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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 17:17

Parti le 16 mars de Belém après une fête inoubliable offerte par le gouvernement de l'état du Para, nous sommes le 23 mars,  en Amazonie mais ne naviguons toujours pas sur le fleuve Amazone !
En réalité nous contournons doucement l'île de Marajo par son sud en remontant le cours du fleuve Para. Pour rejoindre le fleuve Amazone qui coule au nord de cette île nous traverserons par des « estreitos » sortes de canaux étroits qui relient les deux fleuves Para et Amazone.


La navigation sur le fleuve n'est pas très difficile (d'autant plus que nous naviguons en convoi avec des pilotes brésiliens qui connaissent parfaitement le cours du fleuve). Elle s'effectue en convoi ce qui ne signifie pas en file indienne surtout sur les bras très larges du fleuve. Seulement les passages étroits ou difficiles nécessitent de se mettre en file unique. Le courant est important et la marée se fait sentir loin dans les terres. Il faut être vigilant car les eaux charrient de nombreux déchets végétaux (troncs, branchages, îles de jacinthe d'eau et arbres entiers !). En revanche les eaux ne sont pas polluées par les activités humaines.
 
La carte d'identité de l'Amazone et de son bassin cumule tous les superlatifs : plus long fleuve du monde (6 300 km), plus vaste bassin versant (6 millions de km²), plus fort débit (220 000 m3 à la seconde soit 700 fois celui de la Seine !). L'estuaire est large de plus de 350 km et chaque année des îles disparaissent ou se créent. En Amazonie les fleuves ont soit des eaux boueuses, limoneuses et marrons, soit noires mais plus limpides. On doit cela à la nature et à la quantité des matières organiques en suspension et dissoutes dans l'eau.
La faune et la flore ne sont pas en reste dans cette démesure de la nature, de très nombreuses espèces végétales et animales n'existent que dans la forêt d'Amazonie. Les écosystèmes sont nombreux, divers, complexes et très fragiles... le poumon vert de la planète est controversé, il est vrai que les arbres absorbent une quantité extraordinaire de carbone mais la déforestation et les brûlis produisent plus de gaz à effet de serre que les USA !


Nos navigations ne s'effectuent que de jour (de préférence tôt le matin !) et nous passons nos nuits  dans des mouillages à l'abri d'une île ou à l'entrée d'un « furo » (petit canal entre deux îles) en pleine nature (Cotejuba, Araras) ou à proximité d'une bourgade (Saõ Sebastian Boa Vista) ou d'une petite ville  (Breves). Les mouillages forains en pleine nature alternent avec ceux plus urbanisés
Les premiers jours, le fleuve est large puis il se resserre et il est encombré d'un dédale d'îles recouvertes d'une végétation luxuriante. Le trafic est intense de jour comme de nuit : barges poussées de 40 semi-remorques, barges de grumes de bois exotiques, bateaux de passagers à plusieurs ponts des lignes régulières (Belém ? Santarem ? Manaus) et une multitude d'embarcations assurant les dessertes locales (de la micro pirogue au bateau de 10 ? 12 mètres). Le climat est chaud et humide mais pas trop chaud. Les averses sont violentes et quotidiennes ce qui nous permet, grâce à une bâche pour récupérer de l'eau de pluie, de remplir efficacement les réservoirs de Ramatoa.


Deux journées d'escale à  Saõ Sebastian Boa Vista, petite bourgade très pauvre à 200 km de Belém, mais pleine de charme car bâtie sur pilotis sur le bord du fleuve et sur les furos avoisinants.... elle est surnommée la Venise de Marajo... mais la comparaison s'arrête là !


Le touriste y est très rare, les voiliers... encore plus... une fois par an au passage du rallye. La population, très métissée d'indiens, vit sur le fleuve essentiellement de la cueillette et du trafic de l'Acai (un des 400 fruits de la forêt d'Amazonie) dont on en consomme 40 tonnes par jour à Belém !
Le marché local est haut en couleurs, la population nous accueille à bras ouverts sans rien réclamer. Les enfants sont souriants et en bonne santé. Nous explorons la ville à pied et en annexe et ... souvent sous la pluie. Les voiliers sont mouillés  assez loin du débarcadère et sous les grains... ceux dont les ancres dérapent... finissent leurs courses encastrés dans la mangrove !

Deux jours de navigation plus tard nous sommes maintenant à Breves sur l'estreito de Breves qui relie le Para à l'Amazone. La remontée du canal, plus étroit, permet de mieux observer la nature et l'habitat. Breves, capitale de l'île de Marajo est bien moins touristique que Soure (proche de Belém). Ici l'économie est partagée entre la transformation du bois avec d'importantes scieries et toujours l'Acai qui est exporté vers le marché de Belém. Nous sommes amarrés à la trapiche de la ville sur des pieux ou à couple de bateaux locaux. L'animation est importante sur les quais et sur les berges. Le trafic des embarcations de toutes sortes est incessant, bruyant, malodorant et il soulève un clapot assez inconfortable !


A notre arrivée dans l'estreito de Breves, les voiliers du rallye ont été pris d'assaut par des dizaines de pirogues armées par de jeunes enfants ou par une mère et ses enfants. Ils font preuve de beaucoup d'agilité car les voiliers avancent vite, à 5 ou 6 noeuds, et aucune de ces frêles embarcations n'est percuté ou  chavire. Une fois accroché à notre plat bord nous leur distribuons stylos, habits et bonbons pour les plus jeunes... heureusement que nous avions fait, avec l'aide de Cécile, un stock sérieux avant de partir.

Contrairement à Soure, la ville de Breves est située dans la moitié de l'île de Marajo recouverte par de la forêt et impropre à l'élevage, donc pas de belles fazendas à visiter et la forêt a les pieds dans l'eau à cette saison. Nous parcourons cependant la ville à pied, profitons des quelques commerces et de l'internet récemment arrivé pour mettre à jour le blog et relever notre messagerie!
 
De nombreuses photos ont été ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone.

Enfin, pour tous ceux qui ont installé Google Earth, vous pouvez visualiser notre position sur l'image satellite en cliquant sur le lien de la dernière position.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Breves le 23 mars 2007.

 

 

 

 

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 18:18
Faute d'avoir le pilote de la marine brésilienne à nos cotés pour rejoindre Belém, la flottille a quitté Soure avec une journée de retard. Nous avons passé cette journée sur la plage des pêcheurs le long du Para.
Le vendredi 10 mars nous avons quitté Soure en convoi pour rejoindre Belém 45 milles plus en amont dans le fleuve. Quelques six à sept heures plus tard les bateaux prennent un mouillage devant l'hôtel Beira Rio sur le rio Guamà.
Belém ville mythique,  n'est pas au bord de l'Amazone, en réalité elle s'étale le long d'un immense bras du fleuve issu de la rencontre du rio Para (qui communique en amont avec l'Amazone) et du rio Tocantins. La ville installée sur un cap plat s'avance en rondeur d'est en ouest dans la baie de Guajara.
En 1616 les premiers Portugais s'installent et fondent Belém. Appelé alors Para, c'était du XVI° au XVIII° siècle la capitale administrative du royaume du Portugal au Brésil, le cerveau de l'activité des Jésuites en Amazonie, le poumon économique commerçant en direct avec Lisbonne et l'Europe.
Belém a connu successivement des périodes de prospérité, de richesse et de repli économique. Dans ce grand port fluvial et océanique, les buildings modernes côtoient la ville coloniale héritière de la forte organisation de ce qui fut la capitale du caoutchouc jusqu'au début du XX°.
Fort bien accueilli par la municipalité, nous avons fait un tour de la ville en bus et avons vu en particulier - le marché « Ver O Peso » qui passe pour être le plus beau marché du Brésil - la place de la république avec un grand parc dans lequel s'élève le « Teatro da Paz » folie de la période du boom du caoutchouc - « l'Estacao das Docas » sont d'anciens docks réhabilités de très belle manière qui abritent des restaurants, des expositions et des foires – le « Forte de Castelo » une citadelle où naquit la ville en 1616 – le « Palais des Onze Fenêtres » du XVIII°, ancien palais du gouverneur – la basilique « Nossa senhora de Nazaré » construite en 1908 sur le modèle de la basilique Saint pierre de Rome – et enfin le parc botanique qui présente une large variété de la faune et de la flore de l'Amazonie.
En face de Belém, de l'autre coté du fleuve sur une île, appelée l'île aux perroquets, nous avons assisté, au lever du soleil, à l'envol de plusieurs dizaines de milliers de perroquets dans un ballet aérien étourdissant et assourdissant de cris. Nous n'avons pas regretté de nous être levés de très bonne heure !
Les six jours de notre escale à Belém défilent à toute vitesse, car il faut aussi penser à l'avitaillement, aux pleins d'eau de gasoil, d'essence et de gaz, déposer les ballots de linge, aller chercher du liquide à la banque... car la prochaine grande ville sera Santarem dans un peu plus d'un mois ! Heureusement Hubert est arrivé le 12 mars au soir et il nous donne un sérieux coup de main pour ces tâches logistiques ingrates. Les journées sont longues, chaudes et humides, le grain de 15 ou 16 heures est une spécialité locale très prisé des habitants de Belém qui ont l'habitude de fixer des rendez-vous  avant ou après l'avalasse !

