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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 08:54

 

Un peu plus d'un mois après notre arrivée en Polynésie, nous quittons le lagon de Raiatea et Tahaa à destination de Huahine et de ses mouillages sauvages. Le lundi 26 avril, nous traversons les 25 milles qui séparent notre mouillage du motu Mahaea de celui de Fare le « village capitale » de Huahine. L'île appelée dans les temps anciens « Matairea », qui signifie « peu de vent » (cela explique pourquoi nous avons fait la route au moteur !) est certainement l'une de celles qui symbolisent le mieux les traditions et les valeurs polynésiennes.

Contrairement à notre précèdent passage à Fare, le mouillage est presque vide avec seulement un ou deux voiliers à l'ancre... c'est vraiment la basse saison. Rapide complément d'avitaillement dans le plus beau supermarché des îles sous le vent puis nous glissons dans le lagon vers le sud pour aller mouiller près de la pointe Tiva dans la baie d'Avea. Nous y retrouvons un mouillage désert sur le banc de sable du platier dans moins de deux mètres d'eau de couleur turquoise... c'est superbe. Nous reprenons nos petites habitudes et nos activités : guetter la camionnette du boulanger le soir à 18 heures, et aller avec le truck faire quelques courses à Fare. Cette fois-ci au retour, le conducteur du  nous a gratifié d'un tour complet de Huahine iti car il devait déposer un ou deux passagers dans les hameaux de la côte est de l'île. C'était splendide et nous avons revu de la terre le très beau mouillage du motu Mori Mahora que nous avions pratiqué l'an dernier avec les enfants en arrivant de Moorea. Les journées sont bien remplies : baignades pour nous deux, repos pour l'épaule de Dominique et bricolage pour le skipper... la liste est bientôt finie.... mais je trouve toujours de nouveaux item à y rajouter, cette « To do list » est un puits sans fond.
POL02 01Le vent est faible voire inexistant, la houle modérée, nous en profitons pour rejoindre Tahiti. C'est une étape  de 112  milles nautiques que nous effectuons en bonne partie de nuit. Partis d'Avea sur Huahine en début d'après-midi le samedi 1° mai nous embouquons la passe Taapuna à 8h30 le dimanche matin et nous prenons une bouée devant la marina Taina. L'escale à Papeete est mise à profit pour les recomplètements (vivres, alcools, essence, huile, gaz et gasoil). Nous retrouvons des bateaux copains et des têtes connues, c'est sympa d'autant plus que le beau temps est de la partie et que le mouillage n'est pas encore plein à craquer. Avec l'aide de Régis & Jeanne du voilier XE je dépanne l'aérien du radar Furuno et je continue à bricoler... au programme : réparation de l'arceau au dessus de la colonne de barre et débouchage durite des WC... pouah ! La pompe de lavage HP eau de mer est régulièrement utilisée pour nettoyer le cockpit et la jupe arrière... c'est vraiment un plus !

Nous guettons une fenêtre météo favorable pour traverser vers les Tuamotu car cette étape d'environ 240 milles s'effectue contre le vent et le courant. L'idéal serait un vent de sud-est, mais actuellement l'alizé est encore assez haut à l'est voire au nord-est... pour nous c'est du près serré ou pire du vent dans le nez. De plus des trains de houle (2 à 3 m) générés par les tempêtes au sud des îles Australes envahissent régulièrement le bassin entre Tahiti et les Tuamotu. Finalement le 11 mai la météo nous annonce une accalmie de 48 à 72 heures dans la houle mais le vent devrait rester faible et d'est. Au lever du jour nous quittons notre coffre, faisons le plein de gasoil à la station de la marina, chenalons dans le passage au nord de l'aéroport de Faa et quittons Tahiti par la grande passe de Papeete. La météo est exacte : vent faible ou nul d'est nord-est, mer belle et houle inférieure à 1 mètre... bref le bonheur.... pour le moteur et la charge des batteries. Mais la perspective d'une traversée au moteur de 48 heures ne nous enchantent pas du tout... depuis le départ de Raiatea nous n'avons jamais fait route sous voiles pendant plus d'une ou deux heures !

