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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 16:39
La traversée de Mindelo vers Boavista, longue de 141 milles nautiques, s'est effectuée en un peu moins de 24 heures. Les conditions de navigation étaient bonnes, le vent de nord-est assez régulier sauf sous le vent des îles et îlots que nous avons longés.
L'arrivée à Boavista est magique car cette île est vraiment très différente des autres îles du Cap-Vert que nous connaissons. Boavista est l'île aux dunes de sable. C'est la plus proche du continent africain, elle est aride, sauvage avec des paysages minéraux que nous affectionnons beaucoup tous les deux. En pénétrant dans l'île, on croit se retrouver soit au Sahara avec des dunes, des oasis... ou à Djibouti dans un désert de pierre. Les plages magnifiques de sable blanc ceinturent l'île qui s'étale sur 620 km2. C'est une île pratiquement nue et perdue dans l'immensité atlantique.
Nous y avons séjourné pendant quatre jours. Le mouillage de Sal Rei est un lagon bien abrité des alizés, les eaux sont claires et les fonds de sable sont superbes. Les adeptes de pêche sous-marine sont heureux et le poisson est à tous les menus. Coté pêche à la traîne... les choses vont aussi très bien pour nous, même si mous perdons quelques prises trop grosses pour être remontées à bord de Ramatoa. Notre ligne est un peu faible pour sortir de l'eau des dorades de plus de un mètre et qui doivent peser dans les 10 à 15 kg !
Le 10 novembre nous avons effectué une tournée en brousse dans le sud et le centre de l'île. Location d'un « Aluguer » pour la journée et c'est parti avec pique nique et maillots de bain. Le circuit nous fait traverser tous les types de paysage présents sur Boavista : les dunes, les cailloux et la mer qui n'est jamais très loin. Le réseau routier est constitué de pistes assez peu carrossables pour certaines d'entre-elles.
Le climat est aride, la végétation constituée de palmiers et de cocotiers. Les dattes sont excellentes, elles sont cueillies de novembre à décembre dans ces fameux palmiers qu'on appelle des tamareiras et dont l'aspect est plutôt bizarre avec un pied d'où jaillissent 3 à 6 troncs. Le cheptel se limite à quelques brebis et des ânes. Les oasis sont peu nombreuses et apportent de la verdure et de la fraîcheur dans une nature hostile. Les cultures sont rares et seule la vallée de Rabil est cultivée. Le littoral présente de superbes plages désertes nues et inexploitées, nous y avons fait une halte rafraîchissante.
Le soir, exténués, crasseux et poussiéreux, nous nous sommes remis de notre journée en allant déguster de délicieuses langoustes dans un petit restaurant de Sal Rei. La langouste est la seule richesse naturelle de l'île... mais si l'exploitation anarchique de la ressource continue... dans peu de temps elles auront disparues !
Notre séjour à Boavista se termine... nous serions bien restés quelques jours supplémentaires dans ce beau et calme mouillage... mais le Rallye des îles du soleil n'attend pas. Nous gardons un merveilleux souvenir de cet archipel et des cap-verdiens tout particulièrement.
350 milles nautiques séparent Boavista de Dakar au Sénégal, l'allure proche des alizés n'est pas confortable... trois jours de près serré nous attendent. La réalité s'est révélée plus difficile.
Parti le dimanche 12 novembre en début d'après midi, nous sommes arrivés à Dakar le mercredi 15 novembre midi, soit exactement trois jours plus tard. Les conditions de navigation ont été éprouvantes. Le régime des alizés de nord-est est contrarié  par une dépression relative centrée sur la Casamance. Résultat, toutes les nuits le vent refuse à l'est et nous l'avons en plein dans le nez, par contre le jour il remonte au nord nord-est ce qui nous est plus favorable. Le vent est soutenu à 20 noeuds et la mer courte et confuse. Toutes les nuits le moteur est de service pour nous aider à gagner dans le vent et pour se rapprocher de la route directe Boavista – Dakar. A l'approche du continent africain, nous croisons de nombreux cargos qui longent les côtes sénégalaises. A 20 milles de Dakar nous détectons déjà la terre africaine avec ses odeurs et senteurs si caractéristiques puis les premiers oiseaux se reposent quelques instants sur Ramatoa, enfin nous croisons les premières pirogues indétectables au raz de l'eau. Le vent venu de la terre est chargé de poussière. Ramatoa est crasseux, il est recouvert d'une gangue de poussière rouge et de sel.
Le mouillage de l'anse Bernard est face à l'hôtel Sofitel Terranga où nous aspirons à profiter d'un confort bien mérité et d'une très belle piscine face à la mer. Mais c'est sans compter que les bateaux du rallye sont au mouillage sous les fenêtres de la Présidence sénégalaise et qu'un hôte de marque, le roi du Maroc, est dans ses murs. Les voiliers « menacent la sécurité » de son excellence... et nous devons dégager les lieux dans le meilleurs délais. Le 16 novembre à l'aube, l'armada des 23 voiliers quitte le mouillage et rejoint celui de la baie de Hahn face au cercle de voile de Dakar (CVD). Le site est bien moins luxueux mais il gagne en authenticité et cela nous convient parfaitement... mais je n'en dis pas plus car l'escale de Dakar fera l'objet de notre prochain article... un peu de patience !