Le vendredi 16 mars nous quittons Belém et commençons une lente remontée de l'Amazone en convoi. Les connexions internet seront aléatoires ou inexistantes avant l'escale de Santarem... donc pas de mise à jour du blog avec de nouveaux articles avant quelques semaines... patience !

Des photos de notre belle escale à Belém sont sur l'album de l'étape 07 Amazone.

Enfin, pour tous ceux qui ont installé Google Earth, vous pouvez visualiser notre position sur l'image satellite en cliquant sur le lien de la dernière position.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Belem le 14 mars 2007.
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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 14:12
Marajo : « Le bouclier de l'océan » en langue indienne. Selon la légende, l'île de Marajo, vaste comme la Suisse, est placée à l'embouchure de l'Amazone pour protéger le fleuve des coups de la mer. Bordée par l'Amazone au nord, par le rio Para au sud et par l'océan à l'est, cette île plate de Marajo ou plus exactement cet archipel de terres humides est recouvert de forêts, de savanes, de mangroves et de plages. Cet écosystème quasiment vierge est terre d'élevage, on y compte 1 million de têtes de bétails, essentiellement des buffles.
Avec l'escale de Soure sur l'île de Marajo, nous entrons réellement en Amazonie qui reste la dernière partie sauvage de notre planète. Ce continent vert s'étend sur 9 pays et couvre près de 6 millions de kilomètres carrés, soit  près de 11 fois la superficie de la France. Rien qu'au Brésil, l'Amazonie couvre 60 % de la superficie du pays concentrant 4 % de sa population. 70 % des terres d'Amazonie sont couvertes par la forêt qui renouvelle à elle seule près de la moitié de l'oxygène de la planète...
Le fleuve Amazone, qui donne son nom à la région, avec ses 6300 km est le plus long fleuve du monde. Il prend sa source au Pérou et charrie 20 % des eaux douces du globe (sans compter l'antarctique) et est grossi par des milliers de fleuves et rivières. A la saison des crues, sa largeur par endroit peut atteindre 20 km. A Manaus l'étiage du fleuve peut atteindre 15 à 20 mètres.
Bref... quand on débarque à Soure on a réellement le sentiment très fort d'entrer dans un nouveau domaine, dans un monde nouveau, nous touchons maintenant le but de ce périple et la raison d'être de ce Rallye TransAmazone.
L'île de Marajo est elle même divisée en deux parties, l'une couverte de forêt tropicale : la forêt vierge mais qui n'est pas exploitée pour son bois car l'omniprésence de cours d'eau rend l'exploitation forestière difficile. Des terres et prairies humides couvrent l'autre partie de l'île. Soure, sur le bord du rio Paracauari (qui se jette dans le rio Para) est à la frontière des ces deux parties de Marajo.

Cette Camargue sauvage et équatoriale est occupée par des fazendas qui exploitent l'île en pratiquant principalement l'élevage de buffles et de chevaux. A la saison des pluies, de décembre à juin, les prairies sont recouvertes d'eau. Les fazendas peuvent couvrir plusieurs dizaines de milliers d'hectares et compter plusieurs milliers de têtes de bétails.
Nous visitons deux fazendas où nous sont présentés les buffles et la faune de l'île riche de très nombreux oiseaux, en particulier on découvre de nombreux ibis rouges et des aigrettes. A la fazenda Araruna, une troupe de jeunes danseurs nous fait découvrir la culture de l'île de Marajo, un mélange de culture indienne marajõaras et de traditions coloniales. La population fortement métissée possède des traits très fins.
Les visites dans les fazendas, sont l'occasion pour les uns et les autres de monter à cheval ou de chevaucher à dos de buffles.... la croisière s'amuse ! A Soure il y a même une unité de police montée à dos de buffles.
Soure, petite ville de 6 à 10 000 habitants, est assoupie sur le bord du rio Paracauari la principale artère, bien plus que les ruas et avenidas tirés aux cordeaux et à angles droits, numérotés comme à New York.... mais la comparaison s'arrête là !
Au mouillage sur le rio, à proximité de la trapiche (débarcadère municipal), nous sommes aux premières loges pour observer la vie du fleuve, les allées et venues des innombrables embarcations (très bruyantes car dotées de moteurs diesel à échappement libre !) de tous types et de toutes tailles. La route goudronnée s'arrête à Soure, le bac antique (une barge et son pousseur poussif) fait traverser les automobiles et poids lourds au milieu du courant du rio (3 à 4 noeuds de jus).
A Soure, la vie est calme, le temps s'écoule doucement et nous entrons doucement en Amazonie. Au marché Dominique découvre quelques-unes des 400 variétés de fruits. Le climat est différent : chaud mais pas trop chaud et surtout très humide. Il pleut fréquemment, de bonnes avalasses qui remplissent réservoirs et bidons par le biais d'une bâche en guise de récupérateur d'eau de pluie (sur l'Amazone, nos désalinisateurs sont inopérants). Il y a des moustiques, mais les moustiquaires et nos habitudes vestimentaires adaptées dès la tombée de la nuit, permettent de cohabiter avec ces petites  bêtes et de plus nous prenons quotidiennement un traitement antipaludéen.
La petite semaine d'acclimatation à l'Amazonie se termine, et demain jeudi 8 mars nous partons pour rejoindre Belem, 45 milles plus en amont sur le rio Para. Nous devrions atteindre ce port mythique avec l'aide du courant de marée huit heures plus tard. Commence ici la navigation en convoi pour les 19 bateaux du rallye.

Des photos de notre escale à Soure sur l'île de Marajo sont sur l'album de l'étape 07 Amazone.

Merci à Chantal de Sea Lance pour les beaux portraits de danseurs et danseuses.

Nouveauté sur le blog de Ramatoa : en cliquant sur dernière position vous pouvez nous situer sur Google Earth si et seulement si cette application gratuite est installée sur votre ordinateur. Si vous souhaitez la télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth.

N'oubliez pas non plus de jeter un oeil sur le nouvel album mis en ligne dernièrement : « Ramatoa sous voiles ».