Début de traversée bercé par le ronronnement du moteur, première nuit calme, mais le lendemain le ciel est gris, les averses nombreuses, le vent faible et de face. La météo nous prédit à terme une détérioration des conditions avec un retour d'une forte houle houle sud sud-est de 3 mètres. Le 2° soir et la dernière nuit, le vent revient du nord-est avec 12-15 nœuds... pile dans le nez, les grains à 20-25 nœuds se multiplient et la mer se creusant nous décidons de poursuivre au moteur pour atteindre l'atoll de Toau et s'abriter dans l'anse Amyot. Au lever d'un jour bien gris et pluvieux nous découvrons l'atoll et à 6h45 nous prenons un coffre devant chez Gaston et Valentine. Si nous avions du tirer des bords à la voile depuis le départ nous ne serions qu'à mi parcours. Bref cette traversée ne nous laissera vraiment pas un souvenir impérissable, mais nous sommes content d'être à l'abri alors que dehors la houle se lève sérieusement et que le temps perturbé gagne du terrain. Dominique est bien contente d'être arrivée car en mer elle peine à caler confortablement son épaule douloureuse.
POL02 03POL02 11Dans nos projets, assez vagues et imprécis,  de navigation aux Tuamotu nous pensions rester à l'anse Amyot une semaine – dix jours. En réalité nous y resterons près de trois semaines ! Eh oui, nous y sommes bien même si le nombre des voiliers en escale est plus important que l'an dernier. Beaucoup de voiliers des États-Unis, des GB, des NeoZed et quelques Australiens. En fait les voiliers français présents en cette deuxième quinzaine de mai sont des voiliers qui en sont à leur deuxième saison en Polynésie et qui sont arrivés des Marquises l'an dernier. C'est le cas de « Thetis » de Nathalie et Bruno et de « Pascaux » de Pascale et Pascal avec qui nous sympathisons rapidement.

L'an dernier à notre départ de Toau, vers la mi-juillet, nous avions promis à Gaston et Valentine de venir les revoir dans un an si nous restions en Polynésie. Ils ne nous avaient cru qu'à moitié car ils sont bien trop habitués à ne pas revoir les voiliers qui font escale dans leur petit coin de paradis. Après avoir pris le coffre et amarré Ramatoa, Gaston est venu nous voir et nous sommes allés à terre et là quel accueil mes amis ! Du coté de chez Leiza même accueil délirant : embrassades, rigolades... nous faisons désormais partis de la famille de l'anse Amyot à Toau. Nous arrivons avec des provisions, des fruits, de légumes pour Valentine et Gaston hérite de mon ancienne drisse de grand-voile et des bosses de ris.
POL02 04Les journées s'écoulent tranquillement avec tous les jours une activité particulière : - pêche à la traîne à l'extérieur du lagon devant la passe dans la barque de Gaston au lever ou au coucher du soleil, nous ramenons thons, bonites ou daurades coryphènes que nous partageons ensuite avec eux à table, – pêche de langoustes sur le récif extérieur : si la mer est calme et sans houle, débarquement sur le récif , Gaston, Bruno et Pascal à quatre pattes avec de l'eau jusqu'à la taille explorent méthodiquement chaque trou ou anfractuosité du récif corallien, je reste à quelques mètres de la barrière à piloter le bateau dans lequel ils viennent déverser la récolte (une trentaine de langoustes en moins de deux heures),- pêche des varos sur le banc de sable, là seul un spécialiste comme Gaston réussit à en sortir quelques-uns de leurs trous, - récolte du poisson (des perroquets) dans les pièges installés dans les coureaux entre les motu. Il ne faut pas oublier la sortie pilotée par Leiza où nous avons ramassé des bénitiers par centaines sur une grosse patate de corail dans le lagon. De leur coté Bruno et Pascal partent tous les soirs à la tombée du jour chasser le long du tombant, ils ramènent régulièrement de belles pièces (4-8 kg) du thon, de la carangue ou du mérou.
POL02 02POL02 29Depuis le mouillage de l'anse Amyot un petit chenal sommairement balisé permet de traverser en annexe le plateau corallien et de rejoindre le lagon. Nous y avons fait des rencontres étonnantes : des tortues mais surtout un couple de raies manta dont la plus petite mesurait près de 3 mètres de diamètre. Les voire évoluer et planer dans quelques mètres d'eau sur un fond de sable dans une eau turquoise, les suivre et nager près d'elles... sont des moments magiques dont nous ne nous lassons pas.
POL02 25A terre chez nos hôtes, les soirées musicales et les anniversaires se multiplient, toutes les occasions sont bonnes pour partager une salade de poisson cru, un sashimi de thon rouge ou un mérou au BBQ. Un chirurgien, skipper d'un grand et beau voilier américain, ausculte l'épaule de Dominique et lui prédit une guérison difficile et très longue, bref de ce coté là le moral n'est pas au beau fixe. Les skipettes prennent des cours de cuisine et échangent des recettes avec Valentine. Le temps est généralement beau, ensoleillé et le vent faible, mais juste après notre arrivée et au moment de notre départ nous avons subi une météo perturbée avec du vent fort, des grains orageux, de la pluie et une houle forte.