Toutes les photos de notre séjour à Boavista sont sur
l'album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Dakar le 17/11/2006.
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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 17:03

Nous rentrons, ce matin même de deux jours passés sur l'île voisine de Sao Antao à nous balader dans des paysages sublimes. Mais avant de vous en parler, retour en arrière sur la semaine écoulée depuis notre arrivée à Mindelo dans l'archipel du Cap-Vert.

Le Cap-Vert est un petit pays, indépendant depuis 1975, à 5h30 de la France qui appartient au monde lusophone mais où la francophonie (culture, langue et influence) est très active. En effet un nombre important de cap-verdiens, jeunes ou moins jeunes, comprennent et parlent le français de façon remarquable.

L'archipel est composé d'une dizaine d'îles principales, la capitale Praia est sur l'île de Santiago, Mindelo : seconde ville et capitale culturelle est sur l'île de Sao Vicente. Pour notre part nous connaîtrons Sao Vicente, Sao Antao et Boavista. D'une manière générale, le pays est sec et aride et présente un paysage à la teinte ocre et brûlée, de roches ou de sable. Le relief élevé de Sao Antao lui permet d'avoir un versant vert et luxuriant où le manque d'eau se fait moins cruellement sentir. Toutes les îles sont d'origine volcanique, avec un volcan encore actif sur l'île de Fogo.

Ancienne colonie du Portugal, au carrefour des routes vers le Brésil, l'Afrique guinéenne et celle du sud, le Cap-Vert s'est fondé à partir du XV° siècle sur le métissage de ces populations. Géographiquement rattaché au continent africain (Boavista : confetti de Sahara dans l'océan), le Cap-Vert est un petit bout de Brésil au milieu de l'atlantique, Mindelo étant la ville la plus « Brésilienne » de l'archipel.

Catalogué parmi les pays pauvres du monde, le niveau de vie (un des plus élevé d'Afrique de l'ouest), l'hygiène et les conditions sanitaires sont souvent supérieures à ce que l'on pourrait imaginer d'un pays africain de niveau économique comparable. C'est le résultat d'un climat politique sain et démocratique où l'alternance politique et les libertés individuelles sont plutôt bien respectées.

Enfin si je devais caractériser le Cap-Vert, je parlerai de son hospitalité et de sa musique. L'hospitalité est une valeur sûre au Cap-Vert, les cap-verdiens sont très ouverts et accueillants mais non envahissants. La musique est partout, aucun cap-verdien du plus jeune au plus vieux ne vit sans la musique locale d'origine africaine mais fortement influencé par la musique brésilienne. Cesaria Evora a énormément contribué à faire connaître cette musique riche et variée dans le monde entier.

Mindelo, capitale de Sao Vicente est fascinante par son universalité, l'amabilité de ses habitants et sa vie nocturne musicale. Les maisons coloniales avec leurs façades colorées sont authentiques, on est vite gagné par la langueur naturelle des Mindelenses. Les marchés aux poissons et aux légumes sont animés et typiques, les touristes que nous sommes y sont très bien accueillis. Les restaurants sont nombreux et la vie nocturne est animée avec de la musique de qualité omniprésente. La sécurité est bonne si l'on prend les précautions élémentaires.

Sur l'île de Sao Vicente nous sommes allés à la plage de Sao Pedro, en bout de la piste d'aviation du micro aéroport de l'île. Nous y avons trouvé un village de pêcheurs et des enfants jouant sur la plage avec nous.

Depuis notre arrivée à Mindelo, tout le monde nous dit qu'il faut aller passer deux à trois jours sur l'île d'en face à Sao Antao (Saint Antoine) qui possède des paysages fabuleux sur la côte nord au vent de cette île montagneuse. Jeudi et vendredi, nous sommes partis à l'aventure, sac à dos en bonne compagnie avec l'équipage de « Glen Feeling ». L'aventure commence sur le « Ribera de Paul » un antique ferry tout rouillé lancé dans les années 50. Le spectacle est à bord... tout le monde embarque, cap-verdiens gris verts, baluchons, poulets et coqs vivants... et je confirme le cap-verdien n'a pas le pied marin et les malades sont nombreux car le canal séparant les deux îles est toujours assez agité et venté. Heureusement la traversée ne dure qu'une grande heure. A l'arrivée à Porto Novo la concurrence est rude entre les « aluguer » (pick-up bâché) assurant le transport des passagers et marchandises sur l'île. L'aluguer nous amènera au nord de l'île par la « route de la corde » appelée ainsi car elle traverse l'île telle une corde jetée dans la nature passant dans la montagne à plus de 1000 mètres d'altitude, elle chevauche les cimes, tournoie au-dessus des précipices avec des a pics vertigineux de plus de 1000 mètres de chaque coté. Cette route pavée, tracée et construite par l'homme est réellement impressionnante car elle est le seul cordon ombilical de toutes les vallées du nord de l'île ainsi que des villes comme Ponta do Sol et Ribeira Grande.

Le paysage est grandiose avec ses vallées profondes, mais la végétation est aussi généreuse, on traverse successivement des forêts de pins, sapins, cèdres, mimosas, eucalyptus. Le cap-verdien est un paysan laborieux, il exploite tous les flancs de montagne avec des cultures en terrasses, on y trouve des productions vivrières, du maïs, de la canne à sucre et des fruits exotiques de toutes sortes.

