16 novembre à l'aube, l'armada des 23 voiliers quitte le mouillage et rejoint celui de la baie de Hahn face au cercle de voile de Dakar (CVD). Le site est bien moins luxueux mais il gagne en authenticité et cela nous convient parfaitement... mais je n'en dis pas plus car l'escale de Dakar fera l'objet de notre prochain article... un peu de patience !

Toutes les photos de notre séjour à Boavista sont sur
l'album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Dakar le 17/11/2006.

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commentaires

bénédicte 19/11/2006 18:51

Vos photos sont magnifiques... ça me fait penser aux photos et aux vidéos du Togo et un peu de Madagascar... je vous envie ! ! !

LE BIAVANT Marc 17/11/2006 19:20

Salut à vous deux , c'est magnifique ce que vous faites et vous nous faites bien rêver.
Cependant, attention Benoit, la baie de HANN n'est pas sécurisée et ne laisse jamais ton bateau seul car il se fera piller.
Si tu dois t'absenter prends un gardien, ce sera plus sûr.
Sinon tu as aussi juste à côté le club nautique du 23° BIMa où tu peux demander à l'officier responsable des clubs l'autorisation de mouiller provisoirement (En tant qu'officier Marsouin cela ne doit pas poser de PB).
amitiés et Bisous à la skippette.
Marc

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