Dès la fin du mois de Mai, nous guettons un créneau météo favorable pour quitter Toau et rejoindre Fakarava, atoll distant d'une quarantaine de milles. Il n'est pas toujours facile de concilier au mieux le créneau météo (du vent, mais pas trop et surtout pas dans le nez) et les heures d'entrée dans les passes des lagons où le courant sortant peut-être extrêmement violent. La passe Garue au nord de Fakarava est très large (1 mille) mais le courant sortant peut atteindre 5-7 nœuds. Lors de son passage, il y a deux ans « Pros per Aim » un ovni 395 qui nous précède sur le tour du monde y a été fortement bousculé, a inondé son carré et a subi quelques avaries. Je garde toujours présent à l'esprit leur mésaventure à l'approche d'une passe d'un atoll.
POL02 07POL02 09La météo est médiocre mais nous décidons tout de même de mettre en route très tôt le mardi 1° juin pour rejoindre Fakarava. Au lever du jour à 6H le coffre est libéré et nous commençons à contourner la côte nord-est de l'atoll de Toau. Très vite le vent contraire est fort à 20 noeuds et les violents grains de pluie réduisent la visibilité à une centaine de mètres. Ramatoa avance sous voilure réduite avec l'appui du moteur, c'est un véritable shaker, notre progression est très lente. Dominique est malade et je ne tarde pas à la rejoindre... après un peu plus de deux heures de route infernal, nous faisons ½ tour et rejoignons l'abri de l'anse Amyot, ¾ d'heure plus tard nous reprenons un coffre chez Gaston et Valentine qui rient bien de notre faux départ, mais ne sont pas surpris car ici aussi le temps est exécrable.

Le lendemain les choses iront mieux, les éléments s'étant calmés pendant la nuit. Nous faisons d'abord route au moteur avec un vent faible contraire puis sous voile jusqu'à la passe Garue que nous franchissons sans encombre avec un courant sortant résiduel de 1-2 noeuds, mais les marmites créées par le courant sont bien présentes. A 14 heures nous sommes au mouillage (une dizaine de voiliers mais il y a de la place) devant le village de Roto Ava, le bourg principal de l'atoll avec un aéroport (1 vol quotidien vers Tahiti), une poste, un dispensaire, deux supérettes, deux ou trois snacks, une route goudronnée d'une dizaine de kilomètres où circulent scooters et 4x4, bref c'est presque le retour à la civilisation. Mais il ne faut pas rêver les possibilités d'approvisionnement restent très limitées. Nous y retrouvons Leiza qui y réside en alternance avec l'atoll de Toau, sa fille aînée Sidonie y tient une roulotte.
POL02 10L'atoll de Fakarava est vaste (30 milles de long) c'est le deuxième atoll le plus vaste derrière celui de Rangiroa. Cette mer intérieure est si vaste que les conditions de navigation peuvent y être difficiles et surtout les mouillages intenables si le vent vient à tourner. C'est notamment le cas au nord de Fakarava à Roto Ava si vent forcit du sud-est au nord-ouest en passant par le sud, dans ce cas il faut décamper et gagner le sud de l'atoll et se mettre à l'abri des motus près de la passe sud. En fait nous resterons à ce mouillage une semaine avec un temps beau et des vents faibles, donc pas de problème. Le mouillage est animée avec des départs et des arrivées de voiliers, le passage du cargo mixte « Aranui » en route vers les Marquises et l'escale hebdomadaire de la goélette « Kobia » qui ravitaille les atolls de cette partie des Tuamotu. Une trentaine de goélettes, vieux caboteurs fatigués et pissant la rouille, sillonnent ainsi les eaux des cinq archipels polynésien.