Pendant les deux jours nous avons fait une très belle et épuisante randonnée dans la vallée de Paul en descendant depuis le sommet (à quelques 1200 mètres d'altitude) jusqu'au niveau de la mer. Le soir nous avons trouvé un gîte rudimentaire mais très propre tenu par Sabine, une allemande mariée à un cap-verdien et installée dans la vallée de Paul.

Nous avons visité Ribeira Grande (au débouché de la route de Porto Novo) et Ponta do Sol dont le passé colonial constitue le patrimoine historique de l'île. Notre chauffeur nous a aussi conduit à Fontainnas un petit bourg accroché à flanc de montagne face à la mer (hostile sur toute la côte nord), la piste qui y mène est spectaculaire. Enfin à Paul nous avons visité une rhumerie artisanale qui possède la plus vielle trapiche du Cap-Vert, elle date du XVII° siècle. On y fabrique du grogue (rhum agricole local) et du punch « Napoléon » du nom du boeuf de 18 ans qui fait tourner la trapiche.

Nous avons été contents de retrouver Ramatoa au mouillage de Mindelo tirant sur son ancre sous les rafales de l'alizé qui descendent à 25–30 noeuds des montagnes encerclant la baie de Mindelo. Mardi nous reprenons la mer pour une courte étape (130 milles) de 24 heures qui nous conduira à Boavista à l'est de l'archipel du Cap-Vert.

Le 31 octobre nous n'avons pas oublié de fêter dignement notre anniversaire de mariage (28 ans) à bord de Ramatoa en compagnie de bateaux amis.

Toutes les photos de notre balade sont sur l'album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar et  sur celui de Ramatoa au quotidien.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Mindelo archipel du Cap Vert le 05/11/2006.

 

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 13:57

Adieu l'Europe et bienvenue en Afrique, l'arrivée à Mindelo sur l'île de Sao Vicente dans l'archipel du Cap Vert marque une rupture franche dans les pays visités et traversés depuis notre départ de La Rochelle. C'est avec un réel plaisir que nous retrouvons les ambiances africaines que nous avons appréciées avec Cécile et Bénédicte lors de nos précédents séjours en Afrique de l'ouest et en afrique de l'est. Mais avant de vous donner nos premières impressions (excellentes) sur ce petit bout d'Afrique au large du vaste continent africain, voici un petit résumé de notre traversée entre Santa Cruz de Tenerife et Mindelo au Cap Vert.

Le départ des bateaux de  la flotte du RIDS a été donné le samedi 21 octobre devant le splendide club nautique de la ville de Santa Cruz. Une parade bruyante et animée des 21 voiliers pavoisés a précédé le départ officiel de type régate, avec ligne de départ, décompte des 5  minutes, bateau jury et coup de canon pour les six voiliers du groupe 1, auquel nous appartenons. Le vent est très faible et les voiliers ont du mal à se déhaler sur une mer plate. Ramatoa coupe la ligne le premier mais sans voler le départ... ce qui nous évitera de devoir payer une tournée générale au club nautique à l'arrivée. Les voiliers des trois autres groupes nous accompagnent pendant une petite heure puis nous laissent s'éloigner très doucement le long de la côte sud de Ténérife. De très nombreuses photos ont été faites sur tous les bords et nous espérons bien récupérer quelques beaux clichés de Ramatoa sous voiles.

La météo annonce peu de vent pour le début du parcours... ce qui veut dire beaucoup de moteur ! Les alizés du nord est ne sont pas au rendez vous, pertubés par les dépressions qui circulent plus au nord qui ont fait redescendre l'anticyclone jusque sur les îles Canaries. Nous avançons lentement par des vents d'ouest de moins de six ou sept noeuds, l'allure au bon plein ou au petit largue est confortable mais la bourrique (le moteur Volvo) est largement sollicitée. Dix heures le samedi, vingt heures le dimanche, douze heures le lundi et encore une quinzaine d'heures le mardi 24 octobre ! C'est un peu désespérant et les fichiers météos grib (champs de pression et de vents) reçus par la BLU n'annoncent pas d'amélioration sensible avant le milieu de la semaine.

Le moral de l'équipage reste excellent, d'autant plus que le temps est superbe et la mer belle. Par ailleurs la pêche s'avère bonne car nous sortons dès le premier jour une daurade coryphène de 3-4 kg, nous récidivons le lendemain avec une autre belle daurade de 5 kg... (Marie Laure... tu avais raison !)nous ne remettons pas les lignes à l'eau car nous avons plusieurs repas de poisson d'avance... Dominique devient une experte pour la cuisiner de différentes façons et lever de magnifiques filets. La viande emportée au départ de Santa Cruz est cuisinée puis stérilisée... les journées sont bien remplies pour tous les deux. Le mercredi nous remettons en pêche en espérant prendre un petit thon pour varier les menus... mais peine perdue c'est à nouveau une petite daurade de 3 kg qui se fait prendre ! Les dauphins sont toujours au rendez vous et les poissons volants se ramassent (presque) à la pelle le matin sur le pont. Pour la première fois par calme plat nous avons vu des tortues.

 

Les vacations radio BLU, matin et soir, permettent de donner les positions des bateaux, les distances restant à parcourir et les conditions de vent rencontrées. Elles sont animées, fort sympathiques et conviviales, elles permettent de mesurer l'avancement des uns et des autres et de voir les plus gros rattraper doucement mais inexorablement le groupe des petits, mais sur cette étape toutes les options de routes alternatives à la route directe ne se sont pas avérées payantes. Les communications entre bateaux et avec la terre occupent une bonne partie des journées et des quarts de nuit.

