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29 avril 2007 7 29 /04 /avril /2007 20:49

Nous ne voulons pas rester sur le dernier article un peu noir du futur de l'Amazonie... car si l'avenir pose des questions auxquelles il faudra trouver des solutions... le quotidien y est encore merveilleux... et nous voulons profiter pleinement des quelques jours de la redescente du fleuve Amazone et de la dernière escale d'Afua sur l'île de Marajo.

Après une semaine passée au mouillage dans le lagon d'Alter do Chao, point ultime de notre progression sur l'Amazone, nous avons fait demi-tour et sommes allés mouiller devant le « Iate Clube » de Santarem. C'est une ville moins prestigieuse que Belem, pas de buildings, pas de théâtre ni de monuments... elle a le charme d'une petite ville de province assoupie au confluent des rios Tapajos et Amazonias. La vie y est calme, les habitants d'une gentillesse extrême comme très souvent au Brésil. Une superbe soirée nous est offerte par la municipalité, le samedi soir avec la participation de la population.


Escale technique pour l'avitaillement, dernière grande surface avant la Guyane française, et le plein de fuel. Hubert nous quitte et entame un long périple retour vers Paris et la rédaction du Nouvel Obs... Salut le Boto et à bientôt !!

Le Dimanche 22 avril, les français votent... et nous entamons la descente avec une longue étape de 96 milles. Départ prévu à 5 heures du matin, au lever du soleil, mais des trombes d'eau nous  réveillent avec une visibilité insuffisante pour partir... le départ est reculé ... mais à six heures le convoi se met en ordre de marche. Au milieu du rio, dans la veine de courant principal, les bateaux descendent à 10 noeuds sur le fond alors que nous avançons à 6 noeuds sur l'eau... nous sommes sur un gigantesque tapis roulant !


Décidément la météo n'est pas avec nous car nous aurons une journée ininterrompue de pluie et de vent fort. Le réservoir d'eau du bord déborde. Le vent d'est souffle à 20-25 noeuds et lève un clapot très creux contre le courant de l'amazone. Les bateaux piquent du nez dans la plume.... le mal de mer fait même sa réapparition sur plusieurs bords ! A la tombée de la nuit nous mouillons à l'ouvert du furo Oteiro où nous avions déjà fait escale en montant.

Lundi 23 avril, le soleil est revenu et sur la VHF les résultats du premier tour sont commentés une bonne partie de la matinée... un vrai café du commerce ! Aujourd'hui Ramatoa progresse juste derrière l'Alvaro Furtado, le bateau pilote, car après une étape de 52 milles nous allons découvrir un furo sur l'île de Penema qui n'a encore jamais été pratiqué par la flottille du rallye. Ramatoa passera prudemment en tête avant que les bateaux à grand tirant d'eau ne s'engagent sur le seuil qui ferme ce magnifique petit furo dans la nature. Très belle soirée et lumière splendide.

Mardi 24 avril, temps gris et lourd pour une assez longue étape de 72 milles. Nous mouillons devant l'île Mojui où nous avions déjà relâché lors de la montée. Le trafic sur l'amazone était assez dense et nous avons croisé plusieurs cargos montant lège vers Santarem ou Manaus.

Mercredi 25 avril, belle étape sous le soleil de 62 milles qui nous conduit dans le furo de Jaguaribe. Nous mouillons devant une importante scierie appartenant au propriétaire de notre bateau pilote l'Alvaro Furtado. Visite guidée des installations... les conditions de travail sont difficiles et la sécurité des ouvriers est secondaire. Les ouvriers sont logés dans l'enceinte de la scierie, ne payent pas de loyer et ont l'électricité gratuitement. Nous sommes au 21° siècle mais c'est presque du Zola !!


Jeudi 26 avril, dernier jour de navigation pour rejoindre Afua, ultime ville étape du Rallye transamazone et du RIDS. 63 milles à parcourir sous la pluie et des grains. A notre arrivée dans le furo d'Afua, le soleil revient, de nombreuses pirogues nous accueillent et des bateaux de la ville nous attendent avec force musique et pétards.

Cinq jours d'escale nous attendent à Afua avec de nombreuses manifestations et festivités pour la clôture du rallye. En effet le 2 mai, les bateaux reprendront le large pour rejoindre soit la Guyane Française soit directement les antilles.... le voyage continue après la fin du rallye des îles du soleil.

Nous ne voulons pas terminer cette chronique de deux mois passés sur l'Amazone sans évoquer les nombreuses vacations de Nicolas sur la VHF. En effet il a agrémenté les longues navigations d'exposés passionnants sur l'amazonie, ses habitants, sa faune, sa flore et surtout sur les légendes et traditions très vivaces dans le bassin de l'Amazone. Il a vécu de nombreuses années en Amazonie et il a fait des légendes et traditions de l'île de Marajo le sujet de sa thèse de doctorat d'anthropologie. Vous pouvez lire ou feuilleter ce document passionnant en cliquant sur ce lien : Thèse de Nicolas Tiphagne.

Enfin ne manquez pas les très nombreuses photos ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone. Merci à Joseph d'Opsis pour les belles photos de la soirée à Santarem.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Afua le 29 avril 2007.

 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 16:26

Le territoire de l'amazonie s'étend sur 9 pays et couvre 6 millions de kilomètres carrés. Au Brésil, l'amazonie couvre 60% de la superficie du pays. La forêt amazonienne couvrait initialement 4 millions de kilomètres carrés. A ce jour on estime que près de 17% ont été déboisé et le rythme de la déforestation s'accélère malgré les efforts des protecteurs de l'environnement (on parle de 30% à court ou moyen terme). Sur la période 2002 – 2003 près de 23 750 Km² ont disparu, environ deux fois plus que la moyenne annuelle des années 1990. Les raisons actuelles de cette déforestation sauvage sont connues et des risques nouveaux apparaissent.

Historiquement l'exploitation du bois est naturellement la plus ancienne cause de déforestation, mais aujourd'hui ce n'est plus elle qui consomme le plus de surface. En effet seulement une trentaine d'essences sont exploitées commercialement, essentiellement vers l'Europe. Ces bois précieux sont repérés dans la forêt, abattus puis extraits vers une voie de communication fluviale ou routière, cette exploitation nécessite en moyenne de sacrifier une bonne trentaine d'arbres qui seront laissées sur place. L'exploitation forestière se fait en arrête de poisson le long des fleuves, des routes, des affluents et des pistes. L'exploitation du bois réalisée par les 3000 compagnies brésiliennes ou étrangères est assez bien surveillée et elles se donnent bonne conscience en reboisant une petite fraction des surfaces exploitées, mais ce qui ne l'est pas du tout c'est l'exploitation clandestine qui alimente une réelle économie parallèle (abattage, scierie, transport et commercialisation). On estime que 90% du bois exploité l'est illégalement, au Brésil même le bois commercialisé est d'origine clandestine à plus de 70% !