Fakarava s'est ouvert au tourisme assez récemment, celui des plongeurs en particulier. On trouve donc des petites pensions et un hôtel de milieu de gamme. Mais avec la crise et la politique désastreuse du gouvernement polynésien le tourisme est en baisse et les prix en hausse.... quant à la perliculture elle est sinistrée depuis plusieurs années faute d'un marché centralisé, organisé et structuré.
POL02 16POL02 24Après une semaine nous quittons la civilisation de Fakarava nord et descendons par le lagon vers la passe sud distante de plus de 30 milles. Le chenal est parfaitement balisé, mais il ne faut pas s'en écarter : les cayes et les patates de corail n'en sont jamais très éloignées. Le vent faisant défaut, nous progressons au moteur. Plus on s'éloigne du village plus les motus deviennent sauvage, le paysage est splendide. Nous faisons halte pour la nuit dans un mouillage totalement sauvage et désert à 7 milles avant d'arriver à la passe sud de Fakarava. Nous sommes seuls au monde avec les requins et les raies qui abondent devant la plage et à proximité des bancs de sable qui bordent au sud  le motu Hirifa. Le lendemain nous atteignons le mouillage de Tetamanu à la passe sud où nous retrouvons à l'ancre une petite dizaine de voiliers, sans parler des deux ou trois gros pneumatiques de plongeurs qui descendent quotidiennement du nord pour explorer la passe sud.
POL02 26POL02 12POL02 13La passe sud porte un nom, elle s'appelle la passe Tumakohua et le motu de l'est de la passe abrite le petit village de Tetamanu. C'est l'ancienne capitale de Fakarava et également l'ancienne capitale administrative des Tuamotu. A l'exception d'une pension de famille, d'un club de plongée de deux ou trois familles de pêcheurs, le village est quasiment abandonné. Du village il reste deux grandes rues tracées au cordeau par les missionnaires, une église en corail très ancienne pour la Polynésie (1862) un bâtiment qui fut la prison et les murs de la résidence de l'administrateur. Le cimetière renferme des tombes anciennes et curieuses. On ressent dans ces lieux abandonnés une beauté sauvage et un peu de tristesse. On est vraiment au bout du monde, la goélette ne vient pas dans ce lieu retiré.
POL02 14POL02 15La passe peu profonde (5 à 10 mètres) se trouve au centre d'un groupe d'îlots et ouvre un étroit passage de 200 mètres de large entre le motu Tetamanu à l'est et le motu Pahereava à l'ouest. La réputation de cette passe tient à la qualité de ces eaux cristallines, à ses fonds de coraux absolument magnifiques et à la richesse de la faune qui l'habite. Pour jouir de ce spectacle extraordinaire, c'est assez simple : à la renverse de courant, il faut sortir de la passe vers l'océan avec l'annexe, se mettre à l'eau avec palmes masque et tuba, garder l'annexe attachée au poignet et se laisser porter par le courant rentrant. On parcourt ainsi un petit mille qui vous ramène vers les voiliers au mouillage.
POL02 05POL02 06Nous avons fait ce petit jeu deux jours de suite sur le coté tribord puis bâbord de la passe. Le spectacle est hallucinant, les coraux de toutes les couleurs tapissent le fond et les bords de la passe, ils abritent des bancs de poissons coralliens de toutes les tailles par milliers. On nage et on traverse ces bancs où les petits poissons viennent se heurter au masque. Sur les quelques fonds de sable des raies se prélassent et volent entre deux eaux. Et pour couronner le tout, de nombreux requins (gris, pointes noires et pointes blanches) sillonnent les eaux, les plus gros (1,5 -2 m environ) dans les eaux du fond de la passe, les plus petits et plus curieux dans moins d'un mètre d'eau ou au bout des palmes du plongeur. Tout ce monde vit en harmonie, se frôle, se croise dans le silence et offre une image unique de la beauté des fonds marins et de la faune sous-marine. C'est manifestement le plus beau spectacle et le plus joli site que nous ayons vus depuis que nous sommes en Polynésie.
POL02 27POL02 28POL02 30Après trois jours à Tetamanu, nous remontons toujours au moteur vers Fakarava nord et faisons halte pour la nuit au motu Kakaiau : là encore solitude assurée et beauté sauvage, pas une lumière à l'horizon, nous sommes seuls sur le motu. Le 13 juin nous sommes de retour à Roto Ava dans l'espoir de compléter notre cambuse dont le niveau baisse. Peine perdue, nous ne trouverons rien ou pas grand chose car à Tahiti c'est la grève générale et les goélettes de ravitaillement des îles n'ont pas quitté le quai du port de Papeete. Cela nous rappelle notre séjour forcé en Guadeloupe il y a un peu plus d'un an, mais ici le calme et la douceur polynésienne aident à surmonter cette petite difficulté.
POL02 18POL02 19Trois jours plus tard, le 16 juin nous remontons vers l'atoll de Toau et l'anse Amyot. Petits calculs de culmination de la lune pour franchir la passe Garue au meilleur moment et nous sommes en route sous voile... c'est la première étape depuis notre départ de Raiatea que nous effectuerons en totalité à la voile... quel bonheur. Sept heures après nous prenons un coffre devant le fare de Gaston et Valentine.

