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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 06:02

Déjà plus de trois semaines que nous sommes de retour en Polynésie et que nous avons rejoint Ramatoa. Les jours s'écoulent très vite, notre emploi du temps est bien rempli, et nous ne profitons du lagon que depuis deux ou trois jours.


Reprenons le fil des évènements... Mercredi 17 mars, nous fermons Châtelaillon et montons en Bretagne à Puceul chez Cécile, derniers câlins avec Thomas et le lendemain nous roulons vers Paris avec Guillaume qui nous dépose chez mes parents, nous y passons la journée du vendredi. Samedi à 6H45 Guillaume nous conduit à Roissy CDG, dans l'empressement du départ, il démarre alors que Dominique n'est pas montée à l'arrière dans la voiture, le lourd break lui roule sur la pointe du pied droit !! Arrivé au terminal, rien ne semble cassé, nous trouvons une pharmacie pour pommader ce pied dont les orteils grossissent et noircissent un peu. Débarrassés de nos volumineux bagages : quatre sacs pour un total de 82 kg auxquels il faut ajouter nos sacs de cabine avec les PC et nos petits bricolos habituels. Nous respirons après que tout cela se soit bien déroulé, car dans nos 82 kg, il y en a bien 70 pour Ramatoa avec des matériels ou des substances (poudre blanche stérilisante pour le désalinisateur !) qui peuvent paraître très suspects au contrôle sécurité ; dans la salle d'embarquement nous tendons l'oreille à chaque appel pour des reconnaissances de bagages.


Vol sans histoire sur Air Tahiti Nui avec une escale technique de deux heures à Los Angeles, les bagages restent à bord, mais on a droit au fichage en règle et en bonne et due forme des yankees. A 23 heures locales, arrivée dans la chaleur moite de l'aéroport de Papeete à Tahiti, formalités de Police, récupération des quatre sacs, passage de la Douane et direction la consigne de l'aéroport pour y déposer notre barda et rejoindre une pension de famille voisine pour une courte nuit. La consigne est fermée mais avec un mot sur la porte « je reviens dans cinq minutes... », nous sommes confiants et soufflons un peu assis au pied de nos deux chariots.... 25 minutes plus tard nous sommes moins confiants et Dominique part se renseigner.... il faut vite se rendre à l'évidence : aujourd'hui la vahiné de la consigne devait être un peu fiu et elle est rentrée chez elle avant l'arrivée des deux derniers vols internationaux... « Cela peut lui arriver ! » nous confie une vendeuse de colliers de fleurs, dont l'étal est voisin de la consigne.

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Impossible de rejoindre la pension de famille avec nos deux chariots, nous sommes donc SDF dans le hall de l'aéroport et condamnés à y passer la nuit dans l'attente de l'ouverture de l'enregistrement du vol Papeete – Raiatea à 8H00 le lendemain. La nuit sera longue et inconfortable sur l'étroit banc de bois à proximité immédiate du bar de l'aérogare qui reste ouvert toute la nuit. En fait, un calme relatif s'installe à partir de 2H, mais à 4H l'activité redémarre pour le premier vol vers Tokyo qui décolle à 6 heures. Enfin à 6H30 nous enregistrons nos bagages en payant un excédent de 40 kg à un tarif très raisonnable car si sur le vol international nous avions droit à 4 x 23 kg, sur le vol intérieur en ATR 72 nous sommes limités à 2 x 20 kg ! Courte escale à Moorea puis traversée vers Raiatea.

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Accueil de Sandrine et Laurent du voilier « Quickening », cela nous fait bien plaisir de retrouver des têtes connues et sympathiques. Nous déposons tous nos sacs à bord de Ramatoa et repartons nous doucher à la marina d'Uturoa à bord de leur voilier. Nous sommes épuisés après plus de trente heures sans douche et sans sommeil. A midi, invitation dans un petit snack au bord du lagon où nous retrouvons Jo. Courte sieste réparatrice sur Ra matoa et le soir nous dînons à bord de « Quickening »..... au retour avec Georges, nous nous endormons dans la voiture tous les deux sur le court trajet qui nous conduit au chantier, il est tout juste 21 heures ! Le pied de Dominique ne va pas plus mal qu'au départ de Paris, nous en concluons que tout va bien ! On se couche et on dort mal pour cause de moustiques, de décalage horaire, de chaleur.... enfin le voyage retour est terminé !

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Dès le lundi matin, nous attaquons la remise en état du bateau, il est assez propre extérieurement et intérieurement il est sec, peu d'humidité apparente même si du moisi s'est développé près des hublots et panneaux de pont. Rangement de nos bagages et pièces détachées, aération entre les averses et nous débutons la longue liste des opérations à effectuer avant la remise à l'eau.

Je ne vais pas détailler cette «  To do list du réarmement » mais sachez qu'elle comporte près de 200 opérations planifiées, certaines sont là pour ne pas les oublier et ne prennent que quelques instants, d'autres ne font qu'une ligne mais nous occuperont plusieurs jours. De plus j'ai classé ces items en travaux ordinaires (renouvelés à chaque réarmement : comme l'antifouling) et en travaux extraordinaires (remplacement d'une bague de safran ou d'une bague hydrolube par exemple), j'ai aussi catégorisé ces opérations si elles doivent être faites impérativement à sec, à flot ou indifféremment. D'une année sur l'autre, la durée des travaux est quasiment invariable et il nous faut une semaine à sec puis une deuxième semaine à flot pour finaliser le réarmement de Ramatoa. Ces périodes sont pénibles car, au début, nous sommes en décalage horaire, peu habitués à la chaleur et à l'humidité. De plus la vie sur le berceau à 3 mètres de haut, coincé entre deux hangars au dessus d'un cloaque infesté de moustiques n'est pas des plus confortable !

