Voyager pendant une année complète à la voile n'a rien d'extraordinaire, des centaines de voiliers larguent les amarres chaque année. Mais pour nous cette première expérience de grande croisière est tout de même unique... c'est naturel : c'est la nôtre !
Des Canaries jusqu'à Afua, sortie de l'Amazone, nous avons rejoint le 13° Rallye des Îles du Soleil incluant le VII° Rallye Transamazone. Ce rallye est atypique parmi les autres rallyes, car il est un des plus long (6 mois) sur l'Atlantique et certainement le seul à avoir une orientation grand voyage dénuée d'esprit de compétition. A mon sens la raison d'être de ce rallye est sa composante amazonienne qui permet de remonter le fleuve sur plus de 500 milles, c'est pour cela et pour son esprit que nous l'avions retenu.

La participation à des rallyes de ce type est très controversée et souvent sujette à polémiques stériles car les protagonistes campent sur des positions préétablies ! Je comprends parfaitement et
respecte la position de ceux qui préfèrent croiser seuls et refusent de rejoindre un rallye. De notre coté, le périple sur l'Amazone nous tentait beaucoup et il est très difficile, voire
impossible avec les tracasseries brésiliennes et les risques inhérents à la navigation sur ce fleuve, de l'effectuer en solo en dehors d'une flotte. Pour le reste du parcours, il est vrai
que la navigation au sein du rallye m'a paru moins indispensable mais jamais contraignante. Cependant je retire de cette expérience de six mois de navigation au sein du rallye quelques
enseignements intéressants :

- - La sécurité de naviguer en flottille n'est pas l'argument premier, car très vite au cours d'une traversée les bateaux sont éloignés les uns des autres... cela peut même être un sentiment trompeur. Il revient à chaque skipper de gérer au mieux la sécurité de son bateau et de son équipage. Toutefois les vacations radio pendant les traversées sont utiles de par les conseils ou avis reçus des autres participants pour une option de route, pour une avarie ou un bricolo. Sur l'Amazone la situation est très différente, car tout bateau peut être mis en difficulté en navigation (heurt d'un tronc immergé entrainant une avarie de barre ou de moteur) ou au mouillage (dérapage de l'ancre si des jacinthes d'eau se prennent sur la ligne de mouillage), là on est alors très content de trouver le renfort des autres bateaux ou d'avoir l'assistance de l'équipage du bateau accompagnateur du rallye.
- - Le partage d'expérience : c'est certainement le point fort, à mes yeux, de naviguer au sein d'un rallye. Pour ma part mon expérience hauturière était ancienne et limitée, j'ai donc beaucoup appris auprès de navigateurs bien plus chevronnés... mais il faut savoir faire le tri dans le microcosme que représente les 25 bateaux du rallye entre les « diseurs » et les « faiseurs » ! Les compétences sont très diverses, les expériences des uns et des autres aussi ! Quelle richesse extraordinaire... je suis même devenu bavard !
- - L'organisation du rallye est « facilitatrice », elle permet de gagner beaucoup de temps. Le comité d'organisation prend à sa charge la totalité des formalités des bateaux et des équipages pour chaque entrée et sortie d'un pays ou d'un état du Brésil... ce n'est pas rien ! Mais au delà de cet aspect, la connaissance des ressources logistiques de chaque escale permet de gagner beaucoup de temps pour effectuer une réparation, un avitaillement ou une consultation médicale.
- - Sur la partie amazonienne, les membres du comité d'organisation qui nous accompagnent sur le bateau pilote, ont une excellente connaissance du Brésil et de l'Amazonie en particulier. Leurs explications et leurs topos (faune, flore, civilisation, économie et société...) quasi quotidiens sont suivis et écoutés à la VHF avec attention. Par ailleurs, à chaque escale, les partenariats liés par le rallye avec les gouvernements et administrations locales nous font bénéficier de prestations touristiques, culturelles et folkloriques de grande qualité qu'ils seraient difficile d'avoir en dehors du cadre du rallye.