Le nombre de voiliers au mouillage est trop important et presque exclusivement anglophone. Nous retrouvons cependant avec beaucoup de plaisir une tête connue, celle de Béatrice sur « Lazarina ». Nous avions fait le stage médical ensemble il y a plus de quatre ans. Nous avions vu leur bateau en hivernage à trois reprises mais ils n'étaient pas à bord. Maintenant Stéphane et Béatrice sont retraités et poursuivent leur périple. C'est l'anniversaire de Béatrice et Valentine aidée de Gaston se met en cuisine... soirée grandiose encore une fois.
POL02 21POL02 22Le samedi 19 juin, nous quittons définitivement l'anse Amyot à destination d 'Apataki, un atoll où nous étions déjà passé l'an dernier. L'état de l'épaule de Dominique ne s'améliorant pas, bien au contraire, nous décidons d'écourter un peu notre séjour dans les Tuamotu et de rentrer plus vite vers Tahiti, un rendez-vous est pris auprès d'un orthopédiste le 12 juillet à Papeete. La traversée vers Apataki s'effectue au moteur encore une fois, le vent de nord nord-est n'atteint pas les cinq nœuds... quelle misère. A 9 heures nous embouquons la passe Pakaka avec un courant de deux nœuds qui nous pousse aux fesses. Deux heures plus tard nous sommes sur coffre devant la ferme perlière et le chantier naval de Pauline et Alfred. Là encore accueil chaleureux et joie de se retrouver un an plus tard. L'activité du chantier d'Alfred et Tony démarre doucement, les travaux aménagement également, le 20° bateau vient d'être tiré à terre et il  a des réservations pour l'hivernage. En fait une petite affaire qui vient judicieusement compléter l'activité réduite et déclinante de la ferme perlière. Pauline et Caroline ont la haute main sur la commercialisation des perles et la création de petits bijoux.