Dès le mercredi le vent revient du nord ouest faible à modéré... c'est déjà bien ... mais peut mieux faire, les moteurs sont coupés, les oreilles découvrent à nouveau le bruit du bateau glissant doucement sur l'eau.

A partir du jeudi le vent tourne doucement au nord puis au nord-est... les alizés s'installent doucement après la mi parcours. Une houle forte et une mer désordonnée accompagnent le retour des alizés, elles sont le reliquat du mauvais temps qui sévit au nord de Madère.

Les trois derniers jours les alizés sont bien  présents, à 15 ? 25 noeuds, la mer est agitée à forte et la houle de deux à trois mètres. C'est un régal, les bateaux avancent bien même si le confort à bord n'est plus ce qu'il était au départ... on ne peut pas tout avoir !

Le vendredi en fin de nuit, après avoir navigué à sept ou huit noeuds de moyenne dans une nuit noire sans lune et entrecoupée de quelques grains de pluie, nous constatons une avarie sur la bôme du bateau. L'axe vertical du vit de mulet (articulations verticale et horizontale de la bôme sur le mât) s'est échappée de son logement et la bôme n'est plus solidaire du mât ! Heureusement l'axe n'est pas perdu, il est tombé sur le pont. La réparation en mer s'avère un peu trop scabreuse car la houle est forte, le roulis prononcé et la bôme avec tout le poids de la grand voile se balance violemment de gauche à droite. Nous arrimons le tout et parcourons les dernières 24 heures de la traversée sans grand voile, sous génois seul. La moyenne baisse mais elle reste de 5 noeuds tout de même !

L'arrivée sur Mindelo le samedi au lever du jour est superbe, Philippe (le chef d'orchestre du rallye) nous accueille sur la zone de mouillage et quatre voiliers, arrivés dans la nuit, nous ont précédé de quelques heures. Tous les bateaux arrivent dans un créneau de 36 heures.

Dès que nous mettons les pieds à terre (démarche mal assurée et mal de terre garanti !)nous retrouvons les images et les odeurs de l'Afrique... c'est un vrai régal mais nous vous en ferons profiter dans un prochain article. Avec l'aide des autres bateaux nous réparons notre avarie et comprenons qu'elle est le résultat d'une erreur dans le montage initial du vit de mulet.

Voilà la plus longue étape du rallye, après la transat naturellement, de terminée. Nous avons parcouru 862 milles nautiques, dont 40 % au moteur, en six jours et 21 heures, soit une moyenne assez modeste de 5,22 noeuds.

De nouvelles photos sont sur le nouvel album de l'étape 03 Cap Vert - Dakar et  sur celui de Ramatoa au quotidien.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Mindelo archipel du Cap Vert le 30/10/2006.

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 16:36

Avec notre arrivée à Tenerife, nous concluons la première phase de notre voyage qui consistait à rallier pour le 15 octobre Santa Cruz de Tenerife pour prendre le départ du Rallye des îles du soleil. Mais avant de parler de Tenerife et des retrouvailles avec les autres bateaux participants, deux mots sur la traversée de Lanzarote à Santa Cruz.

Parti le dimanche 8 octobre en fin de matinée, nous avons rejoint Tenerife 25 heures plus tard et 130 milles plus à l'ouest. Traversée et navigation de nuit calmes et sans histoire, le vent assez régulier nous a tout de même abandonné au petit matin et nous avons terminé par quatre heures de moteur. A proximité de Santa Cruz nous avons traversé un troupeau de globicéphales qui dormaient à la surface de l'eau. De  nuit nous sommes passés au large de la Grande Canaria très visible par les lumières de Las Palmas. Le trafic était assez dense avec de nombreux navires de passagers inter-îles.

Tenerife est la plus grande des îles de l'archipel, la capitale de l'île et de la province de Tenerife est Santa Cruz forte de 300 000 habitants. Dominé par le Teide, ce volcan de 3730 mètres est le plus haut sommet d'Espagne. L'excursion en car nous a fait découvrir des paysages superbes avec de très belles forêts. La route de la crête permet de voir et de dominer de 1500 ou 2000 mètres les côtes nord  et sud de l'île de Tenerife. On aperçoit naturellement les îles voisines de La palma, El Hierro  et La Gomera  plus à l'ouest et la Grande Canaria à l'est. La ville de Santa Cruz n'est pas très touristique en elle même, mais elle dispose de nombreuses ressources tant technique que pour l'avitaillement des bateaux.

A  notre arrivée dans la marina de Santa Cruz, située au fond d'une darse sale et bruyante du port de commerce, il n'y avait que deux ou trois bateaux arborant le pavillon bleu du RIDS. Très rapidement les jours suivants les arrivées se sont multipliées et nous nous sommes regroupés sur deux des cinq pontons de la marina. Sur les 29 bateaux inscrits initialement, ils n'en restent plus que 25 car quatre bateaux ont reporté leur participation à l'édition suivante 2007-2008. Sur les 25 restants 21 bateaux sont présents ici à la marina del Atlantico.