- - Enfin, naviguer ensemble pendant six mois permet de se faire des amis... mais aussi des ennemis ! On ne peut pas être amis avec tous... mais il est certain que nous conserverons des relations durables avec trois ou quatre équipages que nous retrouverons avec grand plaisir au cours des saisons à venir.
Pour conclure ce bilan rapide du rallye, je dirai que je me sens d'attaque pour naviguer isolément, mais on ne le reste pas longtemps, avec les amis existants et à venir qui partagent le même itinéraire et les mêmes escales ! Cependant sur des destinations ou des projets particuliers je n'hésiterai pas à rejoindre de nouveau un rallye, cette première expérience ayant été très réussie.
***
Depuis notre retour fin juin 2007, nous avons eu l'occasion de retrouver à plusieurs occasions des équipages du rallye en Bretagne ou en Charente maritime
l'été dernier...

- - Le 11 juillet, pour l'arrivée de « Cimano » après sa transat retour, nous avons accueilli Doménico et Véronique en pleine forme après une traversée express de dix jours depuis les Açores ! Sur la plage de Banastere... il faisait exceptionnellement beau... il y avait leurs parents et les équipages de « Météore », « Glen-Feeling » et « Ramatoa »... retrouvailles très sympathiques !
- - Le 19 août, pendaison de crémaillère chez Christine, équipière sur « Glen-Feeling », temps maussade et froid à Arzano près de Quimperlé, mais très chaud dans les coeurs des équipages de « Météore », « Glen-Feeling », « Cimano » et « Ramatoa » !

- - Le 29 août, grande réunion à Saint Pabu à l'aber Benoît organisée magistralement par Yvonne et Jean-Alexis de « Bigouz » où nous avons retrouvé par moins d'une quarantaine de participants du rallye. Treize bateaux du rallye étaient représentés soit par le couple skipper-skippette ou par des équipiers. Les équipages suisse d'OpSis et italien de Talismano avaient fait le déplacement. Hubert le « boto rose », Nicolas et Damien du comité d'organisation du rallye étaient présents. Ambiance bretonne garantie, fête assurée, organisation minutieuse avec sorties en zodiac, ballades sur la grêve, feux d'artifice... bref que du bonheur et de la joie à se retrouver.

- - Enfin le 22 septembre, le salon du Grand Pavois qui se tient à la Rochelle a été l'occasion de regrouper les équipages présents à un apéritif à la maison puis d'aller déguster des fruits de mer dans un restaurant des Boucholeurs. Tout ou partie des équipages de « Cimano », d'« OpSis », de « Glen-Feeling », de « Perrotin », de « Météore » et « Ramatoa » étaient là aux cotés de Philippe, Nico et Damien qui nous ont rejoint. Le salon du Crouesty au 1° novembre a encore été l'occasion de se retrouver... et de vivre en direct avec les copains l'arrivée de notre premier petit-fils Thomas au foyer de Cécile & Guillaume... beaucoup d'émotions et que du bonheur !

En bref la vie après le rallye n'est pas
triste, ni monotone ! D'autant plus que nous préparons activement notre départ, les 5 et 12 décembre 2007, pour rejoindre Ramatoa à Trinidad. Les bagages seront chargés de tous les bricolos que
nous allons amener avec nous ! La préparation et la programmation des travaux sur Ramatoa (Cf. article du bilan technique), à effectuer à Trinidad puis en Guadeloupe, nous occupent également
beaucoup. Dans les temps morts, il y a pour Dominique et moi la rédaction d'articles pour le blog et la préparation d'un DVD des diaporamas de l'année écoulée.... ainsi le temps passe vite
!
Le programme des six mois à venir est fort différent de l'année de navigation écoulée : moins de milles à parcourir et de très nombreux mouillages dans une contrée hautement touristique. Nous
allons caboter tranquillement dans les petites Antilles et les îles vierges. Vous pourrez nous suivre dans les prochains articles du blog.
A très bientôt sous le soleil des Caraïbes !
Par ailleurs notre année de navigation s'est toujours passée dans des conditions de temps raisonnables voire clémentes ; mon expérience de navigateur hauturier est limitée et 10 000 milles parcourus en un an ne constituent pas un test exceptionnel.