Le développement de l'élevage bovin extensif et des grands domaines  a été encouragé par le gouvernement brésilien en 1975 après l'échec du développement économique lié à l'ouverture de la route Transamazonienne. Des surfaces considérables ont été concédées pour une bouchée de pain, à des exploitants venus du sud du Brésil ou même du nord de l'Argentine, pour la création de pôles agro-pastoraux. Les surfaces nécessaires pour un élevage intensif de bovins sont nettoyées au bulldozer, brûlées et défoliées. La même politique a conduit à la création de pôles agro-miniers (gisement de fer, bauxite et manganèse). Comme souvent, ce sont des multinationales qui tirent tous les bénéfices de ces opérations, et les ouvriers, trimbalés de chantier en chantier, ainsi que les locaux chassés de leurs terres, qui payent les pots cassés.

Le Brésil, avec une récolte annuelle de 50 millions de tonnes, est depuis peu le premier producteur mondial de soja.  Le pays compte déjà 23 millions d'hectares de surfaces cultivées et dans la forêt amazonienne la superficie a augmenté de 13,5% entre 2001 et 2004. Elle continue de progresser au rythme de 1 million d'hectares par an. A Santarem, le géant américain Cargill a construit un port céréalier sans réaliser les études environnementales demandées et sans attendre toutes les autorisations ! 160 000 tonnes d'oléagineux sont exportés mensuellement, sous la bonne garde de vigiles armés, vers Liverpool en Grande Bretagne... et la déforestation s'accélère depuis la mise en service de ce terminal (procédure en cours pour obtenir la fermeture de ce terminal). L'Europe est le premier consommateur de soja, pour les farines animales en particulier. Outre la déforestation, la plaie de cette culture du soja est l'appauvrissement irrémédiable du sol  amazonnien. Le sol est naturellement pauvre et seul le substrat entretenu par la forêt est riche et fertile. Après déboisement et culture intensive du soja, la terre est lessivée, appauvrie, les surfaces lunaires stériles (latérisation des terres) sont abandonnées car impropres à toutes les cultures... de nouvelles surfaces sont défrichées ! Légalisée depuis peu la culture du soja transgénique utilise une quantité considérable d'herbicides. Le Brésil est devenu le troisième consommateur mondial d'herbicides et le soja en utilise 50%.
A ces trois causes identifiées à ce jour, un risque majeur pourrait accélérer la destruction de la forêt amazonienne dans les décennies à venir : le développement attendu et annoncé des biocarburants. Si les biocarburants remplacent à moyen terme tout ou partie du pétrole, il faudra des surfaces cultivées à cet effet considérables... et la tentation sera bien grande de poursuivre la désertification commencée avec le soja en Amazonie.

Le Brésil est un des pays les plus inégalitaires au monde avec 5% de la population qui cumule 90% des richesses du papys. La déforestation a de nombreuses  conséquences sociales et humaines. Tout d'abord les mouvements des populations locales qui sous la pression des grands domaines sont obligées de fuir les terres qu'elles occupaient et se massent à la périphérie des grandes villes d'Amazonie.
L'absence de cadastre fiable et la mafia des notaires qui falsifient les titres de propriété poussent des centaines de milliers de personnes à occuper illégalement des terrains publics. Les grandes compagnies forestières usent de ces même méthodes pour s'aliéner des terres.
Les ouvriers des exploitations forestières et des grands domaines, souvent venus du sud du pays, sont maintenus dans une situation de dépendance financière totale vis à vis des propriétaires.... cette forme d'esclavage moderne est combattue par les autorités sans beaucoup de succès.
Enfin les conditions de vie difficile dans beaucoup de petites villes et bourgades, l'isolement et l'éloignement des grands centres, le manque de travail pour tous créent des tensions insupportables dans la vie quotidienne. La violence est fréquente attisée par l'alcoolisme. Il y a eu des tentatives d'empoisonnement massif (distribution de couvertures contaminées à la grippe et à la tuberculose) des populations amerindiennes qui résistaient à pénétration de la forêt par les grandes compagnies.

Face à ces difficultés, le discours politique brésilien n'est pas claire et bien peu crédible car il promet tout et son contraire : la protection de la forêt mais aussi le développement des surfaces de soja... l'interdiction du soja trangénique mais il vient d'être légalisé par décret... et... la redistribution de terres aux sans terre se fait toujours attendre. Si rien n'est tenté au niveau national ou international, l'Amazonie va rester pour de nombreuses années encore une terre d'eldorado et de non droit.

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 17:19

Dans notre dernier article, écrit et posté à Breves, nous n'étions toujours pas sur le rio Amazonias et contournions encore l'île de Marajo. Depuis cette escale, les connexions Internet sont  inexistantes ou trop lentes pour envisager une mise à jour du blog. Nous continuons donc notre lente progression vers Santarem.

Nous alternons les mouillages devant des villes ou des bourgades où nous restons deux ou trois jours et des nuits en mouillage forain dans la verdure le long d'une berge, entre deux îles ou à l'entrée d'un « furo ». Nous effectuons des journées de navigation de huit à dix heures en moyenne et rarement plus de deux journées de suite.


Parti le samedi 24 mars de Breves au lever du jour dans la brume, nous embouquons le minuscule furo Asturia en file indienne, le spectacle est splendide. Arrivé en fin d'après-midi au mouillage, nous mettons l'annexe à l'eau et exploration des berges, des furos et des iguarapes [petit furo accessible en annexe seulement] proches du bateau.

Dimanche 25 mars, reprise de la progression et à 9H30 nous débouchons enfin dans le rio Amazonias. A cet endroit il est large de quatre ou cinq milles et charrie beaucoup de bois et de déchets végétaux, ses eaux sont marrons. Nous progressons à toucher la berge pour éviter d'affronter la veine de courant principal qui atteint quatre noeuds et plus. Nous ne progressons sur le fond qu'à quatre noeuds parfois un peu moins. Mouillage devant l'île Mojui. Hubert a passé la journée sur l'Alvaro Furtado en compagnie de Philippe, Nicolas et Emilio.

Lundi 26 mars, repos au mouillage de l'île Mojui. Nous partons en exploration en annexe avant le lever du soleil pour tenter de voir des animaux sur les berges et dans les petits furos proches du mouillage. Peine perdue... nous rentrons bredouille, crottés et n'avons vu que des moustiques et des buffles ! La végétation est dense et impénétrable.