L'ambiance est excellente, tout le monde fait connaissance et les femmes ne sont pas les plus bavardes ! Les bateaux sont différents, même si les Ovni sont largement représentés avec sept unités, les multicoques sont peu nombreux avec quatre catamarans. Sur tous les bateaux, on bricole, on grimpe dans le mât, on inspecte, on nettoie, on avitaille, on vidange les moteurs et les inverseurs, on fait les pleins d'eau de gaz de carburant. Les émetteurs récepteurs BLU sont vérifiés et testés par un spécialiste venu de Montpellier.... ce n'est pas un luxe car ces émetteurs un peu capricieux nécessitent un montage et un réglage très soigneux. Nous avons tous notre lot de petites misères, Ramatoa n'est pas le plus mal loti... loin s'en faut.

Les bateaux s'élanceront samedi, dimanche et lundi prochain en quatre groupes distincts pour rejoindre Mindelo aux Îles du Cap vert. Une route longue de 850 milles, les plus rapides devraient couvrir cette distance en cinq jours, les plus lents en une semaine (ce qui explique les départs décalés). Ramatoa s'élancera avec cinq autres bateaux dès samedi midi. Cette escale et les préparatifs du départ sont fatiguants et nous avons tous hâte de hisser les voiles et de descendre vers le sud poussés par les alizés de nord est.

Nous avons glissé de nouvelles photos sur l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries et  dans celui de Ramatoa au quotidien.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté  à santa Cruz de Tenerife le 20/10/2006.

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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 18:22
Perle noire des Canaries... c'est le qualificatif que l'on retrouve le plus souvent dans les guides et plaquettes sur Lanzarote. Il n'est pas usurpé...
Mais avant Lanzarote, nous avons du nous  arracher aux délices du petit mouillage de Playa Francesa, au pied d'un cône volcanique, dans le sud de l'île de Graciosa. Baignades, scrable, pêche, plongée et BBQ sur la plage... voilà nos occupations pendant les deux journées passées en compagnie des autres bateaux amis de l'escale.
La courte traversée d'une quarantaine de milles nous a conduit à Marina Rubicon, dans la baie de Playa Blanca à l'extrême sud de l'île de Lanzarote. Point fort de cette étape où le vent ne nous a pas fait défaut : nous avons péché notre premier poisson depuis notre départ de La Rochelle ! Un petit thon  suicidaire de 2 kilogrammes ! J'espère que c'est un début car les autres bateaux rencontrés sont largement meilleurs que nous à la pêche à la traîne.
Marina Rubicon est une belle marina luxueuse, avec piscine, de nombreux services et connexion Internet à bord ! Sa construction récente est assez bien intégrée dans le paysage.
Nous sommes allés en bus à Arrecife, la capitale, et nous avons loué une voiture pour faire en une journée les immanquables de Lanzarote. Les paysages lunaires sont particulièrement impressionnants, l'île rassemble une centaine de cônes volcaniques et quelques trois cents cratères. Les habitations basses et blanches tranchent avec le noir des sables et scories sur lesquels poussent des cultures et des vignes protégées par des petits murets en arc de cercle.
Durant notre court périple nous sommes allés au parc national de Tinanfaya où sur la « montaña del fuego » la température de la roche atteint 450 ° à moins de six mètres de profondeur. Le « mirador del rio » offre un panorama splendide sur l'île de Graciosa et son petit port de la Sociedad. Les voiliers au mouillage ne sont pas bien grands !
Si Lanzarote offre quelques sites naturels d'une qualité exceptionnelle, on est très vite lassé du coté pompe à fric opéré sur le touriste, très majoritairement d'origine germanique. Cesar Manrique, le sculpteur local, fameux aux yeux des Canariens, a laissé sa trace et aménagé la plupart des sites naturels, et à ce titre l'accès est devenu payant. Le tourisme est la seule ressource sérieuse de l'île... on le comprend très vite.

Coté occupation à bord, nous ne chômons pas, Dominique a entrepris la réalisation des moustiquaires pour toutes les ouvertures du bateau et de mon coté je résous les petits problèmes techniques et d'entretien du bateau. Dernier exemple en date : réparer une fuite sur un flexible d'huile haute pression du groupe électrogène ... le plus difficile étant de trouver le petit joint cuivre qui va bien, car naturellement j'en ai des dizaines en stock, mai naturellement pas le bon ! Nous avons trouvé le joint ad hoc dans une quincaillerie de type caverne d'Ali Baba sur le port de pêche d'Arrecife.

Le rassemblement des participants du rallye des îles du soleil est fixé au 15 octobre. La convergence des 27 ou 28 bateaux vers Tenerife nous conduit à retrouver des équipages et des bateaux connus... c'est tout à fait sympathique.

