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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 16:29
Il va sans dire que nous n'envisageons pas la vie à bord en longue croisière sans un minimum de confort et sans cesse,  du moins au début, nous avons essayé d'améliorer notre bien-être.
RIDS36--pm-02.jpgEn tout premier lieu, j'ai acquis une petite machine à coudre, qui a trouvé sa place dans un équipet de la cabine avant.
Avant le départ, la maison fût transformée en atelier de couture pour :
  • - La réalisation des draps housse de tous nos matelas, qui vous vous en doutez ne sont pas rectangles !
  • - La confection des coussins de cockpit en mousse à cellules fermées (ne moisit pas et ne se transforme pas en éponge), habillés de toile à stores d'extérieur. Les fournitures ont été achetés chez des professionnels. L'entretien se fait facilement au ponton, au jet et à la brosse. Très bonne résistance après un usage intensif.
  • - La création de différents sacs en toile enduite blanche (de la toile à bâche de camion), comme celui pour le mouillage de l'annexe et le rangement de petits accessoires.
  • - Des chemins de table pour la table du cockpit (idée piquée sur Siùm), ou une nappe pour celle du carré, lorsque nous recevons les copains.

Aux Îles Canaries, à Santa-Cruz de Tenerife, gros travail pour réaliser les moustiquaires des panneaux de pont, et celle de la descente du carré. La solution retenue : de la toile enduite sur le dessus du panneau de pont et les trois autres cotés en  moustiquaire. Sur les quatre cotés de la base, une chaînette en inox est glissée dans un gousset. Toutes les moustiquaires ont été traitées initialement par trempage dans une solution anti-moustiques.
RIDS36--pm-01.jpgA Dakar, fabrication de deux matelas genre matelas de plage, pour mieux dormir pendant mon quart de nuit... les coussins jaunes du cockpit étant un peu trop fermes !!

Arrivés au Brésil, Christina l'épouse de l'artisan voilier d'Itaparica, nous a  réalisé des  « pare-soleil latéraux », bien utiles en escale quand le soleil tape trop fort, ou pour s'isoler de ses proches voisins. Elle confectionne également une bâche récupératrice de pluie. A Belèm nous la mettrons en place et nous avons amélioré sa fixation sous la bôme tout au long du parcours sur l'Amazone. Nous avions emporté de la Rochelle une grande surface de bâche à camion blanche.

Benoît a de son coté réalisé quelques bricolages pour améliorer notre confort à bord.
  • - Tous les contre-plaqués sous les couchettes avants et arrières ont été largement percés avec une scie cloche pour améliorer l'aération des coffres. Les matelas reposent sur des sommiers à lattes de marque Bedflex (lattes à découper une par une à la forme de la couchette) l'humidité est ainsi évacuée efficacement et le confort des couchettes amélioré.
  • - Des toiles anti-roulis pour les banquettes du carré ont été installées. Elles sont fixées par une latte aluminium à l'intérieur des coffres et n'en gênent pas l'ouverture, dans le gousset du haut une deuxième latte d'aluminium. Au repos les toiles sont roulées invisibles sous le rebord de la banquette maintenues par des velcros.
  • - Une sangle de retenue réglable devant la gazinière.
  • - Dans le cabinet de toilette, la barre inox pour suspendre les cirés a émigré dans le local technique et des panières à légumes en fil métallique occupent maintenant cette place où les fruits et légumes se conservent mieux.
  • - Des  petits ventilateurs 12 volts ont été fixés au dessus des couchettes de la cabine avant.
RIDS36--pm-03.jpgUn grand regret, celui de n'avoir pas installé un lave-linge pendant la construction de Ramatoa. Dés l'Espagne, la galère a commencé, pas de machine ou appareil en panne dans les marinas. Laverie a l'autre bout de la ville, quand il y en a, temps perdu (n'oubliez pas votre livre de poche), linge égaré ou d'une couleur douteuse, blanchisserie hors de prix etc..... Sur le rallye les GO organisaient le ramassage du linge avec des blanchisseries pour l'ensemble des bateaux et...  se finissaient souvent par une « foire au linge », où chaque équipage est venu chercher, qui son tee-shirt, qui son bermuda, une autre fois, j'ai hérité d'une chemisette, d'un paréo .... donc appel vhf, pour retrouver les propriétaires. Il y a parfois des situations cocasses, comme les lave-linge, installés dans le vestiaire des hommes, à la Corogne. Je vous laisse imaginer la suite !
Nous pensons acquérir une machine de 3 kgs, dés que possible, ce n'est pas du luxe !


Pour la décoration, réalisée au fil de nos escales, des petites toiles ou cadres sont accrochés avec du velcro double face... je laisse trainer un paréo sur la banquette bâbord, mon coin préféré.

Notre ovni comporte beaucoup de coffres et équipets, il est donc facile de ranger correctement dans des boites rectangles tout le menu outillage dont j'ai besoin, sans encombrer le local technique réservé aux pièces détachées, au groupe électrogène, au dessalinisateur,  à l'annexe, à la balise,aux bidons de survie etc ...... nécessaires à la bonne marche de Ramatoa.

Dans nos bagages pour repartir à Trinidad, nous emmenons le matériel pour mettre deux spots de lecture à LED au dessus des banquettes du carré. Nous installerons également des patères  et des filets de rangement dans la cabine avant.
RIDS36--pm-04.jpgVoici la fin de cet article, dans mon prochain avurnav je vous parlerai de la vie au quotidien en grande croisière.
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Published by Benoît & Dominique - dans La page de la skipette
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 11:42
Se nourrir correctement est indispensable en navigation, si en plus vous aimez cuisiner, recevoir les copains, cela devient un plaisir. Tâche EXTENUANTE pendant une transat, avec la cuisine à bâbord, le bateau gîtant de l'autre coté et que vous êtes la seule à savoir vous servir d'une casserole !RIDS35--pm-05.jpg Avant le départ, achat de l'épicerie de base : sel, poivre, thym (3 boites), laurier etc, 4 kg de pâtes, 3 kg de riz, 5 kg de farine, 7 paquets de levure de boulangerie déshydratée, 5 L d'huile d'olive (en Espagne l'huile d'olive est aussi chère qu'en France), thé, café lyophilisé, lait en brique ou concentré, céréales, tartines grillées, et un assortiment de conserves : cassoulet, choucroute, raviolis, haricots verts.... mis à part de la sauce tomate, des petits pois « pas très fins », du thon et des sardines, nous ne trouvons pas de plats préparés en boites, ni de thym et de laurier, ni de charcuterie (saucissons, terrines etc ....) en dehors de nos frontières.

Pour le beurre en boite, pratique pour réaliser les pâtes à tarte, nous en trouvons facilement aux Canaries de marque Hollandaise, tout à fait correct, par contre celui acheté au Brésil est nettement moins bon, sinon voici une bonne adresse.

Par des jours bien froids, à la maison, j'ai réalisé des conserves : confits de canard, rôtis de porc aux herbes, boeuf bolognaise . Nous les avons appréciés ensuite pendant les longues traversées.

 

RIDS35--pm-01.jpgLes jours ou les nuits où cela bougeait trop nous avons aimé les soupes chinoises, offertes par Sylvia et Ralph.
RIDS35--pm-03.jpgTout le long de notre parcours, j'ai acheté des fruits et légumes frais (moins sur l'amazone), qui par précaution, sont systématiquement trempés dan un bain de permanganate avant d'être consommés. Attention : les pommes de terre se conservent très mal !
RIDS35--pm-06.jpgA bord, nous avons une machine à pain, arrimée dans le local technique. Le cycle complet de cuisson étant trop long, je m'en sers uniquement pour pétrir.
RIDS35--pm-09.jpgA la fin de la 1ere levée, je sépare le pâton en deux, une partie ira au frigo, l'autre sera avant la 2ième levée façonnée, soit en 1 ou plusieurs boules pour une cuisson au four, soit en une grande galette pour une cuisson à la poële. Pendant la transat, j'ai totalement raté la cuisson en cocotte-minute. Je me sers aussi de la pâte pour réaliser des pizzas cuites à la poële.

La veille du départ, j'ai acquis de la présure en pharmacie, j'ai pu ainsi réaliser aux escales des yaourts tout le long de notre parcours. Vous trouverez la recette dans le livre de votre autocuiseur, mais attention plus il fait chaud plus vous devez réduire le temps de fermentation. Pour la transat nous avions un assortiment longue conservation, acheté à Dakar.

Il a fallu attendre d'être entre les Canaries et le Cap-vert pour réussir à pécher notre première dorade coryphène... franchement nous ne sommes pas très doués, mais alors là quel régal !!! Seul problème, n'ayant pas de congélateur nous en consommons pendant 3-4 jours d'affilée, mais maintenant que mes bocaux de stérilisation sont vides je pourrais faire des conserves, sauf en zone de ciguatera. Sur le Siné-Saloum, et au Brésil, nous nous sommes délectés de crevettes, vendues par les pêcheurs.

En général nous n'avons pas eu trop de problème de surplus de stocks ni de conservation de nos produits, sauf pour deux paquets de pâtes, achetés à Dakar, squattés par des charançons.

Tous les ingrédients tels que farine, riz etc... sont transvasés, dés l'achat dans des boites solides. Les bidons d'huile métalliques rouillent, donc là aussi transfert dans des bidons plastiques.

Grâce à notre désalinisateur, 60 l/heure, fini la corvée du transport et du stockage des packs d'eau (sauf sur l' amazone, of course!). Nous avons toujours consommé l'eau des cuves alu du bateau, un filtre charbon actif – céramique, de marque Katadyn, est installé sur l'évier pour l'eau de boisson, l'eau est bonne sans goût excessif. A Itaparica, une île en face de Salvador de Bahia, nous avons fait, comme tous les autres bateaux, le plein d'eau de source, quel luxe !
RIDS35--pm-07.jpgDans les fonds, nous avons rangé les bouteilles de jus de fruits, les boites de soda, de bières. Benoît a prévu quelques bouteilles de vin pour les soirées entre amis. N'oubliez pas d'honorer Neptune, lors du passage de la ligne, par une coupe de Champagne.
RIDS35--pm-08.jpgEn résumé, nous avons fait quatre gros avitaillements, un avant le départ à la Rochelle, le 2ième à Ténérife, le 3ième à Dakar, le dernier à Salvadore de Bahia. Par contre je n'ai pratiquement pas fait de courses à Tobago § Trinidad, cela sera une découverte en Décembre. Mais je crains le pire dans les îles anglo-saxonnes! Je vous raconterai.