Mardi 27 mars, départ au lever du jour... c'est une habitude... ! Difficile progression à 15 -20 mètres de la berge par des fonds de 12 à 20 mètres de profondeur. En fin de matinée nous quittons le cours du rio Amazonias pour rentrer dans celui du rio Xingu. Le rio Amazonias charrie des eaux de couleur marron alors que le Xingu a des eaux moins chargées de couleur sombre, on a l'impression de naviguer sur du Coca Cola ! La ligne de partage des eaux est très nette et agitée de nombreux remous. A 14H00 mouillage à proximité de l'île Macacos, exploration en annexe d'une superbe rivière galerie et bénéficions ensuite d'un splendide arc en ciel sur le mouillage. Tous les soirs le ciel s'assombrit et l'horizon est zébré d'éclairs d'orages. Avec un peu de chance nous pouvons récupérer 30 ou 50 litres d'eau de pluie dans nos réservoirs.

Mercredi 28 mars, petite matinée de navigation et nous mouillons devant la ville de Porto do Mooz sous un violent grain de pluie et de vent... pas de problème l'ancre va tenir pour les trois jours de l'escale ! Cet après-midi... au programme... vidange moteur... alors que Dominique et Hubert partent en reconnaissance dans la ville aux ressources assez limitées.
La municipalité nous accueille avec gentillesse et organise des visites guidées de la bourgade et des excursions d'une journée en camion ou en bateau : visites de coopératives et d'exploitations (élevage, pisciculture, ressources de la forêt, etc...). Nous visitons également des communautés isolés  le long du fleuve, par communauté il faut comprendre un regroupement de population mettant en commun des ressources comme des terres, un groupe électrogène etc, il n'y a pas de connotation religieuse ou confessionnelle.


Dimanche 1° avril, nous reprenons la route pour rejoindre le rio Amazonias et mouillons face à Almeirim. Insidieusement et lentement le paysage a changé... des mouvements de terrain se dessinent, il y a même des falaises le long du fleuve, la forêt est moins dense et nous découvrons un paysage de prairies humides. Les riverains vivent un peu moins des ressources de la forêt et un peu plus de l'élevage. Les oiseaux sont beaucoup plus nombreux et plus visibles car la forêt est souvent assez éloignée de la berge.

Accueil très chaleureux des habitants d'Almeirim qui participent massivement aux festivités organisées par la municipalité pendant les deux jours de notre escale. Nous passons en particulier une journée complète dans la communauté d 'Arumanduba perdue au fond d'un minuscule Iguarape et nichée au pied des premiers escarpements du terrain. Les membres de la communauté vivent de l'élevage et surtout de l'exploitation de la noix du Brésil... la chastagna du Para que l'on retrouve ensuite dans les épiceries fines en Europe... à Paris chez Fauchon par exemple !

Mercredi 4 avril, nous parcourons une trentaine de milles et embouquons un petit furo rectiligne et mouillons en file indienne devant la communauté de Novo Horizonte au coeur des prairies humides.  Cette communauté est construite le long du furo, les maisons sont desservies par un unique trottoir. Nous y restons deux jours au calme, au contact de la nature et des habitants qui semblent aussi content de nous voir que nous de les rencontrer. Il n'y a aucune ressource et nous  explorons les furos les plus proches. Des équipages, plus chanceux que nous, verrons des serpents et quelques singes..... Hubert est parti pour tenter de voir des caïmans et il est revenu déçu ! Les paysages sont superbes, les oiseaux innombrables et nous sommes aux premières loges pour assister à la vie quotidienne des membres de la communauté rythmée par le fleuve, ses inondations et ses caprices. Nous participons à l'office religieux du jeudi saint célébré par le chef de la communauté. En absence d'un père, il s'agit de prières, de chants et de la lecture de textes. A l'issue le rallye donne à la communauté des cartons de fournitures scolaires, des médicaments et un sac de produits de première nécessité pour chacune des familles. Les deux jours de l'escale à Novo Horizonte s'écoulent paisiblement.... ballades en annexe, bricolage, courrier etc...Mais il ne pleut plus depuis quelques jours et nos réserves d'eau s'épuisent... il nous faut de la pluie d'urgence !!


Samedi 7 avril,une étape de 32 milles nous conduit dans le furo Outeiro, c'est un mouillage forain en pleine nature surplombé par un petit piton. Le furo est parcouru par un fort courant qui transporte de très nombreux « meurure » c'est à dire des plaques de jacinthes d'eau. Le matin, avant de relever le mouillage il faut dégager l'ancre et la chaîne de toute cette végétation, l'aide des pompiers embarqués sur l'Alvaro Furtado est la bienvenue.

Dimanche 8 avril, nous fêtons Pâques en navigation sur l'amazone.... 41 milles plus loin nous arrivons après une journée très chaude devant la ville de Monte Allegre. Une partie des bateaux accoste le « trapiche » [débarcadère principale] de la ville, mais pour nous bénéficiant d'un très faible tirant d'eau, nous sommes avec six autre bateaux de l'autre coté du furo dans une petite mare aux canards au milieu de la verdure... les bateaux sont littéralement posés dans la prairie par à peine 1,50 mètres d'eau. C'est moyennement commode pour l'avitaillement et le plein d'eau, mais c'est merveilleux car nous sommes au calme parmi les oiseaux.... et les moustiques ! Dominique et Hubert effectuent sous une pluie battante une belle ballade pour admirer des peintures rupestres vieilles de 13 000 ans.


Mercredi 11 avril, une étape longue et éprouvante de (53 milles en 12 heures) qui nous amène à la tombée de la nuit aux portes de Santarem dans le furo Tapara.


Jeudi 12 avril, dernière et ultime étape de notre remontée d'une partie du cours de l'Amazone. Nous parcourons 34 milles sur le rio Amazonias puis longeons Santarem et embouquons le rio Tapajos sur une quinzaine de milles. Notre mouillage est magnifique, petit lagon avec une langue de sable et de l'eau claire où il est agréable de se baigner. Il s'agit en fait de la plage à quelques 30 kilomètres de Santarem. Nous allons y rester 4 à 5 jours pour un repos mérité et allons pouvoir mettre à jour le blog qui est un peu délaissé depuis deux à trois semaines.


Ne manquez pas de regarder les nombreuses photos qui ont été ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone.

 

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Santarem le 14 avril 2007.

 

 

 

 

 

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 17:17

Parti le 16 mars de Belém après une fête inoubliable offerte par le gouvernement de l'état du Para, nous sommes le 23 mars,  en Amazonie mais ne naviguons toujours pas sur le fleuve Amazone !
En réalité nous contournons doucement l'île de Marajo par son sud en remontant le cours du fleuve Para. Pour rejoindre le fleuve Amazone qui coule au nord de cette île nous traverserons par des « estreitos » sortes de canaux étroits qui relient les deux fleuves Para et Amazone.