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Du coté des surprises, bonnes et mauvaises... il y en a toujours : pas de bestioles à bord (cafards ou rats), le pont est très propre, le cyclone OLI n'a laissé aucune trace particulière, le parc batteries est chargé à 100%, le moteur démarre au ¼ de tour, le groupe électrogène tousse et démarre également, bref pas de gros soucis du coté technique ; du coté des mauvaises surprises, nous découvrons qu'une fuite est survenue sur le panneau latéral tribord du roof, l'eau ruisselait le long d'une lisse aluminium puis gouttait sur la table à cartes qui s'est retrouvée inondée. Le livre de bord est perdu ainsi que deux ou trois documents. Le coffre qui me sert de réserve pour les pièces détachées était trempé, mais heureusement les pièces étaient toutes dans des boites étanches... ouf ! L'électronique de la table à cartes et le tableau électrique ont été épargnés car en dehors du ruissellement qui a duré probablement pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois qui se sont révélés être extraordinairement pluvieux cette année, en particulier après le passage du cyclone OLI. Le panneau plexi est tout d'abord protégé de la pluie par des sacs poubelles fixés au greytape, la fuite s'arrête immédiatement. Ensuite les vis du hublots sont démontées une par une, puis l'étanchéité est refaite avec du Sika, la vis est remise en place sans forcer exagérément pour ne pas casser le filet de mastic... c'est une opération longue et fastidieuse.

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Le weekend de Pâques est laborieux, mais le lundi nous quittons la petite marina du chantier pour rejoindre le mouillage du motu Tautau pour souffler un peu à proximité du plus luxueux hôtel de Polynésie : le « Tahaa Resort ». L'an dernier nous avions essayé d'y mouiller mais n'avions pas trouvé le bon emplacement. Ce petit galop d'essai effectué au moteur faute de vent, nous permet de constater : - en route que le capteur d'angle de barre du pilote NKE ne fonctionne plus, il sera changé dès le lendemain matin et tout rentre dans l'ordre – au mouillage que la chaîne d'ancre s'est transformée en un tas de rouille, les maillons sont soudées entre eux, pour mouiller il faut les débloquer à coups de marteau, le chaîne doit être remplacée. C'est une demie surprise car sur l'Amazone la chaîne avait été littéralement sablée à blanc et depuis elle rouillait inexorablement d'année en année. Contact mail avec le chantier pour réserver 80 mètres de chaîne de 10 mm, nous passerons le mercredi et le jeudi à effectuer ce remplacement au ponton du chantier (débarquement de la vielle chaîne fort entamée par endroit, nettoyage et peinture de la baille à mouillage souillée de taches de rouille, marquage et embarquement de la nouvelle chaîne et délestage du portefeuille de près d'un millier d'euros !).

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Au cours d'allers et retours en stop entre le Carénage et Uturoa, Dominique est transportée à plusieurs reprises par un journaliste, correspondant local de Raiatea pour la « dépêche de Tahiti ». Il vient nous voir à bord et relate aimablement mais à sa façon nos projets de navigation pour cette année. L'article est paru dans le journal du 14 avril.... tout y est ou presque... jugez par vous-même !


POL01-05A nouveau un break reposant au motu Tahaea près de Tahaa du vendredi 9 avril au lundi 12 avril : baignades, explorations et bricolages divers. Au mouillage, nous y côtoyons le catamaran à moteur de Laurent Bourgnon. Mardi 13 : approvisionnements au quai d'Uturoa quasiment devant le supermarché Champion, le caddy va directement sur le ponton... c'est commode.

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Mercredi 14 avril, Laurent du voilier « Balaé » arrive de métropole pour réarmer son bateau. A notre tour, nous l'accueillons : récupération à l'aéroport en annexe, repas et douche à bord de Ramatoa avant d'aller reprendre possession de son bord.

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De notre coté nous sommes depuis deux jours à la marina Apoiti où nous avons une place à quai. Dominique alias Nicole (cela ne sort pas de la famille !) souffre depuis une dizaine de jours d'une sérieuse tendinite à l'épaule droite qui se révèle être très handicapante. Le corps médical consulté prescrit du repos et une immobilisation... on ne bouge donc pas pour quelques jours. Le départ vers Huahine ou Bora Bora est repoussé au début de la semaine prochaine... rien de bien grave, je mets ce temps à profit pour mettre en ligne cet article, poursuivre mes bricolages et rayer de nouveaux items sur ma « To do list »... quel plaisir !

POL01-13A bientôt pour la suite...


Benoît (alias Dominique) & Dominique (alias Nicole) sur Ramatoa à Raiatea le 15 avril 2010.



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commentaires

Cécile 16/04/2010 09:40



Maman a du en raconter des choses pour que le journaliste en arrive à s'embrouiller et parler de Brest ou de Nicole !?


Gros bisous des puceulois qui eux aussi profitent du beau temps retrouvé pour jardiner, ouvrir la piscine, étrenner leur nouvelle chaise longue, etc.


Et bonne route vers les ... Australes !



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Ce weblog constitue  notre carnet de voyage......
Il est notre journal de bord au fil de ces années sur les océans Atlantique et Pacifique à bord de "Ramatoa".
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