Enfin les lignes ci-dessous, parfois sombres ou négatives, ne doivent pas ternir le sentiment de satisfaction générale et de réussite totale de cette première année de voyage, on parle toujours des trains en retard et jamais de ceux qui arrivent à l'heure à destination !
Je ne reviens pas volontairement sur les problèmes rencontrés et résolus pendant la phase de mise au point du bateau à sa
mise à l'eau, c'est un déverminage indispensable où rien ne doit être laissé de coté. Les articles sur la préparation de
Ramatoa en ont déjà longuement traité.
L'article est un peu long et technique, il s'adresse à des voileux, et a été découpé en 14 chapitres et présente des liens vers des articles déjà publiés.
1- Bilan construction Alubat.2- Bilan gréement & accastillage.
3- Bilan voilerie & sellerie.
4- Bilan moteur Volvo-Penta.
5- Bilan énergie électrique.
6- Bilan de l'électronique de bord.
7- Bilan confort à bord.
8- Bilan du matériel de sécurité & d'armement.
9- Bilan du matériel de pêche.
10- Bilan des SAV.
11- La chronologie des galères & des interventions.
12- Les regrets & les solutions.
13- Les évolutions possibles.
14- Le mot de la fin...
1- Bilan construction Alubat.
-
- Aucun problème de structure n'est à signaler, la construction est solide, aucun jeu anormal n'est apparu dans les
appendices mobiles. Seule une légère fuite hydraulique du mécanisme de relève du safran sera à vérifier à notre retour sur Ramatoa.
- - Les peintures ont globalement bien résisté, deux endroits laissent apparaître du clocage : le pied de mât et les embases du balcon arrière. Pour ces dernières, la pose de plaques d'isolation (fournies par le SAV) résoudra le problème. Pour le reste il s'agit de quelques éclats sur le davier liés à la manipulation du mouillage.
- - Le vernis qui protège les effets moirés de l'aluminium de la coque ne résiste pas longtemps au frottement des défenses... seule l'esthétique en souffre.
- - A l'intérieur, les vernis ont foncé au soleil... mais de façon homogène. Autour de l'évier ils commencent à blanchir par endroit.
- - Les menuiseries sont restées impeccables, quelques points sont cependant à noter :
1. La porte coulissante de la cabine avant est bloqué en position ouverte et impossible de la démonter... mystère qui attendra notre retour aux Sables d'Olonne !
2. De nombreuses charnières demandent à être revissées avec des vis plus longues, car le vissage initial s'est effectué trop vigoureusement avec une visseuse électrique.
3. Les verrous poussoirs gris alu ne sont pas éternels, mais ils se changent aisément.
- - Coté sellerie : l'occultant (face supérieure blanche) de tous les rideaux des panneaux horizontaux a fondu au soleil et il est devenu collant. Donnés au chantier, il vont être refaits par le sellier.
- - Seul point noir sérieux à ce bilan flatteur pour le constructeur concerne les dégradations sérieuses du bas du meuble de la glacière, il mérite un développement car il est constaté de façon récurrente sur de nombreux modèles d'Ovni.
Le constat est simple : de l'eau s'écoule de la glacière et pourrit les boiseries en parties basses (dessous du bac, tiroirs et façade du meuble). Je ne parle pas de l'eau qui pourrait stagner au fond de la cuve du frigidaire car elle s'écoule normalement dans les fonds par la vidange, de plus la cuve est bien étanche. Il s'agit de la condensation de l'air chaud et humide qui s'effectue sur les parois extérieures fraîches de l'isolant (soit directement sur l'isolant, soit sur le CP qui l'emprisonne) ; ce phénomène imperceptible sous nos latitudes est flagrant sous les tropiques.
A mon passage au chantier, début juillet, nous avons regardé de près à l'atelier de menuiserie la construction de la glacière : la cuve intérieure blanche est bien étanche ; l'isolant d'une épaisseur moyenne de 6-7 cm est emprisonné dans du contreplaqué sur trois cotés, sur le dessus et le fond ; le coté arrière de la glacière n'est pas doublé de CP. Il n'y pas d'espace libre suffisant entre le CP et l'isolant pour qu'une lame d'air condense.