Dans le prochain article, je vous parlerai de bricolage et de confort à bord.

A bientôt... la skipette.

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 15:19
Après des mois de préparation, après une année de navigation, et avant de repartir... voici  venu le temps d'un petit bilan de cette extraordinaire aventure.

Cette série d'articles ne sera pas écrite dans un ordre chronologique, mais thématique, tel que santé, avitaillement , vie à bord etc .... car, semble-t'il, ce blog manque d'une touche féminine !

1- Santé.

Avant le départ nous avions suivi ensemble un stage d' ATMSI (apprentissage aux techniques médicales en situation d'isolement).  Wouaps... pas triste...  le découpage et les points de suture des pieds de cochons sanguinolents d'éosine !

Je suis allée aussi en stage à  la SNSM à la Rochelle, pour repasser mon diplôme de secouriste.

Pendant la même période, bilan de santé pour nous deux, et rappels de vaccins (DTPolio, Hépatite etc...).

En plus des nombreux médicaments à embarquer dans la pharmacie de bord, dont vous trouverez ici la liste, nous avons fait le choix du Doxiplalud comme antipaludéen pour les zones infestées d'Afrique et d'Amazonie (plus économique que le Malarone et sans les effets secondaires du Lariam).

Pour combattre le mal de mer, après une trop longue escale je prends de la Cinnarizine, les médicaments genre Mercalm me font bien dormir, impensable en équipage réduit, et je réagis  très mal aux patchs transdermiques de type Scopoderm.

Les médicaments sont rangés dans des boites hermétiques, sans leurs emballages, mais avec les notices, dans un coffre sous la banquette du carré. Une trousse d'urgence est à portée de mains, dans un équipet du carré, elle servira souvent pour soigner les petites coupures, ecchymoses, ou coups de soleil sur les oreilles de Benoît.

2- Hygiène.

Tant que le temps était frais nous prenions nos douches (une par jour... vive le désalinisateur) dans le cabinet de toilette, par la suite c'est dans le cockpit que nous faisions nos ablutions, Ramatoa est équipé d'une douchette sur la jupe arrière. C'est très agréable de se sécher au soleil, caressée par les alizés.
J'ai très vite supprimé nos gants de toilette, ils dégagent une mauvaise odeur dés la première utilisation, au profit de petites lingettes en microfibre, plus facile à laver et séchant rapidement.

Dans tous les sanitaires fréquentés, même nettoyés quotidiennement, je garde mes tongues (y compris dans le bac à douche), il y a trop de rats qui courent la nuit prés des bâtiments.

Après avoir découpé du poisson, la meilleure façon d'ôter son odeur tenace sur vos mains est encore de les savonner longuement au savon de Marseille (les savons sans eau sont inefficaces).

Au Brésil, les gels douche sont moins répandus que chez nous, il vaut mieux avoir une réserve à  bord, par contre pour les shampoings et soins capillaires, la surabondance me laisse parfois perplexe.

3- Beauté.

Au début nous utilisions quotidiennement des crèmes de protection solaire, par la suite ce fût de façon plus épisodique, sauf en plongée, attention aux épaules ....

Inutile d'acheter un stock énorme de lait corporel, dés qu'il fait très chaud, la peau traitée se met à transpirer, ce qui est, reconnaissez le, fort désagréable.

Sinon, petite trousse de maquillage habituelle, aucune difficulté pour trouver un produit manquant.
Par petit temps, bien installée dans le cockpit, vous pouvez jouer à la manucure, là aussi pas d'ennui pour dénicher, même dans les petits villages, les articles nécessaires, à condition de ne pas être trop exigeante sur la marque de votre vernis ....

Épilation : attendez d'être au port pour utiliser la cire chaude ! au Brésil, il y a  une profusion de salons de beauté, profitez en, c'est vraiment peu onéreux, sympathique, et parfois comique, comme avec cette esthéticienne qui m'a déposé un caramel dans la bouche au moment de l'épilation maillot !
RIDS34--pm-01.jpgToujours au Brésil, j'ai souvent profité de massages bien-être, dommage que cela soit si coûteux en France.

Au hasard des escales j'ai pu aller chez le coiffeur, cela m'a permis en plus de rencontrer des
filles charmantes et d'essayer d'améliorer mon espagnol, puis mon portugais.

Le premier article bilan se termine ici, j'espère qu'il répondra à ces mille et une petites questions qui me sont posées régulièrement mais il va de soit que je répondrai en toute amitié à des demandes d'éclaircissements ou de détails. Le prochain article portera sur l'avitaillement et la cuisine à bord.

A bientôt... la skipette.
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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 09:22
Présenter un bilan technique après une simple année de navigation est un peu présomptueux, mais il est attendu impatiemment par certains d'entre-vous... je m'exécute donc, peut-être vous sera-t-il utile ! En effet partir pour un voyage d'un an avec un bateau neuf (moins de 600 milles au compteur au départ) est intéressant et cela met en évidence les points à ne pas négliger dans la préparation du bateau, surtout si elle doit être courte.
Par ailleurs notre année de navigation s'est toujours passée dans des conditions de temps raisonnables voire clémentes ; mon expérience de navigateur hauturier est limitée et 10 000 milles parcourus en un an ne constituent pas un test exceptionnel.
Enfin les lignes ci-dessous, parfois sombres ou négatives, ne doivent pas ternir le sentiment de satisfaction générale et de réussite totale de cette première année de voyage, on parle toujours des trains en retard et jamais de ceux qui arrivent à l'heure à destination !
RIDS33--pm-06.jpg Je ne reviens pas volontairement sur les problèmes rencontrés et résolus pendant la phase de mise au point du bateau à sa mise à l'eau, c'est un déverminage indispensable où rien ne doit être laissé de coté. Les articles sur la préparation de Ramatoa en ont déjà longuement traité.

L'article est un peu long et technique, il s'adresse à des voileux, et a été découpé en 14 chapitres et présente des liens vers des articles déjà publiés.

1- Bilan construction Alubat.

2- Bilan gréement & accastillage.

3- Bilan voilerie & sellerie.

4- Bilan moteur Volvo-Penta.

5- Bilan énergie électrique.

6- Bilan de l'électronique de bord.

7- Bilan confort à bord.

8- Bilan du matériel de sécurité & d'armement.

9- Bilan du matériel de pêche.

10- Bilan des SAV.

11- La chronologie des galères & des interventions.

12- Les regrets & les solutions.

13- Les évolutions possibles.

14- Le mot de la fin...

1- Bilan construction Alubat.

  • RIDS33--pm-02.jpg- Aucun problème de structure n'est à signaler, la construction est solide, aucun jeu anormal n'est apparu dans les appendices mobiles. Seule une légère fuite hydraulique du mécanisme de relève du safran sera à vérifier à notre retour sur Ramatoa.
  •  
  • - Les peintures ont globalement bien résisté, deux endroits laissent apparaître du clocage : le pied de mât et les embases du balcon arrière. Pour ces dernières, la pose de plaques d'isolation (fournies par le SAV) résoudra le problème. Pour le reste il s'agit de quelques éclats sur le davier liés à la manipulation du mouillage.
  •  
  • - Le vernis qui protège les effets moirés de l'aluminium de la coque ne résiste pas longtemps au frottement des défenses... seule l'esthétique en souffre.
  •  
  • - A l'intérieur, les vernis ont foncé au soleil... mais de façon homogène. Autour de l'évier ils commencent à blanchir par endroit.
  •  
  • - Les menuiseries sont restées impeccables, quelques points sont cependant à noter :
1. La porte coulissante de la cabine avant est bloqué en position ouverte et impossible de la démonter... mystère qui attendra notre retour aux Sables d'Olonne !

2. De nombreuses charnières demandent à être revissées avec des vis plus longues, car le vissage initial s'est effectué trop vigoureusement avec une visseuse électrique.

3. Les verrous poussoirs gris alu ne sont pas éternels, mais ils se changent aisément.
  •  
  • - Coté sellerie : l'occultant (face supérieure blanche) de tous les rideaux des panneaux horizontaux a fondu au soleil et il est devenu collant. Donnés au chantier, il vont être refaits par le sellier.
  •  
  • - Seul point noir sérieux à ce bilan flatteur pour le constructeur concerne les dégradations sérieuses du bas du meuble de la glacière, il mérite un développement car il est constaté de façon récurrente sur de nombreux modèles d'Ovni.
Le constat est simple : de l'eau s'écoule  de la glacière et pourrit les boiseries en parties basses (dessous du bac, tiroirs et façade du meuble). Je ne parle pas de l'eau qui pourrait stagner au fond de la cuve du frigidaire car elle s'écoule normalement dans les fonds par la vidange, de plus la cuve est bien étanche. Il s'agit de la condensation de l'air chaud et humide qui s'effectue sur les parois extérieures fraîches de l'isolant (soit directement sur l'isolant, soit sur le CP qui l'emprisonne) ; ce phénomène imperceptible sous nos latitudes est flagrant sous les tropiques.

A mon passage au chantier, début juillet, nous avons regardé de près à l'atelier de menuiserie la construction de la glacière : la cuve intérieure blanche est bien étanche ; l'isolant d'une épaisseur moyenne de 6-7 cm est emprisonné dans du contreplaqué sur trois cotés, sur le dessus et le fond ; le coté arrière de la glacière n'est pas doublé de CP. Il n'y pas d'espace libre suffisant entre le CP et l'isolant pour qu'une lame d'air condense.

Après avoir vu cela : la menuiserie de ce bloc n'est pas en cause...  à mon sens le problème vient seulement du fait que l'isolation de la glacière est insuffisante (épaisseur trop faible ou isolant peu performant). J'en veux pour preuve les points suivants : - Les parois de la glacière sont toujours fraîches. - Le matin sous les tropiques, le plan de travail du dessus de la glacière est couvert de condensation... ce n'est pas normal et cela doit être pareil sur toutes autres faces de la glacière. - Mauvais rendement du groupe froid, il tourne 20 heures sur 24 en moyenne.