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé à Soure et posté à Belem le 10 mars 2007
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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 13:13
Le samedi 24 février à 14 heures nos quittons sans beaucoup de regrets le mouillage de Fortaleza en face du Marina Park Hotel. L'étape nous conduit vers Soure à l'entrée du bassin de l'Amazone. 700 milles nautiques à parcourir en remontant vers l'équateur et en retraversant la zone de convergence intertropicale (ZIC) avec son cortège annoncé de vents faibles entrecoupés de grains.
La réalité est tout autre car dès que nous nous éloignons de la côte de Fortaleza nous touchons un bel alizé de sud-est et à la limite du plateau continental nous bénéficions en prime d'un courant favorable de 1,5 à 2,5 noeuds ! Au travers dans de telles conditions tous les bateaux marchent bien et Ramatoa se régale en de longues glissades sur l'océan Atlantique.
La première journée nous parcourons 151 milles, le deuxième jour 177 nautiques (record du bateau), le troisième 160.... à ce rythme et sans l'aide du moteur nous arriverons plus vite que prévu à Soure ! Le lundi 26 février en fin d'après-midi nous subissons un très violent grain de pluie, le vent monte à 30 noeuds et rafales à 35... Ramatoa franchit le mur des dix noeuds ! La veille nous avons rencontré Acalephe et avec Vincent nous avons fait une superbe séance de photos de nos bateaux sous spi au coucher du soleil.
La suite du parcours est plus chaotique car les grains se multiplient en fin de journée quand les cummulo-nimbus bourgeonnent à l'horizon. Derrière les grains le vent tombe et la pétole s'installe... le moteur reprend du service pendant de longues heures. A notre plus grand plaisir, les dauphins viennent régulièrement jouer devant l'étrave de Ramatoa. Nous sommes toujours d'aussi médiocre pécheurs, ce qui n'est pas le cas de Vincent qui a pris un bel espadon voilier de 30-35 kg !
Nous naviguons sur des sondes de 15 à 25 mètres, les pécheurs, non éclairés la nuit sont nombreux, la veille de jour et de nuit est pénible. Les filets sont nombreux et très mal balisés, nous prenons l'hélice de notre hydrogénérateur dans un filet et cassons une des pales, heureusement il y en a une en stock !
A l'approche de l'amazone, le beau bleu profond de l'Atlantique vire insidieusement au vert  puis carrément au marron dès que nous embouquons le rio Para, accompagné de trois autres voiliers du rallye (Glen Feeling, Berlingot et Opsis). La nuit tombe, le ciel est barré de noir par des grains orageux gigantesques, il nous reste encore 50 milles à parcourir entre les bancs de sable sur le rio Para pour atteindre notre destination : Soure sur l'île de Marajo. Le courant de marée nous aide dans notre remontée mais il s'inverse et nous gagnons péniblement les derniers milles au moteur.
Vers une à deux heures du matin dans la nuit du 1° mars, nous quittons le rio Para pour entrer dans le rio Paracauari et rejoindre le petit mouillage devant la ville de Soure. Il est près de trois heures du matin quand l'ancre crochée au fond du fleuve nous tombons dans les bras de Morphée.
Au réveil, le soleil est revenu et nous découvrons un paysage magnifique, calme. Nous sommes dans l'Amazonie car Soure est bien la porte de l'Amazonie, même si Belem, 45 milles plus en amont en est le grand port océanique. Ici l'eau du rio est douce, mais jaune et limoneuse, les courants sont forts au mouillage et atteignent 4 noeuds, de plus il y a de nombreux tourbillons qui rendent très aléatoire et imprévisible l'évitage des voiliers au mouillage.
Nous achevons là notre lente remontée du Brésil pour atteindre le bassin de l'Amazone sur lequel nous allons maintenant naviguer pendant plus de deux mois. Nous avons le sentiment de rentrer dans un univers nouveau et passionnant !
Cette dernière traversée (640 milles en 4 jours ½) a été superbe dans sa première partie avec du bon vent, du beau temps et de la belle mer.... les records de vitesse et de distance parcourue en 24 heures en attestent !

Nouveauté sur le blog de Ramatoa : en cliquant sur dernière position vous pouvez nous situer sur Google Earth si et seulement si cette application gratuite est installée sur votre ordinateur. Si vous souhaitez la télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth.

Des photos de Ramatoa sous voiles et de notre arrivée à Soure sont sur sur l'album de l'étape 07 Amazone. Merci à Vincent d'Acalephe pour les très belles photos du bateau sous spi ! Merci à Joseph d'Opsis pour Ramatoa en bonne compagnie à l'entrée du rio Para !

Un nouvel album regroupant toutes les photos de Ramatoa sous voiles est en ligne il suffit de cliquer sur Ramatoa sous voiles.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé à Soure et posté à Belem le 10 mars 2007
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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 16:42
Le mercredi 14 février, nous avons quitté en fin d'après-midi le mouillage rouleur et inconfortable de Fernando de Noronha pour rejoindre Fortaleza, 370 milles plus loin sur la côte nord du Brésil. La navigation s'annonçait belle, un alizé du sud-est portant et un courant favorable nous promettaient de belles moyennes journalières.
Dès le départ les conditions sont agréables et bien plus confortables qu'au mouillage. A la nuit tombée, vers 20 heures un violent grain surprend la flottille déjà en mer et bouscule sérieusement les plus grands d'entre nous restés au mouillage pour la nuit. En cinq minutes le vent s'installe à 30-35 noeuds avec des rafales à 40 noeuds, les bateaux sont surpris toutes voiles dehors, génois tangonné et le spinnaker pour certain. Sur Ramatoa, le pilote automatique a parfaitement contrôlé la situation en conservant son cap sans difficulté, empannage en douceur, le génois est roulé et le tangon abaissé. Le bateau sous grand voile haute seule file à 9 – 10 noeuds, les rafales sont violentes et nous prenons le premier ris dans la grand voile. Ramatoa avance à 8 noeuds et nous nous abritons à l'intérieur pendant le déluge d'eau qui s'abat sur nous. Deux heures plus tard, le grain passé, le vent tombe complètement et la pluie nous accompagne tout le reste de la nuit que nous poursuivons en partie au moteur.
Ce bref mais violent coup de vent a laissé des traces. Sur les bateaux en mer on déplore un tangon brisé net et l'arrachement d'un circuit d'écoute de grand voile. Les bateaux au mouillage ont affronté des creux de 1,5 à 2 mètres, les verges d'ancre sont tordues et un davier est arraché de la poutre avant d'un catamaran. Sur Ramatoa nous n'avons aucune avarie à déplorer et à aucun moment nous nous sommes sentis en difficulté.
Pendant toute la traversée nous subirons de nombreux grains de pluie avec des vents bien moins violent, mais dans la flottille la résistance s'organise et la surveillance des grains se fait au radar par les bateaux les plus en arrière de la flotte. Entre les grains le vent est assez faible voire inexistant.
Le mouillage à Fortaleza n'est pas très joli mais assez confortable devant le Marina Park Hotel dont nous bénéficions de tous les services et de sa belle piscine.
Fortaleza, capitale du Cearã, petit état défavorisé  avec un taux d'analphabétisation de 26% chez les moins de 25 ans et un taux de mortalité infantile très élevé, est une ville moderne tracée à l'américaine au carré. Importante ville du Nordeste elle ne conserve aucun vestige de son passé. Fortaleza sous le flux constant d'un exode rural concentre et rassemble une population miséreuse dans la plus grande favela du Brésil estimée à plus de 700 000 habitants sous le seuil de pauvreté.
A coté de cette misère à ciel ouvert  surgissent de superbes buildings qui bordent les plages splendides d'Iracema, de Futuro ou de Mucuripe, hauts lieux touristiques avec de très nombreux hôtels de luxe et de restaurants.
Notre escale à Fortaleza coïncide avec la fin du carnaval dans cette ville... ce n'est pas un hasard. Le carnaval au Brésil est une véritable institution où la vie économique s'arrête pendant la durée des festivités. Le Maracatu est le carnaval folklorique et culturel de Fortaleza, cette année le thème est celui des indiens et de l'esclavage. Mardi gras en soirée nous assistons au défilé des écoles de samba de la ville et des quartiers. L'ambiance est festive, chaleureuse, la musique omniprésente et tonitruante ! Contrairement aux clichés véhiculés par les télévisions sur le carnaval de Rio, celui de Fortaleza est plus modeste, moins commercial, moins riche, moins de paillettes et plus populaire... mais la ferveur et la liesse  sont tout à fait présentes, la bière et le rhum coulent à flot toute la nuit de clôture du Carnaval. Derrière les défilés très officiels et organisés des écoles de Samba, il y a de nombreux défilés spontanés et populaires.
Pour le reste Fortaleza est une escale technique pour les bateaux et les équipages avant l'arrivée prochaine sur l'amazone. Avitaillement, recomplètement des pleins, réparations diverses occupent pleinement nos journées, d'autant plus que Fortaleza est ville morte pour cause de carnaval !
Nous quittons Fortaleza le samedi 24 février après-midi pour rejoindre Soure sur le rio Parã dans l'île de Marajõ. Nous avons 700 milles à parcourir en une petite semaine.