Après avoir vu cela : la menuiserie de ce bloc n'est pas en cause... à mon sens le problème vient seulement du fait que l'isolation de la glacière est insuffisante (épaisseur trop faible ou isolant peu performant). J'en veux pour preuve les points suivants : - Les parois de la glacière sont toujours fraîches. - Le matin sous les tropiques, le plan de travail du dessus de la glacière est couvert de condensation... ce n'est pas normal et cela doit être pareil sur toutes autres faces de la glacière. - Mauvais rendement du groupe froid, il tourne 20 heures sur 24 en moyenne.
Quelle solution apporter ? Difficile d'intervenir en l'état. Il faut rechercher des isolants plus performants.... cela doit exister car il est difficile d'envisager une isolation plus épaisse.
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2- Bilan gréement & accastillage.
- - L'axe vertical du vit de mulet s'est échappé en navigation. Prévu pour être bloqué par une vis arrêtoir et une goupille fendue de sécurité, l'axe vertical et la ferrure du vit de mulet montés sur Ramatoa ne permettaient pas de mettre en place la goupille, seule la vis était présente... mais cela n'est pas suffisant ! A mon sens, c'est la ferrure posée sur le mât (pièce quasiment symétrique) qui a été fixée tête en bas par le fournisseur de l'espar.
- - Suite à une fausse manoeuvre de ma part, le hale bas rigide de la bôme est venu forcer sur le balcon de pied de mât. Le tube inférieur est légèrement tordu.
- - L'accastillage Lewmar a bien fonctionné, pour les winchs d'écoute de génois surdimensionnés... c'est OK. Par contre le winch de bâbord sur le roof s'avère trop juste pour la drisse de GV.
- - Les pièces en inox haute résistance de Lewmar et Wichard rouillent rapidement. Le nettoyage avec de la pâte inox est nécessaire régulièrement tous les six mois.
- - Le circuit de commande du frein de bôme Walder n'est pas parfait, il gêne l'ouverture de deux petits panneaux de pont. Une poulie de renvoi à plat pont est nécessaire pour améliorer le circuit. Le fonctionnement du frein n'apporte aucune critique... quelle sécurité !
- - Les manoeuvres courantes ne sont plus neuves, mais elles sont encore dans un bon état. Les drisses ont été raccourcies, les écoutes retournées. Seule la drisse de GV est à surveiller car elle s'use assez rapidement à la sortie de la boite à réas de tête de mât.
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3- Bilan voilerie & sellerie.
Dans ce domaine, le bilan est très bon. Nous avons pris soin de nos voiles (standard Xvoiles), avons traqué en
permanence les points de frottement. Les arrêtes des barres de flèches poussantes ont été protégées. Un check up complet des deux voiles sur le parquet du voilier à Trinidad en a apporté la
preuve... aucune réparation à envisager.- - Le génois s'est usé aux allures portantes sur le balcon.... c'est un grand classique... inévitable. Une protection est posée au Brésil. Ce génois gagnerait à posséder une coupe triradiale en hydranet... c'est une question de budget !
- - La grand voile full batten est très bien coupée et ne présente pas de déformation. Les ris automatiques et les chariots de GV fonctionnent bien. RAS.
- - Très content également du spi asymétrique Momentum gréé sur le bout-dehors installé sur le davier bâbord.
- - Bimini et capote sont piqués à l'intérieur par des étoiles de moisissures. L'extérieur est resté impeccable. Réparations effectuées après des accrocs dans le bimini (pale éolienne et bôme).
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4- Bilan moteur Volvo-Penta.
Un entretien régulier a été effectué (vidanges, filtres, tension des courroies et niveaux), la turbine de pompe à eau a été changée préventivement avant d'attaquer les 180 heures de navigation au moteur sur l'Amazone. Fonctionnement impeccable de ce groupe propulsif de 55 cv associé à une hélice Maxprop tout à fait adapté à ce bateau.
Il faut cependant noter et regretter...