De nouvelles photos sont insérées dans l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries et  dans celui de Ramatoa au quotidien.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté  à Lanzarote le 6/10/2006.
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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 19:16

L'archipel des Canaries est distant de Madère d'environ 300 milles, il est composé de 9 îles. Les deux plus petites : Alegranza est déserte et Graciosa est séparée de Lanzarote par un étroit bras de mer large d'un mille. C'est sur cette dernière que nous avons jeté notre dévolu.
La route directe de Quinta do Lorde vers Graciosa, longue de 275 milles, nous fait longer les îles Desertas à quelques 15 milles au large de Madère. Elles sont de véritables montagnes sorties du fond de l'océan car nous croisons à 2 ou 3 milles des côtes inhospitalières et nous sommes sur des sondes supérieures à 2000 mètres de profondeur.
Départ mardi 19 septembre tôt... à 8 heures tout de même... le vent de nord nord-est ne se lève pas avant que nous soyons dégagés du dévent  de Madère et des îles Désertas. Après le déjeuner, nous établissons la voilure et envoyons le spi asymétrique que nous conserverons jusqu'à la tombée de la nuit. Quelques heures de pure bonheur à glisser à 6 ? 7 noeuds sur une mer peu agitée, mais avec une houle de un mètre. Dans la nuit le vent tombe totalement et la houle reste... situation assez inconfortable... et c'est parti pour des heures de moteur ! Au lever du jour, nous bouclons nos premières 24 heures de traversée avec 125 milles au compteur et 11H30 de moteur !

La deuxième journée est difficile avec des vents toujours inférieurs à 9 noeuds, c'est une alternance de voile et de moteur... mais ce dernier l'emporte largement ! Le temps est beau, chaud mais le ciel est chargé de grosses barres nuageuses générées par l'ex cyclone Gordon qui se promène entre les Açores et le Golfe de Gascogne . A minuit le vent revient timidement d'ouest nord-ouest et il ne nous quittera plus jusqu'à notre arrivée à La Sociedad, le petit port de Graciosa. Ces dernières 24 heures nous avons parcouru 120 milles dont 9 heures de moteur... c'est mieux...  mais peut mieux faire ! Il nous reste une trentaine de milles pour atteindre Graciosa.

La dernière journée, le vent d'ouest nord-ouest est assez faible, de 10 à 13 noeuds, mais il ne nous quitte pas, nous finissons notre traversée à la voile. Pour l'atterrissage nous nous glissons entre les îles Alegranza et  Graciosa. Le paysage volcanique est superbe avec en toile de fond la montagne tabulaire de Lanzarote. Le temps est toujours beau et ensoleillé mais le ciel reste encombré de gros nuages qui amènent quelques petites averses.

Le port de Graciosa est assez encombré, les deux pontons pour les bateaux de plaisance sont partiellement délabrés et donc saturés, nous nous en faisons éjecter et accostons le ponton pêche, mais nous sommes sur un siège éjectable à guetter qu'une place se libère parmi la flottille d'une cinquantaine de bateaux baladeurs de toutes nationalités. Notre traversée de 274 milles est bouclée en 54 heures à une moyenne de 5 noeuds et un bonne vingtaine d'heures de moteur ! A quand notre première traversée sans devoir mettre en route la risée Volvo-Penta ?

Si l'accueil reste très espagnol et très peu organisé, en revanche la vue sur le port et le petit village aux rues de sable est splendide. Par son paysage et son habitat de maisons blanches avec des toits plats, on se croirait dans le sud Maroc, la propreté en plus. Le dépaysement rappelle celui de notre escale à Porto Santo dans un style plus africain.

Le village de pêcheurs, encore actif, est aussi un lieu de villégiature pour des canariens de la grande Canarie. Les anchois sèchent encore au soleil sur le port et sur la place du village... mais pour combien de temps encore ?

Vous trouverez de nouvelles photos sur l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries et  sur l'album de Ramatoa au quotidien.

Rappel... les photos des mariés du mois d'août sont en ligne en suivant ce lien : www.19aout2006.new.fr

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté  à Graciosa le 23/09/2006.

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 17:15

Une île à grand spectacle, c'était le slogan utilisé dans une campagne publicitaire de l'office du tourisme de l'île de la Réunion dans les années 2000. Il s'applique parfaitement à l'île de Madère tant les paysages ressemblent à ceux de sa soeur de l'océan indien.

Nos balades en voiture sur l'île nous ont fait découvrir des paysages luxuriants merveilleux, des à pics vertigineux, des falaises déchiquetées, des routes de corniche très spectaculaires, des cascades, des cols dans les nuages. Madère est le paradis des marcheurs, en particulier le long des levadas, ces canaux d'irrigation construits et entretenus à flanc de montagne qui basculent l'eau de pluie tombée sur le versant humide vers le versant sous le vent plus sec. On retrouve le même étagement de la végétation au fur et à mesure que l'on monte dans les hauts de l'île. Nous n'y sommes pas au printemps, mais on devine la richesse des fleurs et des variétés. Nous avons traversé des forêts d'eucalyptus, nous avons roulé sur des routes bordées sur des kilomètres par des massifs d'hortensias. La différence de température est marquée entre les hauts et la côte, mais aussi entre la côte nord et celle du sud.

 

Nous avons parcouru une bonne partie de la côte nord de l'île qui est la plus escarpée et la plus spectaculaire. Il n'y a pas de plaine côtière, les villes et villages sont soit perchés sur des falaises soit blottis aux débouchés de rivières et torrents. L'ancienne route de corniche est encore praticable sur la quasi totalité du parcours entre Sao Vicente et Porto Moniz, elle est réellement impressionnante et plusieurs cascades sont visibles. Cette ancienne route est maintenant doublée par une route moderne qui enchaîne de façon très spectaculaire les ouvrages d'art et les tunnels.

Les tunnels.... il y en a partout, la quatre voies de la côte sud est un enchaînement quasi ininterrompu de tunnels et de viaducs. Les madèriens doivent la qualité surprenante de ce réseau routier aux bienfaits des fonds et programmes spécifiques de l'Union Européenne pour le développement des régions ultra périphériques de l'Europe.