Quelle solution apporter ? Difficile d'intervenir en l'état. Il faut rechercher des isolants plus performants.... cela doit exister car il est difficile d'envisager une isolation plus épaisse.

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2- Bilan gréement & accastillage.

Globalement le gréement Zspars et l'accastillage Lewmar sont bien dimensionnés et disposés. Une inspection régulière a permis de mettre en avant les points ci-dessous :    
  •  
  • - L'axe vertical du vit de mulet s'est échappé en navigation. Prévu pour être bloqué par une vis arrêtoir et une goupille fendue de sécurité, l'axe vertical et la ferrure du vit de mulet montés sur Ramatoa ne permettaient pas de mettre en place la goupille, seule la vis était présente... mais cela n'est pas suffisant !  A mon sens, c'est la ferrure posée sur le mât (pièce quasiment symétrique) qui a été fixée tête en bas par le fournisseur de l'espar.
  •  
  • - Suite à une fausse manoeuvre de ma part, le hale bas rigide de la bôme est venu forcer sur le balcon de pied de mât. Le tube inférieur est légèrement tordu.
  •  
  • - L'accastillage Lewmar a bien fonctionné, pour les winchs d'écoute de génois surdimensionnés... c'est OK. Par contre le winch de bâbord sur le roof s'avère trop juste pour la drisse de GV.
  •  
  • - Les pièces en inox haute résistance de Lewmar et Wichard rouillent rapidement. Le nettoyage avec de la pâte inox est nécessaire régulièrement tous les six mois.
  •  
  • - Le circuit de commande du frein de bôme Walder n'est pas parfait, il gêne l'ouverture de deux petits panneaux de pont. Une poulie de renvoi à plat pont est nécessaire pour améliorer le circuit. Le fonctionnement du frein n'apporte aucune critique... quelle sécurité !
  •  
  • - Les manoeuvres courantes ne sont plus neuves, mais elles sont encore dans un bon état. Les drisses ont été raccourcies, les écoutes retournées. Seule la drisse de GV est à surveiller car elle s'use assez rapidement à la sortie de la boite à réas de tête de mât.

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3- Bilan voilerie & sellerie.

RIDS33--pm-01.jpgDans ce domaine, le bilan est très bon. Nous avons pris soin de nos voiles (standard  Xvoiles), avons traqué en permanence les points de frottement. Les arrêtes des barres de flèches poussantes ont été protégées. Un check up complet des deux voiles sur le parquet du voilier à Trinidad en a apporté la preuve... aucune réparation à envisager.
  •  
  • - Le génois s'est usé aux allures portantes sur le balcon.... c'est un grand classique... inévitable. Une protection est posée au Brésil. Ce génois gagnerait à posséder une coupe triradiale en hydranet... c'est une question de budget !
  •  
  • - La grand voile full batten est très bien coupée et ne présente pas de déformation. Les ris automatiques et les chariots de GV fonctionnent bien. RAS.
  •  
  • - Très content également du spi asymétrique Momentum gréé sur le bout-dehors installé sur le davier bâbord.
  •  
  • - Bimini et capote sont piqués à l'intérieur par des étoiles de moisissures. L'extérieur est resté impeccable. Réparations effectuées après des accrocs dans le bimini (pale éolienne et bôme).

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4- Bilan moteur Volvo-Penta.

Le moteur D2-55 Volvo-Penta de Ramatoa a fonctionné pendant 860 heures au cours de ces 10 500 milles parcourus exclusivement pour propulser le bateau (pas de production électrique au mouillage). Le manque de vent pour rejoindre Tenerife puis le périple amazonien expliquent ce chiffre élevé.
Un entretien régulier a été effectué (vidanges, filtres, tension des courroies et niveaux), la turbine de pompe à eau a été changée préventivement avant d'attaquer les 180 heures de navigation au moteur sur l'Amazone. Fonctionnement impeccable de ce groupe propulsif de 55 cv associé à une hélice Maxprop tout à fait adapté à ce bateau.
Il faut cependant noter et regretter...     
  •  
  • - La casse d'une pièce moteur lors de notre séjour au Brésil où nous sommes restés immobilisés plusieurs semaines. Pour plus de détail sur le bris de cette flasque de fixation de l'inverseur, je vous renvoie vers les photos et l'article rédigé à cette occasion. L'intervention a été prise au titre de la garantie par Volvo France. OK c'est très bien, mais l'incident qui nous est arrivé était connu du constructeur suédois car depuis je connais trois autres bateaux équipés du même moteur et qui ont subi le même bris de pièce... problème manifeste de production et de qualité sur cette pièce de fonte d'aluminium moulé.
  •  
  • - Le tableau de bord du moteur est installé sur la colonne de barre. Il est naturellement exposé à la pluie et à l'humidité que l'afficheur LCD de l'horamètre ne semble pas apprécier. Régulièrement il ne fonctionne plus puis au bout de plusieurs heures de moteur l'afficheur se remet en  route, le compte des heures reste exact. Ce n'est pas vital mais il faut échanger le tachymètre complet,   j'en aurai un dans mes bagages à mon retour à Trinidad en décembre. Là encore la fiabilité légendaire de Volvo-Penta est prise en défaut.

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5- Bilan énergie électrique.

Domaine hautement sensible que celui de l'énergie à bord... le confort et la sécurité sont    tributaires du bon fonctionnement et de l'homogénéité des systèmes de production électrique. Je suis assez satisfait du résultat même si des points sont perfectibles.
  •  
  • - Le groupe électrogène Mastervolt 3000 tr/mn de 3,5 kva a fonctionné 300 heures, essentiellement au mouillage et n'a rencontré que deux problèmes : - Une fuite d'huile due à un raccord cuivre défaillant sur un raccord banjo. - Une entrée d'eau de mer, découverte pendant la transat,  sur le passe coque de l'échappement due à une mauvaise étanchéité de ce dernier.
  •  
  • - La puissance du groupe était suffisante pour produire de l'eau douce en 230 volts avec le Desalator duo 60, charger les batteries via le chargeur Cristec 60 A et faire du pain avec la machine à pain.... bref le grand luxe !
  •  
  • - RAS pour le chargeur Cristec de 60 A. la puissance est un peu juste pour un parc de 510 ampères qui accepterait aisément un courant de charge de 20% (cf. la documentation des batteries gel Mastervolt, c'est à dire 110 A environ). Les heures de charge sous groupe seraient réduites.
  •  
  • - RAS pour l'alternateur supplémentaire 90 A Mastervolt et son régulateur Alpha pro 3 étapes. Avant le départ l'installation mécanique d'origine de l'alternateur avait été revue pour limiter son porte à faux et améliorer l'alignement de la courroie d'entraînement.
  •  
  • - RAS pour l'éolienne Aerogen 6 d'ATMB, silencieuse et produisant ses 5 ampères avec 15-17 noeuds de vent apparent... c'est pas si mal. Graissage régulier du palier et échange d'une pale après un choc accidentel sur le bimini.
  •  
  • - L'hydrogénérateur Aquagen d'ATMB produit 5 ampères minimum si la vitesse du bateau est supérieure à 5 noeuds. La trainée est estimée à 0,3–0,5 noeuds. Il est difficile à remonter sans stopper le bateau. Les extrémités (manilles coté turbine et coté alternateur) sont à vérifier régulièrement. Par ailleurs pour limiter voire supprimer les sauts de la turbine hors de l'eau à vitesse élevée et avec de la houle, il ne faut pas hésiter à porter la longueur de la ligne à une bonne vingtaine de mètres de drisse pré-étirée et non pas les 15-16 m trop souple de la ligne d'origine. Une turbine de rechange est une sage précaution car j'ai perdu les deux pales de la turbine arrachées par un filet sur les côtes brésiliennes.
  •  
  • - Le contrôleur de batterie Mastervolt BTM1 est un complément indispensable pour suivre ce qui se passe au niveau du parc servitude. Il vous met à l'abri des mauvaises surprises. Cependant son fonctionnement n'est pas parfait car le % affiché dérive sans raison régulièrement. Le montage est correct, le problème est actuellement soumis à Mastervolt et à l'installateur dont j'attends les réponses.
En navigation le bilan est presque satisfaisant, par vent de travers de 15 noeuds minimum, l'éolienne et l'hydrogénérateur compensent les principaux consommateurs que sont par ordre d'importance le frigo, le pilote et l'électronique de bord (PC exclus). Aux allures partantes ou par vent trop faible, un complément quotidien de moteur ou de groupe est nécessaire pendant 2 à  3 heures environ.  Au mouillage le bilan est mauvais car seule l'éolienne produit si le vent est de la partie et il faut faire à deux reprises au moins 2 heures de groupe pour compenser les 140 à 150 ampères (frigo + éclairages)  consommés quotidiennement. La présence de panneaux solaires améliorerait sensiblement l'autonomie au mouillage et assurerait une quasi autonomie en navigation.

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6- Bilan de l'électronique de bord.