- - La casse d'une pièce moteur lors de notre séjour au Brésil où nous sommes restés immobilisés plusieurs semaines. Pour plus de détail sur le bris de cette flasque de fixation de l'inverseur, je vous renvoie vers les photos et l'article rédigé à cette occasion. L'intervention a été prise au titre de la garantie par Volvo France. OK c'est très bien, mais l'incident qui nous est arrivé était connu du constructeur suédois car depuis je connais trois autres bateaux équipés du même moteur et qui ont subi le même bris de pièce... problème manifeste de production et de qualité sur cette pièce de fonte d'aluminium moulé.
- - Le tableau de bord du moteur est installé sur la colonne de barre. Il est naturellement exposé à la pluie et à l'humidité que l'afficheur LCD de l'horamètre ne semble pas apprécier. Régulièrement il ne fonctionne plus puis au bout de plusieurs heures de moteur l'afficheur se remet en route, le compte des heures reste exact. Ce n'est pas vital mais il faut échanger le tachymètre complet, j'en aurai un dans mes bagages à mon retour à Trinidad en décembre. Là encore la fiabilité légendaire de Volvo-Penta est prise en défaut.
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5- Bilan énergie électrique.
- - Le groupe électrogène Mastervolt 3000 tr/mn de 3,5 kva a fonctionné 300 heures, essentiellement au mouillage et n'a rencontré que deux problèmes : - Une fuite d'huile due à un raccord cuivre défaillant sur un raccord banjo. - Une entrée d'eau de mer, découverte pendant la transat, sur le passe coque de l'échappement due à une mauvaise étanchéité de ce dernier.
- - La puissance du groupe était suffisante pour produire de l'eau douce en 230 volts avec le Desalator duo 60, charger les batteries via le chargeur Cristec 60 A et faire du pain avec la machine à pain.... bref le grand luxe !
- - RAS pour le chargeur Cristec de 60 A. la puissance est un peu juste pour un parc de 510 ampères qui accepterait aisément un courant de charge de 20% (cf. la documentation des batteries gel Mastervolt, c'est à dire 110 A environ). Les heures de charge sous groupe seraient réduites.
- - RAS pour l'alternateur supplémentaire 90 A Mastervolt et son régulateur Alpha pro 3 étapes. Avant le départ l'installation mécanique d'origine de l'alternateur avait été revue pour limiter son porte à faux et améliorer l'alignement de la courroie d'entraînement.
- - RAS pour l'éolienne Aerogen 6 d'ATMB, silencieuse et produisant ses 5 ampères avec 15-17 noeuds de vent apparent... c'est pas si mal. Graissage régulier du palier et échange d'une pale après un choc accidentel sur le bimini.
- - L'hydrogénérateur Aquagen d'ATMB produit 5 ampères minimum si la vitesse du bateau est supérieure à 5 noeuds. La trainée est estimée à 0,3–0,5 noeuds. Il est difficile à remonter sans stopper le bateau. Les extrémités (manilles coté turbine et coté alternateur) sont à vérifier régulièrement. Par ailleurs pour limiter voire supprimer les sauts de la turbine hors de l'eau à vitesse élevée et avec de la houle, il ne faut pas hésiter à porter la longueur de la ligne à une bonne vingtaine de mètres de drisse pré-étirée et non pas les 15-16 m trop souple de la ligne d'origine. Une turbine de rechange est une sage précaution car j'ai perdu les deux pales de la turbine arrachées par un filet sur les côtes brésiliennes.
- - Le contrôleur de batterie Mastervolt BTM1 est un complément indispensable pour suivre ce qui se passe au niveau du parc servitude. Il vous met à l'abri des mauvaises surprises. Cependant son fonctionnement n'est pas parfait car le % affiché dérive sans raison régulièrement. Le montage est correct, le problème est actuellement soumis à Mastervolt et à l'installateur dont j'attends les réponses.
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6- Bilan de l'électronique de bord.
Le cahier des charges
initial avait permis de bien visualiser les résultats attendus. De ce coté... satisfaction totale. Coté fiabilité des différents matériels le bilan est plus mitigé sans être négatif.- - La centrale NKE a fonctionné parfaitement, la réinitialisation des données NMEA a été nécessaire à 2 ou 3 reprises seulement. RAS pour les afficheurs. Un loch électromagnétique est sûrement préférable à une roue à aubes trop souvent perturbée par des concrétions ou des algues... la vitesse surface ainsi affichée n'est pas fiable.