News de dernière minute : dans le numéro de Voiles Magazine du mois de mars 2007, est paru l'article d'Albert Brel sur les 7 Ovni du Rallye des Îles du Soleil. On y parle et on y voit Ramatoa... ! Vous pouvez le consulter ici.

Nouveauté sur le blog de Ramatoa : en cliquant sur dernière position vous pouvez nous situer sur Google Earth si et seulement si cette application gratuite est installée sur votre ordinateur. Si vous souhaitez la télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth.

Des photos du carnaval et de notre escale à Fortaleza sont sur sur l'album de l'étape 06 Nordeste. Merci à Joseph d'Opsis pour une bonne partie des très belles photos du carnaval !

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Fortaleza le 23 février 2007.
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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 20:55
Tout d'abord, mille excuses pour la mise en ligne partielle et incomplète de l'article précédent qui a été assez laborieuse depuis un cybercafé de João de Pessoa, où toute la bande passante était prise par des joueurs en ligne sur Internet ! Maintenant tout doit être rentré dans l'ordre.

Nous avons quitté, mercredi 7 février en début d'après-midi, l'agréable mouillage de Jacaré pour rejoindre l'archipel de Fernando de Noronha. La traversée longue de 250 milles a été menée tambour battant au près bon plein avec des vents de 15 à 20 noeuds et une mer formée, fatale pour l'estomac de Dominique ! Parti en premier du mouillage nous sommes arrivés les premiers pour assister au lever du soleil derrière l'île montagneuse de Fernando.... un spectacle inoubliable.

Découvert en 1503 par Americo Vespuci, l'archipel est resté propriété de la couronne portugaise jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale. Tour à tour, terre d'exil, prison politique, base américaine, l'archipel a attiré des artistes et des scientifiques du monde entier. En 1988, l'UNESCO classe l'archipel dans le patrimoine naturel mondial

L'archipel de Fernando de Noronha est un vaste parc naturel marin où la faune et la flore sont préservées. La réglementation est très pointilleuse, la chasse sous-marine interdite et la plongée doit se faire par le biais d'un des quatre clubs autorisés, les taxes de séjour élevées dissuadent les voiliers de passage de s'éterniser au mouillage de São Antonio.

Le mouillage est assez rouleur car la houle y entre assez largement, de plus le lendemain matin de notre arrivée nous avons essuyé un coup de vent bref mais assez violent (35 noeuds)... histoire de vérifier que les les ancres étaient bien crochées. Deux bateaux ont quand même dérapé et ont du remouiller pendant l'intermède venté. De mon coté, j'ai plongé pour vérifier la position de l'ancre, elle était complètement ensevelie dans la sable... pas de souci à se faire.
L'île de Fernando est petite et elle se parcourt aisément soit en bus, ligne unique sur route unique, soit en buggy ce qui permet de descendre jusqu'aux plages par des chemins caillouteux et défoncés. Les plages sont nombreuses et rivalisent toutes de beauté. Un championnat mondial de surf se déroulait sur la plage de Cacimbra do Padre, les vagues et le spectacle des surfeurs étaient grandioses.

La balade en buggy nous a conduit vers des sites et des points de vue superbes et au coeur du petit village de cette île entièrement tournée vers le tourisme. Les paquebots se succèdent sur le mouillage de São Antonio et déversent pour 24 ou 26 heures un flot de vacanciers qui dépassent rarement les quelques boutiques à touriste du port ou du village !

Tous les jours le ciel nous gratifie d'une bonne douche, le ciel s'obscurcit... il faut courir pour fermer les panneaux du bateau, la pluie tombe drue ... et le soleil revient dans une moiteur étouffante... il faut alors courir à nouveau pour ouvrir  les panneaux !

La vie du rallye à Fernando est calme, nous profitons de la mer, des baignades, de nager avec les dauphins et d'admirer les poissons et les tortues lors d'une sortie PMT (palmes-masque-tuba). Nous profitons d'une conférence très intéressante donnée par un chercheur de l'IBAMA (l'IFREMER Brésilien) sur les travaux et recherches sur les dauphins qui sont conduits içi à Fernando. Les bateaux se reçoivent pour des apéros et nous avons partagé autour d'un barbecue la pêche  des uns et des autres réalisée pendant la traversée.

Nous gardons de belles images de Fernando, mais les paysages ne sont pas aussi grandioses que ceux des Seychelles et la faune et les fonds marins pas aussi riches que dans l'océan indien, à Mayote en particulier.
Nous repartons le 14 février après-midi vers Fortalezza sur le continent sud-américain. Cette traversée de 370 milles devrait s'effectuer à bonne allure au portant et avec un courant favorable.... mais nous vous en reparlerons dans le prochain article.

Vous trouverez des photos de notre séjour à Fernando sur l'album de l'étape 06 Nordeste.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Fortalezza - Brésil le 17/02/2007.
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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 13:38

De Salvador à João do Pessoa, il y a 500 milles à parcourir pour les 23 voiliers du rallye qui étaient en escale depuis cinq à six semaines dans la capitale de l'état de Bahia.  Pessoa est dans l'état du Paraiba. Mais avant de revenir sur cette escale calme et reposante après la folie de Salvador, il faut dire quelques mots sur  les quatre jours de navigation.


Philippe nous avait promis l'étape la plus désagréable du rallye... il avait raison et elle a tenu ses promesses... du vent dans le nez, de la mer et du prés serré sur les deux tiers du parcours. De plus nos estomacs habitués  au calme de la baie de tous les saints n'ont pas apprécié exagérément de retrouver le rythme de la haute mer... surtout au prés serré, allure assez peu confortable. Nous avons alterné pendant 72 heures de longs bords à la voile puis des contre-bords voile plus moteur pour s'éloigner de la côte sans trop perdre de terrain sur la route directe. Les dernières 36 heures, le vent a adonné et nous avons bien marché par un vent de travers de 15 à 16 noeuds. Bref... une navigation où l'on est content d'en avoir terminé !



Arrivé à Cabadello, nous avons embouqué et remonté le rio Paraiba sur une dizaine de milles pour venir mouiller devant le « Iate Clube de Paraiba ». Un charmant petit club nautique où nous sommes merveilleusement accueillis avec de multiples festivités et activités. Les voiliers sont au mouillage sur le rio et les buildings de João do Pessoa émergent au loin de la brume de chaleur.
Parmi les curiosités de ce mouillage dans la verdure, tous les soirs de nombreux brésiliens viennent assister au coucher du soleil sur le mouillage et la mangrove, attablés à la terrasse des guinguettes ils écoutent le boléro de Ravel qui est joué par un saxo  dans une barque sur l'eau... si l'interprétation n'est pas de premièr ordre, le spectacle est lui très folklorique.

Autre folklore local... le Iate Clube nous a invité à passer une journée baignade sur une île de la façade atlantique entre les plages et le récif qui borde la côte à cet endroit. Embarquement sur un catamaran de promenade qui nous dépose sur l'îlot qui a la particularité de ne découvrir qu'à marée basse... c'est le but de promenade (nous sommes samedi) de plusieurs milliers de brésiliens et de plusieurs centaines d'embarcations de tous types ! La logistique suit en flottant avec des bars sur des barges et tout ce petit monde mange et se désaltère les pieds dans l'eau avant que l'eau en remontant ne chasse tout le monde dans un joyeux désordre et une musique tonitruante.... pour une plage isolée seule au monde c'est loupé mais pour observer les habitudes et les loisirs des brésiliens, c'est un régal !



L'accueil incroyable que nous recevons au Iate Clube démontre, s'il était encore nécessaire, que les Brésiliens sont d'une gentillesse extrême, qu'ils adorent partager et nouer le contact avec nous. La musique du Nordeste très différente de celle de Bahia et le sens inné de la fête font le reste ! Les gros crabes bleus à une seule pince, trouvés dans la mangrove, savent eux aussi se montrer accueillant et font le service de la bière !