RIDS33--pm-05.jpgLe cahier des charges initial avait permis de bien visualiser les résultats attendus. De ce coté... satisfaction totale. Coté fiabilité des différents matériels le bilan est plus mitigé sans être négatif.
  •  
  • - La centrale NKE a fonctionné parfaitement, la réinitialisation des données NMEA a été nécessaire à 2 ou 3 reprises seulement. RAS pour les afficheurs. Un loch électromagnétique est sûrement préférable à une roue à aubes trop souvent perturbée par des concrétions ou des algues... la vitesse surface ainsi affichée n'est pas fiable.
  •  
  • - La girouette-anémomètre à ultrason Furuno, insuffisante pour le régatier me semble suffisante pour le croiseur hauturier. elle est tombée en panne électrique suite à une connexion défaillante dans le bornier du boîtier de la table à cartes. Par la suite à 3 ou 4 reprises elle a eu un fonctionnement aléatoire (coupure de l'affichage) sans que je puisse déterminer avec certitude si la panne provient du capteur lui même ou de l'importation des données NMEA dans le bus topline de la centrale NKE.
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  • - Le gyropilote NKE a fonctionné parfaitement sur la totalité du parcours. Nous n'avons barré que quelques heures (moins de 5 ou 6) sur l'ensemble des traversées. Contrôle excellent du bateau à toutes les allures (y compris dans les grains les plus violents), consommation raisonnable, très bonne fiabilité de tous les composants (calculateur, vérin hydraulique et son moteur). Le capteur d'angle de barre a montré des signes de faiblesse à la fin du parcours, il fait l'objet d'un échange standard de la part de NKE.
  •  
  • - Le radar Furuno M 1623 souffre depuis quelques mois d'une panne aléatoire qui le met en alarme si l'émission dure plus de 5 à 6 minutes. En mode veille pas de souci, il peut fonctionner sans encombre plusieurs jours de suite. La panne est connue de l'installateur, ENM aux Sables d'Olonne, qui m'a indiqué le dépannage simple à effectuer à mon retour à Trinidad en décembre.
  •  
  • - Le téléphone satellite Iridium fonctionne bien en toutes circonstances, mais l'installation de l'antenne extérieure sur le portique présente une fuite électrique. Solution de dépannage provisoire : alimenter le téléphone avec le chargeur 220 volts (convertisseur) et non pas par le circuit 12 volts du bord.
  •  
  • - La BLU Icom 802 et le modem Pactor III fonctionnent bien. Des problèmes d'interférence dans les faisceaux de câbles ont été résolus par la mise en place de ferrites aux bons endroits. Coté utilisation : nous avons beaucoup apprécié la convivialité qu'apporte la BLU pour les communications en phonie de bateau à bateau et les cartes météo ; décu par la lenteur et le fonctionnement aléatoire de Saimail nous préférions l'Iridium pour les mails et les fichiers grib.
  •  
  • - La VHF fixe Navicom est perturbé en réception par des interférences venant du PC. Problème non réglé à ce jour... peut être des ferrites feraient l'affaire là aussi.
  •  
  • - Le PC au format mini ITX intégré dans la table à cartes et l'écran LCD 17 '' ont fonctionné parfaitement dans toutes les conditions. Seul défaut une consommation élevée de l'ordre de 4-5 ampères... mais il n'est pas allumé H24.

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7- Bilan confort à bord.

  •  
  • - Le choix d'un désalinisateur Duo 60 (220 et 12 volts) de chez Desalator a été un bon choix. Il a fonctionné une centaine d'heures. La production est très proche des 60 litres annoncés. La fiabilité est bonne même si le fonctionnement en 2220 volts est problématique depuis quelques temps. Un passage  chez l'agent de la marque en Martinique est prévu en janvier 2008.
  •  
  • - Nous avons bu l'eau de la cuve aluminium de l'Ovni tout le temps. La cuve à eau  a été asséchée et nettoyée à fond tous les six mois. L'adjonction d'un filtre à eau (charbon actif + céramique) de marque Katadyn sur l'évier a permis de consommer de l'eau potable et de bon goût. Les corvées d'approvisionnement des bouteilles d'eau minéral sont ainsi évitées.
  •  
  • - Le débitmètre, le ballon d'eau chaude et le groupe d'eau sous pression ont bien fonctionné. Seul le vase d'expansion a du être échangé car la colle utilisée pour fixer le raccord avait fait fondre la matière plastique du fond du vase.
  •  
  • - Les différentes pompes électriques (épuisement, douche, groupe) ont bien fonctionné, les filtres ont été régulièrement inspectés et nettoyés.
  •  
  • - Le groupe froid Indel Isotherm refroidit un évaporateur et non pas une plaque eutectique. Il est refroidit par une circulation d'eau douce de la cuve à eau du bateau.  Fonctionnement sans histoire. Seul un bornier de connexion de la pompe a cassé quand j'ai voulu le démonter pour dégripper une connexion... bilan : j'ai du changer le bloc abaisseur de tension de la pompe sur lequel le bornier était soudé et moulé.  

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8- Bilan du matériel de sécurité & d'armement.

  •  
  • - Le radeau de survie Plastimo est dans un container et dispose d'un logement dans la jupe arrière du bateau. A Salvador, nous avons constaté que les deux feuillards en plastique qui ceinturent le container étaient cassées, le container baillait. L'adhésif orange qui recouvre la fermeture du container  avait également glissé. Deux sangles et du greytape ont permis de refermer proprement le container.
  •  
  • - Bon point et mention particulière pour les amarres plates en flatline. Elles perdent vite le bel aspect initial... mais elles sont très résistantes, agréables à manoeuvrer et ne prennent pas trop de place dans les coffres. Seul défaut : on ne peut pas les tourner sur un winch.
  •  
  • - Point crucial pour un voyage hauturier où les mouillages sont  nombreux. L'annexe et son moteur HB. Pour l'annexe, le choix d'un modèle de 2,70 m en hypalon avec plancher en bois de chez Plastimo est mauvais. Après un an d'usage intensif, tous les accessoires fixés par des sangles sur les boudins ont cassé car les sangles se sont brûlées au soleil. Le tissu hypalon a relativement bien résisté : pas de fuite mais il présente des traces sérieuses d'usure. L'annexe Plastimo fabriquée en Chine est relativement bon marché pour une annexe hypalon... mais on en a pour son argent, c'est une fausse économie. Ma prochaine annexe sera une semi rigide hypalon « Caribe » ou « AB »... c'est certain.
  •  
  • - Le moteur Tohatsu 6 cv quatre temps a bien fonctionné, mais comme beaucoup de moteurs HB récents il n'apprécie pas du tout l'éthanol présent dans l'essence brésilienne... il en découle un manque de puissance, un ralenti désastreux et des démarrages laborieux. Avec un carburant sans plomb de qualité... tout est rentré dans l'ordre.
  •  
  • - Dernier point... mais tellement polémique sur les forums de voileux que je n'ose pas l'aborder !....  Je suis très content de l'ancre Brake de chez Mpi... jamais prise en défaut... mais cela n'engage que moi naturellement !!

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9- Bilan du matériel de pêche.

Voilà enfin un domaine où le bilan n'est vraiment pas brillant ! Bien sur nous avons pêché des poissons... mais beaucoup moins que d'autres bateaux ! A cela deux explications :
  •  
  • - Je ne suis pas un grand pêcheur... c'est certain... mon expérience était nulle au départ et elle s'est enrichie au contact des autres bateaux et des pêcheurs plus chevronnés.
  •  
  • - Le matériel embarqué était suffisant en nombre mais largement sous dimensionné (30-35 lbs au lieu de 80-85 lbs). Un gros moulinet à tambour tournant garni de 80/100 au minimum semble être la bonne taille. Une arbalète de plongée pour sortir les grosses pièces sur la jupe se révèle très utile. Enfin pêcher et traîner un hydrogénérateur est tout à fait possible mais il limite le nombre de ligne de traîne à une seule.

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10- Bilan des SAV.

RIDS33--pm-03.jpgLe recours aux services après-vente du constructeur et des fournisseurs s'effectue le plus souvent par email. Les conseils techniques et les dépannages attendus en retour ont toujours été les bons, il ne faut cependant pas s'attendre à des réponses par retour du courrier... sauf exception ! Alubat, Desalator et ENM ont été sollicités à plusieurs reprises avec succès. Une mention particulière pour Alubat et son directeur commercial Bernard Roucher :

  •  
  • - Ramatoa,  est resté immobilisé à Salvador de Bahia au Brésil à la suite du bris d'une pièce Volvo Penta défectueuse sur le moteur D2 55. L'incident est découvert le jour de Noël 2006.... très mauvaise date ! L'agent Volvo-Penta local n'est pas en mesure d'approvisionner la pièce défectueuse avant plusieurs semaines !
  •  
  • Alubat contacté par mail et téléphone pendant la fermeture du chantier entre les fêtes de fin d'année a réagi immédiatement en alertant Volvo France qui m'a fait parvenir sous garantie les pièces nécessaires à la réparation effectuée ensuite par l'agent Volvo local. Sur cette affaire, Alubat a été exemplaire. Bernard Roucher, est intervenu pendant ses vacances, le chantier étant fermé.... grâce à sa gentillesse et à son action déterminante.... nous avons pu poursuivre normalement notre voyage vers l'amazone avec le rallye de îles du soleil. 

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11- La chronologie des galères & des interventions.

Voici présentée de façon chronologique la liste des petites ou grosses galères que nous avons rencontrées au cours de cette année de navigation. Elles ont tous été réglées avec les moyens du bord à l'exception du bris de pièce moteur Volvo et des travaux de voilerie et sellerie.
  •  
  • - (Graciosa, 09/2006) – Dépannage de l'alimentation 12 volts de la girouette-anémomètre Furuno.
  •  
  • - (Puerto Rubicon, 10/2006) - Groupe électrogène Mastervolt : Fuite d'huile sur raccord banjo « trafiqué » à la mise en service.
  •  
  • - (Tenerife, 10/2006) - Blocage au frein filet des vis de raccord des profils de l'enrouleur.
  •  
  • - (200 milles au nord de Mindelo) - Fixation de l'axe vertical du vit de mulet de la bôme.
  •  
  • - (Dakar 11/2006) - Échange du vase d'expansion du groupe d'eau.
  •  
  • - (Transat 12/2006) – Pose de ferrites pour limiter les interférences sur la BLU et le modem Pactor III.
  •  
  • - (Salvador de Bahia 12/2006) - Étanchéité refaite du passe-coque d'échappement du groupe électrogène Mastervolt.
  •  
  • - (Salvador de Bahia 12/2006) - Pose patch de protection sur génois au niveau du balcon.
  •  
  • - (Salvador de Bahia 01/2007) - Échange des pièces de l'accouplement de l'inverseur Volvo Penta.
  •  
  • - (Amazone 03/2007) - Réparation télécommande filaire du guindeau.
  •  
  • - (Amazone 03/2007) - Remplacement de deux pales de l'hydrogénérateur.
  •  
  • - (Amazone 04-06/2007) - Réparation provisoire des déchirures du bimini.
  •  
  • - (Amazone 04/2007)Remplacement d'une pale de l'éolienne.
  •  
  • - (Trinidad 06/2007) - Remplacement du réducteur de tension de la pompe du groupe froid Indel Isotherm.
  •  
  • - (Trinidad 06/2007) - Réparation définitive des déchirures du bimini.

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12- Les regrets & les solutions.