La navigation sur le fleuve n'est pas très difficile (d'autant plus que nous naviguons en convoi avec des pilotes brésiliens qui connaissent parfaitement le cours du fleuve). Elle s'effectue en convoi ce qui ne signifie pas en file indienne surtout sur les bras très larges du fleuve. Seulement les passages étroits ou difficiles nécessitent de se mettre en file unique. Le courant est important et la marée se fait sentir loin dans les terres. Il faut être vigilant car les eaux charrient de nombreux déchets végétaux (troncs, branchages, îles de jacinthe d'eau et arbres entiers !). En revanche les eaux ne sont pas polluées par les activités humaines.
 
La carte d'identité de l'Amazone et de son bassin cumule tous les superlatifs : plus long fleuve du monde (6 300 km), plus vaste bassin versant (6 millions de km²), plus fort débit (220 000 m3 à la seconde soit 700 fois celui de la Seine !). L'estuaire est large de plus de 350 km et chaque année des îles disparaissent ou se créent. En Amazonie les fleuves ont soit des eaux boueuses, limoneuses et marrons, soit noires mais plus limpides. On doit cela à la nature et à la quantité des matières organiques en suspension et dissoutes dans l'eau.
La faune et la flore ne sont pas en reste dans cette démesure de la nature, de très nombreuses espèces végétales et animales n'existent que dans la forêt d'Amazonie. Les écosystèmes sont nombreux, divers, complexes et très fragiles... le poumon vert de la planète est controversé, il est vrai que les arbres absorbent une quantité extraordinaire de carbone mais la déforestation et les brûlis produisent plus de gaz à effet de serre que les USA !


Nos navigations ne s'effectuent que de jour (de préférence tôt le matin !) et nous passons nos nuits  dans des mouillages à l'abri d'une île ou à l'entrée d'un « furo » (petit canal entre deux îles) en pleine nature (Cotejuba, Araras) ou à proximité d'une bourgade (Saõ Sebastian Boa Vista) ou d'une petite ville  (Breves). Les mouillages forains en pleine nature alternent avec ceux plus urbanisés
Les premiers jours, le fleuve est large puis il se resserre et il est encombré d'un dédale d'îles recouvertes d'une végétation luxuriante. Le trafic est intense de jour comme de nuit : barges poussées de 40 semi-remorques, barges de grumes de bois exotiques, bateaux de passagers à plusieurs ponts des lignes régulières (Belém ? Santarem ? Manaus) et une multitude d'embarcations assurant les dessertes locales (de la micro pirogue au bateau de 10 ? 12 mètres). Le climat est chaud et humide mais pas trop chaud. Les averses sont violentes et quotidiennes ce qui nous permet, grâce à une bâche pour récupérer de l'eau de pluie, de remplir efficacement les réservoirs de Ramatoa.


Deux journées d'escale à  Saõ Sebastian Boa Vista, petite bourgade très pauvre à 200 km de Belém, mais pleine de charme car bâtie sur pilotis sur le bord du fleuve et sur les furos avoisinants.... elle est surnommée la Venise de Marajo... mais la comparaison s'arrête là !


Le touriste y est très rare, les voiliers... encore plus... une fois par an au passage du rallye. La population, très métissée d'indiens, vit sur le fleuve essentiellement de la cueillette et du trafic de l'Acai (un des 400 fruits de la forêt d'Amazonie) dont on en consomme 40 tonnes par jour à Belém !
Le marché local est haut en couleurs, la population nous accueille à bras ouverts sans rien réclamer. Les enfants sont souriants et en bonne santé. Nous explorons la ville à pied et en annexe et ... souvent sous la pluie. Les voiliers sont mouillés  assez loin du débarcadère et sous les grains... ceux dont les ancres dérapent... finissent leurs courses encastrés dans la mangrove !

Deux jours de navigation plus tard nous sommes maintenant à Breves sur l'estreito de Breves qui relie le Para à l'Amazone. La remontée du canal, plus étroit, permet de mieux observer la nature et l'habitat. Breves, capitale de l'île de Marajo est bien moins touristique que Soure (proche de Belém). Ici l'économie est partagée entre la transformation du bois avec d'importantes scieries et toujours l'Acai qui est exporté vers le marché de Belém. Nous sommes amarrés à la trapiche de la ville sur des pieux ou à couple de bateaux locaux. L'animation est importante sur les quais et sur les berges. Le trafic des embarcations de toutes sortes est incessant, bruyant, malodorant et il soulève un clapot assez inconfortable !


A notre arrivée dans l'estreito de Breves, les voiliers du rallye ont été pris d'assaut par des dizaines de pirogues armées par de jeunes enfants ou par une mère et ses enfants. Ils font preuve de beaucoup d'agilité car les voiliers avancent vite, à 5 ou 6 noeuds, et aucune de ces frêles embarcations n'est percuté ou  chavire. Une fois accroché à notre plat bord nous leur distribuons stylos, habits et bonbons pour les plus jeunes... heureusement que nous avions fait, avec l'aide de Cécile, un stock sérieux avant de partir.

Contrairement à Soure, la ville de Breves est située dans la moitié de l'île de Marajo recouverte par de la forêt et impropre à l'élevage, donc pas de belles fazendas à visiter et la forêt a les pieds dans l'eau à cette saison. Nous parcourons cependant la ville à pied, profitons des quelques commerces et de l'internet récemment arrivé pour mettre à jour le blog et relever notre messagerie!
 
De nombreuses photos ont été ajoutées sur l'album de l'étape 07 Amazone.

Enfin, pour tous ceux qui ont installé Google Earth, vous pouvez visualiser notre position sur l'image satellite en cliquant sur le lien de la dernière position.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Breves le 23 mars 2007.

 

 

 

 