Il ne faudrait pas croire que nous ne faisons que la fête, nous avons aussi des activités hautement culturelles ! Nous sommes partis avec quatre autres couples pour 48 heures de ballade à Olinda à 150 km de Pessoa,  à 6 km au nord de Recife, la capitale du Pernambuco (état coincé entre celui de Bahia et celui du Pariba).


Olinda fondée en 1537, ancienne capitale du Pernambuco, est avec Ouro Preto un des bijoux du Brésil, préservée du temps par son écrin de verdure et surtout par l'UNESCO qui l'a déclarée « héritage de la nature et de la culture de l'humanité ».Lacis de ruelles escarpées et pentues bordées de maisons coloniales aux joyeuses façades colorées,exubérance d'églises baroques, charme des fontaines mauresques, Olinda la ville aux sept collines (encore une !) a su préserver une ambiance authentique et un mode de vie original, dont le charme un peu suranné, entre les pavés mal ajustés et chargés d'histoire, ne nous a pas laissés indifférent.

Nous avons visité de nombreuses églises, et plusieurs couvents. Celui de São Francisco est splendide, le couvent, le premier des Franciscains au Brésil date de 1577 et son église de 1588. Elle est décorée de magnifiques panneaux d'azulejos, la sacristie est considérée comme une des plus belles du Brésil.

Pour ne pas casser l'ambiance magique de cette journée de visites, nous avons dormi dans une poussada de la vieille ville installée dans une maison du XVIII° superbement restaurée et entretenue.

 
Sur le chemin du retour, nous avons fait une halte à Igarassu qui possède un patrimoine d'églises et de couvents intéressants. L'église São Cosme e Damião date de 1535, c'est la plus ancienne du Brésil.



Après cette étape calme et vieilles pierres, notre prochaine traversée (250 milles) nous conduira à Fernando de Noronha, petit archipel au large de l'angle nord est du Brésil et qui est un immense parc naturel parfaitement préservé, c'est les Galapagos de l'Atlantique.

De très nombreuses photos de notre séjour à João do  Pessoa sont sur l'album de l'étape 06 Nordeste.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Jacare - Brésil le 06/02/2007.

 

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 03:10
Le dernier article mis en ligne date du 18 décembre 2006....  en escale à Salvador de Bahia nous sommes devenus feignants ou plus exactement nous avons adopté, sans trop de difficultés, le rythme brésilien... et pas uniquement pour les danses et la musique.
En réalité notre séjour à Salvador a été passablement perturbé par une panne du moteur Volvo de Ramatoa. Une pièce fixant l'inverseur à l'arrière du bloc moteur a littéralement volé en éclats. Cette  pièce de fonderie en aluminium devait avoir un défaut car elle ne subit pas d'effort particulier. Cette découverte s'est faite fortuitement le 25 décembre matin... joyeux Noël !... quand j'ai voulu mettre en route le moteur pour effectuer la vidange.... bruit d'enfer et stupéfaction devant l'ampleur des dégâts dans la cale moteur... un inverseur qui a reculé de près de 10 cm et la pièce cassée en une dizaine de morceaux !
Le moral en prend un coup... mais nous restons confiants, nous avons un mois devant nous pour réparer !
Début d'une démarche longue et difficile. Localement, faire intervenir l'agent Volvo qui diagnostique la panne et propose d'effectuer la réparation... mais pas de chance la pièce de rechange n'est pas disponible au Brésil et cela peut prendre plusieurs semaines pour la faire venir de Suisse, où d'ailleurs elle n'est pas en stock non plus !!
Avec la complicité de Ralph, le chantier Alubat fermé entre Noël et le nouvel an, est alerté le 27 décembre, questionne Volvo France.... qui ne reprend le travail que le 3 janvier 2007. En clair il ne faut pas tomber en panne pendant les fêtes !
Dès la reprise du travail, Volvo France dispose des pièces et les expédie en urgence chez des équipiers qui rejoignent un bateau du rallye. Le 10 janvier, nous voyons arriver avec satisfaction , dans les bagages de Michel et Jacqueline, les pièces nécessaires à la réparation.
Le moral est en hausse sensible.
Entre les jours fériés et le rythme brésilien du mécano Volvo local... les travaux débutent le 13 pour finir le 16... mais à la mise en route... un bruit d'enfer très inquiétant provient de l'inverseur (la boite de vitesse). Il faut déposer à nouveau l'inverseur et rechercher l'origine du désordre. Le moral subit une forte baisse... car s'il faut ouvrir l'inverseur et changer des pièces... le rallye a de fortes chances de repartir sans nous... moral très sombre !
Nouvelles interventions fractionnées du mécano entre le 17 et le 19 janvier et oh divine surprise !! le bruit anormal ne provient pas de l'inverseur mais de l'une des pièces neuves livrées par Volvo France, le problème est donc rapidement résolu et tout rentre dans l'ordre.
Moral en très forte hausse !
Pressé de vérifier que tout fonctionne bien, deux heures après le départ de Fabio le mécanicien, nous faisons le plein de gasoil et partons au moteur, malgré un bel alizé,  en balade dans la baie de tous les saints. Tout va bien, nous serons donc prêts à repartir vers le nord est du Brésil et l'Amazone dès le 27 janvier. C'est la fin d'une galère qui nous a un peu gâché notre séjour à Salvador.... mais heureusement que ce bris de pièce s'est passé ici et non pas au fin fond de l'Amazonie !
Si les visites et voyages envisagés au Brésil se sont trouvés perturbés, nous ne sommes pas restés à quai au centre nautico de Bahia (CENAB). La gentillesse et la solidarité des équipages du Rallye ont joué à fond et nous avons dû gentiment refuser des embarquements.
Noël et le réveillon donnent lieu à de nombreuses festivités dans la ville haute le « Pelourinhio ». Le réveillon de Noël est passé au CENAB où nous étions une bonne vingtaine de personnes, bonne ambiance et restauration agréable. Le 26 décembre Bernard rejoint la Bretagne et nous nous retrouvons tous les deux.
Nous embarquons pour quatre jours sur Glenfeeling pour une balade dans la baie de tous les saints. Mouillage à Itaparica, l'île est un petit paradis calme et sûr face à Salvador dont l'insécurité chronique est réputée. Nous remontons ensuite le rio Paraguacu sur une vingtaine de milles et découvrons un superbe mouillage face à un vieux couvent délabré des Franciscains... on se croirait dans le film « Missions ». Sur l'autre rive dans un bras du fleuve nous mouillons à Maragojipe où par chance nous tombons le jour du marché... quel spectacle haut en couleurs ! Enfin nous retournons à Itaparica où nous avons réservé pour le réveillon du nouvel an dans un petit restaurant sur le quai de la micro marina. Ambiance survoltée de décibels avec feu d'artifice.... les brésiliens ne s'arrêteront qu'avec le lever du jour à 5 heures du matin. Le 1° janvier, tentative de récupération au mouillage et le 2 janvier nous retournons à Salvador à bord d'Ivresse le grand Lagoon 440 d'Olivier et Sabine. Sur Glenfeeling, Cathy, Bernard et Gérard continuent à vagabonder dans la baie. De notre coté nous organisons l'envoi des pièces de rechange.
Le 6 janvier nous embarquons de nouveau pour trois jours avec Isabelle et Joseph sur Opsis, un autre Ovni du rallye. Nous explorons le nord de la baie avec un mouillage devant le petit Iate clube d'Aratu où nous profitons de la piscine, puis mouillage au nord de l'île de Prades à proximité de l'îlot de Bon Jesus... c'est dimanche et il y a naturellement une fête religieuse... là encore spectacle garanti.
A Salvador le ponton du RIDS se remplit et se désemplit au rythme des départs et arrivées des uns et des autres. Nous découvrons aussi quelques très jolis coins, de belles églises et de petits restaurants très agréables. Dominique fait de gros progrès en « Portugnol » et la gentillesse indéfectible des brésiliens fait le reste. Le 11 janvier une procession ininterrompue de 2 millions de personnes défile devant le CENAB pour la fête religieuse de ND de Bonfim... spectacle et insécurité garantis (5 morts et 70 blessés !).
Nous rédigeons cet article au ponton  d'Itaparica où nous avons abouti pour deux ou trois jours après notre croisière d'essai du moteur. Nous y sommes bien au calme loin du bruit et de la fureur de la capitale de l'état de Bahia pour préparer Ramatoa pour la suite du voyage, nous y faisons le plein des réservoirs d'eau avec de l'eau minérale, car luxe suprême c'est de l'eau minérale de la Fonte da Bica qui coule au robinet du ponton. Nous échouons Ramatoa sur un banc de sable blanc pour nettoyer ses dessous et remplacer des anodes usagées. Le 25 janvier réunion des skippers et le 27 envol des groupes 1 et 2 pour Joao de Pessoa... au programme 350 milles de prés dans les alizés... on vous en reparlera prochainement.