Au cours de cette année de voyage il m'est apparu assez rapidement que trois choix initiaux que j'avais effectués n'étaient pas les meilleurs. Des regrets... oui mais pour tout projet de construction, il y a un budget et des compromis. Des solutions, maintenant ou demain, permettront de corriger ces choix discutables.
  •  
  • - La trinquette sur étai volant est peu utilisée car elle n'est jamais à poste quand elle est nécessaire, son stockage dans un sac entre les balcons de pied de mât est gênante. Elle sera remplacée en janvier 2008 en Guadeloupe par une trinquette sur enrouleur Profurl.
  •  
  • - Les panneaux solaires avaient été supprimés du bon de commande initial pour donner la préférence au groupe électrogène... c'est bien... mais cela serait encore mieux de ne plus faire de groupe au mouillage ! Deux panneaux fixes de 85-90 watts seront installés sur le portique à notre passage en Guadeloupe.
  •  
  • - Les bateaux du rallye qui disposaient d'une annexe semi rigide m'ont démontré la supériorité incontestable de ces dernières. Une « Caribe » ou une « AB » de 2,80 m remplacera très prochainement la Plastimo hypalon à l'agonie... une fausse bonne idée et une fausse économie !

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13- Les évolutions possibles.

D'autres évolutions sont envisagées pour améliorer ou optimiser le confort, la manoeuvre ou la sécurité de notre bateau. Nombre de ces travaux ne sont pas programmés aujourd'hui et n'interviendront probablement qu'à notre retour à La Rochelle. Les deux premières modifications seront faites en priorité.    
  •  
  • - Installation d'un lave linge de 3 kg dans le local technique.
  •  
  • - Mettre en place des équipets supplémentaires dans la cabine avant.
  •  
  • - Installation d'un pilote électrique de secours, réflexion en cours... !
  •  
  • - Remplacer le winch bâbord sur le roof par un winch de taille supérieure, voire même électrique.
  •  
  • - Installation d'un 2° chargeur Cristec 60 A en parallèle du premier.
  •  
  • - Remplacer la VHF fixe actuelle par un appareil disposant d'un combiné extérieur déporté.
  •  
  • - Installation d'un récepteur AIS.

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14- Le mot de la fin...

A la lecture des bilans ci-dessus, il apparaît clairement que, mis à part le problème Volvo, toutes les autres avaries sont mineures. Elles ne nous ont jamais mis en difficulté et n'ont pas mis en péril la suite de notre voyage.
Nous ne regrettons pas le choix de notre bateau et de son constructeur, du concept du dériveur intégral, des options retenus et des solutions techniques choisies. Si c'était à refaire aujourd'hui, je pense que nous ne changerions pas grand chose mais que nous inclurions dans le bon de commande initial les trois regrets évoqués plus haut.
Un bateau, c'est un peu comme une maison, il y a pas mal de maintenance et de bricolage.... mais cela fait partie du voyage à la voile... !
RIDS33--pm-04.jpg En résumé : peu de galères sérieuses... pas mal de sueur et beaucoup de bonheur à naviguer sur Ramatoa.

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Benoît & Dominique à Châtelaillon-Plage (17340) le samedi 04 août 2007.

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 11:40
Redevenus terriens... depuis quelques jours,  nous ne vous oublions pas et nous vous remercions de votre fidélité tout au long de cette première année de voyage en Atlantique. Vous trouverez ci-dessous un article inédit car il s'agit d'une compilation des plus belles images de nos mouillages vues depuis l'espace grâce au merveilleux logiciel « Google earth ». Vous trouverez également deux images (cliquer dessus pour les agrandir) du circuit que nous avons effectué pour rejoindre le rallye des îles du soleil à Tenerife puis dans le cadre du RIDS.

Pour tous ceux qui ont déjà installé cette application, il suffit de cliquer sur les liens ci-dessous et vous parcourrez en quelques clics de souris les 10 500 milles que nous avons effectués à bord de Ramatoa au cours de cette première année.... Bon voyage et bonne navigation !

Si vous n'avez pas installé le logiciel « Google earth », si vous souhaitez le télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth en cliquant sur ce lien.

France
Début juillet 2006, nous quittons notre petit sweet home de Châtelaillon-plage pour nous installer à bord de Ramatoa.

Le 8 juillet nous larguons les amarres et quittons le ponton visiteur saturé du port des Minimes à La Rochelle.... destination ... un tour d'atlantique sur plusieurs années.


Espagne
Première étape incontournable de tous les bateaux partants vers le sud : La Corogne Après une traversée sans histoire du golfe de Gascogne, nous essuyons un coup de vent bien à l'abri dans le bassin du centre ville.

Camariñas : Port de Galice au nord du cap Finistere où nous assistons à une très belle fête de la mer.

Au sud de la Galice, à l 'entrée de la ria de Vigo, s'ouvre la très jolie baie de Baïona équipée de deux marinas modernes.


Portugal
Les abris sont rares et médiocres le long de la côte basse et rectiligne du Portugal. Nous gardons un excellent souvenir de l'accueil chaleureux qui nous a été réservé à Povoa de Varzim. Nous sommes allés visiter Porto en train.

Peniche : Très beau port de pêche où se pratique activement la pêche à la sardine.

A l'embouchure du Tage, Cascais nous accueille dans une grande marina pour nous abriter d'un coup de vent.

A Lisbonne, nous faisons escale dans la marina « doca del Alcantara » à deux pas du pont suspendu du 25 avril. Nous sommes à un quart d'heure du centre ville historique.
RIDS32--pm-06.jpgMadère
Changement de décor, Porto Santo c'est un avant goût des terres et lumières d'Afrique. Première escale de notre voyage où nous ressentons un dépaysement fort.

Madère, l'île aux fleurs. Nous ne mouillons pas à Funchal mais dans la nouvelle marina de Quinta do Lorde. C'est un peu isolé, mais de toute façon une voiture est nécessaire pour visiter cette très belle île.


Archipel des îles Canaries

Port de Graciosa sur l'île du même nom. Cette fois-ci nous touchons presque au continent africain  dans cette île pleine de contrastes à deux pas de Lanzarote la volcanique. 

A quelques milles du petit port de Graciosa, nous passerons quelques jours au mouillage devant une plage déserte au pied d'un cône volcanique.

Très beaux paysages volcaniques et univers minéral de toute beauté... mais que de touristes à Lanzarote. La marina de  Puerto Rubicon est splendide, l'accueil et le séjour y sont très agréables.

A Santa Cruz de Tenerife, nous rejoignons la flottille du rallye des îles du soleil. La ville est pleine de ressources, mais la marina blottie au fond du port de commerce est sale et peu accueillante.


Archipel du cap-Vert

Archipel du Cap-Vert, mouillage de Mindelo sur l'île de Sao Vicente. Première grande étape du Rallye des Îles du Soleil, très beau mouillage au coeur de la ville.

Archipel du Cap-Vert, mouillage devant les dunes de l'île de Boa Vista. Eaux claires, plages de sable blond, mais ce mouillage de rêve devient intenable si la houle se lève.


Sénégal

Mouillage à Dakar dans l'anse Bernard au pied de l'hôtel Sofitel Teranga  et devant la présidence de la république, à deux pas de la place de l'indépendance : le coeur de la capitale sénégalaise. Les débarquements en annexe ou avec la navette peuvent être délicats si la houle rentre dans la baie de Dakar.

Mouillage à Dakar dans la baie de Hann devant le Cercle de Voile de Dakar. Ce mouillage est connu de tous les oiseaux du large de passage à Dakar. Mouillage calme si ce n'est une pollution extrême des eaux.

Mouillage à l'entrée du fleuve Sine Saloum devant le village de pécheurs de Djifere. Plusieurs centaines de pirogues sont tirées au sec sur la berge du fleuve, les femmes travaillent au séchage du poisson. L'activité, les couleurs et les senteurs sont intenses !

Mouillage à 35 milles à l'intérieur des terres sur le Sine Saloum devant la petite bourgade paisible de Foundioune. La seule animation réside dans les allers et retours du bac qui permet aux véhicules descendant en Casamance de traverser le fleuve.

Dernier mouillage dans la nature après une petite semaine de navigation sur le Sine Saloum avant de remonter vers Dakar pour préparer la transat. Le calme est absolu en bordure du fleuve le long de la mangrove.


Brésil

Arrivée de l'étape transatlantique, Salvador de Bahia grande métropole nous accueille merveilleusement bien. Les pontons du CENAB sont chaleureux etconviviaux même si la musique brésilienne est omniprésente et tonitruante.

Le calme du mouillage de Jacare à Joao de Pessoa contraste fortement après la fureur de Bahia.


Mouillage inconfortable à Fernando de Noronha qui passe pour être les Galapagos de l'océan atlantique.

Dernière escale technique avant le périple amazonien. Fortalezza est une ville pleine de ressources et nous assistons à son carnaval. Le mouillage et son cadre sont médiocres.


Amazonie

Notre première et inoubliable escale en Amazonie à Soure sur l'île de Marajo. D'emblée nous sommes plongés dans l'univers de l'amazone. Accueil merveilleux.

Belem, capitale de l'état du Para est avec Manaus et Santarem l'une des trois grandes villes d'Amazonie. Nous visitons la ville et ses nombreux vestiges coloniaux.

Changement de décor, à Breves nous sommes déjà au coeur de l'Amazonie, la petite ville est entièrement tournée vers le fleuve et l'exploitation des produits de la forêt amazonienne.

Plus haut sur le cours de l'amazone Monte Allegre accueille Ramatoa et les autres dériveurs intégraux du RIDS dans un écrin de verdure.

Point ultime de notre remontée de l'amazone, en réalité nous séjournons une semaine un peu au dessus de Santarem à Alter do Chao dans un superbe lagon d'eaux claires. La ville de Santarem est un peu endormie sur le bord du grand fleuve.

Après avoir redescendu le cours de l'Amazone, escale sur l'île de Marajo devant la petite ville d'Afua au coeur du delta de l'amazone.

Dernier mouillage sur l'amazone avant de rejoindre l'océan atlantique.


Guyane Française

Séjour prolongé à Kourou où le climat très humide ne nous a pas emballé. Nous effectuons la visite belle et émouvante de l'ancien bagne sur les îles du Salut.


Trinidad & Tobago

Arrivée de nuit dans le port de la ville principale de Tobago : Scarbourough. Nous y restons 24 heures pour effectuer les formalités, avant de profiter des très beaux mouillages de cette île.