Porto Moniz est une destination touristique avec des piscines pseudo naturelles aménagées dans la côte de lave déchiquetée. Le retour vers Funchal par la route des cimes traverse des hauts plateaux (1400 m) recouverts de landes. Le versant au vent était dans les nuages et le brouillard, le flanc sud ouvrait des perspectives superbes.

Il y a cependant quelques différences entre ces deux îles. La Réunion est plus vaste, plus élevée et conserve une activité sismique et volcanique. L'absence de plaine côtière sur l'île de Madère interdit la culture extensive de maïs ou de canne à sucre comme c'est le cas sur tout le littoral est de l'île de la Réunion. Au contraire à Madère chaque arpent de terre cultivable est exploité, les vignes s'accrochent dans tous les recoins inaccessibles de la montagne. A Madère l'habitat est plus européen, il n'y a pas de cases typiques.

Samedi 15 septembre, nous avons assisté à une fête traditionnelle de tous les pêcheurs de l'île qui se réunissent à Caniçal, ville toute proche de notre marina, pour une procession nautique. Les embarcations de toutes natures accostent le quai extérieur de notre marina. Les pèlerins montent à la chapelle qui nous domine sur la falaise et ils redescendent en procession avec une vierge sur un brancard. Ils rembarquent puis rejoignent Caniçal où la vierge est placée dans la petite chapelle du port. Le samedi soir et le dimanche, la fête bat son plein.... musique, pétards, feu d'artifice. Nous sommes allés le soir manger des brochettes gargantuesques : 1 Kg de viande de boeuf coupé en gros dés qui sont enfilés sur de grandes baguettes (1,5 m) de laurier. Chacun grille la sienne sur des braseros et tout le monde s'installe sur la grève de galets ou sur les barques retournés en guise de table. Plusieurs dizaines de quartiers de boeufs entiers sont découpés sur les étals des bouchers improvisés sur le front de mer. Des hectolitres de vin de madère, un peu âpre..., ou de la bière coulent à flot pour accompagner ces brochettes « XXXL ».

Mardi nous larguons les amarres pour rejoindre 280 milles plus bas Graciosa aux îles Canaries. La traversée devrait durer deux à trois jours. Mais il est peu probable que j'y trouve un accès ADSL... il faudra attendre Lanzarote dans huit à dix jours !

De nouvelles photos de Madère sont disponibles sur l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries.


Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté  à Quinta do Lorde le 17/09/2006.

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 12:39
Les quatre jours passés à Porto Santo restent un très bon souvenir, mais il est temps de rejoindre la grande soeur : l'île de Madère. Samedi 9 septembre nous avons parcouru les 30 milles séparant les deux îles par un très grand beau temps, mais un vent très léger... encore la moitié du temps passée au moteur.

Quinta do Lorde, est une marina récente construite au milieu de nulle part... ou plus exactement au coeur d'un futur programme immobilier très ambitieux.... mais au rythme d'avancement des travaux, les choses vont durer encore très longtemps. Située à 15 milles à l'est de Funchal elle est dans un cadre superbe et très étonnant à l'ombre d'une falaise couronnée d'une petite chapelle.


Grâce à notre petite voiture de location, nous sommes allés passer une journée à Funchal, où nous avons visité le marché aux fleurs et aux fruits... un festival de couleurs et d'odeurs. La promenade dans les jardins et parcs, parfaitement entretenus, de la ville est très agréable. La cathédrale est construite en pierre de lave brune. Couleur omniprésente dans les façades et décorations des rues de la petite capitale de Madère.
Enfin l'après-midi, nous sommes montés au jardin botanique, riche de plus de 1500 espèces, qui surplombe Funchal. C'est un régal, il y fait frais, la vue sur la ville le port et la baie est magnifique.


De nombreuses photos de Funchal et du jardin botanique se trouvent sur l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries. De nouvelles photos aussi sur l'album de Ramatoa au quotidien.

Enfin, les photos des mariés du mois d'août sont en ligne en suivant ce lien : www.19aout2006.new.fr

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté  à Quinta do Lorde le 14/09/2006.
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 11:49

Bien que découverte un an avant Madère et étant la seule autre île habitée de l'archipel, Porto Santo fait figure de parente pauvre à cause de sa petite taille (11km de long sur 6 de large) et de son climat aride. Comme Madère l'île est d'origine volcanique avec des pics culminants à 516 m qui arrêtent bien rarement les nuages sur la côte au vent. La très belle longue plage de 7,5 km et une eau chaude et claire constituent les principaux attraits touristiques de Porto Santo.
L'histoire nous rapporte que Christophe Colomb séjourna sur l'île quelques temps et y épousa la fille du premier gouverneur. Un petit musée occupe aujourd'hui la casa de Colomb.

Nous avons effectué un tour de l'île en taxi, en passant par le point de vue de Portela qui domine le port où Ramatoa nous attend, par le Pico do Castelo au centre de l'île, et par les sources d'eau douce de Fonte de Areia perchées à mi hauteur sur les falaises du nord-ouest et enfin par la Punta da Calheta au sud-ouest de l'île face à Madère.