Mais avant de vous quitter nous vous renouvelons nos voeux pour l'année nouvelle, il n'est pas encore trop tard ! 
Um feliz anno 2007

De très nombreuses photos de notre séjour à Salvador sont sur l'album de l'étape 05 Salvador de Bahia.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé à Itaparica, posté à Salvador - Brésil le 24/01/2007.
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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 20:02
Chez certains équipages du rallye, la traversée vers Salvador de Bahia est une affaire d'importance et monopolise les esprits depuis de longues semaines déjà, allant jusqu'à les empêcher de profiter des moments présents vécus sur le Saloum ou même à Dakar ou au Cap -Vert. Ce n'est pas notre cas !
Sur Ramatoa cette transatlantique vers le Brésil n'est pas prise à la légère, car c'est une grande première pour nous trois avec le passage de l'équateur, mais elle ne représente qu'un peu plus de deux fois la traversée entre Tenerife aux Canaries et Mindelo aux Cap-Vert. La difficulté, si difficulté il y a..., réside plus dans la logistique et l'avitaillement que dans les conditions de navigation que nous devrions rencontrer. Bernard nous a rejoint à Dakar et nous sommes trois pour traverser. Voici un bref résumé de notre transat jour après jour.... que du bonheur !
Vendredi 1° décembre 2006 : Départ à 10 heures après avoir dégonflé et rangé l'annexe. Tour d'honneur dans le mouillage sous les encouragements des bateaux du rallye. Dans le 1° groupe (des petits) nous sommes six bateaux mais seuls quatre partiront aujourd'hui. Le vent est faible et irrégulier, nous progressons au moteur pendant quelques heures pour faire de l'eau douce et remplir les 430 litres du réservoir. A une quinzaine de milles de la côte nous prenons un bout et un filet dans l'hélice, le moteur ne cale pas mais nous perdons deux noeuds de vitesse. Il nous faut attendre que la mer se calme un peu pour descendre sous la coque en plongée pour dégager l'hélice. Les alizés s'installent progressivement au Nord Est.
Samedi 2 décembre 2006 : 118 milles nautiques parcourus dans la 1° journée. Le vent souffle régulièrement maintenant entre 20 et 25 noeuds de Nord Est. Nous avançons au vent arrière, voiles en ciseaux, grand voile haute et génois un peu roulé et tangonné. Ramatoa est étonnamment stable sous cette allure et il est parfaitement contrôlé par le pilote automatique malgré une houle qui se creuse et une mer agitée. Prise d'un beau thon rouge de 8 à 10 kg après une belle bagarre d'une vingtaine de minutes. Je suis content d'avoir changé les 300 mètres de nylon du moulinet par un nylon plus épais de façon à éviter les casses intempestives connues avec des dorades coryphènes perdues le long du bord du bateau.

Dimanche 3 décembre 2006 : 140 milles nautiques parcourus dans la 2° journée. Les conditions de vent et de mer sont inchangées. Les nuits sont claires avec une  pleine lune et une température très douce. Le rythme des quarts est maintenant pris.
Lundi 4 décembre 2006 : 135 milles nautiques parcourus dans la 3° journée. Nous changeons l'heure légale du bord pour passer à TU-1 (Une heure en moins tous les six à huit degrés de longitude gagnés vers l'ouest). Vent et mer inchangés dans la journée, mais la nuit venu le vent tombe sérieusement et la houle qui persiste nous contraignent à faire route au moteur un partie de la nuit.
Mardi 5 décembre 2006 : 112 milles nautiques parcourus dans la 4° journée. Le vent est de retour au petit matin et nous reprenons notre cavalcade au vent arrière voiles en ciseaux. Coté pêche : deux touches et un leurre de perdu en fin d'après-midi. Le temps se couvre un peu au coucher du soleil, signe que nous approchons doucement du pot au noir. Avec un peu plus de 500 milles nautiques depuis Dakar, nous avons effectué le premier quart de la traversée. A la vacation BLU de 21H00 UTC nous apprenons que nos amis Hubert & Charlotte du catamaran Natibou sont obligés de se dérouter vers Mindelo au Cap-Vert à cause d'une panne persistante et récurrente sur le système hydraulique de l'appareil à gouverner... les deux safrans ne restent plus parallèles. Nous espérons qu'ils pourront réparer et nous rejoindre au mois de janvier à Salvador de Bahia.
Mercredi 6 décembre 2006 : 132 milles nautiques parcourus dans la 5° journée. Ce matin temps gris et mer grise... quel changement ! Cette nuit le vent est resté soutenu, la moyenne oscille entre six et sept noeuds. Ramatoa est très sale, il est recouvert d'une épaisse couche de poussière rouge, les cordages sont raides, nous avons les mains sales dès que nous manoeuvrons. Les premières averses du pot au noir sont attendues avec impatience pour délayer ou nettoyer tout cela ! En début d'après-midi, nous infléchissons notre route vers le sud pour essayer de traverser au plus court le pot au noir. Après plus de cinq jours au vent arrière voiles en ciseaux, nous gouttons au plaisir du vent de travers et nous filons toujours près de six à sept noeuds.
Jeudi 7 décembre 2006 : 134 milles parcourus dans la 6° journée. Nuit calme dans un vent d'est mollissant. Le ciel est couvert, les éclairs de chaleur sont nombreux mais nous passons à coté des grains. Premier grain sérieux ce matin, le vent est monté à 30 noeuds... la crasse est maintenant délayée ! A midi le vent tombe et le moteur est mis en route jusqu'à 22 heures où le vent revient et oh surprise du sud est à 15 noeuds ! Nous n'osons pas croire que les alizés de sud est s'installent déjà alors que nous sommes encore par 3° 45'N.
Vendredi 8 décembre 2006 : 113 milles parcourus dans la 7° journée. Première semaine de navigation écoulée et le pot au noir semble être derrière nous... quelle chance nous l'aurons passé avec seulement une dizaine d'heures de moteur. Mais faute de pluies violentes et abondantes le bateau est à moitié lavé... toute la crasse et la poussière délayées ont coulé sur le coté tribord... on ne peut pas tout avoir... du bon vent et un bateau propre et rincé ! Au coucher du soleil nous prenons notre 2° thon de la traversée, mais il est plus modeste et parfait pour trois personnes... deux repas quand même !
Samedi 9 décembre 2006 : 100 milles parcourus dans la 8° journée. Dans la nuit le vent s'évanouit et nous remettons le moteur, la nuit est calme, la mer belle est parcourue de la longue ondulation de la houle océanique. En début de matinée, le vent de sud - sud est remonte à 10-12 noeuds et nous glissons de nouveau à la voile pour quelques heures car le vent retombe dans l'après-midi. De plus les fichiers météo reçus ce matin ne sont pas optimistes et n'annoncent pas le retour d'alizés soutenus avant 200 à 300 milles... encore un peu de patience ! Ramatoa vient d'enregistrer son 5000° mille nautique parcouru depuis sa mise à l'eau.... ce n'est pas moi qui le dit mais le GPS !
Dimanche 10 décembre 2006 : 108 milles parcourus dans la 9° journée. Nous changeons de nouveau l'heure légale du bord pour passer à TU-2. En milieu de nuit le vent est revenu du  sud ? sud est, nous retrouvons le silence du vent dans les voiles.... et il ne nous quitte pas jusqu'au « passage de la ligne ». Dominique, en direct sur la « Fréquence Femmes » a fait basculer Ramatoa dans l'hémisphère sud à 16H41 UTC ! Comme un bonheur n'arrive jamais seul... la distance restant à parcourir est maintenant inférieure à 1000 milles. Ce soir, dîner de fête pour célébrer dignement la passage de la ligne. Au menu : confit de canard, pommes sautées sarladaises et champagne !
Lundi 11 décembre 2006 : 122 milles parcourus dans la 10° journée. Depuis deux heures du matin l'alizé souffle frais à 18-20 noeuds et Ramatoa cavale entre 6,5 et 7,3 noeuds entre les grains de pluie. Aujourd'hui le temps est lourd et partiellement couvert... mais la moyenne quotidienne, faiblarde depuis trois jours, devrait sérieusement remonter si le vent se maintient. Tous les soirs nous complétons notre plein d'eau douce par une heure ou une heure et demi de désalinisateur. Nous croisons quelques cargos qui sont sur la route qui relie l'Amérique du sud à l'Europe.
Mardi 12 décembre 2006 : 152 milles parcourus dans la 11° journée (moyenne : 6,33 nds). L'alizé est maintenant bien installé à 20 noeuds, la mer est un peu agitée, le temps chaud avec quelques averses de pluie. Nous avons avec Bernard passé notre matinée à rechercher une fuite d'eau de mer que nous retrouvions en quantité dans les fonds depuis deux ou trois jours que nous marchons fort avec une gîte sur tribord. Après avoir tout déviré sur le coté tribord, inspecté les fonds de placard, démonté des cloisons, nous avons finalement découvert que l'échappement du groupe électrogène n'était pas étanche (n'avait été probablement jamais étanche) et que de l'eau de mer rentrait dès qu'il était sous l'eau à la gite. Le passe coque a été resserré, la fuite est réduite à quelques litres par 24 heures, mais son étanchéité devra être refaite ultérieurement une fois le bateau au sec. Coté pêche, plusieurs touches qui se sont décrochées... mais rien dans l'assiette... nous attaquons les conserves !