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 18:18
Faute d'avoir le pilote de la marine brésilienne à nos cotés pour rejoindre Belém, la flottille a quitté Soure avec une journée de retard. Nous avons passé cette journée sur la plage des pêcheurs le long du Para.
Le vendredi 10 mars nous avons quitté Soure en convoi pour rejoindre Belém 45 milles plus en amont dans le fleuve. Quelques six à sept heures plus tard les bateaux prennent un mouillage devant l'hôtel Beira Rio sur le rio Guamà.
Belém ville mythique,  n'est pas au bord de l'Amazone, en réalité elle s'étale le long d'un immense bras du fleuve issu de la rencontre du rio Para (qui communique en amont avec l'Amazone) et du rio Tocantins. La ville installée sur un cap plat s'avance en rondeur d'est en ouest dans la baie de Guajara.
En 1616 les premiers Portugais s'installent et fondent Belém. Appelé alors Para, c'était du XVI° au XVIII° siècle la capitale administrative du royaume du Portugal au Brésil, le cerveau de l'activité des Jésuites en Amazonie, le poumon économique commerçant en direct avec Lisbonne et l'Europe.
Belém a connu successivement des périodes de prospérité, de richesse et de repli économique. Dans ce grand port fluvial et océanique, les buildings modernes côtoient la ville coloniale héritière de la forte organisation de ce qui fut la capitale du caoutchouc jusqu'au début du XX°.
Fort bien accueilli par la municipalité, nous avons fait un tour de la ville en bus et avons vu en particulier - le marché « Ver O Peso » qui passe pour être le plus beau marché du Brésil - la place de la république avec un grand parc dans lequel s'élève le « Teatro da Paz » folie de la période du boom du caoutchouc - « l'Estacao das Docas » sont d'anciens docks réhabilités de très belle manière qui abritent des restaurants, des expositions et des foires – le « Forte de Castelo » une citadelle où naquit la ville en 1616 – le « Palais des Onze Fenêtres » du XVIII°, ancien palais du gouverneur – la basilique « Nossa senhora de Nazaré » construite en 1908 sur le modèle de la basilique Saint pierre de Rome – et enfin le parc botanique qui présente une large variété de la faune et de la flore de l'Amazonie.
En face de Belém, de l'autre coté du fleuve sur une île, appelée l'île aux perroquets, nous avons assisté, au lever du soleil, à l'envol de plusieurs dizaines de milliers de perroquets dans un ballet aérien étourdissant et assourdissant de cris. Nous n'avons pas regretté de nous être levés de très bonne heure !
Les six jours de notre escale à Belém défilent à toute vitesse, car il faut aussi penser à l'avitaillement, aux pleins d'eau de gasoil, d'essence et de gaz, déposer les ballots de linge, aller chercher du liquide à la banque... car la prochaine grande ville sera Santarem dans un peu plus d'un mois ! Heureusement Hubert est arrivé le 12 mars au soir et il nous donne un sérieux coup de main pour ces tâches logistiques ingrates. Les journées sont longues, chaudes et humides, le grain de 15 ou 16 heures est une spécialité locale très prisé des habitants de Belém qui ont l'habitude de fixer des rendez-vous  avant ou après l'avalasse !

Le vendredi 16 mars nous quittons Belém et commençons une lente remontée de l'Amazone en convoi. Les connexions internet seront aléatoires ou inexistantes avant l'escale de Santarem... donc pas de mise à jour du blog avec de nouveaux articles avant quelques semaines... patience !

Des photos de notre belle escale à Belém sont sur l'album de l'étape 07 Amazone.

Enfin, pour tous ceux qui ont installé Google Earth, vous pouvez visualiser notre position sur l'image satellite en cliquant sur le lien de la dernière position.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Belem le 14 mars 2007.

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 14:12
Marajo : « Le bouclier de l'océan » en langue indienne. Selon la légende, l'île de Marajo, vaste comme la Suisse, est placée à l'embouchure de l'Amazone pour protéger le fleuve des coups de la mer. Bordée par l'Amazone au nord, par le rio Para au sud et par l'océan à l'est, cette île plate de Marajo ou plus exactement cet archipel de terres humides est recouvert de forêts, de savanes, de mangroves et de plages. Cet écosystème quasiment vierge est terre d'élevage, on y compte 1 million de têtes de bétails, essentiellement des buffles.
Avec l'escale de Soure sur l'île de Marajo, nous entrons réellement en Amazonie qui reste la dernière partie sauvage de notre planète. Ce continent vert s'étend sur 9 pays et couvre près de 6 millions de kilomètres carrés, soit  près de 11 fois la superficie de la France. Rien qu'au Brésil, l'Amazonie couvre 60 % de la superficie du pays concentrant 4 % de sa population. 70 % des terres d'Amazonie sont couvertes par la forêt qui renouvelle à elle seule près de la moitié de l'oxygène de la planète...
Le fleuve Amazone, qui donne son nom à la région, avec ses 6300 km est le plus long fleuve du monde. Il prend sa source au Pérou et charrie 20 % des eaux douces du globe (sans compter l'antarctique) et est grossi par des milliers de fleuves et rivières. A la saison des crues, sa largeur par endroit peut atteindre 20 km. A Manaus l'étiage du fleuve peut atteindre 15 à 20 mètres.
Bref... quand on débarque à Soure on a réellement le sentiment très fort d'entrer dans un nouveau domaine, dans un monde nouveau, nous touchons maintenant le but de ce périple et la raison d'être de ce Rallye TransAmazone.
L'île de Marajo est elle même divisée en deux parties, l'une couverte de forêt tropicale : la forêt vierge mais qui n'est pas exploitée pour son bois car l'omniprésence de cours d'eau rend l'exploitation forestière difficile. Des terres et prairies humides couvrent l'autre partie de l'île. Soure, sur le bord du rio Paracauari (qui se jette dans le rio Para) est à la frontière des ces deux parties de Marajo.

Cette Camargue sauvage et équatoriale est occupée par des fazendas qui exploitent l'île en pratiquant principalement l'élevage de buffles et de chevaux. A la saison des pluies, de décembre à juin, les prairies sont recouvertes d'eau. Les fazendas peuvent couvrir plusieurs dizaines de milliers d'hectares et compter plusieurs milliers de têtes de bétails.
Nous visitons deux fazendas où nous sont présentés les buffles et la faune de l'île riche de très nombreux oiseaux, en particulier on découvre de nombreux ibis rouges et des aigrettes. A la fazenda Araruna, une troupe de jeunes danseurs nous fait découvrir la culture de l'île de Marajo, un mélange de culture indienne marajõaras et de traditions coloniales. La population fortement métissée possède des traits très fins.
Les visites dans les fazendas, sont l'occasion pour les uns et les autres de monter à cheval ou de chevaucher à dos de buffles.... la croisière s'amuse ! A Soure il y a même une unité de police montée à dos de buffles.
Soure, petite ville de 6 à 10 000 habitants, est assoupie sur le bord du rio Paracauari la principale artère, bien plus que les ruas et avenidas tirés aux cordeaux et à angles droits, numérotés comme à New York.... mais la comparaison s'arrête là !
Au mouillage sur le rio, à proximité de la trapiche (débarcadère municipal), nous sommes aux premières loges pour observer la vie du fleuve, les allées et venues des innombrables embarcations (très bruyantes car dotées de moteurs diesel à échappement libre !) de tous types et de toutes tailles. La route goudronnée s'arrête à Soure, le bac antique (une barge et son pousseur poussif) fait traverser les automobiles et poids lourds au milieu du courant du rio (3 à 4 noeuds de jus).
A Soure, la vie est calme, le temps s'écoule doucement et nous entrons doucement en Amazonie. Au marché Dominique découvre quelques-unes des 400 variétés de fruits. Le climat est différent : chaud mais pas trop chaud et surtout très humide. Il pleut fréquemment, de bonnes avalasses qui remplissent réservoirs et bidons par le biais d'une bâche en guise de récupérateur d'eau de pluie (sur l'Amazone, nos désalinisateurs sont inopérants). Il y a des moustiques, mais les moustiquaires et nos habitudes vestimentaires adaptées dès la tombée de la nuit, permettent de cohabiter avec ces petites  bêtes et de plus nous prenons quotidiennement un traitement antipaludéen.
La petite semaine d'acclimatation à l'Amazonie se termine, et demain jeudi 8 mars nous partons pour rejoindre Belem, 45 milles plus en amont sur le rio Para. Nous devrions atteindre ce port mythique avec l'aide du courant de marée huit heures plus tard. Commence ici la navigation en convoi pour les 19 bateaux du rallye.