Le mouillage de Scotland bay dernier havre de paix avant d'entrer dans la baie de Chagaramas.

Hivernage à Trinidad, Ramatoa est mis au sec en sécurité pour une durée de six mois avec plusieurs autres voiliers du Rallye des Îles du Soleil au chantier Peake.

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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 23:05
Après avoir gouté aux charmes pluvieux de la Guyane Française un peu plus longtemps que prévu, nous avons été bien contents de larguer les amarres du ponton de Kourou pour rejoindre l'île de Tobago. T&T pour Trinidad et Tobago, deux îles, un seul pays à l’extrême sud de l’arc antillais à deux pas du Venezuela.

Quatre à cinq jours de navigation nous font passer au large de la Guyane Française, du Surinam, puis du Guyana. Environ 600 milles à parcourir avec des alizés d’est à sud-est et un courant favorable de un à deux nœuds…. bref le rêve pour l’avant dernière étape ! Mais au cours des 36 premières heures de la traversée… pas de vent et 24 heures de moteur… pourvu que l’alizé s’établisse car nous n’avons pas assez de gasoil pour faire toute la route au moteur.


Finalement l’alizé revient et s’établit à 25 nœuds et nous faisons de belles moyennes. Parti le mardi 22 mai de Kourou, nous touchons Sarbourough, capitale de Tobago, dans la nuit de samedi à dimanche après avoir pris une dernière très belle daurade coryphène. Nous sommes le seul voilier au mouillage dans le petit port de l’île…. Très british. On y parle un anglais teinté de créole, on roule à gauche et on mange mal !! Formalités douanières et d’immigration faites auprès de fonctionnaires zélés… 25 formulaires et 50 coups de tampons plus tard… tout finit par se faire avec patience et flegme « british » naturellement.


Après une nuit à Sarbourough, nous quittons le port pour rejoindre un mouillage très sympathique à Store bay, 7 milles plus loin, au sud-ouest de l’île à proximité de l’aéroport. Trop content de retrouver le beau temps, des eaux claires et limpides et du beau sable blond…. Nous y resterons quelques jours à nous baigner, à aller explorer le récif corallien et ses poissons. Nous découvrons les us et coutumes locales de cette île touristique… mais pas trop quand même.


Après Store bay, Ramatoa jette sa pioche à Mount Irvine bay puis à Castara bay sur la côte ouest de l’île de plus en plus sauvage  dès que l’on remonte vers le nord et que l’on s’éloigne du sud touristique et hôtelier. Baignade et snorkeling sur le récif matin et soir. A Castara bay, le mouillage est un peu trop rouleur et nous redescendrons vers Store bay. Au hasard de ces mouillages nous croiserons des bateaux amis du rallye  qui musardent également avant de rejoindre Trinidad pour la mise à terre.


Nous passons nos trois derniers jours sur Tobago à Store bay, au calme, où nous commençons à lister toutes les tâches qui nous attendent à Trinidad pour désarmer Ramatoa.


Jeudi 7 mai, dernière traversée, modeste de 60 milles vers Trinidad et la baie de Chaguaramas. Une formalité… oui…  mais qui commence dès la sortie du mouillage par un violent grain de 35 à 40 nœuds qui nous accompagne pendant une bonne partie de la matinée, la mer est forte dans le canal entre les deux îles et le bateau fonce dans la plume à 9-10 nœuds. Finalement à 25 milles de l’arrivée, le vent nous abandonne le long de la côte nord de Trinidad, sauvage et superbe, nous finissons la route au moteur. Dernier petit mouillage à Scotland bay, à deux pas de la baie de Chaguaramas où se concentrent les marinas et les très nombreux chantiers de gardiennage, hors zone cyclonique, pour un bon millier de bateaux naviguant dans les Antilles.


Vendredi 8 juin, re-formalités douanières et d’immigration car c’est bien le même pays… mais pas la même île ! Nous installons Ramatoa confortablement à un ponton de Coral cove marina pour quatre jours, bien remplis par des vidanges, des travaux de nettoyage et de démontage de toutes natures… le soir, nous sommes fourbus, un saut dans la piscine et vite au lit. Le climat est chaud et très humide. Un climatiseur est installé sur le bateau, pour notre confort pendant les travaux de désarmement, mai surtout pour assainir et sécher l’atmosphère du voilier pendant les six mois à venir.


Mardi 12 , Ramatoa semble bien petit dans les sangles du travelift de 150 tonnes et sur le chariot automoteur du chantier Peake. Il trouve sa place auprès des autres ovnis du rallye « Fiddle Dedee » et « Perrotin ». « Bahia » nous y rejoindra la veille de notre départ.

Une dernière semaine d’efforts pour s’assurer de retrouver Ramatoa en bon état à notre retour. Travaux divers : réparation du bimini, vérification des voiles, démontage des pièces à échanger en France, démonter tout le gréement courant, bâcher et protéger… et toujours nettoyer et sécher !


Voila, c’est fini… dernier passage aux douanes et à l’immigration…. cela me manquait depuis une semaine ! pour admettre le bateau en franchise douanière pendant six mois. Envol pour Roissy CDG via Caracas et Lisbonne demain matin.

Nous arrivons donc au terme de cette première année de navigation, pleine d’aventures et avec le sentiment d’avoir vécu avec le Rallye des Îles du Soleil des moments extraordinaires et inoubliables au Brésil, sur l’Amazone mais aussi aux îles du cap-vert.

Nous poursuivrons ce blog lors de notre retour à Trinidad en décembre 2007 pour une saison de navigation dans les Antilles…. Donc à très bientôt sur le net ou en Charente maritime !

Vous trouverez les dernières photos de notre séjour à Trinidad & Tobago sur l'album de  l'étape 09-Trinidad & Tobago.  

Enfin, pour tous ceux qui ont installé Google Earth, vous pouvez visualiser notre position sur l'image satellite en cliquant sur le lien de la dernière position.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Chaguaramas le 18 juin 2007.
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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 19:33
Pas d'article en ligne depuis le 27 avril à Afua et en plus les liens du dernier article ne fonctionnent pas car la liaison Internet n'était pas suffisamment rapide pour mettre à jour le blog de façon correcte et pourtant j'y ai passé plus de deux heures ! Tout doit être rentré en ordre.
L'escale d'Afua s 'est passée rapidement, avec des avitaillements en nourriture et gasoil. Pas mal de petits bricolos divers pour remettre Ramatoa en état d'affronter l'océan que nous allons retrouver prochainement. La petite ville commerçante d'Afua est assez prospère avec de belles maisons. Elle est bâtie sur pilotis et tout le monde y circule à vélo. Le mouillage dans le petit furo n'est pas très confortable car il est parcouru régulièrement par de nombreux îlots de jacinthes qui se prennent dans les chaînes d'ancre et font déraper les bateaux; les pompiers de l'Alvaro Furtado viennent nous donner un coup de main.
C'est la fin du Rallye avec des  festivités offertes par la ville mais aussi un repas en commun avec tout l'équipage de l'Alvaro Furtado qui nous accompagne depuis deux mois. La fin est proche, il y a de l'émotion dans l'air.
Le mercredi 2 mai toute la flottille suit la trace de l'Alvaro Furtado pour sortir d'Afua et rejoindre Chaves dans un dédale de bancs de sable. A ce niveau, il fait demi tour et rentre sur Afua... beaucoup d'émotion à la VHF quand les voiliers défilent les uns après les autres le long du bateau pilote où tout l'équipage s'est rassemblé sur le pont supérieur auprès de Philippe, Nicolas et Emilio.... cette fois-ci... le Rallye est bien terminé.... six mois d'aventures en commun laissent des traces indélébiles dans les mémoires.
Le même soir, dernier mouillage sur le canal sud de sortie de l'Amazone. Le jeudi 3 mai, les voiliers repartent en plusieurs petits groupes pour sortir définitivement du fleuve et gagner la haute mer. Les uns vont en Guyane Française (à Kourou ou Cayenne), les autres rejoignent directement Trinidad et Tobago. Gérard de Glen Feeling embarque avec nous sur Ramatoa pour cette courte étape vers Kourou.

Le 3 mai à 12h00, Ramatoa est à nouveau sous voiles... quel plaisir de couper le moteur et de l'entendre glisser sur l'eau très boueuse de l'estuaire de l'Amazone. La traversée vers Kourou sera très rapide car nous bénéficions d'un courant favorable puissant (2,5 à 3 noeuds en moyenne), de plus le vent est au rendez-vous, il nous gratifie même de deux grains violents à 35 noeuds. Le vendredi 4 mai nous pulvérisons notre record en 24 heures avec 198 milles au compteur et une moyenne de 8,25 noeuds. Le samedi 5 mai à 18h15 nous mouillons dans la rivière de Kourou, nous avons parcouru 479 milles en 61 heures ce qui représente sur la traversée une moyenne de 7,85 noeuds... un grand merci au courant sud équatorial  !
Kourou, en Guyane Française... bonjour le retour en France ! Une escale de 8 à 10 jours est prévue afin de visiter la Guyane que nous ne connaissons pas et pour effectuer ma déclaration de revenus par Internet. Les choses se présentent mal car le câble sous marin reliant la Guyane à Internet vient d'être sectionné et le département est privé d'ADSL... donc dur dur pour mettre à jour le blog et déclarer mes revenus 2006 !
Nous sommes quatre voiliers du rallye à avoir choisi Kourou et non pas Cayenne comme escale et nous nous en félicitons car au ponton ou au mouillage nous sommes à proximité des commerces et des restaurants. Ramatoa est au ponton, il est briqué comme un sou neuf à l'intérieur et à l'extérieur... ce n'est pas du luxe... il en avait vraiment besoin !
Pendant cette escale, nous visitons les îles du Salut et le fameux bagne de Dreyfus et Seznec... (Papillon, lui était à Cayenne et non pas aux îles du salut !); dans un autre style nous allons aussi visiter le centre spatial Guyanais. Nous avons manqué le spectacle du dernier lancement d'Ariane à deux jours près ! Nous louons une voiture pour quelques jours et effectuons de belles balades à Cayenne et dans les environs. Dernières invitations à dîner ou pour l'apéritif sur les bateaux en escale à Kourou et les premiers commencent à repartir. Les vacations BLU quotidiennes permettent de rester en contact avec eux.
Nous voulions repartir le mercredi 16 mai vers Tobago.... mais c'était sans compter sur une piqûre d'araignée, probablement, qui s'est infectée en un vilain abcès dans  mon dos... passage obligé par les urgences de l'hôpital de Kourou : incision et traitement antibiotique.... le départ est donc différé de trois ou quatre jours. Le climat est chaud et très humide ... un déluge deux jours sur trois ! Ce contretemps laissera peut-être le temps aux américains de réparer le câble coupé... et je pourrai alors relever ma messagerie, mettre à jour le blog et faire plaisir au trésor public !