Mercredi 13 décembre 2006 : 162 milles parcourus dans la 12° journée (moyenne : 6,75 nds). Cela constitue le record de Ramatoa sur 24 heures. La nuit a été assez ventée avec 25 noeuds en moyenne et des rafales à 30. Ramatoa est secoué, le pont régulièrement rinçé par les vagues qui s'invitent à bord, la vie à bord est plus difficile, mais la foulée s'allonge à 7,5 noeuds et des pointes à 8 quand la vague pousse la coque. Nous avons croisé plusieurs cargos dont un avec qui  nous avons conversé à la VHF, il remontait d'Argentine vers l'Espagne. Mais ce matin l'alizé est plus raisonnable et la vitesse redescend à 6,5 nds. L'hydrogénérateur que nous remorquons pour produire de l'électricité nous fait perdre 0,3 à 0,5 noeuds de vitesse (ce qui représente tout de même une bonne dizaine de milles perdus par 24 heures) mais par contre cette production d'énergie ajoutée à celle de l'éolienne, nous permet depuis 48 heures par vent de travers soutenu d'être auto suffisant en électricité et de compenser les consommations du pilote, du frigo, des feux de navigation, et par intermittence du PC et de la BLU. Ce n'est pas si mal et des heures de groupe électrogène en moins ! 
Jeudi 14 décembre 2006 : 151 milles parcourus dans la 13° journée. Nuit calme avec un vent assez régulier, mais ce matin après avoir traversé une ligne de grains nous nous retrouvons sans vent pendant une à deux heures ! Le vent de sud est se rétablit et le soleil revient dans la matinée. Soir et matin il y a les vacations radio BLU pendant lesquelles les bateaux donnent : position, distance restante et conditions de vent. Les informations de la vacation du matin sont ensuite reportées sur le site internet des Îles du Soleil. La BLU est un outil de communication convivial qui permet de bavarder avec les autres bateaux... les femmes sont bavardes... mais les hommes ne le sont pas moins !
Vendredi 15 décembre 2006 : 148 milles parcourus dans la 14° journée. Nous bouclons ce matin la deuxième semaine de navigation. Nous longeons les côtes nord est du Brésil à une quarantaine de milles au large. Nous ne voyons pas la terre mais nous la devinons et la nuit dernière nous avons vu la lueur de la ville de Recife à plus de cinquante milles. Nous portons le spinnaker depuis 8 heures ce matin mais le vent est mollissant depuis la fin de la sieste. L'avitaillement a été réalisé de mains de maître par Dominique à Dakar avec l'aide de Ludivine. Nous mangerons, jusqu'à la fin, tous les jours des légumes ou des fruits frais, nous n'avons perdu qu'une douzaine d'oeufs. Les conserves réalisées à Châtelaillon s'avèrent excellentes. La pêche est plus aléatoire car le compteur est toujours bloqué à deux prises (thons rouges) depuis le départ du Sénégal.... mais il nous reste encore  48 heures pour revenir au score !
Samedi 16 décembre 2006 : 137 milles parcourus dans la 15° journée. Les bateaux les plus rapides approchent ou arrivent à Salvador. Météore, un catamaran Outremer de 60 pieds, est au ponton depuis hier soir. Pour nous la nuit a été pénible avec une succession de vent faible puis de grains de pluie. Au petit matin le vent s'établit plus régulièrement et nous marchons d'abord sous spi puis voiles en ciseaux avec le génois tangonné sous un vent de Est de 18 ? 20 noeuds. A bord les pronostics d'arrivée à Salvador de Bahia vont bon train.... pour la messe du dimanche matin... cela va être un peu court... mais pour les vêpres... pas de problème nous devrions y être si Eole ne nous joue pas un mauvais tour. Tous les soirs, depuis que nous sommes près des côtes, des dauphins viennent jouer devant l'étrave de Ramatoa.... nous ne nous lassons pas du spectacle !
Dimanche 17 décembre 2006 : 152 milles parcourus dans la 16° journée. Eole nous a abandonné en fin de nuit et nous avançons au moteur. Au lever du jour nous longeons la côte au nord de Salvador et profitons pleinement de l'arrivée sur la baie de tous les saints et sur la ville de Salvador de Bahia. Accueil ENORME de la part des équipages qui nous ont précédé de quelques heures voire d'une journée pour les plus véloces. Accueil brésilien ENORME de la part de Philippe et Nicolas du comité d'organisation et du centre nautique bahianais [CENAB] avec Caïpirinha, Bahainaise en costume traditionnel et plateau de fruits frais. Le ponton est noir de monde et nous sommes un peu saoulés de bruit et de monde, par tout ce tumulte après 16 jours de calme en mer ! Ramatoa se trouve amarré par des dizaines de mains amis. Voilà la transatlantique est terminée, elle ne nous a pas déçus et la réalité est au dessus du rêve... que du bonheur !

Bilan de la traversée en chiffres :
Distance parcourue : 2133 Nm.
Durée du parcours : 16 jours et 3H30.
Moyenne traversée : 5,50 nds.
Meilleure journée : 162 Mn le 13 décembre 2006.
Plus mauvaise journée : 100 Mn le 9 décembre 2006.
Nombre de bateaux arrivé avant Ramatoa : 12.
Nombre de bateaux arrivés après Ramatoa : 10.
Place de Ramatoa dans le groupe 1 : 3° sur 7 bateaux du groupe 1.
Nombre d'heures moteur : 80 heures.
Nombre d'heures groupe électrogène : 32 heures.
Quantité de gasoil consommé : 280 litres.
Quantité d'eau douce produite : 1480 litres.