Des photos de notre escale à Soure sur l'île de Marajo sont sur l'album de l'étape 07 Amazone.

Merci à Chantal de Sea Lance pour les beaux portraits de danseurs et danseuses.

Nouveauté sur le blog de Ramatoa : en cliquant sur dernière position vous pouvez nous situer sur Google Earth si et seulement si cette application gratuite est installée sur votre ordinateur. Si vous souhaitez la télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth.

N'oubliez pas non plus de jeter un oeil sur le nouvel album mis en ligne dernièrement : « Ramatoa sous voiles ».

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé à Soure et posté à Belem le 10 mars 2007

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 13:13
Le samedi 24 février à 14 heures nos quittons sans beaucoup de regrets le mouillage de Fortaleza en face du Marina Park Hotel. L'étape nous conduit vers Soure à l'entrée du bassin de l'Amazone. 700 milles nautiques à parcourir en remontant vers l'équateur et en retraversant la zone de convergence intertropicale (ZIC) avec son cortège annoncé de vents faibles entrecoupés de grains.
La réalité est tout autre car dès que nous nous éloignons de la côte de Fortaleza nous touchons un bel alizé de sud-est et à la limite du plateau continental nous bénéficions en prime d'un courant favorable de 1,5 à 2,5 noeuds ! Au travers dans de telles conditions tous les bateaux marchent bien et Ramatoa se régale en de longues glissades sur l'océan Atlantique.
La première journée nous parcourons 151 milles, le deuxième jour 177 nautiques (record du bateau), le troisième 160.... à ce rythme et sans l'aide du moteur nous arriverons plus vite que prévu à Soure ! Le lundi 26 février en fin d'après-midi nous subissons un très violent grain de pluie, le vent monte à 30 noeuds et rafales à 35... Ramatoa franchit le mur des dix noeuds ! La veille nous avons rencontré Acalephe et avec Vincent nous avons fait une superbe séance de photos de nos bateaux sous spi au coucher du soleil.
La suite du parcours est plus chaotique car les grains se multiplient en fin de journée quand les cummulo-nimbus bourgeonnent à l'horizon. Derrière les grains le vent tombe et la pétole s'installe... le moteur reprend du service pendant de longues heures. A notre plus grand plaisir, les dauphins viennent régulièrement jouer devant l'étrave de Ramatoa. Nous sommes toujours d'aussi médiocre pécheurs, ce qui n'est pas le cas de Vincent qui a pris un bel espadon voilier de 30-35 kg !
Nous naviguons sur des sondes de 15 à 25 mètres, les pécheurs, non éclairés la nuit sont nombreux, la veille de jour et de nuit est pénible. Les filets sont nombreux et très mal balisés, nous prenons l'hélice de notre hydrogénérateur dans un filet et cassons une des pales, heureusement il y en a une en stock !
A l'approche de l'amazone, le beau bleu profond de l'Atlantique vire insidieusement au vert  puis carrément au marron dès que nous embouquons le rio Para, accompagné de trois autres voiliers du rallye (Glen Feeling, Berlingot et Opsis). La nuit tombe, le ciel est barré de noir par des grains orageux gigantesques, il nous reste encore 50 milles à parcourir entre les bancs de sable sur le rio Para pour atteindre notre destination : Soure sur l'île de Marajo. Le courant de marée nous aide dans notre remontée mais il s'inverse et nous gagnons péniblement les derniers milles au moteur.
Vers une à deux heures du matin dans la nuit du 1° mars, nous quittons le rio Para pour entrer dans le rio Paracauari et rejoindre le petit mouillage devant la ville de Soure. Il est près de trois heures du matin quand l'ancre crochée au fond du fleuve nous tombons dans les bras de Morphée.
Au réveil, le soleil est revenu et nous découvrons un paysage magnifique, calme. Nous sommes dans l'Amazonie car Soure est bien la porte de l'Amazonie, même si Belem, 45 milles plus en amont en est le grand port océanique. Ici l'eau du rio est douce, mais jaune et limoneuse, les courants sont forts au mouillage et atteignent 4 noeuds, de plus il y a de nombreux tourbillons qui rendent très aléatoire et imprévisible l'évitage des voiliers au mouillage.
Nous achevons là notre lente remontée du Brésil pour atteindre le bassin de l'Amazone sur lequel nous allons maintenant naviguer pendant plus de deux mois. Nous avons le sentiment de rentrer dans un univers nouveau et passionnant !
Cette dernière traversée (640 milles en 4 jours ½) a été superbe dans sa première partie avec du bon vent, du beau temps et de la belle mer.... les records de vitesse et de distance parcourue en 24 heures en attestent !

Nouveauté sur le blog de Ramatoa : en cliquant sur dernière position vous pouvez nous situer sur Google Earth si et seulement si cette application gratuite est installée sur votre ordinateur. Si vous souhaitez la télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth.

Des photos de Ramatoa sous voiles et de notre arrivée à Soure sont sur sur l'album de l'étape 07 Amazone. Merci à Vincent d'Acalephe pour les très belles photos du bateau sous spi ! Merci à Joseph d'Opsis pour Ramatoa en bonne compagnie à l'entrée du rio Para !

Un nouvel album regroupant toutes les photos de Ramatoa sous voiles est en ligne il suffit de cliquer sur Ramatoa sous voiles.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé à Soure et posté à Belem le 10 mars 2007