Vous trouverez les dernières photos d'Afua et de l'Amazone sur l'album de
l'étape 07 Amazone.
Les photos de notre séjour en Guyane Française sont sur l'album de  l'étape 08 Guyane FR.
Nouveauté... vous trouverez en ligne sous les liens RIDS CD partie 01, partie 02, partie 03, partie 04 et partie 05, une compilation de 245 photos proposée par tous les voiliers du rallye, pour chaque bateau : une photo de l'équipage et dix photos préférées.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Kourou le 16 mai 2007.


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29 avril 2007 7 29 /04 /avril /2007 20:49

Nous ne voulons pas rester sur le dernier article un peu noir du futur de l'Amazonie... car si l'avenir pose des questions auxquelles il faudra trouver des solutions... le quotidien y est encore merveilleux... et nous voulons profiter pleinement des quelques jours de la redescente du fleuve Amazone et de la dernière escale d'Afua sur l'île de Marajo.

Après une semaine passée au mouillage dans le lagon d'Alter do Chao, point ultime de notre progression sur l'Amazone, nous avons fait demi-tour et sommes allés mouiller devant le « Iate Clube » de Santarem. C'est une ville moins prestigieuse que Belem, pas de buildings, pas de théâtre ni de monuments... elle a le charme d'une petite ville de province assoupie au confluent des rios Tapajos et Amazonias. La vie y est calme, les habitants d'une gentillesse extrême comme très souvent au Brésil. Une superbe soirée nous est offerte par la municipalité, le samedi soir avec la participation de la population.


Escale technique pour l'avitaillement, dernière grande surface avant la Guyane française, et le plein de fuel. Hubert nous quitte et entame un long périple retour vers Paris et la rédaction du Nouvel Obs... Salut le Boto et à bientôt !!

Le Dimanche 22 avril, les français votent... et nous entamons la descente avec une longue étape de 96 milles. Départ prévu à 5 heures du matin, au lever du soleil, mais des trombes d'eau nous  réveillent avec une visibilité insuffisante pour partir... le départ est reculé ... mais à six heures le convoi se met en ordre de marche. Au milieu du rio, dans la veine de courant principal, les bateaux descendent à 10 noeuds sur le fond alors que nous avançons à 6 noeuds sur l'eau... nous sommes sur un gigantesque tapis roulant !


Décidément la météo n'est pas avec nous car nous aurons une journée ininterrompue de pluie et de vent fort. Le réservoir d'eau du bord déborde. Le vent d'est souffle à 20-25 noeuds et lève un clapot très creux contre le courant de l'amazone. Les bateaux piquent du nez dans la plume.... le mal de mer fait même sa réapparition sur plusieurs bords ! A la tombée de la nuit nous mouillons à l'ouvert du furo Oteiro où nous avions déjà fait escale en montant.

Lundi 23 avril, le soleil est revenu et sur la VHF les résultats du premier tour sont commentés une bonne partie de la matinée... un vrai café du commerce ! Aujourd'hui Ramatoa progresse juste derrière l'Alvaro Furtado, le bateau pilote, car après une étape de 52 milles nous allons découvrir un furo sur l'île de Penema qui n'a encore jamais été pratiqué par la flottille du rallye. Ramatoa passera prudemment en tête avant que les bateaux à grand tirant d'eau ne s'engagent sur le seuil qui ferme ce magnifique petit furo dans la nature. Très belle soirée et lumière splendide.

Mardi 24 avril, temps gris et lourd pour une assez longue étape de 72 milles. Nous mouillons devant l'île Mojui où nous avions déjà relâché lors de la montée. Le trafic sur l'amazone était assez dense et nous avons croisé plusieurs cargos montant lège vers Santarem ou Manaus.

Mercredi 25 avril, belle étape sous le soleil de 62 milles qui nous conduit dans le furo de Jaguaribe. Nous mouillons devant une importante scierie appartenant au propriétaire de notre bateau pilote l'Alvaro Furtado. Visite guidée des installations... les conditions de travail sont difficiles et la sécurité des ouvriers est secondaire. Les ouvriers sont logés dans l'enceinte de la scierie, ne payent pas de loyer et ont l'électricité gratuitement. Nous sommes au 21° siècle mais c'est presque du Zola !!


Jeudi 26 avril, dernier jour de navigation pour rejoindre Afua, ultime ville étape du Rallye transamazone et du RIDS. 63 milles à parcourir sous la pluie et des grains. A notre arrivée dans le furo d'Afua, le soleil revient, de nombreuses pirogues nous accueillent et des bateaux de la ville nous attendent avec force musique et pétards.

Cinq jours d'escale nous attendent à Afua avec de nombreuses manifestations et festivités pour la clôture du rallye. En effet le 2 mai, les bateaux reprendront le large pour rejoindre soit la Guyane Française soit directement les antilles.... le voyage continue après la fin du rallye des îles du soleil.

Nous ne voulons pas terminer cette chronique de deux mois passés sur l'Amazone sans évoquer les nombreuses vacations de Nicolas sur la VHF. En effet il a agrémenté les longues navigations d'exposés passionnants sur l'amazonie, ses habitants, sa faune, sa flore et surtout sur les légendes et traditions très vivaces dans le bassin de l'Amazone. Il a vécu de nombreuses années en Amazonie et il a fait des légendes et traditions de l'île de Marajo le sujet de sa thèse de doctorat d'anthropologie. Vous pouvez lire ou feuilleter ce document passionnant en cliquant sur ce lien : Thèse de Nicolas Tiphagne.

Enfin ne manquez pas les très nombreuses photos ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone. Merci à Joseph d'Opsis pour les belles photos de la soirée à Santarem.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Afua le 29 avril 2007.

 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 16:26

Le territoire de l'amazonie s'étend sur 9 pays et couvre 6 millions de kilomètres carrés. Au Brésil, l'amazonie couvre 60% de la superficie du pays. La forêt amazonienne couvrait initialement 4 millions de kilomètres carrés. A ce jour on estime que près de 17% ont été déboisé et le rythme de la déforestation s'accélère malgré les efforts des protecteurs de l'environnement (on parle de 30% à court ou moyen terme). Sur la période 2002 – 2003 près de 23 750 Km² ont disparu, environ deux fois plus que la moyenne annuelle des années 1990. Les raisons actuelles de cette déforestation sauvage sont connues et des risques nouveaux apparaissent.

Historiquement l'exploitation du bois est naturellement la plus ancienne cause de déforestation, mais aujourd'hui ce n'est plus elle qui consomme le plus de surface. En effet seulement une trentaine d'essences sont exploitées commercialement, essentiellement vers l'Europe. Ces bois précieux sont repérés dans la forêt, abattus puis extraits vers une voie de communication fluviale ou routière, cette exploitation nécessite en moyenne de sacrifier une bonne trentaine d'arbres qui seront laissées sur place. L'exploitation forestière se fait en arrête de poisson le long des fleuves, des routes, des affluents et des pistes. L'exploitation du bois réalisée par les 3000 compagnies brésiliennes ou étrangères est assez bien surveillée et elles se donnent bonne conscience en reboisant une petite fraction des surfaces exploitées, mais ce qui ne l'est pas du tout c'est l'exploitation clandestine qui alimente une réelle économie parallèle (abattage, scierie, transport et commercialisation). On estime que 90% du bois exploité l'est illégalement, au Brésil même le bois commercialisé est d'origine clandestine à plus de 70% !

Le développement de l'élevage bovin extensif et des grands domaines  a été encouragé par le gouvernement brésilien en 1975 après l'échec du développement économique lié à l'ouverture de la route Transamazonienne. Des surfaces considérables ont été concédées pour une bouchée de pain, à des exploitants venus du sud du Brésil ou même du nord de l'Argentine, pour la création de pôles agro-pastoraux. Les surfaces nécessaires pour un élevage intensif de bovins sont nettoyées au bulldozer, brûlées et défoliées. La même politique a conduit à la création de pôles agro-miniers (gisement de fer, bauxite et manganèse). Comme souvent, ce sont des multinationales qui tirent tous les bénéfices de ces opérations, et les ouvriers, trimbalés de chantier en chantier, ainsi que les locaux chassés de leurs terres, qui payent les pots cassés.

Le Brésil, avec une récolte annuelle de 50 millions de tonnes, est depuis peu le premier producteur mondial de soja.  Le pays compte déjà 23 millions d'hectares de surfaces cultivées et dans la forêt amazonienne la superficie a augmenté de 13,5% entre 2001 et 2004. Elle continue de progresser au rythme de 1 million d'hectares par an. A Santarem, le géant américain Cargill a construit un port céréalier sans réaliser les études environnementales demandées et sans attendre toutes les autorisations ! 160 000 tonnes d'oléagineux sont exportés mensuellement, sous la bonne garde de vigiles armés, vers Liverpool en Grande Bretagne... et la déforestation s'accélère depuis la mise en service de ce terminal (procédure en cours pour obtenir la fermeture de ce terminal). L'Europe est le premier consommateur de soja, pour les farines animales en particulier. Outre la déforestation, la plaie de cette culture du soja est l'appauvrissement irrémédiable du sol  amazonnien. Le sol est naturellement pauvre et seul le substrat entretenu par la forêt est riche et fertile. Après déboisement et culture intensive du soja, la terre est lessivée, appauvrie, les surfaces lunaires stériles (latérisation des terres) sont abandonnées car impropres à toutes les cultures... de nouvelles surfaces sont défrichées ! Légalisée depuis peu la culture du soja transgénique utilise une quantité considérable d'herbicides. Le Brésil est devenu le troisième consommateur mondial d'herbicides et le soja en utilise 50%.
A ces trois causes identifiées à ce jour, un risque majeur pourrait accélérer la destruction de la forêt amazonienne dans les décennies à venir : le développement attendu et annoncé des biocarburants. Si les biocarburants remplacent à moyen terme tout ou partie du pétrole, il faudra des surfaces cultivées à cet effet considérables... et la tentation sera bien grande de poursuivre la désertification commencée avec le soja en Amazonie.