De très nombreuses photos de notre transatlantique sont sur l'album de l'étape 04 Transat.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé en cours de traversée et posté à Salvador Brésil le 18/12/2006.
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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 11:57

Les cinq jours de l'escale à Dakar sont passées à toute vitesse. Pris dans le tumulte, le bruit, les embarras de la circulation de la capitale sénégalaise, nous ne voyons pas le temps passer et nous ne faisons pas tout ce que nous avons à faire.

Notre éloignement relatif du centre ville complique les choses car pour aller place de l'indépendance depuis le cercle de voile de Dakar à la plage de Hahn il faut compter entre vingt minutes et deux heures en fonction des encombrements.
Le Rallye a aussi ses mondanités !! Nous sommes invités à l'ambassade de France pour un cocktail de bienvenue, cela me donne l'occasion de rencontrer des camarades militaires en poste à Dakar.


Le cercle de voile de Dakar est situé sur la plage de Hahn à proximité d'un petit village de pêcheur et de son marché aux poissons, la plage est toujours animée ... comme les débarquements en annexe quand l'alizé souffle fort et lève un clapot assez creux sur le mouillage.
Pendant notre séjour, nous rencontrerons Ludivine Reungoat et ses trois enfants, Franck son mari est en poste au 23° BIMa sur le camp Bel Air. Ils nous aideront énormément pour faire nos approvisionnements avant de partir sur le Saloum et au retour pour l'avitaillement de la transat.
Nous retrouvons à Dakar les odeurs, les taxis délabrés, les camions hors d'age, les petits commerces, les petits boulots, la crasse et la misère de l'Afrique mais aussi la gentillesse de ses habitants. Dakar est une capitale de 2 à 3 millions d'habitants qui concentre 20% de la population du Sénégal. Il n'y a pas de travail pour tout le monde et il faut bien vivre... c'est le royaume de la débrouille et de l'économie souterraine.


Le lundi 20 novembre, nous participons à un visite organisée du lac Rose à 40 kilomètres au nord de Dakar. Ce lieu mythique de l'arrivée du rallye raid Paris – Dakar est un haut lieu touristique. Pour nous faire oublier les désagréments de notre premier mouillage perturbé par la présence du roi du Maroc, les autorités sénégalaises font les choses en grand pour cette excursion  avec la présence d'une escorte pour ouvrir la route à nos deux cars dans les dizaines de kilomètres de bouchons sur la route de Rufisque. Le midi nous sommes invités à déjeuner au campement du Lac Rose où nous dégustons un très bon « poulet yassa ». La visite au lac Rose s'effectue à bord de véhicules 4x4 tout terrain, il s'agit de vieux véhicules militaires français qui vivent là leur cinquième ou sixième vie... ils ne sont plus de première jeunesse et doivent accuser 40 ou 45 ans d'age. Le circuit longe les berges du lac, il traverse un village où est extrait le sel du lac puis nous conduit dans un village Peul (passablement sédentarisé pour les besoins du tourisme !). Le retour au campement s'effectue à travers les dunes de sable et le long de l'immense plage où les concurrents du Paris Dakar achèvent leurs chevauchées fantastiques dans les vagues de l'océan Atlantique.


Depuis le dimanche nous sommes autorisés à mouiller de nouveau devant l'hôtel Terranga et c'est depuis ce mouillage que nous partons dès l'aube pâle vers le Sine Saloum. Cette rivière se situe à 60 milles nautiques au sud de Dakar en allant vers la Casamance. La traversée prend un dizaine d'heures et nous devons impérativement arriver en fin d'après-midi afin de passer la barre d'entrée dans la rivière en convoi derrière une pirogue.

La descente vers le Saloum débute avec du vent, mais à la mi journée il tombe complètement et nous alignons encore quatre ou cinq heures de moteur. Nous naviguons bord à bord avec Opsis, un ovni 435, et en profitons pour faire des photos de nos voiliers sous voiles... voilà donc les premières photos de Ramatoa à la voile... elles sont réussies, notre patience set récompensée. La route directe vers le Saloum passe  à 5 ou 10 milles d'une côte basse et sablonneuse, les fonds sont peu profonds, les pirogues se comptent par centaine, les perches de casiers et de filets des pêcheurs sont innombrables... c'est un véritable gymkhana... le même parcours de nuit est impensable. Les pirogues basses sur l'eau sont armées par deux ou trois pêcheurs qui vivent dans un dénuement total sous un soleil implacable. Une pirogue nous demande de l'eau et nous offre un poisson que nous mangerons le lendemain au barbecue... la pêche à la traîne n'a pas été fructueuse... l'honneur est sauf.


La lumière décline déjà quand les 23 voiliers rentrent en file indienne pour franchir les passes et la barre dans les bancs de sable entre Djifere et Sangomar. Ramatoa est en tête du convoi derrière la pirogue qui nous sert de guide. Au coucher du soleil, tous les voiliers sont au mouillage devant le village de pêcheurs de Djifere où nous resterons le mercredi 22 novembre.
Le village de trois à quatre mille âmes entretient une flotte de plusieurs centaines de pirogues, le départ à l'aube et le retour de pêche en fin d'après-midi sont impressionnants. Toute la population s'active à décharger, à trier le poisson et à remonter les pirogues sur le sable. Les poissons sont séchés au soleil sur des séchoirs en bois, les coquillages (des lambis très nombreux en cette saison)sont extraits des coquilles et cuisinés immédiatement. Les conditions de vie ce ces pêcheurs sont précaires, le village ne dispose d'aucune infrastructure, la plage coté océan sert d'exutoire pour les poubelles et les excréments. Coté rivière la plage est occupée par toutes les pirogues remontées sur le haut de la plage et par tous les petits métiers induits par le fruit de la pêche. Au mouillage, sous le vent des séchoirs, nous avons l'impression de vivre dans un flacon de Nuoc-Mam !!


Le jeudi 23 novembre, la flottille se lève tôt et nous remontons le Saloum dès le lever du jour pour bénéficier du courant de flot. Nous avons 24 milles nautiques pour remonter le fleuve jusqu'à Foundiougne, petite ville de brousse. Le parcours tranquille se fait au moteur sur le fleuve large mais encombré de bancs de sable. Nous croisons des pirogues sous voiles, des crevettiers et observons la mangrove toute proche dans les passages resserrés. A l'opposé de Djiffere, Foundiougne est une petite bourgade de brousse, organisée, administrée, propre avec ses marchés et nombreuses boutiques. Elle est installée autour de l'antique bac à chaîne qui traverse le Saloum, large de ½ mille à ce niveau. Le mouillage est d'un calme extraordinaire, les levers et couchers du soleil sur la brousse sont spectaculaires. La chaleur est accablante dès que le vent tombe en début d'après-midi.


Le 24 soir nous changeons de mouillage, redescendons le fleuve sur quelques milles et mouillons en bordure de la mangrove au débouché d'un petit marigot que nous explorons en annexe le lendemain matin. Nous partons à deux annexes dans le bolong jusqu'à un petit village de pêcheur avec quelques pirogues. Nous découvrons la faune et la flore de la mangrove tout au long de la remontée du marigot... un avant goût de l'Amazone... en taille réduite !Nous sommes seuls au monde car tous les voiliers ont quartier libre pour redescendre le Saloum et rejoindre Dakar en toute liberté.


Le samedi 25 novembre soir nous mouillons en bordure de mangrove à quatre ou cinq milles avant l'embouchure du Sine Saloum. La journée de dimanche nous remontons vers Dakar (peu de vent et beaucoup de moteur !), il nous reste quatre jours pour préparer le bateau (avitaillement, pleins de gasoil... etc...) avant le départ de la transat vers Salvador de Bahia au Brésil le 1° décembre. Bernard nous rejoint dans la nuit du 28 au 29, nous l'attendons avec impatience.
Le prochain article sera posté du continent sud américain dans trois à quatre semaines.... un peu de patience... il nous faudra une vingtaine de jour pour traverser vers le Brésil.

De très nombreuses photos de notre balade au Sénégal sont sur l'album de
l'étape 03 Cap Vert - Dakar et  sur celui de Ramatoa au quotidien.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Dakar Sénégal le 28/11/2006.

 

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