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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 16:42
Le mercredi 14 février, nous avons quitté en fin d'après-midi le mouillage rouleur et inconfortable de Fernando de Noronha pour rejoindre Fortaleza, 370 milles plus loin sur la côte nord du Brésil. La navigation s'annonçait belle, un alizé du sud-est portant et un courant favorable nous promettaient de belles moyennes journalières.
Dès le départ les conditions sont agréables et bien plus confortables qu'au mouillage. A la nuit tombée, vers 20 heures un violent grain surprend la flottille déjà en mer et bouscule sérieusement les plus grands d'entre nous restés au mouillage pour la nuit. En cinq minutes le vent s'installe à 30-35 noeuds avec des rafales à 40 noeuds, les bateaux sont surpris toutes voiles dehors, génois tangonné et le spinnaker pour certain. Sur Ramatoa, le pilote automatique a parfaitement contrôlé la situation en conservant son cap sans difficulté, empannage en douceur, le génois est roulé et le tangon abaissé. Le bateau sous grand voile haute seule file à 9 – 10 noeuds, les rafales sont violentes et nous prenons le premier ris dans la grand voile. Ramatoa avance à 8 noeuds et nous nous abritons à l'intérieur pendant le déluge d'eau qui s'abat sur nous. Deux heures plus tard, le grain passé, le vent tombe complètement et la pluie nous accompagne tout le reste de la nuit que nous poursuivons en partie au moteur.
Ce bref mais violent coup de vent a laissé des traces. Sur les bateaux en mer on déplore un tangon brisé net et l'arrachement d'un circuit d'écoute de grand voile. Les bateaux au mouillage ont affronté des creux de 1,5 à 2 mètres, les verges d'ancre sont tordues et un davier est arraché de la poutre avant d'un catamaran. Sur Ramatoa nous n'avons aucune avarie à déplorer et à aucun moment nous nous sommes sentis en difficulté.
Pendant toute la traversée nous subirons de nombreux grains de pluie avec des vents bien moins violent, mais dans la flottille la résistance s'organise et la surveillance des grains se fait au radar par les bateaux les plus en arrière de la flotte. Entre les grains le vent est assez faible voire inexistant.
Le mouillage à Fortaleza n'est pas très joli mais assez confortable devant le Marina Park Hotel dont nous bénéficions de tous les services et de sa belle piscine.
Fortaleza, capitale du Cearã, petit état défavorisé  avec un taux d'analphabétisation de 26% chez les moins de 25 ans et un taux de mortalité infantile très élevé, est une ville moderne tracée à l'américaine au carré. Importante ville du Nordeste elle ne conserve aucun vestige de son passé. Fortaleza sous le flux constant d'un exode rural concentre et rassemble une population miséreuse dans la plus grande favela du Brésil estimée à plus de 700 000 habitants sous le seuil de pauvreté.
A coté de cette misère à ciel ouvert  surgissent de superbes buildings qui bordent les plages splendides d'Iracema, de Futuro ou de Mucuripe, hauts lieux touristiques avec de très nombreux hôtels de luxe et de restaurants.
Notre escale à Fortaleza coïncide avec la fin du carnaval dans cette ville... ce n'est pas un hasard. Le carnaval au Brésil est une véritable institution où la vie économique s'arrête pendant la durée des festivités. Le Maracatu est le carnaval folklorique et culturel de Fortaleza, cette année le thème est celui des indiens et de l'esclavage. Mardi gras en soirée nous assistons au défilé des écoles de samba de la ville et des quartiers. L'ambiance est festive, chaleureuse, la musique omniprésente et tonitruante ! Contrairement aux clichés véhiculés par les télévisions sur le carnaval de Rio, celui de Fortaleza est plus modeste, moins commercial, moins riche, moins de paillettes et plus populaire... mais la ferveur et la liesse  sont tout à fait présentes, la bière et le rhum coulent à flot toute la nuit de clôture du Carnaval. Derrière les défilés très officiels et organisés des écoles de Samba, il y a de nombreux défilés spontanés et populaires.
Pour le reste Fortaleza est une escale technique pour les bateaux et les équipages avant l'arrivée prochaine sur l'amazone. Avitaillement, recomplètement des pleins, réparations diverses occupent pleinement nos journées, d'autant plus que Fortaleza est ville morte pour cause de carnaval !
Nous quittons Fortaleza le samedi 24 février après-midi pour rejoindre Soure sur le rio Parã dans l'île de Marajõ. Nous avons 700 milles à parcourir en une petite semaine.

News de dernière minute : dans le numéro de Voiles Magazine du mois de mars 2007, est paru l'article d'Albert Brel sur les 7 Ovni du Rallye des Îles du Soleil. On y parle et on y voit Ramatoa... ! Vous pouvez le consulter ici.

Nouveauté sur le blog de Ramatoa : en cliquant sur dernière position vous pouvez nous situer sur Google Earth si et seulement si cette application gratuite est installée sur votre ordinateur. Si vous souhaitez la télécharger et l'installer rendez vous sur le site français de Google Earth.

Des photos du carnaval et de notre escale à Fortaleza sont sur sur l'album de l'étape 06 Nordeste. Merci à Joseph d'Opsis pour une bonne partie des très belles photos du carnaval !

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Fortaleza le 23 février 2007.

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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 20:55
Tout d'abord, mille excuses pour la mise en ligne partielle et incomplète de l'article précédent qui a été assez laborieuse depuis un cybercafé de João de Pessoa, où toute la bande passante était prise par des joueurs en ligne sur Internet ! Maintenant tout doit être rentré dans l'ordre.

Nous avons quitté, mercredi 7 février en début d'après-midi, l'agréable mouillage de Jacaré pour rejoindre l'archipel de Fernando de Noronha. La traversée longue de 250 milles a été menée tambour battant au près bon plein avec des vents de 15 à 20 noeuds et une mer formée, fatale pour l'estomac de Dominique ! Parti en premier du mouillage nous sommes arrivés les premiers pour assister au lever du soleil derrière l'île montagneuse de Fernando.... un spectacle inoubliable.

Découvert en 1503 par Americo Vespuci, l'archipel est resté propriété de la couronne portugaise jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale. Tour à tour, terre d'exil, prison politique, base américaine, l'archipel a attiré des artistes et des scientifiques du monde entier. En 1988, l'UNESCO classe l'archipel dans le patrimoine naturel mondial

L'archipel de Fernando de Noronha est un vaste parc naturel marin où la faune et la flore sont préservées. La réglementation est très pointilleuse, la chasse sous-marine interdite et la plongée doit se faire par le biais d'un des quatre clubs autorisés, les taxes de séjour élevées dissuadent les voiliers de passage de s'éterniser au mouillage de São Antonio.

Le mouillage est assez rouleur car la houle y entre assez largement, de plus le lendemain matin de notre arrivée nous avons essuyé un coup de vent bref mais assez violent (35 noeuds)... histoire de vérifier que les les ancres étaient bien crochées. Deux bateaux ont quand même dérapé et ont du remouiller pendant l'intermède venté. De mon coté, j'ai plongé pour vérifier la position de l'ancre, elle était complètement ensevelie dans la sable... pas de souci à se faire.
L'île de Fernando est petite et elle se parcourt aisément soit en bus, ligne unique sur route unique, soit en buggy ce qui permet de descendre jusqu'aux plages par des chemins caillouteux et défoncés. Les plages sont nombreuses et rivalisent toutes de beauté. Un championnat mondial de surf se déroulait sur la plage de Cacimbra do Padre, les vagues et le spectacle des surfeurs étaient grandioses.

La balade en buggy nous a conduit vers des sites et des points de vue superbes et au coeur du petit village de cette île entièrement tournée vers le tourisme. Les paquebots se succèdent sur le mouillage de São Antonio et déversent pour 24 ou 26 heures un flot de vacanciers qui dépassent rarement les quelques boutiques à touriste du port ou du village !