Vila Baleira, capitale de l'île, est une petite ville agréable, de style méditerranéen, avec maisons blanchies à la chaux, palmiers et poussière. La promenade en bord de mer a un faux air du Barachois, la célèbre promenade du bord de mer à Saint-Denis de la Réunion. Les paysages rappellent aussi ceux des hauts de Saint Gilles ou de Saint Leu sur la côte sèche de l'île de l'océan Indien.
Peuplé de 5000 habitants, l'île vit largement du tourisme, le ferry approvisionne l'île (vivres, fruits et légumes...) et déverse un flux quotidien de 1200 passagers qui séjourne un ou deux jours sur Porto Santo. L'hôtellerie se développe rapidement. L'agriculture a quasiment disparu, même les vignes sont rares. Il subsiste juste des traces de l'agriculture ancestrale avec quelques très beaux moulins à vent. En réalité toute l'économie de l'île repose sur sa grande soeur de Madère.

Demain ou après demain nous reprendrons la mer et effectuerons un saut de puce pour rejoindre la grande soeur : Madère distante de 30 milles.
D'autres photos de cette rapide visite se trouvent sur l'album de l'étape 02 Lisbonne - Canaries.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté  à Porto Santo le 08/09/2006.

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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 13:41

Les deux semaines en France entre La Rochelle, Nantes et Paris sont très vite passées. Le beau temps n'était pas au rendez vous, mais pour le mariage de Cécile, tout c'est très bien déroulé, nous sommes passés entre les gouttes.

Nous retrouvons Ramatoa le 27 août dans la marina Docca de Alcantera au coeur de Lisbonne, le thermomètre culmine à nouveau à 38°... quel changement !

Quelques jours de bricolage à bord, d'avitaillement et de vérifications diverses. Le temps de ranger notre beau vélo pliant ramené dans nos bagages et nous voilà prêt à larguer les amarres pour rejoindre quelque part dans l'océan Atlantique un ensemble d'îles où l'imagination devient réalité... l'archipel de Madère... avec pour première étape l'île de Porto Santo à 500 milles nautiques de Lisbonne.

Parti le vendredi 1° Septembre à 10H30, nous avons descendu le Tage dans un souffle d'air et surtout avec l'aide du courant de marée descendante, c'était splendide.

Dégagé de la côte, le vent s'est rapidement établi au N-NW de 17 à 25 noeuds avec une mer agitée, conditions un peu difficile pour nos estomacs qui avaient perdu l'habitude d'être secoués. Nous traversons le rail des cargos (Gibraltar - cap Finisterre) mais nous ne voyons que deux ou trois bâtiments dans chaque sens.

Nous bouclons nos premières 24 heures avec 150 milles au compteur (Une 1° pour Ramatoa, précédent record à 139 milles).

La deuxième journée est moins brillante avec un vent qui faiblit un peu et tourne au NE ce qui nous fait du plein vent arrière, ce n'est pas à cette allure que nous allons battre le record de la veille. Nous ne parcourons que 125 milles dans cette deuxième journée, il nous reste 219 milles pour atteindre Porto Santo.

Le troisième et le quatrième jours s'effectueront dans une brise évanescente, et nous faisons du moteur pendant presque la moitié du temps.

Nous arrivons en vue de Porto Santo en fin de nuit du 4 au 5 septembre à 6H30. La lune se couche derrière l'île que nous découvrons à l'aube très pâle. Petit tour de reconnaissance dans le port mais nous préférons mouiller à l'extérieur devant la belle plage. Premier bain dans une eau chaude et couleur turquoise. Le temps est splendide, le vent est chaud, l'eau est claire... c'est déjà un peu l'Afrique mais aussi encore l'Europe avec une architecture coquette et propre. Le dépaysement est grand et ce premier contact avec l'archipel de Madère nous enthousiasme.

Nous venons de boucler notre première longue étape en couple sans aucune difficulté particulière. Nous avons parcouru 498 nautiques en 93 heures dont 24 de moteur. La belle moyenne du premier jour à 6,25 noeuds est vite retombée à 5,3 noeuds sur la traversée. La pêche à la traîne a été calamiteuse, rien de rien... par contre un paquet de mer a déposé sur la plage avant de Ramatoa trois petits encornets ... ils préfigurent les poissons volants que nous relèverons chaque matin dans les eaux tropicales dans les alizés, un peu plus au sud. Puis il y eu aussi le traditionnel ballet de dauphins et même un tout petit rouge gorge épuisé venu se réfugier quelques instants dans la cabine de Ramatoa.

Dans la matinée, nous prenons une place dans la petite marina de Porto Santo, l'espace est réduit et le vent tombe de la montagne en rafales à 20-25 noeuds. Pourquoi faut-il qu'il y ait trop de vent lors des manoeuvres de port et pas assez lors des traversées? La marina est remplie d'oiseaux du large, de voiliers en partance pour les Caraïbes ou pour un tour d'Atlantique. Nous commençons à rencontrer, au fil des escales d'autres participants du RIDS : à Lisbonne nous retrouvons « Glen Feeling 2 », à Porto Santo nous faisons connaissance de « Cimano II » et voyons repartir « Fiddle Dedee ». Sur le mur de la digue abri, de nombreux voiliers en partance laissent une trace colorée de leur escale à Porto Santo.

Vous trouverez de nouvelles photos dans l'album de l'étape 02 Lisbonne-les Canaries et dans celui de Ramatoa au quotidien.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Porto Santo le 07/09/2006.

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