- - La girouette-anémomètre à ultrason Furuno, insuffisante pour le régatier me semble suffisante pour le croiseur hauturier. elle est tombée en panne électrique suite à une connexion défaillante dans le bornier du boîtier de la table à cartes. Par la suite à 3 ou 4 reprises elle a eu un fonctionnement aléatoire (coupure de l'affichage) sans que je puisse déterminer avec certitude si la panne provient du capteur lui même ou de l'importation des données NMEA dans le bus topline de la centrale NKE.
- - Le gyropilote NKE a fonctionné parfaitement sur la totalité du parcours. Nous n'avons barré que quelques heures (moins de 5 ou 6) sur l'ensemble des traversées. Contrôle excellent du bateau à toutes les allures (y compris dans les grains les plus violents), consommation raisonnable, très bonne fiabilité de tous les composants (calculateur, vérin hydraulique et son moteur). Le capteur d'angle de barre a montré des signes de faiblesse à la fin du parcours, il fait l'objet d'un échange standard de la part de NKE.
- - Le radar Furuno M 1623 souffre depuis quelques mois d'une panne aléatoire qui le met en alarme si l'émission dure plus de 5 à 6 minutes. En mode veille pas de souci, il peut fonctionner sans encombre plusieurs jours de suite. La panne est connue de l'installateur, ENM aux Sables d'Olonne, qui m'a indiqué le dépannage simple à effectuer à mon retour à Trinidad en décembre.
- - Le téléphone satellite Iridium fonctionne bien en toutes circonstances, mais l'installation de l'antenne extérieure sur le portique présente une fuite électrique. Solution de dépannage provisoire : alimenter le téléphone avec le chargeur 220 volts (convertisseur) et non pas par le circuit 12 volts du bord.
- - La BLU Icom 802 et le modem Pactor III fonctionnent bien. Des problèmes d'interférence dans les faisceaux de câbles ont été résolus par la mise en place de ferrites aux bons endroits. Coté utilisation : nous avons beaucoup apprécié la convivialité qu'apporte la BLU pour les communications en phonie de bateau à bateau et les cartes météo ; décu par la lenteur et le fonctionnement aléatoire de Saimail nous préférions l'Iridium pour les mails et les fichiers grib.
- - La VHF fixe Navicom est perturbé en réception par des interférences venant du PC. Problème non réglé à ce jour... peut être des ferrites feraient l'affaire là aussi.
- - Le PC au format mini ITX intégré dans la table à cartes et l'écran LCD 17 '' ont fonctionné parfaitement dans toutes les conditions. Seul défaut une consommation élevée de l'ordre de 4-5 ampères... mais il n'est pas allumé H24.
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7- Bilan confort à bord.
- - Le choix d'un désalinisateur Duo 60 (220 et 12 volts) de chez Desalator a été un bon choix. Il a fonctionné une centaine d'heures. La production est très proche des 60 litres annoncés. La fiabilité est bonne même si le fonctionnement en 2220 volts est problématique depuis quelques temps. Un passage chez l'agent de la marque en Martinique est prévu en janvier 2008.
- - Nous avons bu l'eau de la cuve aluminium de l'Ovni tout le temps. La cuve à eau a été asséchée et nettoyée à fond tous les six mois. L'adjonction d'un filtre à eau (charbon actif + céramique) de marque Katadyn sur l'évier a permis de consommer de l'eau potable et de bon goût. Les corvées d'approvisionnement des bouteilles d'eau minéral sont ainsi évitées.
- - Le débitmètre, le ballon d'eau chaude et le groupe d'eau sous pression ont bien fonctionné. Seul le vase d'expansion a du être échangé car la colle utilisée pour fixer le raccord avait fait fondre la matière plastique du fond du vase.
- - Les différentes pompes électriques (épuisement, douche, groupe) ont bien fonctionné, les filtres ont été régulièrement inspectés et nettoyés.