Tous les jours le ciel nous gratifie d'une bonne douche, le ciel s'obscurcit... il faut courir pour fermer les panneaux du bateau, la pluie tombe drue ... et le soleil revient dans une moiteur étouffante... il faut alors courir à nouveau pour ouvrir  les panneaux !

La vie du rallye à Fernando est calme, nous profitons de la mer, des baignades, de nager avec les dauphins et d'admirer les poissons et les tortues lors d'une sortie PMT (palmes-masque-tuba). Nous profitons d'une conférence très intéressante donnée par un chercheur de l'IBAMA (l'IFREMER Brésilien) sur les travaux et recherches sur les dauphins qui sont conduits içi à Fernando. Les bateaux se reçoivent pour des apéros et nous avons partagé autour d'un barbecue la pêche  des uns et des autres réalisée pendant la traversée.

Nous gardons de belles images de Fernando, mais les paysages ne sont pas aussi grandioses que ceux des Seychelles et la faune et les fonds marins pas aussi riches que dans l'océan indien, à Mayote en particulier.
Nous repartons le 14 février après-midi vers Fortalezza sur le continent sud-américain. Cette traversée de 370 milles devrait s'effectuer à bonne allure au portant et avec un courant favorable.... mais nous vous en reparlerons dans le prochain article.

Vous trouverez des photos de notre séjour à Fernando sur l'album de l'étape 06 Nordeste.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Fortalezza - Brésil le 17/02/2007.

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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 13:38

De Salvador à João do Pessoa, il y a 500 milles à parcourir pour les 23 voiliers du rallye qui étaient en escale depuis cinq à six semaines dans la capitale de l'état de Bahia.  Pessoa est dans l'état du Paraiba. Mais avant de revenir sur cette escale calme et reposante après la folie de Salvador, il faut dire quelques mots sur  les quatre jours de navigation.


Philippe nous avait promis l'étape la plus désagréable du rallye... il avait raison et elle a tenu ses promesses... du vent dans le nez, de la mer et du prés serré sur les deux tiers du parcours. De plus nos estomacs habitués  au calme de la baie de tous les saints n'ont pas apprécié exagérément de retrouver le rythme de la haute mer... surtout au prés serré, allure assez peu confortable. Nous avons alterné pendant 72 heures de longs bords à la voile puis des contre-bords voile plus moteur pour s'éloigner de la côte sans trop perdre de terrain sur la route directe. Les dernières 36 heures, le vent a adonné et nous avons bien marché par un vent de travers de 15 à 16 noeuds. Bref... une navigation où l'on est content d'en avoir terminé !



Arrivé à Cabadello, nous avons embouqué et remonté le rio Paraiba sur une dizaine de milles pour venir mouiller devant le « Iate Clube de Paraiba ». Un charmant petit club nautique où nous sommes merveilleusement accueillis avec de multiples festivités et activités. Les voiliers sont au mouillage sur le rio et les buildings de João do Pessoa émergent au loin de la brume de chaleur.
Parmi les curiosités de ce mouillage dans la verdure, tous les soirs de nombreux brésiliens viennent assister au coucher du soleil sur le mouillage et la mangrove, attablés à la terrasse des guinguettes ils écoutent le boléro de Ravel qui est joué par un saxo  dans une barque sur l'eau... si l'interprétation n'est pas de premièr ordre, le spectacle est lui très folklorique.

Autre folklore local... le Iate Clube nous a invité à passer une journée baignade sur une île de la façade atlantique entre les plages et le récif qui borde la côte à cet endroit. Embarquement sur un catamaran de promenade qui nous dépose sur l'îlot qui a la particularité de ne découvrir qu'à marée basse... c'est le but de promenade (nous sommes samedi) de plusieurs milliers de brésiliens et de plusieurs centaines d'embarcations de tous types ! La logistique suit en flottant avec des bars sur des barges et tout ce petit monde mange et se désaltère les pieds dans l'eau avant que l'eau en remontant ne chasse tout le monde dans un joyeux désordre et une musique tonitruante.... pour une plage isolée seule au monde c'est loupé mais pour observer les habitudes et les loisirs des brésiliens, c'est un régal !



L'accueil incroyable que nous recevons au Iate Clube démontre, s'il était encore nécessaire, que les Brésiliens sont d'une gentillesse extrême, qu'ils adorent partager et nouer le contact avec nous. La musique du Nordeste très différente de celle de Bahia et le sens inné de la fête font le reste ! Les gros crabes bleus à une seule pince, trouvés dans la mangrove, savent eux aussi se montrer accueillant et font le service de la bière !



Il ne faudrait pas croire que nous ne faisons que la fête, nous avons aussi des activités hautement culturelles ! Nous sommes partis avec quatre autres couples pour 48 heures de ballade à Olinda à 150 km de Pessoa,  à 6 km au nord de Recife, la capitale du Pernambuco (état coincé entre celui de Bahia et celui du Pariba).


Olinda fondée en 1537, ancienne capitale du Pernambuco, est avec Ouro Preto un des bijoux du Brésil, préservée du temps par son écrin de verdure et surtout par l'UNESCO qui l'a déclarée « héritage de la nature et de la culture de l'humanité ».Lacis de ruelles escarpées et pentues bordées de maisons coloniales aux joyeuses façades colorées,exubérance d'églises baroques, charme des fontaines mauresques, Olinda la ville aux sept collines (encore une !) a su préserver une ambiance authentique et un mode de vie original, dont le charme un peu suranné, entre les pavés mal ajustés et chargés d'histoire, ne nous a pas laissés indifférent.

Nous avons visité de nombreuses églises, et plusieurs couvents. Celui de São Francisco est splendide, le couvent, le premier des Franciscains au Brésil date de 1577 et son église de 1588. Elle est décorée de magnifiques panneaux d'azulejos, la sacristie est considérée comme une des plus belles du Brésil.

Pour ne pas casser l'ambiance magique de cette journée de visites, nous avons dormi dans une poussada de la vieille ville installée dans une maison du XVIII° superbement restaurée et entretenue.

 
Sur le chemin du retour, nous avons fait une halte à Igarassu qui possède un patrimoine d'églises et de couvents intéressants. L'église São Cosme e Damião date de 1535, c'est la plus ancienne du Brésil.



Après cette étape calme et vieilles pierres, notre prochaine traversée (250 milles) nous conduira à Fernando de Noronha, petit archipel au large de l'angle nord est du Brésil et qui est un immense parc naturel parfaitement préservé, c'est les Galapagos de l'Atlantique.

De très nombreuses photos de notre séjour à João do  Pessoa sont sur l'album de l'étape 06 Nordeste.

Benoît & Dominique sur Ramatoa, rédigé et posté à Jacare - Brésil le 06/02/2007.

 

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