Nous voulions rester que trois ou quatre jours à Apataki et traverser vers Papeete dès que possible, mais la météo n'est pas satisfaisante et nous gratifie même d'une journée de pluie torrentielle qui nous permet de compléter nos réserves d'eau, cela tombe bien car le désalinisateur donne des signes de fatigue et deux pièces de rechange nous sont envoyés par le constructeur à Tahiti. Ce jour là lors de manipulation de seaux et de cuvette pleines d'eau de pluie, je fais un magnifique vol plané en descendant sur la jupe arrière détrempée avec une bassine dans les mains... bilan la cuvette est perdue car elle est tombée à la mer et j'étais trop sonné pour la récupérer, une bosse énorme sur l'arrière du crane, le coude éclaté et le coccyx endolori... deux jours sont nécessaires pour que je retrouve mes moyens.... mais il y a eu beaucoup plus de peur que de mal ! ... heureusement.
POL02 23Finalement ce n'est que le 25 juin que nous quitterons Apataki, la météo annonce du vent faible sur le début du parcours puis se renforçant sur la fin. L'état sanitaire de l'équipage est stationnaire : la skipette est de plus en plus handicapé avec son épaule, elle envisage même un retour sur la métropole anticipé de deux mois, le skipper a une fesse droite douloureuse et une sciatique qui s'est réveillée mais à part cela tout le reste va très bien.
POL02 17Les 240 milles de traversée débute par des heures de moteur, mais en début de nuit le vent rentre progressivement du sud puis du sud-est, nous faisons route à la voile à bonne allure (6-7 nœuds). Le lendemain le vent continue à se renforcer (20-25 nœuds) et le soir il est nécessaire de réduire très sérieusement la toile pour ne pas arriver de nuit dans la passe de Papeete. Le trajet se termine sous grand-voile à deux ris et trinquette, la houle de sud se creuse, le vent est travers et Ramatoa continue de cavaler à 7 nœuds de moyenne. Au lever du jour nous sommes dans la passe et à 7h30 nous mouillons devant la marina Taina, puis nous prenons une bouée  entre « Thetis » et « Riga II »... encore des têtes connues. Nous avons parcouru 238 milles en 41 heures. Le trajet retour des Tuamotu a été bien plus plaisant que celui de l'aller.

Voilà la boucle est bouclée, malgré un manque de vent quasi permanent, nous avons bien apprécié notre escapade de deux mois, notre retour aux Tuamotu même si les problèmes de santé de Dominique nous ont conduit à l'écourter un peu. La vie de la ville reprend vite le dessus : approvisionnement chez Carrefour, installation des pièces de rechange du désalinisateur, achat d'un billet d'avion et organisation du voyage retour. Un grand merci à ceux qui ont facilité, d'une manière ou d'une autre, le voyage retour de Dominique pour se soigner dans de bonnes conditions.
POL02 08Lundi 5 juillet 23h30, Dominique décolle pour Paris, je me retrouve seul à bord cela me fait drôle car depuis le départ de la Rochelle, il y a plus de quatre ans, nous avons toujours été ensemble ! Ma vie de solitaire s'organise au fil des jours et je compte mettre les voiles et rejoindre Moorea dans dans quelques jours vers le 14 juillet.... mais c'est une autre histoire et cela fera l'objet du prochain et dernier article du blog pour cette saison de navigation 2010.

Benoit & Dominique sur Ramatoa à Papeete- 12 juillet 2010.

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commentaires

jean-pierre Tournade 21/12/2010 22:15



Bonjour les amis


en balade sur le nouveau site des blogs de STW ,je découvre ces souvenirs sympats des Tuamotu


je sais que votre bateau n'est pas loin de TI SOAZ à RAIATEA


Actuellement nous sommes à Chamonix ou nous savourons les joies de la neige et le calme au coin du feu ,face aux aiguilles et au Dru éteincelant !!


nous comptons mettre le cap sur Raiatea le 30 mars prochain --- puis cap à l'ouest vers la Nouvelle Calédonie , via les Cook , les Tonga , les Fidgi , le Vanuatu


Et vous , quel programme ?


joyeux Noel et bonnes fêtes de fin d'année


Françoise et Jean-pierre



Béatrice 16/07/2010 10:34



Bravo pour ton blog vos photos sont superbes et encore merci de votre présence à mon anniversaire: un grand moment d'émotion.....


A bientot


Béa



Bienvenue sur Ramatoa

Ce weblog constitue  notre carnet de voyage......
Il est notre journal de bord au fil de ces années sur les océans Atlantique et Pacifique à bord de "Ramatoa".
Il relate l'avancement du projet du début à son aboutissement... du "Rêve à la Réalité".
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