Le Brésil est un des pays les plus inégalitaires au monde avec 5% de la population qui cumule 90% des richesses du papys. La déforestation a de nombreuses  conséquences sociales et humaines. Tout d'abord les mouvements des populations locales qui sous la pression des grands domaines sont obligées de fuir les terres qu'elles occupaient et se massent à la périphérie des grandes villes d'Amazonie.
L'absence de cadastre fiable et la mafia des notaires qui falsifient les titres de propriété poussent des centaines de milliers de personnes à occuper illégalement des terrains publics. Les grandes compagnies forestières usent de ces même méthodes pour s'aliéner des terres.
Les ouvriers des exploitations forestières et des grands domaines, souvent venus du sud du pays, sont maintenus dans une situation de dépendance financière totale vis à vis des propriétaires.... cette forme d'esclavage moderne est combattue par les autorités sans beaucoup de succès.
Enfin les conditions de vie difficile dans beaucoup de petites villes et bourgades, l'isolement et l'éloignement des grands centres, le manque de travail pour tous créent des tensions insupportables dans la vie quotidienne. La violence est fréquente attisée par l'alcoolisme. Il y a eu des tentatives d'empoisonnement massif (distribution de couvertures contaminées à la grippe et à la tuberculose) des populations amerindiennes qui résistaient à pénétration de la forêt par les grandes compagnies.

Face à ces difficultés, le discours politique brésilien n'est pas claire et bien peu crédible car il promet tout et son contraire : la protection de la forêt mais aussi le développement des surfaces de soja... l'interdiction du soja trangénique mais il vient d'être légalisé par décret... et... la redistribution de terres aux sans terre se fait toujours attendre. Si rien n'est tenté au niveau national ou international, l'Amazonie va rester pour de nombreuses années encore une terre d'eldorado et de non droit.

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 17:19

Dans notre dernier article, écrit et posté à Breves, nous n'étions toujours pas sur le rio Amazonias et contournions encore l'île de Marajo. Depuis cette escale, les connexions Internet sont  inexistantes ou trop lentes pour envisager une mise à jour du blog. Nous continuons donc notre lente progression vers Santarem.

Nous alternons les mouillages devant des villes ou des bourgades où nous restons deux ou trois jours et des nuits en mouillage forain dans la verdure le long d'une berge, entre deux îles ou à l'entrée d'un « furo ». Nous effectuons des journées de navigation de huit à dix heures en moyenne et rarement plus de deux journées de suite.


Parti le samedi 24 mars de Breves au lever du jour dans la brume, nous embouquons le minuscule furo Asturia en file indienne, le spectacle est splendide. Arrivé en fin d'après-midi au mouillage, nous mettons l'annexe à l'eau et exploration des berges, des furos et des iguarapes [petit furo accessible en annexe seulement] proches du bateau.

Dimanche 25 mars, reprise de la progression et à 9H30 nous débouchons enfin dans le rio Amazonias. A cet endroit il est large de quatre ou cinq milles et charrie beaucoup de bois et de déchets végétaux, ses eaux sont marrons. Nous progressons à toucher la berge pour éviter d'affronter la veine de courant principal qui atteint quatre noeuds et plus. Nous ne progressons sur le fond qu'à quatre noeuds parfois un peu moins. Mouillage devant l'île Mojui. Hubert a passé la journée sur l'Alvaro Furtado en compagnie de Philippe, Nicolas et Emilio.

Lundi 26 mars, repos au mouillage de l'île Mojui. Nous partons en exploration en annexe avant le lever du soleil pour tenter de voir des animaux sur les berges et dans les petits furos proches du mouillage. Peine perdue... nous rentrons bredouille, crottés et n'avons vu que des moustiques et des buffles ! La végétation est dense et impénétrable.

Mardi 27 mars, départ au lever du jour... c'est une habitude... ! Difficile progression à 15 -20 mètres de la berge par des fonds de 12 à 20 mètres de profondeur. En fin de matinée nous quittons le cours du rio Amazonias pour rentrer dans celui du rio Xingu. Le rio Amazonias charrie des eaux de couleur marron alors que le Xingu a des eaux moins chargées de couleur sombre, on a l'impression de naviguer sur du Coca Cola ! La ligne de partage des eaux est très nette et agitée de nombreux remous. A 14H00 mouillage à proximité de l'île Macacos, exploration en annexe d'une superbe rivière galerie et bénéficions ensuite d'un splendide arc en ciel sur le mouillage. Tous les soirs le ciel s'assombrit et l'horizon est zébré d'éclairs d'orages. Avec un peu de chance nous pouvons récupérer 30 ou 50 litres d'eau de pluie dans nos réservoirs.

Mercredi 28 mars, petite matinée de navigation et nous mouillons devant la ville de Porto do Mooz sous un violent grain de pluie et de vent... pas de problème l'ancre va tenir pour les trois jours de l'escale ! Cet après-midi... au programme... vidange moteur... alors que Dominique et Hubert partent en reconnaissance dans la ville aux ressources assez limitées.
La municipalité nous accueille avec gentillesse et organise des visites guidées de la bourgade et des excursions d'une journée en camion ou en bateau : visites de coopératives et d'exploitations (élevage, pisciculture, ressources de la forêt, etc...). Nous visitons également des communautés isolés  le long du fleuve, par communauté il faut comprendre un regroupement de population mettant en commun des ressources comme des terres, un groupe électrogène etc, il n'y a pas de connotation religieuse ou confessionnelle.


Dimanche 1° avril, nous reprenons la route pour rejoindre le rio Amazonias et mouillons face à Almeirim. Insidieusement et lentement le paysage a changé... des mouvements de terrain se dessinent, il y a même des falaises le long du fleuve, la forêt est moins dense et nous découvrons un paysage de prairies humides. Les riverains vivent un peu moins des ressources de la forêt et un peu plus de l'élevage. Les oiseaux sont beaucoup plus nombreux et plus visibles car la forêt est souvent assez éloignée de la berge.

Accueil très chaleureux des habitants d'Almeirim qui participent massivement aux festivités organisées par la municipalité pendant les deux jours de notre escale. Nous passons en particulier une journée complète dans la communauté d 'Arumanduba perdue au fond d'un minuscule Iguarape et nichée au pied des premiers escarpements du terrain. Les membres de la communauté vivent de l'élevage et surtout de l'exploitation de la noix du Brésil... la chastagna du Para que l'on retrouve ensuite dans les épiceries fines en Europe... à Paris chez Fauchon par exemple !

Mercredi 4 avril, nous parcourons une trentaine de milles et embouquons un petit furo rectiligne et mouillons en file indienne devant la communauté de Novo Horizonte au coeur des prairies humides.  Cette communauté est construite le long du furo, les maisons sont desservies par un unique trottoir. Nous y restons deux jours au calme, au contact de la nature et des habitants qui semblent aussi content de nous voir que nous de les rencontrer. Il n'y a aucune ressource et nous  explorons les furos les plus proches. Des équipages, plus chanceux que nous, verrons des serpents et quelques singes..... Hubert est parti pour tenter de voir des caïmans et il est revenu déçu ! Les paysages sont superbes, les oiseaux innombrables et nous sommes aux premières loges pour assister à la vie quotidienne des membres de la communauté rythmée par le fleuve, ses inondations et ses caprices. Nous participons à l'office religieux du jeudi saint célébré par le chef de la communauté. En absence d'un père, il s'agit de prières, de chants et de la lecture de textes. A l'issue le rallye donne à la communauté des cartons de fournitures scolaires, des médicaments et un sac de produits de première nécessité pour chacune des familles. Les deux jours de l'escale à Novo Horizonte s'écoulent paisiblement.... ballades en annexe, bricolage, courrier etc...Mais il ne pleut plus depuis quelques jours et nos réserves d'eau s'épuisent... il nous faut de la pluie d'urgence !!


Samedi 7 avril,une étape de 32 milles nous conduit dans le furo Outeiro, c'est un mouillage forain en pleine nature surplombé par un petit piton. Le furo est parcouru par un fort courant qui transporte de très nombreux « meurure » c'est à dire des plaques de jacinthes d'eau. Le matin, avant de relever le mouillage il faut dégager l'ancre et la chaîne de toute cette végétation, l'aide des pompiers embarqués sur l'Alvaro Furtado est la bienvenue.

Dimanche 8 avril, nous fêtons Pâques en navigation sur l'amazone.... 41 milles plus loin nous arrivons après une journée très chaude devant la ville de Monte Allegre. Une partie des bateaux accoste le « trapiche » [débarcadère principale] de la ville, mais pour nous bénéficiant d'un très faible tirant d'eau, nous sommes avec six autre bateaux de l'autre coté du furo dans une petite mare aux canards au milieu de la verdure... les bateaux sont littéralement posés dans la prairie par à peine 1,50 mètres d'eau. C'est moyennement commode pour l'avitaillement et le plein d'eau, mais c'est merveilleux car nous sommes au calme parmi les oiseaux.... et les moustiques ! Dominique et Hubert effectuent sous une pluie battante une belle ballade pour admirer des peintures rupestres vieilles de 13 000 ans.


Mercredi 11 avril, une étape longue et éprouvante de (53 milles en 12 heures) qui nous amène à la tombée de la nuit aux portes de Santarem dans le furo Tapara.


Jeudi 12 avril, dernière et ultime étape de notre remontée d'une partie du cours de l'Amazone. Nous parcourons 34 milles sur le rio Amazonias puis longeons Santarem et embouquons le rio Tapajos sur une quinzaine de milles. Notre mouillage est magnifique, petit lagon avec une langue de sable et de l'eau claire où il est agréable de se baigner. Il s'agit en fait de la plage à quelques 30 kilomètres de Santarem. Nous allons y rester 4 à 5 jours pour un repos mérité et allons pouvoir mettre à jour le blog qui est un peu délaissé depuis deux à trois semaines.


Ne manquez pas de regarder les nombreuses photos qui ont été ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone.

 

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Santarem le 14 avril 2007.

 

 

 

 

 

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