- - Le groupe froid Indel Isotherm refroidit un évaporateur et non pas une plaque eutectique. Il est refroidit par une circulation d'eau douce de la cuve à eau du bateau. Fonctionnement sans histoire. Seul un bornier de connexion de la pompe a cassé quand j'ai voulu le démonter pour dégripper une connexion... bilan : j'ai du changer le bloc abaisseur de tension de la pompe sur lequel le bornier était soudé et moulé.
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8- Bilan du matériel de sécurité & d'armement.
- - Le radeau de survie Plastimo est dans un container et dispose d'un logement dans la jupe arrière du bateau. A Salvador, nous avons constaté que les deux feuillards en plastique qui ceinturent le container étaient cassées, le container baillait. L'adhésif orange qui recouvre la fermeture du container avait également glissé. Deux sangles et du greytape ont permis de refermer proprement le container.
- - Bon point et mention particulière pour les amarres plates en flatline. Elles perdent vite le bel aspect initial... mais elles sont très résistantes, agréables à manoeuvrer et ne prennent pas trop de place dans les coffres. Seul défaut : on ne peut pas les tourner sur un winch.
- - Point crucial pour un voyage hauturier où les mouillages sont nombreux. L'annexe et son moteur HB. Pour l'annexe, le choix d'un modèle de 2,70 m en hypalon avec plancher en bois de chez Plastimo est mauvais. Après un an d'usage intensif, tous les accessoires fixés par des sangles sur les boudins ont cassé car les sangles se sont brûlées au soleil. Le tissu hypalon a relativement bien résisté : pas de fuite mais il présente des traces sérieuses d'usure. L'annexe Plastimo fabriquée en Chine est relativement bon marché pour une annexe hypalon... mais on en a pour son argent, c'est une fausse économie. Ma prochaine annexe sera une semi rigide hypalon « Caribe » ou « AB »... c'est certain.
- - Le moteur Tohatsu 6 cv quatre temps a bien fonctionné, mais comme beaucoup de moteurs HB récents il n'apprécie pas du tout l'éthanol présent dans l'essence brésilienne... il en découle un manque de puissance, un ralenti désastreux et des démarrages laborieux. Avec un carburant sans plomb de qualité... tout est rentré dans l'ordre.
- - Dernier point... mais tellement polémique sur les forums de voileux que je n'ose pas l'aborder !.... Je suis très content de l'ancre Brake de chez Mpi... jamais prise en défaut... mais cela n'engage que moi naturellement !!
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9- Bilan du matériel de pêche.
- - Je ne suis pas un grand pêcheur... c'est certain... mon expérience était nulle au départ et elle s'est enrichie au contact des autres bateaux et des pêcheurs plus chevronnés.
- - Le matériel embarqué était suffisant en nombre mais largement sous dimensionné (30-35 lbs au lieu de 80-85 lbs). Un gros moulinet à tambour tournant garni de 80/100 au minimum semble être la bonne taille. Une arbalète de plongée pour sortir les grosses pièces sur la jupe se révèle très utile. Enfin pêcher et traîner un hydrogénérateur est tout à fait possible mais il limite le nombre de ligne de traîne à une seule.
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10- Bilan des SAV.
Le recours aux services après-vente du constructeur et des fournisseurs s'effectue le plus souvent par email. Les conseils
techniques et les dépannages attendus en retour ont toujours été les bons, il ne faut cependant pas s'attendre à des réponses par retour du courrier... sauf exception ! Alubat, Desalator et ENM
ont été sollicités à plusieurs reprises avec succès. Une mention particulière pour Alubat et son directeur commercial Bernard Roucher :
- - Ramatoa, est resté immobilisé à Salvador de Bahia au Brésil à la suite du bris d'une pièce Volvo Penta défectueuse sur le moteur D2 55. L'incident est découvert le jour de Noël 2006.... très mauvaise date ! L'agent Volvo-Penta local n'est pas en mesure d'approvisionner la pièce défectueuse avant plusieurs semaines !
- Alubat contacté par mail et téléphone pendant la fermeture du chantier entre les fêtes de fin d'année a réagi immédiatement en alertant Volvo France qui m'a fait parvenir sous garantie les pièces nécessaires à la réparation effectuée ensuite par l'agent Volvo local. Sur cette affaire, Alubat a été exemplaire. Bernard Roucher, est intervenu pendant ses vacances, le chantier étant fermé.... grâce à sa gentillesse et à son action déterminante.... nous avons pu poursuivre normalement notre voyage vers l'amazone avec le rallye de îles du soleil.
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11- La chronologie des galères & des interventions.
- - (Graciosa, 09/2006) – Dépannage de l'alimentation 12 volts de la girouette-anémomètre Furuno.
- - (Puerto Rubicon, 10/2006) - Groupe électrogène Mastervolt : Fuite d'huile sur raccord banjo « trafiqué » à la mise en service.
- - (Tenerife, 10/2006) - Blocage au frein filet des vis de raccord des profils de l'enrouleur.
- - (200 milles au nord de Mindelo) - Fixation de l'axe vertical du vit de mulet de la bôme.
- - (Dakar 11/2006) - Échange du vase d'expansion du groupe d'eau.
- - (Transat 12/2006) – Pose de ferrites pour limiter les interférences sur la BLU et le modem Pactor III.
- - (Salvador de Bahia 12/2006) - Étanchéité refaite du passe-coque d'échappement du groupe électrogène Mastervolt.
- - (Salvador de Bahia 12/2006) - Pose patch de protection sur génois au niveau du balcon.
- - (Salvador de Bahia 01/2007) - Échange des pièces de l'accouplement de l'inverseur Volvo Penta.
- - (Amazone 03/2007) - Réparation télécommande filaire du guindeau.
- - (Amazone 03/2007) - Remplacement de deux pales de l'hydrogénérateur.
- - (Amazone 04-06/2007) - Réparation provisoire des déchirures du bimini.
- - (Amazone 04/2007)Remplacement d'une pale de l'éolienne.
- - (Trinidad 06/2007) - Remplacement du réducteur de tension de la pompe du groupe froid Indel Isotherm.
- - (Trinidad 06/2007) - Réparation définitive des déchirures du bimini.
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12- Les regrets & les solutions.
- - La trinquette sur étai volant est peu utilisée car elle n'est jamais à poste quand elle est nécessaire, son stockage dans un sac entre les balcons de pied de mât est gênante. Elle sera remplacée en janvier 2008 en Guadeloupe par une trinquette sur enrouleur Profurl.
- - Les panneaux solaires avaient été supprimés du bon de commande initial pour donner la préférence au groupe électrogène... c'est bien... mais cela serait encore mieux de ne plus faire de groupe au mouillage ! Deux panneaux fixes de 85-90 watts seront installés sur le portique à notre passage en Guadeloupe.
- - Les bateaux du rallye qui disposaient d'une annexe semi rigide m'ont démontré la supériorité incontestable de ces dernières. Une « Caribe » ou une « AB » de 2,80 m remplacera très prochainement la Plastimo hypalon à l'agonie... une fausse bonne idée et une fausse économie !
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13- Les évolutions possibles.
- - Installation d'un lave linge de 3 kg dans le local technique.
- - Mettre en place des équipets supplémentaires dans la cabine avant.
- - Installation d'un pilote électrique de secours, réflexion en cours... !
- - Remplacer le winch bâbord sur le roof par un winch de taille supérieure, voire même électrique.
- - Installation d'un 2° chargeur Cristec 60 A en parallèle du premier.
- - Remplacer la VHF fixe actuelle par un appareil disposant d'un combiné extérieur déporté.
- - Installation d'un récepteur AIS.
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14- Le mot de la fin...
Nous ne regrettons pas le choix de notre bateau et de son constructeur, du concept du dériveur intégral, des options retenus et des solutions techniques choisies. Si c'était à refaire aujourd'hui, je pense que nous ne changerions pas grand chose mais que nous inclurions dans le bon de commande initial les trois regrets évoqués plus haut.
Un bateau, c'est un peu comme une maison, il y a pas mal de maintenance et de bricolage.... mais cela fait partie du voyage à la voile... !
En résumé : peu de galères sérieuses... pas mal de sueur et beaucoup de bonheur à naviguer sur Ramatoa.
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